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Dossiers

Introduction à la série

Les épisodes de la saison 1

Les Episodes de la saison 2

A signaler d'emblée que tous ces textes devraient être garantis sans importants spoilers.

  • 2.01- Ride a Dark Trail
  • Réalisation : John Peyser
  • Scénario : Arthur Browne Jr. & E.M. Parsons
  • Guest Star : Royal Dano
  • Première diffusion 18/09/1963 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7/10

Le pitch : Alors que le Virginien est confronté à un jeune homme prêt à commettre un meurtre pour venger la mort de son père, il lui raconte l’histoire de Trampas qui fut avant d’être embauché au ranch Shiloh dans une situation similaire à la sienne, prêt à tirer sur le juge Garth qu’il estimait responsable de la balle fatale reçue par son père. Flash-back qui voit Trampas, élevé par un père joueur, menant une vie dissolue, gagnant de l’argent par ses seules escroqueries au jeu. Mis en prison, son père vient demander à ce qu’on le libère, promettant désormais de mener avec lui une vie rangée en tant qu’éleveurs de chevaux...

Mon avis : Après une première saison remarquablement homogène et d’une très belle tenue d’ensemble, pouvant largement rivaliser avec ce qui se faisait de mieux dans le domaine du western au cinéma durant les années 60, la deuxième débute par une sorte de pilote puisqu’en flash-back l’épisode centré sur Trampas narre son arrivée au ranch Shiloh, revenant un peu aux racines du roman d’Owen Winster en faisant de ce personnage un mauvais garçon qui par son comportement frivole et égoïste mettra en danger la vie de ses proches et amis. Durant la saison précédente, au sein du deuxième épisode, Woman from White Wing, nous avions appris comment le juge Garth était arrivé à Medicine Bow et comment il était devenu le plus grand propriétaire de la région, tout cela à travers son propre récit ; et Duel at Shiloh - 15ème épisode et remake de L’Homme qui n’a pas d’étoile de King Vidor - revenait grâce à un retour arrière sur la venue de Steve. Les souvenirs des débuts de Trampas étant convoqués ici, restera peut-être dans le futur à savoir comment le Virginien en est arrivé à devenir le régisseur de Shiloh même si ce thème a déjà rapidement été évoqué dans Vengeance Is the Spur sans que cela n’en soit le sujet principal. Pour en revenir à ce commencement de la saison 2, l’histoire de Trampas nous est contée par son ami et supérieur - le Virginien en personne - alors que ce dernier se trouve en très fâcheuse posture dans une grange, tenu en joue et pris en otage par un jeune homme prêt à appuyer sur la gâchette pour pouvoir s’enfuir du lieu confiné où on l’a acculé.

Notre héros s’est retrouvé dans cette situation difficile sans vraiment le vouloir mais décide d’en profiter pour empêcher cet homme fou de rage et ivre de vengeance de commettre un acte qu’il regretterait toute sa vie, tuer celui qu’il estime être responsable de la mort de son père. Pour lui faire retrouver son calme et ses esprits, il décide de lui raconter ce qui était advenu à Trampas alors qu’il s’était trouvé dans un cas de figure similaire, prêt à tirer par vengeance sur son futur patron, le juge Garth. Une histoire qui trace le portrait d’un Trampas égoïste, puéril, bagarreur, escroc, menteur et fainéant (« Suckers and mules, that's what work's for, and mule's got enough sense to turn his tail on it »), qui nous fait mieux comprendre a postériori les quelques réactions inattendues qu’il aura eues à certaines reprises durant la saison précédente. Ride a Dark Trail est certes un épisode presque idéal pour débuter cette nouvelle saison mais s’avère néanmoins un peu trop classique et en deçà de ce que nous aurions pu espérer, surtout au vu de la note dithyrambique attribuée sur le site imdb. Faute surtout à une écriture sans grande originalité et qui manque à la fois de rigueur et de fluidité, le tout allant bien trop vite pour que nous ayons le temps de bien nous attacher aux personnages ou simplement d’apprécier chaque séquence. On sera également surpris voire même un peu gêné par le long et teigneux combat à poings nus entre le père et le fils qui - rien que pour les liens de parenté entre les participants - aurait dû être tendu mais finit par ressembler bien plus à l’une de ces séquences de bagarres homériques que l’on pouvait trouver dans certains westerns avec John Wayne. En revanche, on remarquera avec plaisir que, contrairement à celles des deux épisodes précédents, ces séquences d’action sont à nouveau très bien chorégraphiées, montées et réalisées et même assez impressionnantes de brutalité pour un film de télévision.

Si le scénario laisse un peu à désirer et que le réalisateur teste des mouvements de caméra assez cinématographiques mais pas forcément tous convaincants, la principale qualité de cet épisode est son interprétation et notamment celle de Doug McClure qui nous surprend à nouveau par ses talents dramatiques, nous rendant simultanément son personnage attachant et agaçant, parvenant même à nous faire venir des frissons d'émotion à la toute fin. On se rappellera surtout ses tricheries aux cartes et aux dés, mais également ses relations orageuses avec son père - pour l’anecdote, Sonny Tufts avait auparavant incarné Steve dans l'adaptation cinématographique de The Virginian signé Stuart Gilmore en 1946, Le Traître du Far West - puis celles qui se tissent avec le juge ainsi que les premiers contacts assez houleux qu’il aura avec le Virginien. Encore une fois, on se rend compte ici de la grandeur d’âme du juge Garth qui, contrairement au régisseur qui est assez réticent, donne plusieurs chances à Trampas. Garth a certes des problèmes de conscience pour avoir tué le père du jeune homme - même si c’était en état de légitime défense -, mais ses décisions ne sont pas toutes prises en fonction de ses remords mais également puisqu'il est naturellement bon, psychologue et tolérant. Pour l’aider financièrement et le sortir de sa vie chaotique, Garth décide dans un premier temps de racheter le cheptel familial de Trampas, même s'il ne lui rapportera pas un sou car destiné à être décimé pour cause de maladie - due pourtant au fait que Trampas se soit mal occupé du troupeau -, de lui octroyer un emploi dans son ranch et de le garder malgré toutes ses "bêtises" y compris celle d’avoir laissé seul son coéquipier - excellent Royal Dano dans un rôle lui aussi compatissant et d’une belle dignité - aux prises avec des loups affamés. On s’arrêtera deux secondes sur toutes les séquences mettant en scène ces canidés qui entérinent le fait que l’épisode aurait mérité un réalisateur un peu plus chevronné et un budget un peu plus conséquent même s’il semblerait que les producteurs aient injecté un peu plus d’argent pour cette deuxième saison.

Contrairement à Doug McClure et Lee J. Cobb qui ont le temps de s’en donner ici à cœur joie, James Drury est un peu en retrait. Sson interprétation n’en est pas moins marquante, le Virginien se révélant encore plus froid, monolithique et peu loquace que précédemment, quasiment un antihéros, ce qui est assez courageux de la part des auteurs pour leur rôle-titre. Superbement joué, Ride a Dark Trail se regarde avec plaisir et sans ennui mais aurait probablement gagné à être étalé sur deux épisodes car ici un peu trop elliptique pour arriver à maintenir une bonne tension tout du long. « It's a long way to Shiloh. You riding with me ? » est la dernière phrase de cet épisode prononcée par le Virginien à Trampas : le début d’une belle et longue amitié grâce à laquelle nous nous préparons à vivre de beaux moments durant les huit saisons restantes. Un récit d'apprentissage et de vengeance un peu trop classique mais plutôt bien mené à défaut d’être mémorable.

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  • 2.02 - To Make This Place Remember
  • Réalisation : Robert Ellis Miller
  • Scénario : Harold Swanton
  • Guest Star : John Dehner & Joan Blondell
  • Première diffusion 25/09/1963 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 5.5/10

Le pitch : Henry Garth s’est rendu dans la petite ville de Rapahoe où a été lynché un jeune homme dont il s’était autrefois occupé en lui donnant une éducation puis un emploi dans son ranch. La mère de John (Joan Blondell), une ex-entraineuse de saloon, lui avait par télégramme demandé son aide afin que la mémoire de son fils ne reste pas souillée, étant intimement convaincue qu’il était innocent du crime qu’on lui avait imputé et pour lequel il a été exécuté par ses concitoyens. Ces derniers voient d’un mauvais œil la présence du juge, qui a décidé d’octroyer au défunt un procès en bonne et due forme...

Mon avis : N’ayant pas eu l’occasion d’en toucher un mot au cours de mon avis sur Ride a Dark Trail - l’épisode précédent qui inaugurait cette deuxième saison -, je reviens deux secondes sur un petit changement qui s'est opéré entre les deux saisons : une nouvelle orchestration du superbe générique de début signé Percy Faith, désormais un peu plus sec, faisant ainsi perdre au célèbre morceau un peu de son allant, de son lyrisme et de son ampleur. Les modifications sont certes minimes et se situent surtout dans les toutes premières mesures, mais il me semble toujours dommageable de transformer de tels éléments qui touchaient en leur état initial à la perfection. Cela étant dit, les images de nos trois protagonistes principaux chevauchant côte à côte sont en revanche toujours les mêmes. Après cette minime "remontrance déceptive", revenons à ce deuxième épisode, intéressant et progressiste mais néanmoins un peu décevant lui aussi, d’autant plus qu’il est écrit par Harold Swanton, l’auteur du magistral scénario d’un des sommets de la série jusqu’à cette date, Throw a Long Rope réalisé par Ted Post, l’épisode au cours duquel Jack Warden, sur le point d’être lynché pour vol de bétail par l’un des gros ranchers de la région, se voyait rallié par le Virginien qui, envers et contre tous - y compris son patron, Henry Garth - allait décider de se battre à ses côtés malgré l’extrême danger que cela allait représenter.

To Make This Place Remember recase à nouveau l’ignominie que représente la justice expéditive ainsi que la condamnation sans appel du lynchage parmi ses thématiques principales, le juge Garth ayant été appelé à la rescousse par une prostituée qui a décidé de blanchir la mémoire de son fils John qui vient d’être pendu pour l’assassinat d’une jeune fille, alors qu’il avait jusqu’à ses derniers instants clamé haut et fort son innocence. Plus que la mère, Garth connaissait très bien le jeune homme pour l’avoir aidé dans son adolescence, en lui apportant éducation et travail au sein même du ranch Shiloh. Déjà à l’époque, John avait été un peu mis à l’écart à cause de son origine sociale, de son statut de fils illégitime et de la profession de sa mère. Aujourd’hui il suscitait encore plus de haine et de jalousie du fait que, malgré ses "tares" de naissance, il était devenu un homme brillant et cultivé, ayant de plus réussi dans les affaires au point de devenir un homme riche, bien plus aisé que ses concitoyens. On comprend d’emblée que John est une victime et que les membres de la "milice citoyenne" mise en place avaient décidé de le punir et de l’exécuter pour avoir surtout eu du mal à digérer sa réussite sociale et financière ; c’était donc un bouc émissaire parfait et un coupable idéal pour pouvoir "remettre les choses en ordre". On devine immédiatement que l’épisode de Robert Ellis Miller va consister à pointer du doigt la bigoterie, la dangereuse vertu, l’aspect envieux et l’intolérance des habitants de cette petite ville par l’intermédiaire du juge Garth qui veut à tout prix prouver que malgré la mystification de certains procès - faute à tout un tas de raisons parmi lesquelles les a priori et le puritanisme de certains jurys -, ils vaudront toujours mieux que la justice expéditive. Les auteurs avaient débuté la série par ce genre de réflexions, et ce dès le premier épisode dans lequel le Virginien en personne refusait d’assister à une pendaison.

Durant ce procès d’un homme à titre posthume - une idée originale, et qui l’est d’autant plus que c'est la salle de classe qui se transforme en tribunal -, Garth va donc faire en sorte de mettre les concitoyens du pendu face à leurs responsabilités, s'évertuer à leur faire reconnaitre leurs fautes et leur faire prendre conscience de l’énorme erreur qui a découlé de leurs jugements hâtifs ; il fait ressortir par la même occasion quelques vérités peu reluisantes et comprendre que des drames peuvent être causés par un trop grand puritanisme, un avortement caché suite à des liaisons à répétition ayant participé à la tragédie. C’est d’autant plus intéressant que parmi ces lyncheurs se trouve l’un des plus chers amis de Garth, un homme de loi lui aussi qui était connu pour ses grands et honorables principes auxquels il se targuait de ne jamais devoir déroger. Cet homme qui sera le procureur - et donc l'adversaire de Garth durant cet ersatz de procès - est interprété par un très bon John Dehner, qui avait été le mémorable bad guy dans l’épisode Echo from Another Day et qui remplacera le juge Garth à Shiloh à partir de la fin de la saison 4. Sans la présence de Trampas, Steve ou du Virginien, ni d'aucun autre des protagonistes habituels de la série, cet épisode de procès ne contient aucune scène d'action et se voit porté à bout de bras par un excellent Lee J. Cobb, mais il fait néanmoins pale figure si on le compare avec le mémorable The Judgment réalisé par Earl Bellamy avec un inoubliable Clu Gulager. Dommage aussi que l’important et attachant personnage féminin de l'ancienne saloon gal, interprété par Joan Blondell, ait été un peu sacrifié.

Quelles sont justement les principales faiblesses de cet épisode ? Outre le manque de surprises, la prévisibilité du dénouement, quelques facilités dans l'écriture, des flash-back qui paraissent plaqués et qu’il aurait peut-être été préférable de faire raconter par les témoins au procès, la faute en incombe principalement au réalisateur Robert Ellis Miller dont la direction d’acteurs laisse un peu à désirer, n’ayant pas réussi à canaliser certains seconds rôles dont les interprétations s’avèrent parfois assez outrées. Dommage car autrement, comme déjà dans le 22ème épisode de la saison 1, Vengeance Is the Spur, il parvient à mettre en place quelques beaux effets de montage et de mise en scène. En revanche, Ellis Miller ne semble pas avoir fait assez attention à quelques détails qui peuvent être rédhibitoires pour certains, à savoir ces scènes censées se dérouler la nuit mais qui sont tournées en plein jour et en plein soleil sans même addition de filtres, ce qui est le cas alors que les habitants de Rapahoe partent à la recherche de la jeune fille disparue et qu’ils retrouvent son cadavre ; il est minuit à ce moment-là mais nous pourrions penser qu’il est midi. Un manque d’attention de la part de la production qui ajoute à la relative déception que nous procure le visionnage de cet épisode "procédurier" et bavard pourtant assez audacieux pour l’époque, très progressiste, à la morale très digne et qui se laisse donc malgré tout regarder avec plaisir grâce à de puissantes joutes oratoires qui nous octroient d’intéressantes réflexions sur la loi et deux conceptions différentes de la justice.

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  • 2.03 - No Tears for Savannah
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Carey Wilbur & William R. Cox
  • Guest Star : Gena Rowlands, Everett Sloane & Stephen McNally
  • Première diffusion 02/10/1963 aux USA - 12/08/1983 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : 7.5/10

Le pitch : Le Virginien se rend à Santa Rita afin de récupérer le montant d’un chèque sans provisions signé par un certain Gordon Madden suite à une vente de bétail. Tous les habitants semblent inquiets de savoir que cet étranger cherche l’auteur de cette escroquerie, qui n’est autre que le fils du magnat local (Everett Sloane). Le régisseur de Shiloh retrouve à cette occasion Savannah (Gena Rowlands), son ex-fiancée devenue patronne de saloon. Le lendemain, cette dernière est accusée du meurtre de Gordon. Sur le départ après avoir mené à bien sa mission, le Virginien décide de rester pour lui venir en aide...

Mon avis : Après deux épisodes relativement décevants au regard de mes attentes - mais néanmoins loin d'être honteux, notamment le premier -, il ne m'aura finalement pas fallu patienter longtemps avant de tomber à nouveau sur une fiction mémorable qui entérine mon avis selon lequel certains épisodes du Virginien peuvent se targuer de rivaliser avec le meilleur de la production westernienne cinématographique des années 60. Et comme c’était déjà le cas pour la première saison avec le superbe Throw a Long Rope de Ted Post, c’est à nouveau le troisième épisode qui me fait recommencer à me répandre en dithyrambes sur cette série épatante. Nous voilà dans le sud-ouest des USA, loin de Medicine Bow. Le Virginien arrive à Santa Rita où il demande à rencontrer un certain Gordon W. Madden, qui lui aurait donné un chèque sans provisions lors d’un achat de bétail. Notre héros s'est rendu dans cette petite bourgade uniquement dans le but de récupérer la coquette somme de 4 000 dollars qui lui est due, mais bizarrement tous les habitants de la petite ville s’inquiètent lorsqu’ils entendent le nom de l’homme que le contremaitre du ranch Shiloh veut rencontrer. Et en effet, on apprend assez rapidement qu’il s’agit du fils du tyran local, ce dernier étant un rancher millionnaire qui tient toute la ville sous sa coupe et a tous les notables dans sa poche, du shérif au juge.

Quoi qu’il en soit, pas du tout intimidé ni par le statut ni par la réputation de cet homme qui semble faire trembler ses concitoyens - interprété par Everett Sloane, que tout le monde connait au moins de visage et qui a tourné avec beaucoup des plus grands réalisateurs du cinéma hollywoodien, d'Orson Welles à Vincente Minnelli en passant par Robert Aldrich et tant d'autres -, le Virginien se rend chez lui pour se faire remettre l’argent qui lui est dû, quitte à le menacer d’attenter aux jours de son rejeton s’il ne se fait pas rembourser. On l’a déjà vu durant la première saison, James Drury n’est jamais aussi bon que lorsqu’il joue à l’homme déterminé, autoritaire, et qui n’a pas froid aux yeux ; par son sérieux et sa voix grave, il en impose sacrément malgré sa stature loin d’être charismatique et même au contraire assez malingre. Nous assistons donc à des premières séquences assez jubilatoires grâce au caractère du protagoniste principal qui ne s’en laisse pas compter, pas même par le barman qui a tenté de lui servir un whisky coupé à l’eau. C’est également au sein de cette première scène au saloon que l’on fait la connaissance de Savannah, la tenancière de l’établissement qui sept ans auparavant vivait une liaison amoureuse passionnée avec le Virginien. Une romance qui semble s’être terminée abruptement, les deux amants s’étant "loupés". Tout d’abord rejeté, le Virginien va avoir la surprise de retrouver Savannah dans sa chambre avec le dîner préparé pour évoquer le passé et essayer de comprendre l'échec de leur histoire d'amour.

Il est dit que le Virginien sera toujours malheureux en amour ; et pour cause, s’il trouvait chaussure à son pied il souhaiterait probablement changer de vie et la série devrait ainsi se passer de l'un de ses principaux héros, le métier de régisseur s'accommodant assez mal d'une vie de famille. De ce fait, les épisodes qui reposent sur une histoire d’amour le concernant sont presque tous teintés de tristesse et de mélancolie. Et c’est une fois encore le cas avec ce superbe No Tears for Savannah dont plusieurs séquences - dont également la dernière image - s'avèrent poignantes. Si James Drury a déjà eu l’occasion d’être confronté à de superbes comédiennes - certaines connues, d’autre moins mais tout aussi douées -, Gena Rowlands, ici aussi belle que talentueuse, pourrait bien être l’une des plus mémorables, le couple qu’ils forment tous deux s’avérant sacrément émouvant d’autant que l’amour qui les liait semble n’être plus partagé. Mais je pourrais difficilement vous en dire plus sous peine de déflorer des éléments parmi les plus beaux de cette histoire d’amour contrariée rien de moins que par une condamnation à mort de la jeune femme. Le Virginien va se démener comme un beau diable pour venir en aide à son ancienne maîtresse, d’autant qu’il ne veut pas croire une seule seconde en sa culpabilité. Il va dans un premier temps faire se déplacer son patron afin qu’il soit son avocat - réaction assez drôle de ce dernier lorsqu’il découvre que ce n’est pas son homme de main qu’il aura à défendre - avant de se transformer en hors-la-loi faute à un jury et à des juges entièrement acquis au despote local - le père de la victime - et qui non seulement condamnent la femme à la pendaison mais avancent la date de l’exécution pour empêcher Garth d’aller chercher de l’aide auprès des plus hautes instances et obtenir ainsi la révision du procès. Un procès à propos duquel les auteurs se sont ici plus longuement appesantis sur la forme que sur le fond, ce qui se révèle non seulement très original mais assez passionnant. Suite au captivant procès, à une séquence à l’hôtel faisant entrapercevoir au spectateur ce qui s’est réellement passé lors de la tragédie -- c'est une constante au cours de la série que de donner une petite avance au spectateur sur les personnages - et à la romance qui continue malgré le fait que la jeune femme soit emprisonnée, l’épisode se termine par une course-poursuite au milieu du désert puis sur une séquence très puissante, donnant à cette fiction l’opportunité de plaire aussi bien aux amateurs de films de procès, de mystères, qu'aux midinettes et aux férus d’action.

Un épisode dense, touchant, intelligent et très complet qui vaut autant pour la rigueur de sa mise en scène que par la beauté de son écriture à propos de laquelle nous pourrons juste regretter l’aspect un peu "taillé à la hache" dans la description du dictateur local qui n’a pas grand-chose d’humain, plus que par la mort de son fils, anéanti et dépité par le fait de ne plus avoir de descendance destinée à faire perdurer sa lignée. Outre Gena Rowlands et Everett Sloane, la troisième guest star n’est autre que Stephen McNally que les amateurs de westerns ont déjà vu des dizaines de fois endosser la tenue de shérif et qui fut surtout le personnage principal du "cultissime" Apache Drums (Quand les tambours s’arrêteront) de Hugo Fregonese. Parmi les seconds rôles, tous très bons, on retiendra surtout Vaughn Taylor dans la peau du juge "acheté" sur lequel on continue à faire pression et qui en concevra un gros problème de conscience. A signaler également un nouveau thème musical romantique qui n’a rien à envier à celui de la saison précédente. Ecrit et réalisé par des auteurs qui n’ont quasiment œuvré que pour la télévision, No Tears for Savannah est un petit bonheur de quasiment chaque instant ; on lui pardonnera donc quelques faux raccords, quelques traits trop appuyés dans la peinture de certains seconds rôles et une résolution trop vite expédiée. Don McDougall à la réalisation et Carey Wilbur au scénario, nous allons les côtoyer souvent puisqu'ils seront à nouveau au générique 11 fois pour le second et non moins que 42 fois pour le premier ! Après une telle entrée en matière, on compte sur ces deux hommes pour ne pas trop nous décevoir par la suite !

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  • 2.04 - A Killer in Town
  • Réalisation : John English
  • Scénario : Bob & Wanda Duncan
  • Guest Star : Broderick Crawford
  • Première diffusion 09/10/1963 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7/10

Le pitchEn aidant un certain McDowell à réparer une roue en plein orage, Trampas assiste à sa mort écrasé par son chariot. George Wolfe (Broderick Crawford), un chasseur de primes arrivé à Medidine Bow à la recherche d’un meurtrier dont l’identité devait lui être révélée par McDowell, soupçonne alors Trampas d’avoir assassiné son "indicateur" afin que ce dernier ne dévoile pas son nom. Mais faute de preuves, Wolfe va devoir enquêter auprès des habitants de la petite ville et de ceux du Ranch Shiloh. Parallèlement à cette investigation, beaucoup de citoyens tombent malades, victimes de la fièvre typhoïde...

Mon avis : Après une année de tournage, à travers ce quatrième épisode de la saison 2 les auteurs et producteurs semblent avoir voulu revenir aux fondamentaux, se ressourcer en convoquant de nombreux éléments présents au tout début de la série en même temps que retrouver un peu de fantaisie après trois épisodes consécutifs très sombres. Non pas que A Killer in Town fasse dans la gaieté et dans la légèreté puisqu’il rappelle lointainement Une Balle signée X (No Name on the Bullett) de Jack Arnold au cours duquel Audie Murphy, un bounty hunter mystérieux et peu loquace, arrivait dans une petite bourgade pour y chercher un meurtrier non identifié et où sa venue faisait souffler un vent de paranoïa sur tous les habitants qui paraissaient avoir tous quelque chose à se reprocher. Mais contrairement aux scénaristes du film de Jack Arnold, les auteurs de l’épisode ne poussent pas la tension au maximum et se laissent au contraire des trous d'air et des ouvertures lumineuses afin de ne pas le faire sombrer dans la tragédie plombante ou le mélodrame. Avec les éléments dramatiques au menu, il était pourtant très facile de tomber dans le panneau ; c’était sans compter sur le talent du couple de scénaristes Bob et Wanda Duncan déjà à l’origine du plus bel épisode arrivé à cette date, le magnifique et puissant The Judgment avec Clu Gulager.

Une grosse différence avec No Name on the Bullett et qui rend cette fiction bien moins tendue et inquiétante, le suspense moins prenant, est qu’aucun des citoyens de Medicine Bow ne parait paniqué par la venue du chasseur de primes, tous semblant avoir parfaitement bonne conscience. Un seul homme est inquiété par Wolfe et il s’agit de Trampas qui décidément se retrouve une nouvelle fois en fâcheuse posture, son passé de mauvais garçon ne l’aidant pas à se faire entendre lorsqu’il clame son innocence pour l’un des meurtres qu’on lui impute, celui de l’homme qui devait dévoiler l’identité du criminel recherché par le bounty hunter. Évidemment que les spectateurs savent qu’il n’en est rien puisqu’ils ont été témoins de la scène lors de la superbe séquence nocturne pré-générique, très bien photographiée mais également intéressante par le fait de nous faire assister à une situation certes banale mais rarement vue au sein du western, le changement d’une roue de chariot en plein orage. Quant au crime pour lequel l’assassin est recherché pour une récompense de 5 000 $, on vient à douter quelques temps de l'innocence de Trampas en raison de son passé relaté dans l’épisode qui ouvrait cette deuxième saison, de son propre questionnement suite à une déplaisante situation dans laquelle il s’est fourvoyé malgré lui juste avant d’arriver à Shiloh - et qu'il narre au Virginien - ainsi que de ses vives réactions lorsqu’il se trouve a face à Wolfe. Ce dernier est certes très méfiant et peu aimable, mais le caractère soupe-au-lait de Trampas n’aide pas ce dernier à se disculper et à ce qu’on lui fasse confiance. Sans rien en dire de plus, le scénario est tellement bien écrit et ingénieux que je mets au défi quiconque de trouver l’identité du véritable homme qui se trouve sur l’affiche "Wanted" rangée dans un coffret fort qui ne peut pas être ouvert avant le retour du banquier ; nous ne l’apprendrons que 15 minutes avant la fin de l'épisode.

Les auteurs sont tellement doués qu’ils arrivent même parallèlement à caser une sous-intrigue d’épidémie de fièvre typhoïde sans jamais qu'elle ne paraisse servir à combler un trou mais qui au contraire s’imbrique parfaitement bien avec l’histoire principale pour finir par la rejoindre, s’avérant finalement très importante et non secondaire. Une fois encore, je vous laisse la surprise de la découverte. Sachez juste que le scénario s’avère d’une remarquable fluidité, ce qui paradoxalement en ferait presque le principal défaut de l’épisode qui manque un peu d’accrocs. Mais sinon, quels étaient les éléments pris à la source de la série que nous évoquions au début de ce texte ? Après plusieurs intrigues qui se sont déroulées loin de Medicine Bow, nous y revenons et retrouvons la petite bourgade, le ranch Shiloh avec la maison du juge, le dortoir des cow-boys et même la cabane en forêt de White Wing où se déroulait une partie du deuxième épisode de la série qui portait d’ailleurs son nom. On se retrouve aussi en terrain connu par le fait de trouver réunis - ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps - tous les principaux protagonistes de la série, y compris Betsy ainsi que les seconds rôles comme celui du shérif interprété par Ross Elliott ou le rancher Wingate par Roy Engel. On revient sur la vantardise rigolarde de Steve, son amitié avec Trampas qui les conduisent à se lancer dans des défis enfantins comme des courses de chevaux, le caractère rabat-joie et moralisateur d’un Virginien qui détient néanmoins le bon sens, la fraicheur de Betsy que courtisent nos trois cow-boys et qui n’est pas dénuée d’humour (l’écharpe qu’elle tricote et dont elle a peur qu’elle se transforme en couverture si on l’immobilise encore longtemps suite à sa maladie) ou enfin la sagesse et le progressisme du juge Garth qui ne valide pas le métier de chasseur de primes mais se fait néanmoins renvoyé dans les cordes lorsque Wolfe lui rétorque en gros que s’il ne souhaite plus que le métier de bounty hunter existe il faut voter des lois pour interdire les primes.

Il n'y a pas grand-chose à redire de la mise en scène du réalisateur britannique John English qui avait déjà signé l’épisode avec Ida Lupino - A Distant Fury - et qui fut le principal collaborateur de William Witney à la Republic alors qu'ils tournaient tous deux les célèbres serials que furent Zorro's Fighting Legion et Dreams of Fu Manchu : elle s’avère très solide, non dénuée de petites fulgurances - notamment lors de la séquence initiale déjà décrite plus avant - tout comme l’astucieux et rigoureux scénario ainsi que l’interprétation d’ensemble. Outre les habituels comédiens de la série, le casting intègre aussi l’excellent Broderick Crawford - dont le personnage de chasseur de primes aurait néanmoins mérité d’être enrichi - ou encore un très convaincant Arch Johnson dans la peau du docteur qui non seulement lutte pour vaincre l’épidémie de typhoïde mais part également à la recherche de la source de l’infection en compagnie de nos héros. Un épisode polar-western très plaisant et d’une remarquable fluidité d’écriture qui manque néanmoins de puissance et de tension. Mais quel plaisir - même si cela reste avant tout un épisode Trampas - de retrouver enfin réunis tous les habitants de Shiloh et de se voir octroyer un final assez poignant qui démontre que les bons sentiments (la mansuétude, le pardon...) ne font pas forcément les mauvaises fins. Mêlant habilement deux intrigues qui semblent au départ n’avoir rien à voir entre elles, un épisode extrêmement habile et très solide à défaut de faire partie des sommets de la série !

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  • 2.05 - The Evil That Man Do
  • Réalisation : Stuart Heisler
  • Scénario : Frank Chase
  • Guest Star : Robert Redford & L.Q. Jones
  • Première diffusion 16/10/1963 aux USA - 24/08/1983 en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7/10

Le pitch : Le Virginien arrête le bagnard Matthew Cordell (Robert Redford) alors qu’il était sur le point de s’échapper dans les rues de Medicine Bow. Lorsqu’il apprend qu’il est emprisonné depuis l’âge de 15 ans après n’avoir connu que l’orphelinat, il est ému et demande au juge Garth de faire en sorte de lui faire accorder une liberté conditionnelle afin qu’il puisse avoir sa chance de connaitre une vie "normale". Le voici embauché au ranch Shiloh durant une année, ce qui n’est pas pour déplaire à Betsy qui tombe amoureuse de lui malgré son caractère taciturne...

Mon avisA 27 ans, Robert Redford avait certes déjà beaucoup tourné pour la télévision dans des séries d’ailleurs devenues cultes (Perry MasonAlfred Hitchcock présenteLa Quatrième dimensionLes Incorruptibles...) mais il lui faudra attendre encore deux ans avant que ses yeux bleus perçants viennent crever les écrans de cinéma avec notamment Daisy Clover de Robert Mulligan et surtout La Poursuite impitoyable (The Chase) d'Arthur Penn où il interprétait un jeune prisonnier en fuite. Également bien avant Brubaker, dans l’épisode du Virginien qui nous concerne, il tenait donc déjà le rôle d’un bagnard qui avait tenté de se faire la malle après que le chariot qui le transportait sur son lieu de travail s'est renversé. Il n’allait pas aller bien loin puisque le Virginien, qui était sur place et avait assisté à cet incident, l’avait poursuivi dans les rues de la ville et immédiatement appréhendé afin qu’il ne mette pas en danger ses concitoyens. Mais en apprenant la tragique histoire de celui qu’il venait d’arrêter, le contremaitre du ranch Shiloh l'avait pris en pitié. En effet, on lui expliqua que ce hors-la-loi n’avait jamais connu la liberté puisque élevé à l’orphelinat jusqu’à l’âge de 15 ans avant de passer directement en prison où il était resté jusqu’à ce jour pour avoir tué l'un de ses camarades qui avait cassé la seule chose qu’il ait jamais possédé, un petit soldat de plomb.

[Changement de paragraphe et changement de temps grammatical pour en revenir à un présent plus vivant]
Torturé par ce parcours dramatique, n’ayant même plus la tête à partager les distractions de ses compagnons de chambre, le Virginien insiste auprès de son patron pour qu'il aille en tant que juriste essayer d’aller demander la liberté conditionnelle pour ce jeune homme qui l'a profondément touché. Le juge Garth, qui comme chacun le sait est un homme très tolérant et très progressiste, qui ne cautionne pas les rudes conditions de vie dans les prisons de son Etat, accepte et réussit à "délivrer" le nommé Matthew Cordell après avoir assisté aux traitements inhumains subis dans ces lieux comme la punition du four, une "boîte" en tôle enfouie dans le sol en plein soleil dans laquelle les geôliers punissent les plus récalcitrants en les y enfermant ; on en verra une "variante" célèbre et verticale dans 
Le Pont de la rivière Kwaï par exemple. Et le voici qui ramène le délinquant à Shiloh où celui-ci doit rester une année entière sans faire de vagues avant de pouvoir retrouver une entière liberté. Tout comme le juge, le Virginien est ravi de pouvoir donner une chance à ce jeune homme qui n’a jamais connu ne serait-ce qu’une journée de "vie normale". Ce ne sera pourtant pas facile pour l’ex-bagnard qui a du mal à se faire aux rapports humains, estimant qu’il ne doit accepter aucune aide ni aucun service (auquel cas contraire il serait forcé de les rendre), qu’il n’a pas à sortir en ville pour échapper aux diverses tentations qui se présenteraient à lui, qu’il n’a pas à être aimable ni courtois... Au grand dam de son entourage, il décide donc de refuser quelque socialisation que ce soit et de poursuivre une vie d’isolement et d’individualisme, ce sur quoi le Virginien le tance assez vertement en lui conseillant de changer son fusil d’épaule s’il compte arriver à se réintégrer sans heurts à la vie civile à la fin de sa liberté conditionnelle. Puisque l'on parle de lui, profitons-en pour en remettre une couche tellement le jeu de James Drury me parait mésestimé : je trouve au contraire une fois encore le comédien absolument parfait dans le rôle du Virginien et qu'il n’a absolument pas à rougir de la présence d’un excellent Robert Redford à ses côtés.

Le réalisateur de cet épisode, Stuart Heisler, est assez connu et plutôt apprécié des amateurs de série B pour avoir notamment signé le très bon Storm Warning avec Ronald Reagan qui fustigeait les activités du Ku-Klux-Klan. Dans le domaine du western, il aura réalisé le divertissant Le Grand Bill (Along Came Jones) avec Gary Cooper et Loretta Young, une des rares incursions réussies de la comédie parodique légère dans le genre. Puis, toujours avec Gary Cooper, ce fut Dallas, ville frontière (Dallas) qui à partir du moment où le sérieux prenait le pas sur l’humour devenait inintéressant, d’autant plus que Heisler n’arrivait jamais à faire décoller ni à donner du souffle à sa mise en scène bien terne. A croire que dans le genre, le cinéaste ne s’épanouissait que dans l’humour ; ce que le "on ne peut plus sérieux" Collines brûlantes tendait à nous confirmer : même si le film compte de très nombreux admirateurs, il m’avait paru laborieux de bout en bout ! En revanche, cet épisode du Virginien, qui se révèle être son avant-dernier travail en tant que réalisateur, pourrait bien être ce que Stuart Heisler a le mieux réussi dans le western. Une mise en scène rude, carrée et extrêmement efficace - les rares coups de poings sont teigneux à souhait -, qui paradoxalement nous octroie également des scènes intimistes entre Lee J. Cobb et Roberta Shore qui font partie de ce qui a été filmé de plus tendre depuis le début de la série. Il faut dire que le scénariste Frank Chase n’en est pas à son coup d’essai au sein de la série puisqu’il avait auparavant signé le touchant If You have Tears. Stuart Heisler et Frank Chase nous proposent donc ici un bon paquet d’excellentes séquences, qu’elles soient légères - la préparation de la fête d’anniversaire de Steve - ou romantiques - notamment tout ce qui tourne autour de la première désillusion amoureuse de Betsy, qui trouve décidément en Roberta Shore une interprète vraiment attachante (il s’agissait d’ailleurs de son épisode préféré) -, qu’elles abordent des thématiques toujours autant d’actualité comme la réinsertion des délinquants ou les réformes pénitentiaires, ou bien qu’elles soient mouvementées et correspondent ici aux  accès de violence brutaux de Robert Redford. 

Il est également toujours aussi agréable de voir que les auteurs ne mettent pas forcément une auréole à leur héros, le Virginien s’avérant à nouveau assez austère, moyennement sensible - il n’essaie pas de sauver le cheval blessé de Betsy - et pas forcément toujours aimable notamment lorsqu’il avoue à Cordell qu’il a eu de la chance d’avoir été soutenu par le juge après son coup de sang - il manque de peu de tuer un cow-boy excellemment bien interprété par L.Q. Jones, un comédien qui faisait d’ailleurs partie de la fratrie monstrueuse aux côtés de James Drury dans le chef d’œuvre de Sam PeckinpahCoups de feu dans la Sierra - auquel cas contraire, bien moins indulgent que son patron, il l’aurait déjà renvoyé au pénitencier. Vous aurez compris que l’interprétation est de très haut niveau dans ce bon épisode juste un peu trop prévisible, parfois saboté par le médiocre David Buttolph à la musique - pas forcément un mauvais mélodiste mais un effroyable orchestrateur - et très décevant dans ses dix dernières minutes assez peu convaincantes, d’autant que contrairement à tout ce qui a précédé elles ont été tournées dans des décors de studio moyennement crédibles. Ceci étant dit, il s’agit d’un touchant drame psychologique, plein de bons sentiments et teinté de romance mais qui n’en est pas mièvre pour autant, au contraire très digne et très noble à l’image des réactions compréhensives de Betsy face à l’amour non partagé qu’elle éprouve pour le beau délinquant à qui personne jusqu’à présent n’avait donné la chance de pouvoir vivre librement. Pas complètement satisfaisant mais cependant sacrément plaisant !

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  • 2.06 - It Takes a Big Man
  • Réalisation : Bernard McEveety
  • Scénario : Harry Kronman
  • Guest Star : Lloyd Nolan
  • Première diffusion 23/10/1963 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 8/10

Le pitch : Pour lui acheter des poulets, le juge Garth rend visite à Wade (Lloyd Nolan), un de ses meilleurs amis qu’il n’a pourtant pas revu depuis des années. Ce dernier est ravi de leurs retrouvailles mais demande un service à Garth : qu’il embauche quelques mois son ainé Hank (Chris Robinson), un jeune homme instable et violent avec qui il a beaucoup de mal et dont il n’arrive pas à gérer le caractère fielleux et les emportements violents. Garth se sent dans l’obligation d’accepter ; ce qui va très mal se passer et même provoquer un drame du fait que Hank ait pris Trampas en grippe...

Mon avis : Juste après le fort honorable The Evil That Man do avec Robert Redford en guest star, ce deuxième épisode signé Bernard McEveety - après le curieux The Mountain of the Sun et ses trois nonnes parties aider une tribu d’Indiens belliqueux - aborde à nouveau le thème de la tentative d'éducation d’un jeune homme instable et violent même s'il ne s'agit pas cette fois de réinsertion, le garçon n'ayant pas été un quelconque prisonnier. Sauf que le ton est beaucoup plus tragique et que cette fiction acquiert une dimension supplémentaire grâce à la perfection de son script, de sa réalisation et de sa direction d’acteurs qui en font jusqu'à présent l’un des sommets de la série, un épisode mémorable. Mea Culpa tout d’abord en ce qui concerne Bernard McEveety, que j’avais assaisonné un peu violemment lors de mon avis sur son épisode précédent, écrivant que la relative faiblesse de l’ensemble pesait surtout sur les épaules du réalisateur qui fera néanmoins encore beaucoup moins bien dans le cinéma avec par exemple le minable Marqué au fer rouge (Ride Beyond Vengeance) avec Chuck Connors, un western tout à fait pitoyable. Je ne reviens évidemment pas sur ces dires mais je relativise désormais au regard de son travail remarquable et de la réalisation sans failles de cet épisode. Comme quoi tout est possible et avec un bon scénario un tâcheron peut se motiver, se sentir plus concerné et se révéler bien meilleur qu’à son habitude ! Dans cet épisode, le juge Garth accepte, en l’embauchant comme homme de main de son ranch, de prendre en charge pour un temps l’éducation du fils de son meilleur ami que ce dernier n’arrive pas à maitriser tellement il est indiscipliné et foncièrement méchant. Ne parvenant néanmoins pas plus à s’intégrer à Shiloh, ce dernier va provoquer la colère de tous les cowboys et se heurter à Trampas qu’il ne va cesser de provoquer... jusqu’au drame !

Non seulement Bernard McEveety dirige ses acteurs à la perfection mais ses choix de mise en scène s’avèrent tous impeccables, parvenant à créer, faire monter et maintenir une tension palpable de bout en bout par la manière qu’il a également de placer ou cadrer ses comédiens (aidé en cela par les choix de montage), utilisant tout cela à très bon escient, avec solidité et sans aucune emphase. Revenons d’abord à sa direction d’acteurs grâce à laquelle il réussit un petit miracle : rendre attachant l’un des personnages les plus haïssables de la série, celui d'un jeune homme odieux et haineux joué par le méconnu Chris Robinson qui au vu de sa prestation dans cet épisode du Virginien aurait mérité une carrière plus glorieuse que d’être obligé d’en arriver à squatter des soap comme Hôpital Central ou Amour, gloire et beauté. Ici, aidé par une écriture magistrale de Harry Kronman, le comédien parvient en un joli tour de force à nous faire ressentir de l'empathie pour son personnage méprisant, raciste et violent. La première fois qu’il apparait à l’écran, il est en train d’injurier et de violenter un Indien avec un air de psychopathe qui fait froid dans le dos ; il s’agit d’ailleurs de la première fois que la série aborde le sujet du racisme même si c'est ici en filigrane. Plus tard, au ranch Shiloh, il se comportera en rustre avec une vieille Indienne à qui il demande de bouger pour qu’il puisse passer au lieu de la contourner. Pour l’anecdote, ce fait irrespectueux a lieu au cours d’une séquence où la vieille squaw et Betsy sont en train - en extérieurs - de fabriquer du savon : il s'agit encore d'un de ces éléments originaux qui font de la série une petite mine concernant des situations rarement vues au sein d’un western. En parlant d’extérieurs, à signaler que cet épisode n’utilise quasiment aucun décor de studio notamment par le fait de ne jamais se dérouler de nuit, ce qui aide à le rendre encore plus réaliste et satisfaisant. Quoi qu’il en soit, pour en revenir à Hank, même s’il est détestable a priori, il va se révéler relativement attachant du fait qu'il soit suicidaire, se révélant au fur et à mesure de l'intrigue plus riche et passionnant que de prime abord, évoluant au fil de ses rencontres et des révélations sur son passé.

Vous aurez deviné que pour que nous ayons pu concevoir de la compassion pour ce violent écorché vif, il aura fallu que ce dernier ait eu un secret à dissimuler qui l’ait rendu aussi sournois, provocateur et somme toute totalement ingérable. Et effectivement, nous l’apprendrons dans le courant de l’épisode lorsqu’il se confiera au juge qui ne souhaite pas le garder au ranch où il se comporte trop mal. Hank en veut à la Terre entière par le fait que son père lui ait caché la vérité sur sa naissance et sur la véritable identité de sa mère ; depuis qu'il a découvert ce qu'il en est réellement, Hank pense que son père a toujours eu honte de lui et le fait payer à tout son entourage. Même si cela ne fera aucun doute pour la plupart d’entre vous quant à ce que cache ce secret, je ne me vois pas en dévoiler davantage afin de ne pas être critiqué de spoiler intempestivement. Je vous laisse donc le découvrir ou vous le faire confirmer. Sachez juste que le scénario pourrait s’apparenter à une tragédie grecque avec des relations familiales larvées, des frères totalement dissemblables, un drame suivi d’une vengeance, les responsabilités reposant plus ou moins sur le père qui a beaucoup à se faire reprocher, plus par omission que par action. Ce protagoniste de patriarche dépassé, et qui aura causé le malheur de ses deux rejetons du fait de ne pas leur avoir assez parlé, est campé par un très bon Lloyd Nolan - un comédien prolifique qui tournera jusqu’à la fin de sa vie et notamment dans Hannah et ses sœurs de Woody Allen - alors que le fils cadet est joué par un tout jeune Ryan O’Neal - Love Story, Barry Lyndon - qui tire lui aussi assez bien son épingle du jeu dans la peau de ce personnage introverti qui va vouloir in fine chercher à se faire remarquer par son père, les deux frères ayant toujours cru qu’ils étaient délaissés l'un au profit de l’autre.

Si les trois guest stars s’avèrent tous remarquables, il en va de même ici de Doug McClure mais surtout de Lee J. Cobb qui donne ici une interprétation encore plus imposante qu’auparavant notamment lors des séquences qui l’opposent à Lloyd Nolan, leurs deux personnages permettant la description d'une belle amitié aux violents soubresauts. Roberta Shore est toujours aussi attachante ; quant à James Drury, il ne fera qu’une seule apparition lors d’un des rares moments légers de l’épisode au cours duquel il tacle gentiment Trampas (des scènes qui permettent de respirer et de décompresser un peu). Dans ce superbe épisode, qui bénéficie également d’un beau travail sur la photographie, même David Buttolph à la musique parvient à rester plus sobre qu’à son habitude. Une magistrale réussite qui ne manque pas de souffle dramatique, et qui se clôt par un final tendu et poignant au cours duquel la plupart des protagonistes doivent faire face aux conséquences de leurs actes passés et à venir ! Aussi puissant que touchant.

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  • 2.07 - Brother Thaddeus
  • Réalisation : John English
  • Scénario : William Fay
  • Guest Star : Albert Salmi
  • Première diffusion 30/10/1963 aux USA - 16/08/1983 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : 7/10

Le pitch : Ex-bandit, Willy (Albert Salmi) est entré en religion, devenant Brother Thaddeus. Il est envoyé à Medicine Bow afin de soutenir le religieux en place dont la santé décline. Ce dernier devant partir en mission, le moine novice se voit dans l’obligation de s’occuper de la paroisse et de l’éducation des enfants. Lorsque d'anciens complices viennent cambrioler un train, on l’accuse de faire partie du coup d’autant qu’il avait laissé de mauvais souvenirs aux habitants. Trampas, qui ne croit pas en sa culpabilité, va faire en sorte de retrouver la bande d’escrocs dont fait partie Floss (Kathie Browne), une femme qu’il a aimée...

Mon avis : D’après tout ce que j’ai eu l’occasion d’en lire ici et là, il semblerait que Brother Thaddeus soit un épisode globalement et malheureusement assez peu apprécié, souvent décrit comme une pénible farce ou une pantalonnade assez balourde alors qu’à mon avis il n’en est rien. L’humour est certes présent mais l’épisode ne peut pas vraiment s’apparenter à une comédie puisque le drame - la vie de l'un des membres du gang ne tient qu'à un fil - et la violence - l'attaque d'un train menaçant la vie de quelques enfants, une femme agressée avec vigueur... - ne sont d'ailleurs jamais très loin ; s'invitent également une romance très mélancolique ainsi que, brièvement, le thème de la vente de chevaux à l'armée. Malgré sa médiocre réputation, je pense donc qu’il s’agit au contraire d’un cru absolument délicieux, une fiction dans l'ensemble évidemment légère et sans véritable tension mais bénéficiant néanmoins d’un scénario aux petits oignons et d’une interprétation plus qu’honorable. Hormis Doug McClure, les autres protagonistes réguliers ne font que de brèves apparitions - voire même, comme le Virginien, ne montrent pas le bout de leur nez -, l’ensemble de l’épisode reposant avant tout sur les épaules de ses invités. Albert Salmi ne tombent jamais dans les pièges du cabotinage outrancier alors que son personnage le lui prédestinait, Kathy Browne se révèle aussi talentueuse que charmante dans la peau de la saloon gal et les méconnus Joe Maross et Christopher Dark ne déméritent pas, le premier dans le rôle du détestable chef de gang et amant violent de la chanteuse, le second dans celui du complice secrètement amoureux de la maîtresse de son patron, un personnage d’ailleurs grandement attachant par sa maladresse et sa timidité.

Willy, ancien bandit assez minable, a décidé d’entrer en religion, sincèrement attiré par la foi. Il a autrefois laissé de très mauvais souvenirs aux habitants de Medicine Bow, ayant saccagé une partie de la ville un soir de forte cuite, étant également réputé pour être le seul à avoir réussi à s’évader de sa prison "inviolable". Autant dire qu’il ne serait pas le bienvenue si on venait à le rencontrer dans les parages ; mais pas de chance, ses supérieurs l’envoient en mission aux environs de cette petite bourgade, sur les terres mêmes du ranch Shiloh où se trouve la paroisse tenue par un moine en mauvaise santé et qui ne doit pas tarder à quitter les lieux. Venu pour lui porter soutien, Brother Thaddeus se retrouve du jour au lendemain à devoir s’occuper de l’apprentissage aux enfants des rudiments en mathématiques et en français, lui qui est très lucide quant à son inculture, son manque total d’éducation et sa faible intelligence. N’ayant pas le choix, il décidera d’apprendre les leçons la veille du jour auquel il devra les dispenser à ses jeunes élèves ; ce qui n’ira pas sans quelques cocasseries, certains enfants s’avérant bien plus au fait que leur professeur en ce qui concerne la grammaire et la conjugaison. Mais une fois encore, alors qu'il aurait été très facile de sombrer dans la caricature, rien de lourdaud ni de laborieux nous est proposé mais au contraire une belle subtilité dans les situations et le jeu d’Albert Salmi que je m’étonne d’avoir lu qu’il était grimaçant et pénible ; comme quoi le cabotinage est une notion elle aussi - comme de nombreuses autres dans le domaine artistique - totalement subjective. La deuxième évasion "miraculeuse" de la prison constitue à ce propos un bon exemple des pièges que le comédien évite tout du long, le résultat se révélant gentiment amusant et non pachydermique.

Quelques autres séquences sont assez réjouissantes de drôlerie comme les retrouvailles de Willy et Steve, les sursauts de ce dernier à chaque fois que le moine s’approche trop près de lui (il se souvient trop bien de leur dernière rencontre au cours de laquelle il s’était fait envoyer valdinguer à travers le saloon par l’ex-bandit ivre) ou encore celle au cours de laquelle Betsy est surprise par son père en train de fredonner une chanson plutôt leste avec une étonnante ardeur et alors qu’elle se croyait seule. Cet épisode signé par le britannique John English, qui avait déjà réalisé celui avec Ida Lupino - A Distant Fury - ainsi que le très bon et récent A Killer in Town avec Broderick Crawford, comporte également l’une des plus belles scènes romantiques vues jusqu’à présent au sein la série, celle très touchante au cours de laquelle Trampas raccompagne la nouvelle saloon gal jusqu’à son hôtel. S'étant autrefois déjà entiché d’elle sans qu’il ne se soit rien passé, Trampas, toujours aussi amoureux, retente sa chance sans que cela n’aboutisse plus que précédemment, la jolie Floss le décourageant en lui faisant comprendre qu’elle n’est pas faite pour lui : une scène d’une douceur, d’une tendresse et d’une mélancolie qui en font l’une des plus mémorables non seulement de l’épisode mais de la série toute entière, d'autant qu'elle est de plus très joliment éclairée et formidablement interprétée par la ravissante Kathie Browne. Christopher Dark n'est pas en reste et l’on éprouve une profonde empathie à son égard lorsque lui aussi est gentiment évincée par la charmante jeune femme qui par ailleurs est tombée sous la coupe d’un amant jaloux et violent ; la gifle que ce dernier lui assène alors qu’elle tente de se révolter nous fait bien comprendre qu’il ne s’agit pas nécessairement d’un épisode aussi léger que nous aurions pu le croire d'emblée.

Les amateurs d’action n’auront pas été oubliés non plus puisque cette intrigue se termine par une longue fusillade autour d’un relais de diligence surplombé d'un vertigineux aplomb rocheux ; une séquence très efficace et plutôt musclée qui devrait combler ceux qui aiment le mouvement. Comme pour A Killer in Town, la réalisation de John English s’avère très solide et non dénuée de petites fulgurances, tout comme l'interprétation d'ensemble et l'astucieux scénario à première vue pas nécessairement rigoureux - du fait de parfois passer d'un personnage à l’autre avec une délicieuse indolence - mais au final remarquablement bien écrit. A signaler également parmi les points positifs une bonne humeur souvent bienvenue, une entêtante chanson parfaitement bien interprétée par Kathie Browne, de très beaux paysages, de jolies plongées du haut du clocher, des cadres légèrement penchés assez curieux mais qui font leur effet déstabilisant, de jolies nuits américaines, des dialogues assez savoureux, un David Buttolph assez inspiré à la musique... Pas un sommet de la série mais un épisode néanmoins délicieux, attachant, souvent attendrissant sans pour autant tomber dans la mièvrerie et bien plus subtil qu’il semblait devoir être de prime abord.

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  • 2.08 - A Portrait of Marie Valonne
  • Réalisation : Earl Bellamy
  • Scénario : Dean Riesner
  • Guest Star : Skip Homeier
  • Première diffusion 06/11/1963 aux USA - 20/03/1966 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : 6/10

Le pitch : Le Virginien est venu avec Steve à la Nouvelle Orléans pour y vendre un troupeau. A cette occasion il rencontre Marie Valonne (Madlyn Rhue), une évanescente jeune femme de la haute société dont il tombe amoureux. Après un premier diner en tête à tête, elle disparait mystérieusement et demeure introuvable. Le Virginien se rend demander de l’aide au Sergent Bohannon (Skip Homeier) qui semble avoir plus important à s’occuper et notamment le meurtre d’un important politicien. Le régisseur du ranch Shiloh décide alors de mener lui-même l’enquête, au cours de laquelle il va découvrir le passé tumultueux de la disparue...

Mon avis : Troisième épisode réalisé par Earl Bellamy, A Portrait of Marie Valonne pourra très logiquement décevoir ceux qui se souviennent des deux précédents, à savoir le délicieux The Big Deal avec Ricardo Montalban et surtout The Judgment avec Clu Gulager qui peut être considéré comme l'un des indéniables sommets de la série. Même si cet épisode "mélodramatico-romantico-policier" s’avère bien en deçà, la mise en scène reste très agréable, le réalisateur ayant également signé dans le courant de cette même décennie quelques bons westerns pour le grand écran dont La Parole est au colt (Gunpoint) avec Audie Murphy ou Sans foi ni loi (Incident at Phantom Hill) avec Robert Fuller et Dan Duryea. Après deux épisodes où il ne faisait au mieux qu’une brève apparition, James Drury revient ici au premier plan, à nouveau "amoureux malheureux", cette fois d’une femme rencontrée une nuit à la Nouvelle Orléans où il s’était rendu avec Steve pour y vendre du bétail. Un petit dépaysement pour les habitués de la série que ce déplacement de l’intrigue dans le Sud urbain des États-Unis ma foi plutôt bien reconstitué malgré les faibles moyens alloués, les quelques rues et décors de studio arrivant à nous rendre assez crédible ce changement de lieu et de climat.

La vente du troupeau s’étant bien déroulée, les deux hommes du ranch Shiloh, les poches pleines de billets, se font immédiatement agresser dans l’encoignure d’une rue étroite par des voleurs qui n’y vont pas de main morte avec coups vigoureux et teigneux assénés, le réalisateur et les cascadeurs se révélant en l’occurrence chevronnés et efficaces. Les larrons sont mis en fuite par un agent de police interprété par l’un des meilleurs seconds rôles de western au cinéma, Skip Homeier, que l’on avait plus souvent l’habitude de croiser dans la peau d’acariâtres bad guys que du bon côté de la loi, inoubliable par exemple chez Boetticher, que ce soit dans The Tall T (L’Homme de l’Arizona) ou Comanche Station. Sous la défroque de ce détective qui semble ne pas avoir envie de se sentir concerné par les ennuis de ces étrangers du Wyoming, pas plus que par la disparition mystérieuse de la jeune femme dont était tombé amoureux le Virginien, Homeier est parfait, sa confrontation "musclée" avec James Drury faisant parfois des étincelles. On comprendra par la suite le manque de motivation de ce personnage de policier à vouloir prendre en main cette enquête lorsque l’on se rendra compte que la thématique principale de l’épisode est la corruption, l’auteur décrivant en quelque sorte la naissance d’une certaine mafia avec ces hommes de loi achetés par des notables véreux ; ceux qui auraient eu envie de faire évoluer cette situation inextricable se font remettre à leur place par leurs supérieurs, finissant par se persuader qu’il faut composer avec cette dégénérescence morale, du moment que l’on puisse encore s’occuper de sauver la vie de certaines gens.

C’est le cas du protagoniste rêche et gentiment insurgé interprété par Skip Homeier, qui lutte comme il peut contre toutes les compromissions tout en sachant qu’il ne pourra jamais faire vaciller les politiciens et les juristes corrompus. Concernant ces derniers, on a affaire à de très bonnes prestations de la part de Peter Mark Richman et de Ken Lynch, ce dernier haïssable à souhait lorsqu’on le voit s’accaparer la maîtresse de son homme de main sous les yeux de ce dernier qui ne peut rien faire sous peine de se faire tuer. De cette situation découlera tout l’embrouillamini de cette trouble intrigue policière, que nous ne divulguerons évidemment pas plus d’autant qu’elle nous est dévoilée par flash-back interposés lorsque le Virginien vient enquêter sur le passé de Marie Valonne, la mystérieuse jeune femme qui lui a tourné la tête lors d’une excellente première partie à l’ambiance délicate et éthérée. Des retours en arrière moyennement convaincants dans leur intégration au sein de l’histoire et qui sont à l’origine de la faiblesse d’ensemble d’un épisode malgré tout loin d’être déplaisant, abordant non seulement la gangrène politicienne mais également la soumission d’une femme à plusieurs hommes qui se la repassent, le portrait de cette femme malchanceuse, convoitée et tombée sous la coupe de "mafieux" s’avérant finalement assez touchant. Si la police émet des réticences à la rechercher, c’est peut-être parce qu’elle a reçu des ordres de personnalités haut placées très influentes et que cette disparue ferait bien mieux de rester introuvable. Je vous laisse imaginer ce qui a bien pu lui arriver ; dommage que Madlyn Rhue manque un peu du charisme qui aurait permis de rendre ce personnage au passé peu reluisant plus émouvant et de nous attacher plus avant à l’enquête du Virginien.

Cet épisode un peu hors contexte westernien - ce qui n’est pas forcément désagréable - aurait mérité plus de rigueur dans son écriture et une construction un peu plus linéaire ; le scénariste s’avèrera plus habile lorsqu’il travaillera dans les années 70 pour Don Siegel et Clint Eastwood. On prendra cependant un grand plaisir à constater les atermoiements risibles de Steve à trouver New Orleans ennuyeuse à mourir, à suivre le parcours tragique d’une femme attachante mais happée par le milieu criminel, à écouter, lors d’un voyage romantique en buggy, le Virginien s’épancher sur son avenir qu’il rêve au sein de son propre ranch avec femme et enfants ("Well, it's in Wyoming country. A river runs through there, called The Sweetwater. It snows some in the winter, but in the spring the whole valley comes up green. A man can get a couple of sections pretty cheap. Start a herd, even a family maybe...") Lors de cette très jolie séquence, on commencera un peu à regretter Percy Faith et ses belles mélodies écrites notamment pour les thèmes musicaux romantiques de la première saison, autrement plus entêtants et mélancoliques que ceux - pour l’instant - de cette deuxième. Un épisode pas totalement réussi faute surtout à un scénario un peu faible et à une interprétation inégale, mais qui a le mérite de partir sur des sentiers un peu différents et inhabituels, pas loin du film de gangsters. Pour l’anecdote, ce scénario fera l'objet d'un remake cinq ans après pour un épisode de L’Homme de fer.

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  • 2.09 - Run Quiet
  • Réalisation : Herschel Daugherty
  • Scénario : Norman Katkov & Ed Adamson
  • Guest Star : Clu Gulager & L.Q. Jones
  • Première diffusion 13/11/1963 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7/10

Le pitch : Jud (Clu Gulager), un jeune sourd-muet clochardisé, arrive tout dépenaillé à Medicine Bow. Molesté par deux cow-boys, il est pris en pitié par Steve qui décide de l’emmener à Shiloh et de le faire embaucher par le Virginien le temps qu’il gagne assez d’argent pour repartir sur de bonnes bases. Mais cet homme au tempérament violent va lui causer des ennuis, surtout lorsqu’on le surprend sur les lieux d’un crime qui vient d’avoir lieu sur la personne d’un joueur professionnel contre qui il vient de perdre. Principal suspect, il fuit la prison et trouve refuge chez une femme seule...

Mon avisRun Quiet est en très peu de temps d’intervalle le troisième épisode de cette deuxième saison à être construit sur un modèle assez similaire, celui d’un récit d’apprentissage qui se transforme en tragédie à partir du moment où le jeune homme violent en "réinsertion" est accusé de meurtre alors même que le spectateur connait parfaitement son innocence pour avoir été témoin des faits, ayant une fois de plus un temps d'avance sur les protagonistes. Il y eut The Evil That Men do, le cinquième épisode avec Robert Redford en bagnard orphelin, puis immédiatement après le superbe It Takes A Big Man avec un étonnant Chris Robinson dans le rôle d’un délinquant véhément et haineux. L'épisode dont il est question ici, réalisé par Herschel Daugherty - déjà signataire de l’original The Man From the Sea avec un excellent Tom Tryon dans le rôle d’un marin tombant amoureux d’une jumelle assez trouble -, raconte l’histoire de Jud, un sourd-muet rejeté par tout le monde sauf par ceux qui, le considérant comme un idiot, décident de profiter de son handicap pour l'exploiter. Justement, alors qu’il avait été embauché pour aider à un travail de manutention, il a été lâché par ses employeurs une fois sa tâche effectuée sans bien évidemment recevoir quelconque salaire en retour. C’est suite à cette injustice que de bon matin, alors qu'ils allaient prendre ensemble leur petit déjeuner - encore un de ces détails du quotidien qui font tout le charme de la série -, Steve et le shérif le voient arriver pieds nus, sale et dépenaillé dans les rues de Medicine Bow.

D’après ce que les citoyens comprennent, Jud aurait suivi jusqu’ici les hommes qui lui devaient de l’argent ; en les retrouvant, il se fait rejeter à nouveau mais réagit avec violence. Heureusement le shérif l’arrête avant qu’il n’aille trop loin comme ce fut déjà le cas quelques années auparavant, ce qui causa son emprisonnement. Steve, qui s'attache immédiatement à ce paria chez qui il perçoit intelligence et bonté, décide de le prendre sous son aile et de le conduire à Shiloh afin de le faire embaucher par le régisseur du ranch. Comme à son habitude, le Virginien, toujours aussi sèchement pragmatique, a quelques réticences à prendre un étranger à son service sans le connaitre ; ce tempérament continue de constituer l’une des originalités de la série en faisant de son personnage-titre un homme peu facile de prime abord. Devant l’insistance de Steve, il accepte néanmoins mais sans grand enthousiasme. Nous assistons alors à la partie "apprentissage" au cours de laquelle les cow-boys tentent d’amadouer cette nouvelle recrue qui n’a pas un grand sens de l’humour et s’avère assez soupe-au-lait. Les auteurs en profitent pour donner à leur histoire un aspect documentaire plaisant sur le travail des cow-boys, à lui insuffler pas mal d’humour - le débourrage du soi-disant étalon sauvage, les différentes blagues pour dérider le muet -, de l'émotion notamment au travers l'amitié grandissante entre Steve et Jud et enfin un ton parfois bon enfant loin d'être désagréable, grâce notamment au duo L.Q. Jones et Slim Pickens qui interprètent tous deux des cow-boys de Shiloh, le premier ayant déjà fait partie du 5ème épisode de cette saison et allant pour notre plus grand plaisir revenir à plus de vingt reprises dans ce rôle de Belden.

Une fois mis à l’aise, Jud s’intègre parfaitement bien à l’équipe, perd son tempérament violent et montre de sacrés talents aux cartes au point de vider les poches de ses acolytes de Shiloh ; une bonne ambiance familiale s’est installée. Mais, alors qu’il se rend en ville et qu’il prend place à une table de jeu, un joueur professionnel le prévient avec un grand fair-play qu’il sera difficile à battre et qu’il est toujours temps de se retirer. Alors que l’on se serait attendu à ce que le sourd-muet remporte à nouveau la mise comme dans la plupart des westerns assez légers, la crédibilité semble être à nouveau la priorité des auteurs qui le font perdre. S’ensuit une tragédie qui conduit le héros de cet épisode en prison, suspecté de meurtre, puis vers une seconde partie encore un peu différente au cours de laquelle, après son amitié avec Steve - Gary Clarke n’a peut-être encore jamais été meilleur, il faut dire que son personnage a acquis en l'occurrence encore un peu d’épaisseur -, il est pris en charge par une jeune femme seule qui, après des malheurs sentimentaux et la perte de ses illusions, est devenu acariâtre. Elle va cependant s’adoucir au contact de cet homme recherché par la police. Si certains trouveront l’épisode un peu mièvre et moralisateur, d’autres seront ravis de tomber à nouveau sur une histoire assez progressiste, proposant, plutôt que de les rejeter ou de les prendre en pitié, d’offrir des opportunités et une deuxième chance aux hommes malchanceux devenus violents par la force des choses, l’intégration à un groupe désireux de les aider et l’apprentissage de la vie en collectivité faisant tomber leurs mauvais penchants avérés.

Comme Robert Reford dans The Evil That Men do, Clu Gulager porte l’épisode sur ses épaules et comme un Léonardo DiCaprio alors inconnu à l’époque nous faisait penser qu’il devait être un véritable handicapé mental en le découvrant dans Gilbert Grape, Gulager, sans trop en faire, sans caricaturer mais au contraire toujours extrêmement juste, s’avère formidablement plausible en sourd-muet. Après nous avoir au cours de la série octroyé la plus grande interprétation de bad guy dans le superbe The Judgment, il se révèle ici de nouveau formidable dans un rôle à total contre-emploi. Du coup, je ne cache pas ma curiosité et mon impatience de le voir ensuite revenir régulièrement et durant quatre saisons dans la peau du shérif Emmet Ryker. A ses côtés Gail Kobe - sorte de Gena Rowlands au visage plus dur - s’en tire très bien, tout comme Stacy Harris en élégant joueur professionnel qui aura malheureusement un temps de présence très limité. On regrettera un scénario de bonne facture mais prévisible et sans grandes surprises, une fin un peu trop vite emballée ainsi qu’une musique parfois envahissante surtout durant les séquences mouvementées - d’ailleurs très bien mises en scène et notamment la fusillade finale en extérieurs - mais l’ensemble soigné, pétri d’humanité et au rythme soutenu se révèle tout à fait honorable, voire même très agréable, le happy-end nous mettant en joie tout comme la réjouissante complémentarité entre Clu Gulager et Gary Clarke. Très sympathique !

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  • 2.10 - Stopover in Western Town
  • Réalisation : Richard L. Bare
  • Scénario : Carey Wilber
  • Guest Star : Dick York
  • Première diffusion 27/11/1963 aux USA - 19/03/1967 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : 7/10

Le pitch : Alors que la jeune Caroline Witman (Joan Freeman) revient à New York après un séjour à San Francisco, le train qui la conduit est immobilisé suite à un pont éboulé. Elle va devoir faire un "intermède" de quelques jours dans cette "exotique petite ville de l’Ouest" qu’est Medicine Bow. Tombée sous le charme du Virginien et souhaitant le faire tomber dans ses bras malgré les réticences de ce dernier, elle va faire en sorte de le rendre jaloux en séduisant Jefferson Tolliver (Dick York) arrivé par le même train et ex-meilleur ami du régisseur de Shiloh. Mais ce qu’elle estime être un jeu de séduction va aboutir à une tragédie...

Mon avis : Souvenez-vous de l’étonnant West de Douglas Heyes avec Steve Cochran, Claude Akins et Leo Gordon, le dixième épisode de la série qui débutait d’une manière allègre et joviale, le sérieux s’infiltrait subrepticement et par petites doses jusqu’à une conclusion se déclinant sur un ton de tragédie funèbre assez bouleversant. Il en va de même pour ce dixième épisode de la saison 2, un divertissement a priori léger mais dont l’inconséquence du principal protagoniste féminin causera des drames mortels et un dénouement abrupt en forme de couperet implacable et désespéré, assez sidérant pour une série télé dite "familiale". Lors de son voyage retour à New York, après avoir fait la connaissance d’un homme pittoresque - il a été mis dans le train totalement ivre par quatre saloon gals avec qui il semble avoir passé la nuit - la jeune Caroline est obligée de faire une pause à Medicine Bow suite à l’éboulement d’un pont sur la voie de chemin de fer - sympathique séquence qui voit James Drury démontrer ses belles qualités de cavalier en enlevant la jeune fille de terre et l’installant sur l’avant de son cheval qu’il lance au grand galop. Caroline va profiter de cet intermède (stopover) pour étudier les usages "rustres et barbares" de ces hommes de l’Ouest et s’en amuser un peu en faisant tourner quelques têtes. Au grand dam de sa tante qui la chaperonne à la demande du père de la jeune fille qui désapprouvait ses mœurs un peu dissolues, ne supportait plus ses amis et qui l’avait envoyée voyager à l’autre bout du pays pour leur "repos" à tous les deux. Pas malveillante mais totalement irréfléchie, cette capricieuse et charmante "petite fille riche" va rendre fou amoureux un cow-boy sans le sou, le meilleur ami du Virginien, qui autrefois avait travaillé sous ses ordres à Shiloh et qui va s’engager dans la voie de la criminalité pour éblouir cette femme frivole.

Ayant des vues sur le régisseur du domaine - le Virginien donc - et constatant que ce dernier l’a bien cernée et qu'il ne s'en laissera pas conter ("I'm not as much a greenhorn as you think I am") au point de s’en méfier et de s’en détourner, elle décide néanmoins de l’attirer en essayant de le rendre jaloux et pour ce faire d’encourager les avances et de jeter son dévolu sur le personnage interprété par le Darrin (Jean-Pierre) de Ma sorcière bien-aimée, Dick York, tout à fait convaincant dans ce rôle d’un homme étourdi et indolent, qui va préférer, plutôt que de travailler pour un faible salaire, suivre une mauvaise voie. En effet, il a dans l’idée - et il est de plus en plus déterminé - de gagner l’amour de la riche jeune femme, ce qu’il ne pourra faire sans argent puisque - sans y croire une seule seconde et uniquement pour s'amuser - elle lui a mis en tête de l’épouser à condition qu’il ait lui aussi une bonne situation financière. Témoin du dépeçage illégal d’un bœuf volé par un homme sans le sou qui n’a trouvé que ce moyen de revendre la viande pour survivre, il commence à déraisonner en souhaitant l’imiter à une plus grande échelle. A propos de ce pauvre bougre joué par Ed Peck dont le visage prématurément vieilli reflète toute la misère du monde, jamais peut-être encore auparavant un western n’avait réussi à dépeindre la difficulté du métier de cowboy et à nous faire comprendre leur faible niveau de vie. A sa première apparition, on le voit aller demander du travail à Shiloh, le contremaitre lui expliquant que son équipe est au complet mais que s’il veut cependant au moins se restaurer il est le bienvenu et peut se joindre à eux ; une séquence poignante et d’une profonde humanité qui nous fait mettre le doigt à cette occasion sur le fait que le chômage était déjà un fléau de l’époque.

Le réalisateur Richard L. Bare n’accomplit pas vraiment de miracles au niveau de la mise en scène mais a eu en revanche la chance d'être très bien secondé comme c’était déjà le cas pour les deux précédents épisodes qu’il signa, le superbe If You Have Tears avec Dana Wynters ainsi que le plus qu’honorable Run Away Home avec Karl Swenson. Les extérieurs sont bien choisis, l'ensemble est très joliment photographié, le scénario et les dialogues volent assez haut et enfin nous sommes en présence d’un casting de grande qualité, Dick York se faisant même voler la vedette par une fougueuse Joan Freeman qui dévore l’écran - bien meilleure que dans le précédent épisode dans lequel elle avait joué, The Devil’s Children - ainsi que par Warren Oates, comédien fétiche de Sam Peckinpah et qui jouait déjà avec James Drury dans le sublime Coups de feu dans la Sierra, tous deux interprétant des membres de la terrible fratrie des Hammond. Caroline est une sorte de post-Scarlett O’Hara dans ses manières et son caractère ; l’actrice a parfaitement bien compris son personnage qu’elle arrive à rendre aussi agaçant qu’attachant. On pressent que toutes ses tentatives de séduction pour s’amuser’ ("It's the danger that makes the animal exciting") vont se solder par un drame, mais on comprend aussi que la jeune femme n’est pas foncièrement vénale et n’imagine pas que l’on puisse commettre de vils actes par amour. Comme le Virginien le lui fait remarquer, c’est une enfant gâtée totalement inconséquente ("reckless and headstrong without a thought of consequences"), ce qu’elle prend très mal en le traitant de rustre et d’arrogant. Voilà des relations entre les deux protagonistes aussi tendues que captivantes comme on peut l'imaginer au vu de ces quelques extraits de dialogues. C’est par le fait de vouloir lui donner une leçon que Caroline va enclencher un irrémédiable enchainement de situations aboutissant à une double tragédie... Mais je vous laisse le soin de découvrir tout cela.

En plus de l’intrigue romanesque qui tourne autour des "manipulations amoureuses" de la fille émancipée issue d'une bonne famille de l’Est et qui sert de base au scénario, les auteurs abordent à nouveau la thématique du lynchage, les éleveurs étant excédés par des vols de bétail et voulant entrer en action pour "faire des exemples". La séquence de l’arrestation nocturne des voleurs fait étonnement penser à celle du célèbre The Ox-Bow Incident (L’Etrange incident) de William Wellman sans qu'au final on n'en arrive à de telles extrémités : le shérif et le Virginien arrivent à temps pour éviter les pendaisons qu’ils exècrent plus que tout, ayant déjà été témoins quelques années plus tôt des massacres occasionnés par de telles décisions. Alors que ces actes odieux sont empêchés de justesse, il n'en sera pas de même de l'inévitable tragédie due à la frivolité de la charmante jeune femme. Sa repentance de dernière minute n’y fera rien : ses agissements ont entraîné des hommes sur une pente savonneuse et le drame aura bien eu lieu ! Cet épisode, au départ nonchalant - à l’image de sa construction qui semble assez lâche -, flirtant tout d'abord avec la comédie savoureuse autant que futile, bascule dans la tragédie la plus sombre et nous rend la série encore plus précieuse d’autant que les tueurs / voleurs sont loin d’être haïssables, puisque ce sont de simples hommes aux abois. Cela manque d’une mise en scène un peu rigoureuse mais sinon c’est du tout bon !

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  • 2.11 - The Fatal Journey
  • Réalisation : Bernard McEveety
  • Scénario : John Hawkins
  • Guest Star : Robert Lansing
  • Première diffusion 14/12/1963 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 4/10

Le pitch : Alors qu’il s’apprête à épouser Molly, la journaliste de Medicine Bow, le Virginien apprend par Steve qu’elle vient de se faire tuer lors d'une fusillade en guise de représailles par des outlaws sévissant dans la région et qui n'ont pas supporté son éditorial demandant au Président d'envoyer du renfort en troupes pour se débarrasser d'eux. Le Virginien part avec les hommes du shérif à la recherche de la bande de meurtriers dirigée par un ex-colonel de l'armée (Robert Lansing). Lorsque le groupe, bredouille, fait demi-tour, le Virginien décide de poursuivre seul, bien décidé à venger sa bien-aimée...

Mon avisIl fallait bien que cela arrive à un moment ou un autre ; et ce n’est pas de gaieté de cœur d’avouer m’être ennuyé et avoir trouvé raté ce onzième épisode de la saison 2, plus encore que Riff-Raff qui bénéficiait au moins d’une première demi-heure plutôt amusante. Le point de départ de The Fatal Journey était pourtant alléchant puisqu’il allait conter l’assassinat de la pétillante Molly, dont l’interprète Pippa Scott avait certes quitté la série au milieu de la première saison mais dont aucune explication ne nous avait été jusqu’à présent fournie quant à l'absence de son personnage depuis tout ce temps, alors qu'il avait pourtant été l’objet de toutes les attentions au début de la série, Steve, Trampas et le Virginien n’étant pas insensibles à son charme. A tel point que l’on apprend au début de cet épisode que le contremaitre du ranch Shiloh est sur le point de convoler avec elle en justes noces, le juge ayant même engagé des dépenses pour la construction sur la colline face au ranch d’une maison pour le futur couple. Tout ce préambule est excellent y compris les notations - déjà présentes dans l’épisode précédent - sur le chômage qui frappe selon les habitants de Medicine Bow à peu près ¾ des nouveaux arrivants dans la région. L’éditorial de Molly, qui fustige les agissements des bandes organisées de la région et qui demande au gouvernement du soutien en hommes et en argent pour aider à les éradiquer, est à nouveau le point de départ de discussions assez intéressantes sur la loi et la justice.

Puis, après encore quelques saynètes dans l’ensemble plutôt légères - par exemple celle au cours de laquelle Steve tente de résoudre un casse-tête que le Virginien dénoue en deux temps trois mouvements -, on est témoin de l’entrée en ville de quatre inquiétants cavaliers qui, arrivés devant la devanture du journal, se mettent à cribler de balles cette dernière. La silhouette de la journaliste s’étant détachée quelques secondes auparavant en contre-jour, les spectateurs se doutent alors d’emblée qu’elle a été victime de cette fusillade. Effectivement, Steve, qui a entendu les coups de feu puis les débris de verre et qui s’est rendu immédiatement sur place en courant voir ce qui s’était passé, ressort des locaux bouleversé et annonce sans tarder la mort de la jeune journaliste. Peu après, il doit communiquer la triste nouvelle à son ami et boss ; apprenant le décès de Molly, le visage du régisseur de Shiloh se referme et il se dirige sans attendre vers le dortoir où il fait son paquetage, bien décidé à partir venger la femme qui allait devenir son épouse. S’ensuivent des recommandations du juge qui comprend le chagrin de son homme de main mais lui demande quand même de respecter la loi et ne pas se lancer dans une vendetta personnelle. Lorsqu’il retrouvera les coupables, le Virginien refusera d’ailleurs de tuer les criminels de sang-froid, ce qui le conduira à être découvert mais qui nous confortera dans le caractère non-violent et progressiste de la série. Il se fait alors passer pour un récent évadé afin de sauver sa peau et rester infiltré au sein du gang. Son dilemme va alors être de continuer à penser à se venger ou à empêcher le coup très meurtrier que les bandits sont sur le point de mettre en branle, la première solution - les représailles - allant probablement mettre la vie de beaucoup d'innocents en danger. Tout le suspense va reposer sur cette alternative et sur le fait que les hors-la-loi sont sur le point de découvrir sa véritable identité ainsi que celle d’un autre infiltré, un shérif, ce dernier point se révélant d'ailleurs assez invraisemblable.

Hormis cette situation assez peu crédible qui nous fait nous étonner d’un tel manque de rigueur dans le scénario - ce qui n’était pas vraiment une constante de la série -, le reste ne permet pas d’oublier ces défauts d’écriture dans un script qui compte aussi de longues séquences de bavardages intempestifs et inintéressants ainsi qu’une brochette de bad guys aux caractères et aux tempéraments sans aucunes nuances. Le reste concerne donc surtout une interprétation très moyenne y compris celle du comédien que je m’efforce de porter au pinacle depuis le début de cette anthologie, à savoir James Drury. Étonnement, il a rarement été aussi peu convaincant qu’ici alors qu’il doit exprimer de la tristesse et de la colère froide, lui que l’on a connu pourtant charismatique, sec et puissamment déterminé à de très nombreuses reprises. Dans cet épisode, on a l’impression qu’il ne s’est pas spécialement senti concerné par l’histoire qui semble surtout avoir été imposée pour se débarrasser une fois pour toutes de Molly dont certains spectateurs se souvenaient et qui devaient se demander ce qu'elle était devenue. Le jeu ici bien trop intériorisé de l'acteur principal de la série rejaillit sur tous ses partenaires et notamment les comédiens interprétant les différents outlaws, soit grandement fades (Robert Lansing) soit totalement ridicules (Steve Inhat). Avant que l'ont soit gênés par tous ces éléments scénaristiques et d’interprétation, le manque de budget nous avait déjà fait tiquer lors des séquences décrivant la recherche des bandits par les hommes de loi au sein des terres désertiques : les mêmes montagnes et concrétions rocheuses se faisaient jour à chaque plan, le réalisateur n’ayant pas même pensé à changer l’angle de sa caméra pour donner le change ; l’impression de surplace peu "authentique" devient assez gênante pour le spectateur. Bernard McEveety avait été beaucoup plus inspiré pour son précédent et superbe épisode, It Takes a Big Man.

Malgré quelques bonnes idées - le chef de gang est un ancien colonel de l’armée qui utilise ses connaissances pour réussir ses coups - et quelques touchantes preuves d’amitié de la part de Steve et de Garth, l’ensemble manque non seulement de rigueur et d’ampleur mais, plus décevant encore, d’émotion et de tension. Il faut dire qu’une fois que l’on est arrivé à mi-parcours dans le repaire des bandits au sein des Badlands, on n’en sort plus, le rythme devient anémié et les séquences finales d’action ont bien du mal à nous sortir de notre torpeur du fait de se révéler assez banales. Niveau émotion, que tout ce qui concerne Molly se soit déroulé hors-champ - puisque l’actrice n’a pas été conviée par les producteurs - a du mal à nous rendre sa mort bouleversante. Reste que malgré le fait qu'il m'ait paru raté, cet épisode n’est pas du tout honteux, bénéficiant notamment de quelques notations sociales et historiques assez intéressantes dans sa première partie ainsi que d’une jolie photographie et enfin de la reprise de certains beaux thèmes musicaux de la première saison. The Fatal Journey trouvera certainement de l’écho auprès de westerners purs et durs mais en décevra probablement beaucoup d’autres sans que le résultat soit déshonorant pour autant. La preuve, l’ultime séquence et la dernière réplique du juge ("No, I'm just glad you're back") nous font espérer que la série repartira sur de bons rails.

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  • 2.12 - A Time Remembered
  • Réalisation : William Witney
  • Scénario : Peter Germano
  • Guest Star : Yvonne De Carlo
  • Première diffusion 11/12/1963 aux USA - 09/07/1967 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : 6/10

Le pitch : Medicine Bow est en liesse : tous les habitants semblent s’être rendus à la gare accueillir à sa descente du train une célèbre chanteuse d’opéra, Elena (Yvonne de Carlo). Ce soir-là, même Trampas et Steve se mettent sur leur 31 pour assister à son récital. Ils sont accompagnés de Betty et du juge Garth qui reconnait en la cantatrice l’un de ses amours de jeunesse. Se renoue alors une romance entre eux deux et Garth est sur le point de demander sa main à Elena. Mais ce soir-là, alors qu’il quitte l’hôtel de la chanteuse, un coup de feu retentit ; on trouve Elena effrayée, une arme à la main, un cadavre à ses pieds...

Mon avis : A Time Remembered marque la troisième incursion au sein de la série du célèbre réalisateur de serial William Witney qui avait déjà signé The Devil’s Children et Say Goodbye at All That, deux épisodes qui à vrai dire ne faisaient déjà pas forcément partie des plus mémorables. Il en va de même pour ce néanmoins encore distrayant A Time Remembered qui confirme à cette date un milieu de saison qui patine un peu sans néanmoins - rassurez-vous- encore tomber trop bas, loin de là ! Ici, pas de Virginien, à peine quelques apparitions de Trampas, Steve et Betty, mais un Juge Garth présent dans quasiment toutes les scènes. Lee J. Cobb nous prouve à nouveau ses immenses talents de comédien, d’autant plus qu’il change un peu de registre pour cet épisode qui le montre retomber en pâmoison devant une femme qu’il a autrefois aimée. Jamais encore depuis le début de la série nous n’avions encore eu l’occasion de le voir aussi souvent sourire voire même rire aux éclats, ce qui n’est pas désagréable d’autant que cela ne semble jamais forcé mais au contraire très naturel. Il faut dire que le couple qu’il forme avec Yvonne de Carlo fonctionne à la perfection. Pour ceux qui ne la connaitraient pas, rappelons que la très jolie comédienne, égérie de la Universal, fut probablement l’une de celles qui joua dans le plus grand nombre de westerns durant les années 40 et 50, et parfois non des moindres comme par exemple le méconnu mais puissant et bouleversant Tomahawk de George Sherman où elle avait pour partenaire Van Heflin. Elle fut également aux côtés de Maureen O’Hara et John Wayne dans le plaisant McLintock! d’Andrew V. McLaglen.

Qu’un des personnages principaux de la série retrouve un amour de jeunesse dont il s’éprend à nouveau mais qui se retrouve impliqué dans un crime à mi-parcours de l’épisode, voilà qui nous dit quelque chose ! Ce canevas dramatique avait effectivement déjà été utilisé pas plus tard qu’en ce début de deuxième saison dans No Tears for Savannah avec une inoubliable Gena Rowlands en patronne de saloon amoureuse du Virginien, l'un des plus beaux épisodes de la série jusqu'à ce jour. Cette nouvelle variation débutait également de la plus délicieuse des manières mais n’allait pas tenir toutes ses promesses sur la durée, toute la partie procédurale n’allant pas s’avérer très captivante. La première demie heure se déroule d’une façon très nonchalante, contant les retrouvailles amoureuses du juge Garth avec cette chanteuse d’opéra qui paraît avoir elle aussi très bien mené sa barque. On s’étonne d’emblée des relations qu’elle entretient avec son assistante - une Melinda Plowman peu convaincante -, des regards peu aimables et des sous-entendus qui nous font penser que nous avons affaire à deux escrocs qui ne s’entendent guère. Mais on l’oublie assez vite puisque nous n'avons d'yeux que pour l'histoire d'amour entre Lee J. Cobb et la toujours très belle Yvonne de Carlo. On se laisse mener avec un certain ravissement dans la visite des terres et du ranch Shiloh, on s’amuse de voir Trampas et Steve se mettre sur leur 31 pour aller écouter le récital d’opéra et s’en délecter au vu de leurs sourires niaisement extatiques, on apprécie de revoir l'avenante et charmante Roberta Shore un peu plus longuement que dans les épisodes précédents et de constater la touchante complicité qui continue de l'unir avec les deux cow-boys...

Bref, nous sommes sous le charme de cette attendrissante et savoureuse entrée en matière qui se termine par un mariage annoncé. C'est d'autant plus adorable qu’en plus de l’excellente interprétation délivrée par notre couple de célèbres comédiens, les dialogues sont parfois spirituels, les décors riches et les paysages très joliment photographiés. Puis arrive le meurtre d’un étranger par la séduisante chanteuse, et paradoxalement on commence à trouver le temps un peu plus long. Ne trouvant aucun avocat pour défendre cette femme présumée coupable d'assassinat avec préméditation - alors qu’elle clame haut et fort son innocence, disant qu’elle ne connaissait pas cet homme et qu'elle a seulement voulu se défendre d’une attitude agressive à son égard -, c’est le juge Garth qui va devoir s’en charger. L’idée était intéressante et susceptible de rendre l’intrigue encore plus passionnante ; mais que ce soit l’enquête un peu laborieuse, le procès ennuyeux et le plaidoyer de Lee J. Cobb faisant un peu "déjà-vu", le fait que le scénario soit moyennement bien écrit rend l’ensemble logiquement bien moins captivant malgré les nombreux retournements de situation, les témoins de dernière minute, l’apparition de zones d’ombres inattendues ainsi que les mensonges, duperies et mystères dévoilés. Je ne vous en dis néanmoins pas plus afin de ne pas gâcher le plaisir que vous pourriez prendre à essayer d’enquêter par vous-mêmes et éventuellement débrouiller cet embrouillamini - en spoilant un petit peu - "romantico-arnaquo-familial" un peu tarabiscoté mais dont certains éléments se révèlent néanmoins assez prévisibles.

Parmi les autres plaisirs distillés par un épisode dont on pouvait cependant attendre beaucoup mieux - même si loin d’être déplaisant ni antipathique grâce surtout à l’alchimie qui s'opère entre les deux protagonistes principaux -, on retient une promenade bucolique en calèche, un charmant pique-nique romantique, une Yvonne de Carlo chantant entre autres Plaisir d’amour, une belle garde-robe pour la comédienne, ses touchants adieux en toute fin au magistrat vieillissant, une résolution assez émouvante... Guère captivant mais cependant assez séduisant surtout grâce à sa première partie intimiste, nostalgique et somme toute très réussie dans sa simplicité.

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  • 2.13 - Siege
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Donn Mullally
  • Guest Star : Philip Carey
  • Première diffusion 18/12/1963 aux USA - 04/12/1966 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : 8.5/10

Le pitch : Trampas gagne une grosse somme au jeu ; il décide de se rendre au Nouveau-Mexique pour y régler de vieilles dettes. Il a en tête d’en profiter pour revoir une femme dont il fut grandement amoureux. Entretemps elle s’est mariée avec le shérif (Ron Hayes) qui a été placé là par son beau-frère (Philip Carey), banquier et homme le plus influent de la ville de Logan, celui-là même qui avait chassé Trampas par parce qu’il n'appréciait pas que ce dernier courtise sa sœur. Logan est également sous la coupe des Comancheros depuis que l’armée est partie. Trampas va leur être confronté alors qu’il a découvert un crime dont ils sont coupables...

Mon avis : Pas plus tard qu’à l’occasion de mon avis à propos de l’épisode précédent, j’écrivais que ce dernier confirmait à cette date un milieu de saison qui patinait un peu. Pour me faire mentir, le réalisateur du magnifique No Tears for Savannah et le scénariste du formidable Impasse avec Eddie Albert - deux des meilleurs épisodes de la série - s'associent pour nous offrir sans tarder un petit chef-d’œuvre dans la lignée dramatique "un homme seul contre tous" inspirée de grands classiques du western urbain tels Le Train sifflera trois fois (High Noon) de Fred Zinnemann et surtout le sublime et insurpassable Decision at Sundown de Budd Boetticher à côté duquel Siege n’a pourtant pas à rougir. Le fait que Don McDougall soit l’un des réalisateurs qui signera le plus grand nombre d’épisodes du Virginien ne peut que nous rassurer quant à sa continuité qualitative ; espérons qu’il tiendra souvent toutes les promesses que Siege met en avant ici, même si cela semble difficile car partant de très haut ! L’intrigue s’éloigne de Shiloh et de Medicine Bow pour nous faire voyager jusqu’au Nouveau-Mexique où Trampas se rend pour régler les dettes qu’il avait contractées là-bas cinq ans auparavant en compagnie de son père dont il est question ici à plusieurs reprises, ce qui nous renvoie ainsi au premier épisode de cette deuxième saison, Ride a Dark Trail, qui revenait en flashback sur la rencontre entre Trampas, Garth et le Virginien.

Siege est le premier de deux épisodes qui se suivent et dans lesquels tous les principaux protagonistes récurrents de la série sont absents à l’exception de Trampas dont le personnage s'étoffe encore, toujours canaille et enfantin mais également d'une belle noblesse de cœur. Doug McClure en profite pour nous prouver à nouveau son immense talent malgré d’autres comédiens chevronnés à ses côtés, la plupart en l’occurrence tous remarquables à commencer par Nestor Paiva (le gérant de l’hôtel), mais surtout Philip Carey (le banquier) et Ron Hayes (le shérif et gendre du premier) qui nous offrent tous deux d’admirables prestations. L’épisode débute d’une manière très légère : Trampas remporte une grosse somme aux cartes et décide de racheter ses roublardises passées en se rendant dans une petite ville du Nouveau-Mexique qu'il avait quittée voici cinq ans en arrière en laissant de nombreuses dettes. A son crédit, il faut dire qu’il en fut chassé par l’homme le plus influent de la ville, un banquier qui voyait d’un mauvais œil la cour qu’il faisait à sa sœur. Ayant été enamouré de cette jeune femme dont il avoue continuer à rêver au cours de quelques longues nuits d’hiver, Trampas a évidemment dans l’idée d’en profiter pour la revoir. Lorsqu’il apprend qu’elle a entretemps épousé le shérif, ne souhaitant pas provoquer quelconque jalousie, il prend la décision de ne pas aller à sa rencontre mais à la place de rendre visite à un couple de vieux amis qui lui étaient venus en aide à l’époque et chez qui il avait travaillé. Arrivé sur place, il les trouve assassinés et, sous le coup de la colère, part à la poursuite des meurtriers, les traces de chevaux étant encore toutes fraîches.

Il n’a aucun mal à retrouver le petit groupe de trois hommes encore en possession d’objets trouvés sur les cadavres ; il est obligé d’en tuer un par légitime défense mais ramène les deux autres en ville afin qu’ils soient jugés en bonne et due forme. Sauf que ces deux coupe-jarrets font partie des Comancheros qui ont plus ou moins pris le contrôle de la ville sous la direction de l’inquiétant Pedro Lopez (Joseph Campanella tout à fait crédible en bandit mexicain). Par peur des représailles, tout le monde essaie de convaincre Trampas de retirer sa plainte afin que les deux meurtriers soient relâchés. Le cowboy de Shiloh comprend alors que les habitants, terrorisés depuis que l’armée à quitté leur contrée, ont capitulé devant les décisions des Comancheros et que les notables ont plus ou moins accepté la mainmise et l’impunité de ces derniers tant qu’ils peuvent avoir la paix. Il s'agit d'une sorte de pacte de "non agression" de la part des bandits mexicains si les citoyens ferment les yeux sur leurs exactions et activités illicites. Alors qu’il est en quelque sorte son rival en amour, Trampas va se prendre d’amitié pour l’homme de loi, faire naître un très beau respect mutuel et lui ouvrir les yeux quant à la lâcheté de ses concitoyens ; ce dernier va se désolidariser de celui grâce à qui il a pu trouver cette place et retrouver l’estime de soi en soutenant Trampas dans sa volonté de ne pas transiger avec les despotes et au contraire de mener à bien la punition légale des criminels quitte à prendre de grands risques. Outre sa vie, l’homme de loi met son mariage en danger puisque son épouse, très pragmatique, refuse qu’il se lance dans cette "croisade". Comme la plupart des protagonistes, le personnage de la jeune femme est d’une incroyable richesse, évoluant constamment au point de revenir en fin de compte vers son mari avec cette tirade : « I may not always agree with you, but I know now that doesn’t matter. The important thing is that you know what you have to do. »

De remarquables lignes de dialogues, un admirable sens de l'éthique au sein d'un scénario aussi rigoureux que passionnant que ce soit au niveau de la peinture des personnages comme celle des relations qu’ils entretiennent, et une mise en scène tout aussi accomplie, aussi bien réglée lors des séquences dialoguées que pour les scènes d’action, rares mais d’une redoutable efficacité à l’exemple de l’affrontement final qui constitue le climax de l'épisode et débute par un étonnant et crescendo suspense - le spectateur se demandant comment Trampas va pouvoir se sortir de cette impasse -, pas indigne des meilleures séquences similaires au cinéma, la prise de conscience commune des habitants quant à leur veulerie les faisant trouver l’émancipation et le courage de se réunir pour mettre fin aux agissements de leurs tyrans. Siege est un épisode majeur, sans aucune mièvrerie et tout simplement remarquable, tout aussi sobre que digne et d'une profonde humanité. Nous touchons ici à l’excellence !

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  • 2.14 - Man of Violence
  • Réalisation : William Witney
  • Scénario : John D.F. Black & James Patrick
  • Guest Star : Michael Pate & DeForest Kelley
  • Première diffusion 25/12/1963 aux USA - 14/05/1966 en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 6.5/10

Le pitch : Trampas est à El Paso pour s’occuper de la vente d’un lopin de terre ayant appartenu à son père. A cette occasion, il rencontre son oncle à qui il propose de l'accompagner à Medicine Bow. Seulement, se trouvant pris au milieu d’un hold-up, le vieil homme se fait tuer. Trampas part à la recherche des meurtriers, deux soldats déserteurs qui convoitent une mine d’or sur le territoire Apache. Malgré le fait qu’il soit désormais interdit aux Blancs, Trampas s’y aventure accompagné de quelques compagnons de fortune dont un médecin militaire alcoolique (DeForest Kelley) et un aventurier peu recommandable (Michael Pate)...

Mon avis : Le précédent et remarquable Siege - à ce jour le plus grand épisode de la série - se terminait avec le départ de Trampas pour El Paso après qu’il a échappé de très près à la mort dans une autre petite ville de la frontière du Nouveau-Mexique dans laquelle il avait réussi in-extremis à faire chasser les Comancheros qui la terrorisaient depuis un bout de temps. L’arc narratif se poursuit dans Man of Violence qui ne met à nouveau en scène parmi les personnages récurrents de la série que le seul Trampas. A peine après avoir retrouvé son oncle, qui lors d’une très belle séquence le prie de ne pas suivre leur exemple - "des escrocs roublards et alcoolos" - à lui et son père, Trampas le perd puisque le vieil homme se fait bêtement tuer alors qu’il allait déposer de l’argent dans le coffre-fort de la banque au moment même où se déroulait un cambriolage. Essayant d’empêcher les voleurs de s’enfuir avec ses billets, il se prend une balle dans le ventre ; et voilà Trampas privé de tous les membres de sa famille, d’autant plus peiné que son oncle venait d’accepter de le suivre à Medicine Bow pour s’installer avec lui dans un ranch qu’ils auraient acheté grâce à leurs économies. Parti à leurs poursuites pour se venger, le cow-boy de Shiloh retrouve au fort le plus proche l'un des deux criminels gravement blessé. Le comédien qui l’interprète n’est autre que Leonard Nimoy, surtout célèbre pour avoir tenu le rôle de Spock dans la série originale Star Trek. Attention cependant pour les fans, son rôle ici ne consistera qu’à être couché et agoniser sans qu'aucune parole ne sorte de ses lèvres.

Le médecin militaire, quant à lui, est joué par DeForest Kelley qui tiendra lui aussi l’un des rôles principaux de la même série, à savoir celui du Docteur McCoy. Et comme si cela ne suffisait pas, le scénariste John D.F. Black sera lui aussi de l'aventure Star Trek, produisant et écrivant par exemple The Naked Time ainsi que quelques épisodes de la seconde série de la franchise, The Next Generation avec Patrick Stewart. Les Trekkies devraient donc être intéressés par cet épisode, d’autant que le personnage interprété par DeForest Kelley se voit attribuer une place prépondérante au sein de l'intrigue ; dommage cependant que le comédien soit souvent tenté d’en faire un peu trop, les séquences au cours desquelles il est ivre s’avérant du coup un peu pénibles. Ce médecin dépressif, rongé par les remords et la culpabilité - pour une chose que je ne vous dévoilerai pas sous peine de spoiler quelques premières surprises se déroulant dès la première demi-heure -, va se joindre à Trampas alors que ce dernier décide de partir à la recherche du deuxième assassin de son oncle. Il semblerait que cet homme se soit réfugié en territoire Apache où il aurait découvert un filon d’or. Ayant eu vent de l'affaire, un maquignon-aventurier peu recommandable se joint également au petit groupe ainsi que l’épouse de l’homme recherché, cette dernière espérant ainsi empêcher Trampas de tuer son mari et convaincre celui-ci de se rendre à la justice, persuadée de son innocence.

L’inquiétant et dangereux aventurier, c’est Michael Pate, l’un des très bons seconds rôles westerniens ; quant à la femme, il s’agit de la comédienne Peggy McCay, plutôt convaincante au milieu de ce groupe d’hommes. Après le départ du fort, l’épisode se déroule alors tout en extérieurs au milieu de majestueux paysages désertiques encerclés de montagnes rouges encore jamais rencontrés au cours du Virginien. L’utilisation qui en est faite par William Witney est plutôt inspirée et en tout cas très dépaysante pour la série, habituellement cantonnée presque exclusivement au sein des mêmes décors de type "Wyoming tourné en Californie". Rappelons qu’en cette fin de XIXème siècle, le gouvernement américain, par un traité d’inviolabilité, avait interdit aux hommes blancs de pénétrer sur les territoires alloués aux Apaches sous peine de déclencher une nouvelle guerre indienne. Que certains spectateurs aient pu trouver l’épisode raciste par le simple fait que les auteurs montrent les Apaches pourchasser les intrus afin de les tuer est assez sidérant ! [Que ce "politiquement correct" ridicule disparaisse une bonne fois pour toutes, cela nous ferait le plus grand bien...] En effet, jamais les guerriers ne sont décrits comme des sauvages : ils se protègent peut-être un peu violemment mais ils n’en restent pas moins tout à fait dignes et en tout cas dans leur droit lorsque l’on veut bien se replacer dans le contexte de l’époque. D'autant plus que les prospecteurs illicites, s'ils avaient été dérangés dans leur extraction, n'auraient sans doute pas hésité à tuer les Indiens sans plus de scrupules. Fin de la parenthèse "morale" ! Les séquences de poursuites à cheval sont d’une grande efficacité ainsi que les scènes d’action dont la confrontation finale avec les Indiens d’une rare sauvagerie pour une série peut-être un peu vite et à tort taxée de "familiale" alors qu'en l’occurrence il s’agit ici d’un récit jonché de morts violentes et au bout duquel peu de monde sortira indemne.

Des décors - un fort - et des paysages encore jamais utilisés au sein de la série, une intrigue assez fluide et linéaire aux nombreux rebondissements, un Doug McClure qui confirme une nouvelle fois son talent, des scènes mouvementées extrêmement énergiques pour un ensemble bien mené mais néanmoins un peu décevant surtout en comparaison de l’épisode précédent - faute avant tout à une caractérisation sans nuances de certains personnages et à un scénario manquant un peu de rigueur et sans grandes surprises, surtout pour les amateurs de westerns qui auront une impression de 'déjà-vu'. Quoi qu’il en soit, et même s’il ne s’agit pas d’un épisode majeur, nous aurions tort de faire la fine bouche devant cette fiction assez sombre mais extrêmement plaisante à suivre.

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  • 2.15 - The Invaders
  • Réalisation : Bernard McEveety
  • Scénario : Donn Mullally
  • Guest Star : Ed Begley
  • Première diffusion 01/01/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7.5/10

Le pitch : Une ancienne connaissance du juge Garth, le gros rancher Mike Tyrone (Ed Begley), arrive du Texas avec ses deux fils et sa fille Margaret (Beverley Owen). Chassé par la sécheresse, il a décidé de venir s’installer à Medicine Bow avec son cheptel. Il a dans l’idée de racheter toutes les terres et ranchs alentours même si pour en arriver à ses fins il lui faut en venir aux menaces. Ce tyrannique éleveur voit également d’un mauvais œil que de vulgaires cow-boys tournent autour de sa fille pour qui il souhaite le mieux quitte à faire place nette autour d’elle. C’est ainsi que Trampas est malmené suite à sa visite à la jeune femme…

Mon avis : Le scénariste Donn Mullally ne signera que six épisodes du Virginien ; et au vu de son immense talent et de sa remarquable sureté d’écriture, ceci est bien dommage. Ca l’est d’autant plus que The Invaders est déjà le quatrième, les deux restants n’étant pas prévus pour tout de suite. Que ceux qui ont de la mémoire se rappellent le magnifique Impasse (avec Eddie Albert), le curieux et réjouissant The Money Cage (avec Steve Forrest) ainsi et surtout le mémorable Siege -à ce jour le plus grand épisode de la série- et ils en concluront que le nom de Mullally au générique devrait être une valeur sure. Ce quinzième épisode de la saison 2 vient nous le confirmer ; son scénario est un modèle d’intelligence et de rigueur et, même si la résolution de l’intrigue paraitra effectivement très abrupte, tout ce qui a précédé contribue à nous la rendre crédible à condition bien évidemment d’avoir été très attentif. Sans trop en dévoiler, ce final qui pourra sembler ahurissant -notamment dans le changement qui s’opère d’une seconde à l’autre chez le personnage joué par Ed Begley- est une sorte de sacrifice consenti par le personnage féminin afin qu’une tragédie n’ait pas lieu qui aurait mis à mal des dizaines de personnes qui lui sont chères -parents, connaissances, amoureux- ; on peut prendre ce happy-end encore plus positivement si l’on considère que la jeune femme retrouve ainsi une certaine ‘liberté' (mais je vous laisse découvrir pourquoi sous peine de trop en dire).

En effet, Margaret, malgré son caractère très fort et le fait de parvenir à tenir tête à son père -contrairement à ses frères plus dociles-, reste néanmoins sous l’emprise de ce patriarche qui l’étouffe en l’empêchant de vivre à sa guise ; son père la mettant sur un piédestal et ayant les moyens financiers d’en faire une ‘princesse’, il fait le vide autour d’elle, ne voulant lui offrir que ce qui se fait de mieux et lui trouver un mari censé être à la hauteur, autant dire une 'perle rare'. Du coup, il refuse non seulement qu’un simple cow-boy tourne autour d’elle mais a aussi dans l’idée de s’emparer de toutes les terres alentours pour en quelque sorte les lui offrir en ‘dot’. "Je ne te savais pas aussi snob" lui dira le juge en comprenant que Tyrone veut ce qu’il y a de plus beau, de plus grand et de plus cher pour sa fille lorsqu’en arrivant à l’hôtel le texan demande la suite la plus luxueuse juste le temps qu’elle fasse sa toilette, quitte à chasser celui qui s’y trouve ; et en l’occurrence il s’agit justement de Garth qui s’en amuse puisqu’ils étaient amis voici 30 ans en arrière (l’épisode ne sera pas avare de remémoration de souvenirs de jeunesse entre les deux hommes). Plus encore que tyrannique et arrogant, Tyrone est fou de sa fille, ce qui le rendra moins antipathique au bout du compte. Néanmoins, le voir arriver de son Texas natal, chassé par la sécheresse, et vouloir s’imposer sans plus tarder et avec une arrogance outrancière sur des terres déjà détenues par des fermiers et éleveurs qu’il menace de représailles s’ils n’acceptent pas de les lui vendre, nous le rend immédiatement odieux. Ed Begley (12 hommes en colère - Twelve Angry Men) interprète à merveille ce personnage que l’on aime ainsi haïr. Malgré tous les éléments mis en place au cours de ce curieux épisode, ce dernier repose donc avant tout sur l’amour exclusif d’un père pour sa fille pour laquelle il est prêt à faire toutes les folies, y compris à piétiner tout ce qui l’entoure et ceux qui se mettent sur son chemin.

The Invaders s’appesantit aussi sur les retrouvailles de Tyrone et de Garth qui semblent n’avoir pas réglés tous leurs comptes à l’époque, sur la romance ‘interdite’ qui se met en place entre Trampas et la fille du rancher, sur le plan machiavélique ourdi par les texans pour s’accaparer toutes les terres de la région, sur la peur des petits éleveurs de se voir chassés avec pertes et fracas… Un scénario foisonnant et d’une richesse étonnante rehaussé par le fait que les dialogues se soient révélés de très grande qualité et que, malgré une atmosphère d'ensemble plutôt sombre, l’humour n'ait pas été oublié, notamment au travers des quelques phrases laconiques et moqueuses balancées par le Virginien avec le plus grand sérieux : "ne voudriez vous pas lui acheter un harmonica à Noël" demande-t-il au juge alors qu’il entend Betty taper laborieusement sur son piano. La complicité entre Doug McClure, Gary Clarke et James Drury n’a peut-être encore jamais été aussi évidente, la bonhomie du trio composé de nos trois cow-boys étant à l’origine de plusieurs séquences truculentes à commencer par celle inénarrable chez le barbier en tout début d’épisode. Quant à l’histoire d’amour qui va s'avérer être une des causes de l’envenimement du conflit qui se profile, elle est tout à fait convaincante du fait de la belle écriture du personnage de Margaret, femme moderne, intelligente, cultivée et qui possède un caractère bien trempé au point de parvenir à gêner et faire rougir Trampas. Avec sa voix grave et son inhabituelle beauté, Beverley Owen est assez mémorable, bien plus que dans le seul film qu’elle tournera, La Patrouille de la violence (Bullet for a Badman) de R.G. Springsteen. La description de l’amitié qui se met en place entre elle et Betsy est également assez agréable.

Non seulement l’épisode est très bon mais nous offre également le plaisir de retrouver enfin réunis tous les protagonistes principaux, nous octroie de belles envolées musicales -parmi les plus lyriques de cette deuxième saison-, une belle utilisation des paysages -notamment ces chevauchées au milieu des prairies d’herbe jaune-, ainsi que de jolis mouvements de caméra dus à Bernard McEveety, le réalisateur qui nous avait pourtant précédemment beaucoup déçu avec The Fatal Journey mais dont la mise en scène de The Invaders se rapproche davantage de celle de l’excellent It Takes a Big Man, autre sommet de la série. L’intrigue est tellement copieuse –un peu trop pour la durée qui lui a été allouée- qu’elle aurait méritée de s’étaler sur au moins un bon quart d’heure de plus ; elle nous laisse certes donc logiquement quelques regrets concernant la résolution des diverses situations ainsi qu’une impression de bâclage final. Mais tout ce qui a précédé fût tellement bon, la progression dramatique tellement efficace que nous n’allons pas faire la fine bouche d’autant que nous aurons eu aussi le plaisir d’entendre Roberta Shore Yodler ‘Sourwood Mountain’ avec talent et que nous nous étions précédemment enthousiasmés sur le culot de certains effets de montage parallèle ainsi que sur l’originalité d’abrupts virages pris par le scénario ainsi que sur cette idée de l’affrontement quasi inévitable qui n’arrivera finalement jamais. Une belle réussite !

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  • 2.16 - Roar from the Mountain
  • Réalisation : Earl Bellamy
  • Scénario : Carey Wilber & Franklin Barton
  • Guest Star : Jack Klugman & Joyce Bulifant
  • Première diffusion 08/01/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 4/10

Le pitch : Trampas découvre un homme mort près de Big Springs. Après avoir cherché des indices près du corps, Steve aperçoit des traces qui ne trompent pas, celle d’un couguar qu’il sera facile de traquer puisqu’il semble être blessé à une patte. Après que le chasseur qui menait la battue ait perdu ses chiens tués à leur tour par le félin, le groupe constitué par plusieurs membres du ranch Shiloh se disloque et seul Steve décide de poursuivre la recherche du tueur d’hommes. Epuisé après avoir perdu le cheval qui portait ses provisions, il arrive dans une ferme où une jeune femme (Joyce Bulifant) le recueille et le soigne…

Mon avis : Après l’excellent The Big Deal -avec Ricardo Montalban en inoubliable guest star de ce 4ème épisode de la série-, Earl Bellamy fera encore plus fort en nous octroyant à nouveau un magnifique épisode, d’une grande dignité et d’une belle hauteur de vue concernant la réflexion menée sur les thématiques du courage et de la justice, le superbe The Judgment avec un inoubliable et inquiétant Clu Gulager, le plus bel épisode de la première saison. Un réalisateur mésestimé car au cinéma il signera également durant les années 60 quelques très bons westerns dont La Parole est au colt (Gunpoint) avec Audie Murphy ou Sans foi ni loi (Incident at Phantom Hill) avec Robert Fuller et Dan Duryea. Le ratage que s’avère être Roar from the Mountain ne lui est aucunement imputable, reposant quasiment entièrement sur les épaules des deux auteurs dont Carey Wilber qui fut bien plus inspiré précédemment, ayant déjà écrit pour Le Virginien deux épisodes corrects. Espérons qu'il s'agit seulement d'un faux pas car le scénariste va être par la suite convoqué à de très nombreuses autres reprises.

Et pourtant l’épisode plongeait d’emblée le spectateur dans le vif du sujet. Pas de prologue à Medicine Bow ni à Shiloh : la première séquence nous amène directement en pleine nature sur les lieux de l’action -ou plutôt de l’inaction- puisque un cadavre est découvert par Trampas qui attend que l’on vienne le rejoindre. Il ne faut pas longtemps à Steve pour mener l’enquête et pour décréter avec assurance que le meurtrier est un redoutable félin, un couguar blessé à la patte et donc assez aisé à suivre par les traces qu’il laisse. La poursuite s’engage avec à la tête du groupe un chasseur aguerri qui s’est joint à la traque avec ses chiens. Ce dernier est un dénommé Dubois, un fermier d’origine française. Dès lors, on commence à s’inquiéter pour la qualité de l’épisode, le comédien interprétant cet homme s’avérant assez vite pénible avec son accent à couper au couteau et ses expressions ‘folkloriques’. Ses chiens se font éventrer par le couguar et il décide de ne pas poursuivre plus avant, ayant déjà trop perdu à son goût. Les hommes de Shiloh pensent que sans les bêtes, la chasse aura du mal à aboutir et que de toute manière un groupe sera moins discret et du coup moins efficace qu’un homme seul pour la traque du fauve. Steve se porte volontaire et dès lors exit Trampas, Henry Garth et le Virginien qui n’étaient là que pour se rappeler à nous le temps de quelques minutes. Et voilà notre cher Steve qui, décidant d'en faire une affaire personnelle par le fait d'avoir déjà eu des démêlés avec ce genre d'animal, sera le seul des protagonistes principaux à rester tout du long de ce récit qui débute comme un ‘survival’.

Le réalisateur sentant probablement que ça allait être difficile de meubler 80 minutes avec un script aussi mince commence à insèrer d’innombrables plans d’animaux alors que Steve entame son ‘voyage’ de plus de 200 miles. Il prend même un peu trop son temps à faire stagner ses plans sur les cieux nuageux ou sur les crépuscules, aussi beaux soient-ils. L’on sent qu’il faut faire du remplissage et notre inquiétude du début quant à la capacité du scénario à nous captiver plus avant ne fait qu’augmenter. Puis notre héros, harassé et affamé suite à la perte du cheval qui portait ses vivres, arrive aux abords d’une ferme où une jeune femme l’invite à entrer se restaurer. Elle lui apprend que son époux recherche lui aussi le félin depuis que ce dernier a tué son fils. Même s’il s’agissait de l’enfant d’un premier mariage de son mari, elle ne lui a jamais pardonné de ne pas être intervenu assez vite pour éviter le drame, l’homme ayant préféré perdre un peu plus de temps à aller chercher son fusil plutôt que de se jeter immédiatement dans la mêlée. A la réflexion, s’il avait choisi la seconde solution, il y aurait peut-être eu deux morts au lieu d'un seul ; les réactions sont non seulement peu crédibles mais également bien trop répétitives, la jeune femme n’arrêtant pas de revenir sur la lâcheté de son mari, expliquant à son invité -en cherchant d'ailleurs à fuir avec lui- qu’elle ne l’aime plus et le méprise même depuis ce temps là. Un vague triangle amoureux se met alors en place, le caractère romantique de l'épisode ne se révélant guère plus convaincant que la partie 'aventure' faute à une direction d’acteurs hésitante mais surtout à des personnages pas très bien écrits. Avec sa voix de canard à la Joanna Newson, Joyce Bulifant est assez craquante mais son personnage est tellement peu étoffé qu’il ne nous touche guère et qu'il aurait même in fine tendance à nous agacer. Jack Klugman qui interprète son mari n’est guère plus mémorable, les réactions de cet homme jaloux n’étant pas beaucoup plus vraisemblables, témoin la dernière séquence que je ne vous dévoilerais pas mais qui s’avère plus gênante que réellement angoissante.

A l’actif de cet épisode qui s'avère vite inintéressant et manquer singulièrement d’épaisseur, de beaux paysages et des séquences d’action plutôt efficaces mettant en scène le couguar, le cascadeur et le dompteur de la bête étant à féliciter pour leur travail. L’idée de la caméra subjective pour l’avancée du félin aurait été bien vue si elle n’avait pas été utilisée à outrance et si le monteur n'avait pas décidé de reprendre à chaque fois le même plan. Cette histoire aurait été parfaite pour un épisode de Au nom de la loi par exemple, avec des épisodes d’une durée inférieure à une demi-heure ; ici, l’on a essayé de meubler comme on a pu pour faire atteindre à cette fiction la durée réglementaire quasiment équivalente à celle d'un film de série B. Et autant dire que le temps semble long car l’ensemble se traine et que l’intrigue se révèle aussi ennuyeuse que peu captivante ; on préfèrera revoir le très curieux et envoutant Track of the Cat de William Wellman. En revanche, une notification assez curieuse, l’orchestration et la composition du morceau musical lors de l’attente nocturne auprès du point d’eau préfigure celui rythmique d’Ennio Morricone lors de la séquence pleine de suspense du piège tendu en pleine ville dans Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone. Le compositeur italien se serait-il alors souvenu de cet épisode du Virginien ?

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  • 2.17 - The Fortunes of J. Jimerson Jones
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Carey Wilber
  • Guest Star : Pat O'Brien
  • Première diffusion 15/01/1964 aux USA - Date de la diffusion en France inconnue
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : 5.5/10

Le pitch : Après 20 ans de prospection sans succès, J. Jimerson Jones (Pat O’Brien) décide par dépit de faire sauter sa cabane. C’est alors qu’il découvre un gisement d’or qui se trouvait juste dessous. Le voilà riche ! Il se rend donc à Chicago pour commencer à profiter de la vie. Au même hôtel sont descendus le juge Garth et sa fille Betty. Cette dernière va avoir une amourette avec un jeune journaliste qui venait juste avant de se faire rabrouer par Garth tandis que notre nouveau millionnaire va être la cible d’un trio d’escrocs. Son honnêteté et sa naïveté vont faire échouer toutes leurs tentatives de filouteries…

Mon avis : En ayant lu tellement de mal, qu’après le plutôt mauvais Roar from the Mountain je m’attendais au pire de cette deuxième fiction 'virginienne' consécutive écrite par Carey Wilber. Du coup ma surprise certes toute relative fut pourtant bien réelle. Non pas que cet épisode soit une grande réussite -loin de là- mais malgré le fait d'être incontestablement mineur, je l’ai néanmoins suivi avec un certain coupable plaisir. Avant tout, il faut prévenir les aficionados du western qu’ils ne seront pas à la fête s’ils s’attendent à en visionner un, puisque exit tout ce qui pourrait se rapprocher de près ou de loin avec le genre, à l'exception de l'époque. Il s’agit ici plutôt d’une comédie dont l’intrigue, après un court prologue en extérieur, se déroule ensuite intégralement au sein d'un hôtel de Chicago, aucune séquence d’action -pas même la plus petite bagarre- venant s’y inviter. Les avertissements et précautions d’usage ayant été édictés, la pilule devrait pouvoir ainsi mieux passer. L’histoire s’engage en fait dans deux directions bien différentes n’ayant qu’assez peu de liens entre elles : une romance ainsi qu’une comédie de l’escroquerie, toutes deux débordantes de bons sentiments. Vous savez désormais à quoi vous attendre : amateurs de séquences mouvementées, vous pouvez passer votre chemin !

The Fortunes of J. Jimerson Jones débute alors qu’un vieux prospecteur d’or décide de faire sauter la cabane qu’il habite depuis 20 ans, totalement découragé d’avoir travaillé toutes ces années pour rien. Quelle n’est pas sa surprise lorsque sous les décombres il découvre un gisement ; il est désormais riche et décide de tout quitter pour aller vivre chichement à Chicago. Dans le train qui le conduit vers la grande ville, il rencontre le Juge Garth et sa fille en route pour la même direction pour quelques jours de vacances. Sur les conseils du juge qu’il avait connu à Medicine Bow, Jones descend au même hôtel. Deux intrigues vont ainsi pouvoir se dérouler simultanément -puisque se déroulant dans le même lieu confiné- pour ne converger qu’à de très rares moments. D’une part nous suivons les situations cocasses déclenchées par la naïveté, le manque d’éducation et de savoir vivre du personnage principal qui, de ‘bouseux’, doit se faire du jour au lendemain aux usages du grand monde. Pour prendre un exemple assez parlant, lorsqu’il s’attable pour la première fois au restaurant de l’hôtel, il ne sait déjà pas ce que représente un menu et ensuite commande une huitre et une douzaine de homards ; ce que les serveurs lui amènent sans sourciller après cependant lui avoir fait répéter à plusieurs reprises ses desideratas. L’on devine par cet exemple le genre de comique de situations mis en place par le scénariste. De même mais en un peu moins lourdaud, John fait échouer toutes les tentatives d’escroqueries à son encontre sans évidemment le vouloir et paradoxalement grâce à son honnêteté et ses scrupules ; je vous laisse découvrir comment en ne vous dévoilant rien de ces séquences finalement assez amusantes.

J. Jimerson Jones va ainsi déjouer successivement une tricherie à la bourse, une filouterie aux cartes et une tentative de chantage au mariage. Les escrocs s’avérant tenaces, alors qu’ils vont enfin réussir à s’emparer des millions du vieil homme, ce sont d’autres personnages qui vont les tenir en échec : une femme de chambre bien attentionnée tombée sous le charme de ce gentil millionnaire, ainsi que le juge et sa fille qui ne supportent pas de voir cet homme foncièrement bon se faire démunir par des canailles, un trio d’escrocs composé de deux hommes et une femme, cette dernière étant très bien interprétée par une savoureuse Jeanne Montgomery très à l’aise en intrigante vile et séductrice. L’autre piste scénaristique qui ne rejoindra la première qu’en toute fin d’épisode est la romance qui se noue entre Betty et un tout jeune journaliste (David Macklin) qui s’était fait vertement repoussé par le juge dès leur première rencontre alors que le jeune homme lui demandait une interview avec peut-être un peu trop d'apparente arrogance. Le principal intérêt de cette partie romanesque provient du fait de voir le juge sentir pour la première fois sa fille se détacher et lui ‘échapper’, devenir une femme attirante et désirable qui ne peut ainsi tout logiquement que s'éloigner de lui ; les séquences qui vont réunir Lee J. Cobb et Roberta Shore sont d’une grande tendresse ; et peu importe les bons sentiments lorsqu’ils sont mis en avant avec autant de douceur et lorsqu'ils parviennent à rendre l’ensemble aussi touchant.

La conclusion de cette sorte de fable est que la bonté, la générosité et l’amitié peuvent faire barrage à toutes sortes de pièges tendus par n’importe quels malfaiteurs, et que l’argent ne fait pas forcément le bonheur. Certains trouveront cette morale assez mièvre voire niaise, d’autres s’en délecteront ; le principal aura été de ne pas prendre tout ça au sérieux et que ce happy-end nous ait fait venir le sourire aux lèvres, ce qui a été le cas me concernant. Le postulat de départ était savoureux, la mise en place certes assez laborieuse et la mise en situations assez ‘lourdaude’ et peu nuancée mais in fine l’ensemble se sera avéré pas si désagréable qu’attendu. On remerciera Don McDougall qui une fois de plus a parfaitement bien su gérer le rythme de sa mise en scène et sa direction d’acteurs même si Pat O’ Brien aura pu au départ un peu agacer. Un épisode comédie un peu désuet mais assez amusant.

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  • 2.18 - The Thirty Days of Gavin Heath
  • Réalisation : John Florea
  • Scénario : Mel Harrold
  • Guest Star : Leo Genn
  • Première diffusion 22/01/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7.5/10

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  • 2.19 - The Drifter
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Carey Wilber & Frank Fenton
  • Guest Star : Leif Erickson & Gregg Palmer
  • Première diffusion 29/01/1964 aux USA - 22/01/1967 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : /10

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  • 2.20 - First to Thine Own Self
  • Réalisation : Earl Bellamy
  • Scénario : Les Crutchfield
  • Guest Star : Bruce Dern
  • Première diffusion 12/02/1964 aux USA - 30/08/1983 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : /10

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  • 2.21 - A Matter of Destiny
  • Réalisation : Maurice Geraghty
  • Scénario : Al C. Ward
  • Guest Star : Peter Graves
  • Première diffusion 19/02/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

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  • 2.22 - Smile of a Dragon
  • Réalisation : Andrew V. McLaglen
  • Scénario : Cy Chermak & Don Ingalls d'après une histoire de Borden Chase
  • Guest Star : Richard Carlson
  • Première diffusion 26/02/1964 aux USA - 12/06/1966 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : /10

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  • 2.23 - The Intruders
  • Réalisation : Charles R. Rondeau
  • Scénario : Dean Riesner
  • Guest Star : Darren McGavin
  • Première diffusion 04/03/1964 aux USA - 20/11/1966 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : /10

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  • 2.24 - Another's Footsteps
  • Réalisation : R.G. Springsteen
  • Scénario : Frank Chase
  • Guest Star : John Agar
  • Première diffusion 11/03/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

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  • 2.25 - Rope of Lies
  • Réalisation : Herschel Daugherty
  • Scénario : Les Crutchfield
  • Guest Star : Peter Breck & Bruce Dern
  • Première diffusion 25/03/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

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  • 2.26 - The Secret of Brynmar Hall
  • Réalisation : Robert Totten
  • Scénario : Herman Groves
  • Guest Star : Jane Wyatt
  • Première diffusion 01/04/1964 aux USA - 24/04/1980 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : /10

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  • 2.27 - The Long Quest
  • Réalisation : Richard L. Bare
  • Scénario : Carey Wilber
  • Guest Star : Ruta Lee & Joseph Campanella
  • Première diffusion 08/04/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

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  • 2.28 - A Bride for Lars
  • Réalisation : Earl Bellamy
  • Scénario : True Boardman
  • Guest Star : John Qualen
  • Première diffusion 15/04/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

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  • 2.29 - Dark Destiny
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Frank Chase
  • Guest Star : Robert J. Wilke
  • Première diffusion 29/04/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

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  • 2.30 - A Man Called Kane
  • Réalisation : William Witney
  • Scénario : Dean Riesner
  • Guest Star : Dick Foran
  • Première diffusion 06/05/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

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A suivre...

Lien vers le test du coffret DVD saison 2 vol.1

Lien vers le test du coffret DVD saison 2 vol.2

Par Erick Maurel - le 26 août 2017

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