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Dossiers

Introduction à la série

Les épisodes de la saison 1

Les Episodes de la saison 2

A signaler d'emblée que tous ces textes devraient être garantis sans importants spoilers.

  • 2.01- Ride a Dark Trail
  • Réalisation : John Peyser
  • Scénario : Arthur Browne Jr. & E.M. Parsons
  • Guest Star : Royal Dano
  • Première diffusion 18/09/1963 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7/10

Le pitch : Alors que le Virginien est confronté à un jeune homme prêt à commettre un meurtre pour venger la mort de son père, il lui raconte l’histoire de Trampas qui fut avant d’être embauché au ranch Shiloh dans une situation similaire à la sienne, prêt à tirer sur le juge Garth qu’il estimait responsable de la balle fatale reçue par son père. Flash-back qui voit Trampas, élevé par un père joueur, menant une vie dissolue, gagnant de l’argent par ses seules escroqueries au jeu. Mis en prison, son père vient demander à ce qu’on le libère, promettant désormais de mener avec lui une vie rangée en tant qu’éleveurs de chevaux...

Mon avis : Après une première saison remarquablement homogène et d’une très belle tenue d’ensemble, pouvant largement rivaliser avec ce qui se faisait de mieux dans le domaine du western au cinéma durant les années 60, la deuxième débute par une sorte de pilote puisqu’en flash-back l’épisode centré sur Trampas narre son arrivée au ranch Shiloh, revenant un peu aux racines du roman d’Owen Winster en faisant de ce personnage un mauvais garçon qui par son comportement frivole et égoïste mettra en danger la vie de ses proches et amis. Durant la saison précédente, au sein du deuxième épisode, Woman from White Wing, nous avions appris comment le juge Garth était arrivé à Medicine Bow et comment il était devenu le plus grand propriétaire de la région, tout cela à travers son propre récit ; et Duel at Shiloh - 15ème épisode et remake de L’Homme qui n’a pas d’étoile de King Vidor - revenait grâce à un retour arrière sur la venue de Steve. Les souvenirs des débuts de Trampas étant convoqués ici, restera peut-être dans le futur à savoir comment le Virginien en est arrivé à devenir le régisseur de Shiloh même si ce thème a déjà rapidement été évoqué dans Vengeance Is the Spur sans que cela n’en soit le sujet principal. Pour en revenir à ce commencement de la saison 2, l’histoire de Trampas nous est contée par son ami et supérieur - le Virginien en personne - alors que ce dernier se trouve en très fâcheuse posture dans une grange, tenu en joue et pris en otage par un jeune homme prêt à appuyer sur la gâchette pour pouvoir s’enfuir du lieu confiné où on l’a acculé.

Notre héros s’est retrouvé dans cette situation difficile sans vraiment le vouloir mais décide d’en profiter pour empêcher cet homme fou de rage et ivre de vengeance de commettre un acte qu’il regretterait toute sa vie, tuer celui qu’il estime être responsable de la mort de son père. Pour lui faire retrouver son calme et ses esprits, il décide de lui raconter ce qui était advenu à Trampas alors qu’il s’était trouvé dans un cas de figure similaire, prêt à tirer par vengeance sur son futur patron, le juge Garth. Une histoire qui trace le portrait d’un Trampas égoïste, puéril, bagarreur, escroc, menteur et fainéant (« Suckers and mules, that's what work's for, and mule's got enough sense to turn his tail on it »), qui nous fait mieux comprendre a postériori les quelques réactions inattendues qu’il aura eues à certaines reprises durant la saison précédente. Ride a Dark Trail est certes un épisode presque idéal pour débuter cette nouvelle saison mais s’avère néanmoins un peu trop classique et en deçà de ce que nous aurions pu espérer, surtout au vu de la note dithyrambique attribuée sur le site imdb. Faute surtout à une écriture sans grande originalité et qui manque à la fois de rigueur et de fluidité, le tout allant bien trop vite pour que nous ayons le temps de bien nous attacher aux personnages ou simplement d’apprécier chaque séquence. On sera également surpris voire même un peu gêné par le long et teigneux combat à poings nus entre le père et le fils qui - rien que pour les liens de parenté entre les participants - aurait dû être tendu mais finit par ressembler bien plus à l’une de ces séquences de bagarres homériques que l’on pouvait trouver dans certains westerns avec John Wayne. En revanche, on remarquera avec plaisir que, contrairement à celles des deux épisodes précédents, ces séquences d’action sont à nouveau très bien chorégraphiées, montées et réalisées et même assez impressionnantes de brutalité pour un film de télévision.

Si le scénario laisse un peu à désirer et que le réalisateur teste des mouvements de caméra assez cinématographiques mais pas forcément tous convaincants, la principale qualité de cet épisode est son interprétation et notamment celle de Doug McClure qui nous surprend à nouveau par ses talents dramatiques, nous rendant simultanément son personnage attachant et agaçant, parvenant même à nous faire venir des frissons d'émotion à la toute fin. On se rappellera surtout ses tricheries aux cartes et aux dés, mais également ses relations orageuses avec son père - pour l’anecdote, Sonny Tufts avait auparavant incarné Steve dans l'adaptation cinématographique de The Virginian signé Stuart Gilmore en 1946, Le Traître du Far West - puis celles qui se tissent avec le juge ainsi que les premiers contacts assez houleux qu’il aura avec le Virginien. Encore une fois, on se rend compte ici de la grandeur d’âme du juge Garth qui, contrairement au régisseur qui est assez réticent, donne plusieurs chances à Trampas. Garth a certes des problèmes de conscience pour avoir tué le père du jeune homme - même si c’était en état de légitime défense -, mais ses décisions ne sont pas toutes prises en fonction de ses remords mais également puisqu'il est naturellement bon, psychologue et tolérant. Pour l’aider financièrement et le sortir de sa vie chaotique, Garth décide dans un premier temps de racheter le cheptel familial de Trampas, même s'il ne lui rapportera pas un sou car destiné à être décimé pour cause de maladie - due pourtant au fait que Trampas se soit mal occupé du troupeau -, de lui octroyer un emploi dans son ranch et de le garder malgré toutes ses "bêtises" y compris celle d’avoir laissé seul son coéquipier - excellent Royal Dano dans un rôle lui aussi compatissant et d’une belle dignité - aux prises avec des loups affamés. On s’arrêtera deux secondes sur toutes les séquences mettant en scène ces canidés qui entérinent le fait que l’épisode aurait mérité un réalisateur un peu plus chevronné et un budget un peu plus conséquent même s’il semblerait que les producteurs aient injecté un peu plus d’argent pour cette deuxième saison.

Contrairement à Doug McClure et Lee J. Cobb qui ont le temps de s’en donner ici à cœur joie, James Drury est un peu en retrait. Sson interprétation n’en est pas moins marquante, le Virginien se révélant encore plus froid, monolithique et peu loquace que précédemment, quasiment un antihéros, ce qui est assez courageux de la part des auteurs pour leur rôle-titre. Superbement joué, Ride a Dark Trail se regarde avec plaisir et sans ennui mais aurait probablement gagné à être étalé sur deux épisodes car ici un peu trop elliptique pour arriver à maintenir une bonne tension tout du long. « It's a long way to Shiloh. You riding with me ? » est la dernière phrase de cet épisode prononcée par le Virginien à Trampas : le début d’une belle et longue amitié grâce à laquelle nous nous préparons à vivre de beaux moments durant les huit saisons restantes. Un récit d'apprentissage et de vengeance un peu trop classique mais plutôt bien mené à défaut d’être mémorable.

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  • 2.02 - To Make This Place Remember
  • Réalisation : Robert Ellis Miller
  • Scénario : Harold Swanton
  • Guest Star : John Dehner & Joan Blondell
  • Première diffusion 25/09/1963 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 5.5/10

Le pitch : Henry Garth s’est rendu dans la petite ville de Rapahoe où a été lynché un jeune homme dont il s’était autrefois occupé en lui donnant une éducation puis un emploi dans son ranch. La mère de John (Joan Blondell), une ex-entraineuse de saloon, lui avait par télégramme demandé son aide afin que la mémoire de son fils ne reste pas souillée, étant intimement convaincue qu’il était innocent du crime qu’on lui avait imputé et pour lequel il a été exécuté par ses concitoyens. Ces derniers voient d’un mauvais œil la présence du juge, qui a décidé d’octroyer au défunt un procès en bonne et due forme...

Mon avis : N’ayant pas eu l’occasion d’en toucher un mot au cours de mon avis sur Ride a Dark Trail - l’épisode précédent qui inaugurait cette deuxième saison -, je reviens deux secondes sur un petit changement qui s'est opéré entre les deux saisons : une nouvelle orchestration du superbe générique de début signé Percy Faith, désormais un peu plus sec, faisant ainsi perdre au célèbre morceau un peu de son allant, de son lyrisme et de son ampleur. Les modifications sont certes minimes et se situent surtout dans les toutes premières mesures, mais il me semble toujours dommageable de transformer de tels éléments qui touchaient en leur état initial à la perfection. Cela étant dit, les images de nos trois protagonistes principaux chevauchant côte à côte sont en revanche toujours les mêmes. Après cette minime "remontrance déceptive", revenons à ce deuxième épisode, intéressant et progressiste mais néanmoins un peu décevant lui aussi, d’autant plus qu’il est écrit par Harold Swanton, l’auteur du magistral scénario d’un des sommets de la série jusqu’à cette date, Throw a Long Rope réalisé par Ted Post, l’épisode au cours duquel Jack Warden, sur le point d’être lynché pour vol de bétail par l’un des gros ranchers de la région, se voyait rallié par le Virginien qui, envers et contre tous - y compris son patron, Henry Garth - allait décider de se battre à ses côtés malgré l’extrême danger que cela allait représenter.

To Make This Place Remember recase à nouveau l’ignominie que représente la justice expéditive ainsi que la condamnation sans appel du lynchage parmi ses thématiques principales, le juge Garth ayant été appelé à la rescousse par une prostituée qui a décidé de blanchir la mémoire de son fils John qui vient d’être pendu pour l’assassinat d’une jeune fille, alors qu’il avait jusqu’à ses derniers instants clamé haut et fort son innocence. Plus que la mère, Garth connaissait très bien le jeune homme pour l’avoir aidé dans son adolescence, en lui apportant éducation et travail au sein même du ranch Shiloh. Déjà à l’époque, John avait été un peu mis à l’écart à cause de son origine sociale, de son statut de fils illégitime et de la profession de sa mère. Aujourd’hui il suscitait encore plus de haine et de jalousie du fait que, malgré ses "tares" de naissance, il était devenu un homme brillant et cultivé, ayant de plus réussi dans les affaires au point de devenir un homme riche, bien plus aisé que ses concitoyens. On comprend d’emblée que John est une victime et que les membres de la "milice citoyenne" mise en place avaient décidé de le punir et de l’exécuter pour avoir surtout eu du mal à digérer sa réussite sociale et financière ; c’était donc un bouc émissaire parfait et un coupable idéal pour pouvoir "remettre les choses en ordre". On devine immédiatement que l’épisode de Robert Ellis Miller va consister à pointer du doigt la bigoterie, la dangereuse vertu, l’aspect envieux et l’intolérance des habitants de cette petite ville par l’intermédiaire du juge Garth qui veut à tout prix prouver que malgré la mystification de certains procès - faute à tout un tas de raisons parmi lesquelles les a priori et le puritanisme de certains jurys -, ils vaudront toujours mieux que la justice expéditive. Les auteurs avaient débuté la série par ce genre de réflexions, et ce dès le premier épisode dans lequel le Virginien en personne refusait d’assister à une pendaison.

Durant ce procès d’un homme à titre posthume - une idée originale, et qui l’est d’autant plus que c'est la salle de classe qui se transforme en tribunal -, Garth va donc faire en sorte de mettre les concitoyens du pendu face à leurs responsabilités, s'évertuer à leur faire reconnaitre leurs fautes et leur faire prendre conscience de l’énorme erreur qui a découlé de leurs jugements hâtifs ; il fait ressortir par la même occasion quelques vérités peu reluisantes et comprendre que des drames peuvent être causés par un trop grand puritanisme, un avortement caché suite à des liaisons à répétition ayant participé à la tragédie. C’est d’autant plus intéressant que parmi ces lyncheurs se trouve l’un des plus chers amis de Garth, un homme de loi lui aussi qui était connu pour ses grands et honorables principes auxquels il se targuait de ne jamais devoir déroger. Cet homme qui sera le procureur - et donc l'adversaire de Garth durant cet ersatz de procès - est interprété par un très bon John Dehner, qui avait été le mémorable bad guy dans l’épisode Echo from Another Day et qui remplacera le juge Garth à Shiloh à partir de la fin de la saison 4. Sans la présence de Trampas, Steve ou du Virginien, ni d'aucun autre des protagonistes habituels de la série, cet épisode de procès ne contient aucune scène d'action et se voit porté à bout de bras par un excellent Lee J. Cobb, mais il fait néanmoins pale figure si on le compare avec le mémorable The Judgment réalisé par Earl Bellamy avec un inoubliable Clu Gulagher. Dommage aussi que l’important et attachant personnage féminin de l'ancienne saloon gal, interprété par Joan Blondell, ait été un peu sacrifié.

Quelles sont justement les principales faiblesses de cet épisode ? Outre le manque de surprises, la prévisibilité du dénouement, quelques facilités dans l'écriture, des flash-back qui paraissent plaqués et qu’il aurait peut-être été préférable de faire raconter par les témoins au procès, la faute en incombe principalement au réalisateur Robert Ellis Miller dont la direction d’acteurs laisse un peu à désirer, n’ayant pas réussi à canaliser certains seconds rôles dont les interprétations s’avèrent parfois assez outrées. Dommage car autrement, comme déjà dans le 22ème épisode de la saison 1, Vengeance Is the Spur, il parvient à mettre en place quelques beaux effets de montage et de mise en scène. En revanche, Ellis Miller ne semble pas avoir fait assez attention à quelques détails qui peuvent être rédhibitoires pour certains, à savoir ces scènes censées se dérouler la nuit mais qui sont tournées en plein jour et en plein soleil sans même addition de filtres, ce qui est le cas alors que les habitants de Rapahoe partent à la recherche de la jeune fille disparue et qu’ils retrouvent son cadavre ; il est minuit à ce moment-là mais nous pourrions penser qu’il est midi. Un manque d’attention de la part de la production qui ajoute à la relative déception que nous procure le visionnage de cet épisode "procédurier" et bavard pourtant assez audacieux pour l’époque, très progressiste, à la morale très digne et qui se laisse donc malgré tout regarder avec plaisir grâce à de puissantes joutes oratoires qui nous octroient d’intéressantes réflexions sur la loi et deux conceptions différentes de la justice.

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  • 2.03 - No Tears for Savannah
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Carey Wilbur & William R. Cox
  • Guest Star : Gena Rowlands, Everett Sloane & Stephen McNally
  • Première diffusion 02/10/1963 aux USA - 12/08/1983 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : 7.5/10

Le pitch : Le Virginien se rend à Santa Rita afin de récupérer le montant d’un chèque sans provisions signé par un certain Gordon Madden suite à une vente de bétail. Tous les habitants semblent inquiets de savoir que cet étranger cherche l’auteur de cette escroquerie, qui n’est autre que le fils du magnat local (Everett Sloane). Le régisseur de Shiloh retrouve à cette occasion Savannah (Gena Rowlands), son ex-fiancée devenue patronne de saloon. Le lendemain, cette dernière est accusée du meurtre de Gordon. Sur le départ après avoir mené à bien sa mission, le Virginien décide de rester pour lui venir en aide...

Mon avis : Après deux épisodes relativement décevants au regard de mes attentes - mais néanmoins loin d'être honteux, notamment le premier -, il ne m'aura finalement pas fallu patienter longtemps avant de tomber à nouveau sur une fiction mémorable qui entérine mon avis selon lequel certains épisodes du Virginien peuvent se targuer de rivaliser avec le meilleur de la production westernienne cinématographique des années 60. Et comme c’était déjà le cas pour la première saison avec le superbe Throw a Long Rope de Ted Post, c’est à nouveau le troisième épisode qui me fait recommencer à me répandre en dithyrambes sur cette série épatante. Nous voilà dans le sud-ouest des USA, loin de Medicine Bow. Le Virginien arrive à Santa Rita où il demande à rencontrer un certain Gordon W. Madden, qui lui aurait donné un chèque sans provisions lors d’un achat de bétail. Notre héros s'est rendu dans cette petite bourgade uniquement dans le but de récupérer la coquette somme de 4 000 dollars qui lui est due, mais bizarrement tous les habitants de la petite ville s’inquiètent lorsqu’ils entendent le nom de l’homme que le contremaitre du ranch Shiloh veut rencontrer. Et en effet, on apprend assez rapidement qu’il s’agit du fils du tyran local, ce dernier étant un rancher millionnaire qui tient toute la ville sous sa coupe et a tous les notables dans sa poche, du shérif au juge.

Quoi qu’il en soit, pas du tout intimidé ni par le statut ni par la réputation de cet homme qui semble faire trembler ses concitoyens - interprété par Everett Sloane, que tout le monde connait au moins de visage et qui a tourné avec beaucoup des plus grands réalisateurs du cinéma hollywoodien, d'Orson Welles à Vincente Minnelli en passant par Robert Aldrich et tant d'autres -, le Virginien se rend chez lui pour se faire remettre l’argent qui lui est dû, quitte à le menacer d’attenter aux jours de son rejeton s’il ne se fait pas rembourser. On l’a déjà vu durant la première saison, James Drury n’est jamais aussi bon que lorsqu’il joue à l’homme déterminé, autoritaire, et qui n’a pas froid aux yeux ; par son sérieux et sa voix grave, il en impose sacrément malgré sa stature loin d’être charismatique et même au contraire assez malingre. Nous assistons donc à des premières séquences assez jubilatoires grâce au caractère du protagoniste principal qui ne s’en laisse pas compter, pas même par le barman qui a tenté de lui servir un whisky coupé à l’eau. C’est également au sein de cette première scène au saloon que l’on fait la connaissance de Savannah, la tenancière de l’établissement qui sept ans auparavant vivait une liaison amoureuse passionnée avec le Virginien. Une romance qui semble s’être terminée abruptement, les deux amants s’étant "loupés". Tout d’abord rejeté, le Virginien va avoir la surprise de retrouver Savannah dans sa chambre avec le dîner préparé pour évoquer le passé et essayer de comprendre l'échec de leur histoire d'amour.

Il est dit que le Virginien sera toujours malheureux en amour ; et pour cause, s’il trouvait chaussure à son pied il souhaiterait probablement changer de vie et la série devrait ainsi se passer de l'un de ses principaux héros, le métier de régisseur s'accommodant assez mal d'une vie de famille. De ce fait, les épisodes qui reposent sur une histoire d’amour le concernant sont presque tous teintés de tristesse et de mélancolie. Et c’est une fois encore le cas avec ce superbe No Tears for Savannah dont plusieurs séquences - dont également la dernière image - s'avèrent poignantes. Si James Drury a déjà eu l’occasion d’être confronté à de superbes comédiennes - certaines connues, d’autre moins mais tout aussi douées -, Gena Rowlands, ici aussi belle que talentueuse, pourrait bien être l’une des plus mémorables, le couple qu’ils forment tous deux s’avérant sacrément émouvant d’autant que l’amour qui les liait semble n’être plus partagé. Mais je pourrais difficilement vous en dire plus sous peine de déflorer des éléments parmi les plus beaux de cette histoire d’amour contrariée rien de moins que par une condamnation à mort de la jeune femme. Le Virginien va se démener comme un beau diable pour venir en aide à son ancienne maîtresse, d’autant qu’il ne veut pas croire une seule seconde en sa culpabilité. Il va dans un premier temps faire se déplacer son patron afin qu’il soit son avocat - réaction assez drôle de ce dernier lorsqu’il découvre que ce n’est pas son homme de main qu’il aura à défendre - avant de se transformer en hors-la-loi faute à un jury et à des juges entièrement acquis au despote local - le père de la victime - et qui non seulement condamnent la femme à la pendaison mais avancent la date de l’exécution pour empêcher Garth d’aller chercher de l’aide auprès des plus hautes instances et obtenir ainsi la révision du procès. Un procès à propos duquel les auteurs se sont ici plus longuement appesantis sur la forme que sur le fond, ce qui se révèle non seulement très original mais assez passionnant. Suite au captivant procès, à une séquence à l’hôtel faisant entrapercevoir au spectateur ce qui s’est réellement passé lors de la tragédie -- c'est une constante au cours de la série que de donner une petite avance au spectateur sur les personnages - et à la romance qui continue malgré le fait que la jeune femme soit emprisonnée, l’épisode se termine par une course-poursuite au milieu du désert puis sur une séquence très puissante, donnant à cette fiction l’opportunité de plaire aussi bien aux amateurs de films de procès, de mystères, qu'aux midinettes et aux férus d’action.

Un épisode dense, touchant, intelligent et très complet qui vaut autant pour la rigueur de sa mise en scène que par la beauté de son écriture à propos de laquelle nous pourrons juste regretter l’aspect un peu "taillé à la hache" dans la description du dictateur local qui n’a pas grand-chose d’humain, plus que par la mort de son fils, anéanti et dépité par le fait de ne plus avoir de descendance destinée à faire perdurer sa lignée. Outre Gena Rowlands et Everett Sloane, la troisième guest star n’est autre que Stephen McNally que les amateurs de westerns ont déjà vu des dizaines de fois endosser la tenue de shérif et qui fut surtout le personnage principal du "cultissime" Apache Drums (Quand les tambours s’arrêteront) de Hugo Fregonese. Parmi les seconds rôles, tous très bons, on retiendra surtout Vaughn Taylor dans la peau du juge "acheté" sur lequel on continue à faire pression et qui en concevra un gros problème de conscience. A signaler également un nouveau thème musical romantique qui n’a rien à envier à celui de la saison précédente. Ecrit et réalisé par des auteurs qui n’ont quasiment œuvré que pour la télévision, No Tears for Savannah est un petit bonheur de quasiment chaque instant ; on lui pardonnera donc quelques faux raccords, quelques traits trop appuyés dans la peinture de certains seconds rôles et une résolution trop vite expédiée. Don McDougall à la réalisation et Carey Wilbur au scénario, nous allons les côtoyer souvent puisqu'ils seront à nouveau au générique 11 fois pour le second et non moins que 42 fois pour le premier ! Après une telle entrée en matière, on compte sur ces deux hommes pour ne pas trop nous décevoir par la suite !

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  • 2.04 - A Killer in Town
  • Réalisation : John English
  • Scénario : Bob & Wanda Duncan
  • Guest Star : Broderick Crawford
  • Première diffusion 09/10/1963 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7/10

Le pitchEn aidant un certain McDowell à réparer une roue en plein orage, Trampas assiste à sa mort écrasé par son chariot. George Wolfe (Broderick Crawford), un chasseur de primes arrivé à Medidine Bow à la recherche d’un meurtrier dont l’identité devait lui être révélée par McDowell, soupçonne alors Trampas d’avoir assassiné son "indicateur" afin que ce dernier ne dévoile pas son nom. Mais faute de preuves, Wolfe va devoir enquêter auprès des habitants de la petite ville et de ceux du Ranch Shiloh. Parallèlement à cette investigation, beaucoup de citoyens tombent malades, victimes de la fièvre typhoïde...

Mon avis : Après une année de tournage, à travers ce quatrième épisode de la saison 2 les auteurs et producteurs semblent avoir voulu revenir aux fondamentaux, se ressourcer en convoquant de nombreux éléments présents au tout début de la série en même temps que retrouver un peu de fantaisie après trois épisodes consécutifs très sombres. Non pas que A Killer in Town fasse dans la gaieté et dans la légèreté puisqu’il rappelle lointainement Une Balle signée X (No Name on the Bullett) de Jack Arnold au cours duquel Audie Murphy, un bounty hunter mystérieux et peu loquace, arrivait dans une petite bourgade pour y chercher un meurtrier non identifié et où sa venue faisait souffler un vent de paranoïa sur tous les habitants qui paraissaient avoir tous quelque chose à se reprocher. Mais contrairement aux scénaristes du film de Jack Arnold, les auteurs de l’épisode ne poussent pas la tension au maximum et se laissent au contraire des trous d'air et des ouvertures lumineuses afin de ne pas le faire sombrer dans la tragédie plombante ou le mélodrame. Avec les éléments dramatiques au menu, il était pourtant très facile de tomber dans le panneau ; c’était sans compter sur le talent du couple de scénaristes Bob et Wanda Duncan déjà à l’origine du plus bel épisode arrivé à cette date, le magnifique et puissant The Judgment avec Clu Gulager.

Une grosse différence avec No Name on the Bullett et qui rend cette fiction bien moins tendue et inquiétante, le suspense moins prenant, est qu’aucun des citoyens de Medicine Bow ne parait paniqué par la venue du chasseur de primes, tous semblant avoir parfaitement bonne conscience. Un seul homme est inquiété par Wolfe et il s’agit de Trampas qui décidément se retrouve une nouvelle fois en fâcheuse posture, son passé de mauvais garçon ne l’aidant pas à se faire entendre lorsqu’il clame son innocence pour l’un des meurtres qu’on lui impute, celui de l’homme qui devait dévoiler l’identité du criminel recherché par le bounty hunter. Évidemment que les spectateurs savent qu’il n’en est rien puisqu’ils ont été témoins de la scène lors de la superbe séquence nocturne pré-générique, très bien photographiée mais également intéressante par le fait de nous faire assister à une situation certes banale mais rarement vue au sein du western, le changement d’une roue de chariot en plein orage. Quant au crime pour lequel l’assassin est recherché pour une récompense de 5 000 $, on vient à douter quelques temps de l'innocence de Trampas en raison de son passé relaté dans l’épisode qui ouvrait cette deuxième saison, de son propre questionnement suite à une déplaisante situation dans laquelle il s’est fourvoyé malgré lui juste avant d’arriver à Shiloh - et qu'il narre au Virginien - ainsi que de ses vives réactions lorsqu’il se trouve a face à Wolfe. Ce dernier est certes très méfiant et peu aimable, mais le caractère soupe-au-lait de Trampas n’aide pas ce dernier à se disculper et à ce qu’on lui fasse confiance. Sans rien en dire de plus, le scénario est tellement bien écrit et ingénieux que je mets au défi quiconque de trouver l’identité du véritable homme qui se trouve sur l’affiche "Wanted" rangée dans un coffret fort qui ne peut pas être ouvert avant le retour du banquier ; nous ne l’apprendrons que 15 minutes avant la fin de l'épisode.

Les auteurs sont tellement doués qu’ils arrivent même parallèlement à caser une sous-intrigue d’épidémie de fièvre typhoïde sans jamais qu'elle ne paraisse servir à combler un trou mais qui au contraire s’imbrique parfaitement bien avec l’histoire principale pour finir par la rejoindre, s’avérant finalement très importante et non secondaire. Une fois encore, je vous laisse la surprise de la découverte. Sachez juste que le scénario s’avère d’une remarquable fluidité, ce qui paradoxalement en ferait presque le principal défaut de l’épisode qui manque un peu d’accrocs. Mais sinon, quels étaient les éléments pris à la source de la série que nous évoquions au début de ce texte ? Après plusieurs intrigues qui se sont déroulées loin de Medicine Bow, nous y revenons et retrouvons la petite bourgade, le ranch Shiloh avec la maison du juge, le dortoir des cow-boys et même la cabane en forêt de White Wing où se déroulait une partie du deuxième épisode de la série qui portait d’ailleurs son nom. On se retrouve aussi en terrain connu par le fait de trouver réunis - ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps - tous les principaux protagonistes de la série, y compris Betsy ainsi que les seconds rôles comme celui du shérif interprété par Ross Elliott ou le rancher Wingate par Roy Engel. On revient sur la vantardise rigolarde de Steve, son amitié avec Trampas qui les conduisent à se lancer dans des défis enfantins comme des courses de chevaux, le caractère rabat-joie et moralisateur d’un Virginien qui détient néanmoins le bon sens, la fraicheur de Betsy que courtisent nos trois cow-boys et qui n’est pas dénuée d’humour (l’écharpe qu’elle tricote et dont elle a peur qu’elle se transforme en couverture si on l’immobilise encore longtemps suite à sa maladie) ou enfin la sagesse et le progressisme du juge Garth qui ne valide pas le métier de chasseur de primes mais se fait néanmoins renvoyé dans les cordes lorsque Wolfe lui rétorque en gros que s’il ne souhaite plus que le métier de bounty hunter existe il faut voter des lois pour interdire les primes.

Il n'y a pas grand-chose à redire de la mise en scène du réalisateur britannique John English qui avait déjà signé l’épisode avec Ida Lupino - A Distant Fury - et qui fut le principal collaborateur de William Witney à la Republic alors qu'ils tournaient tous deux les célèbres serials que furent Zorro's Fighting Legion et Dreams of Fu Manchu : elle s’avère très solide, non dénuée de petites fulgurances - notamment lors de la séquence initiale déjà décrite plus avant - tout comme l’astucieux et rigoureux scénario ainsi que l’interprétation d’ensemble. Outre les habituels comédiens de la série, le casting intègre aussi l’excellent Broderick Crawford - dont le personnage de chasseur de primes aurait néanmoins mérité d’être enrichi - ou encore un très convaincant Arch Johnson dans la peau du docteur qui non seulement lutte pour vaincre l’épidémie de typhoïde mais part également à la recherche de la source de l’infection en compagnie de nos héros. Un épisode polar-western très plaisant et d’une remarquable fluidité d’écriture qui manque néanmoins de puissance et de tension. Mais quel plaisir - même si cela reste avant tout un épisode Trampas - de retrouver enfin réunis tous les habitants de Shiloh et de se voir octroyer un final assez poignant qui démontre que les bons sentiments (la mansuétude, le pardon...) ne font pas forcément les mauvaises fins. Mêlant habilement deux intrigues qui semblent au départ n’avoir rien à voir entre elles, un épisode extrêmement habile et très solide à défaut de faire partie des sommets de la série !

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  • 2.05 - The Evil That Man Do
  • Réalisation : Stuart Heisler
  • Scénario : Frank Chase
  • Guest Star : Robert Redford & L.Q. Jones
  • Première diffusion 16/10/1963 aux USA - 24/08/1983 en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7/10

Le pitch : Le Virginien arrête le bagnard Matthew Cordell (Robert Redford) alors qu’il était sur le point de s’échapper dans les rues de Medicine Bow. Lorsqu’il apprend qu’il est emprisonné depuis l’âge de 15 ans après n’avoir connu que l’orphelinat, il est ému et demande au juge Garth de faire en sorte de lui faire accorder une liberté conditionnelle afin qu’il puisse avoir sa chance de connaitre une vie "normale". Le voici embauché au ranch Shiloh durant une année, ce qui n’est pas pour déplaire à Betsy qui tombe amoureuse de lui malgré son caractère taciturne...

Mon avisA 27 ans, Robert Redford avait certes déjà beaucoup tourné pour la télévision dans des séries d’ailleurs devenues cultes (Perry MasonAlfred Hitchcock présenteLa Quatrième dimensionLes Incorruptibles...) mais il lui faudra attendre encore deux ans avant que ses yeux bleus perçants viennent crever les écrans de cinéma avec notamment Daisy Clover de Robert Mulligan et surtout La Poursuite impitoyable (The Chase) d'Arthur Penn où il interprétait un jeune prisonnier en fuite. Également bien avant Brubaker, dans l’épisode du Virginien qui nous concerne, il tenait donc déjà le rôle d’un bagnard qui avait tenté de se faire la malle après que le chariot qui le transportait sur son lieu de travail s'est renversé. Il n’allait pas aller bien loin puisque le Virginien, qui était sur place et avait assisté à cet incident, l’avait poursuivi dans les rues de la ville et immédiatement appréhendé afin qu’il ne mette pas en danger ses concitoyens. Mais en apprenant la tragique histoire de celui qu’il venait d’arrêter, le contremaitre du ranch Shiloh l'avait pris en pitié. En effet, on lui expliqua que ce hors-la-loi n’avait jamais connu la liberté puisque élevé à l’orphelinat jusqu’à l’âge de 15 ans avant de passer directement en prison où il était resté jusqu’à ce jour pour avoir tué l'un de ses camarades qui avait cassé la seule chose qu’il ait jamais possédé, un petit soldat de plomb.

[Changement de paragraphe et changement de temps grammatical pour en revenir à un présent plus vivant]
Torturé par ce parcours dramatique, n’ayant même plus la tête à partager les distractions de ses compagnons de chambre, le Virginien insiste auprès de son patron pour qu'il aille en tant que juriste essayer d’aller demander la liberté conditionnelle pour ce jeune homme qui l'a profondément touché. Le juge Garth, qui comme chacun le sait est un homme très tolérant et très progressiste, qui ne cautionne pas les rudes conditions de vie dans les prisons de son Etat, accepte et réussit à "délivrer" le nommé Matthew Cordell après avoir assisté aux traitements inhumains subis dans ces lieux comme la punition du four, une "boîte" en tôle enfouie dans le sol en plein soleil dans laquelle les geôliers punissent les plus récalcitrants en les y enfermant ; on en verra une "variante" célèbre et verticale dans 
Le Pont de la rivière Kwaï par exemple. Et le voici qui ramène le délinquant à Shiloh où celui-ci doit rester une année entière sans faire de vagues avant de pouvoir retrouver une entière liberté. Tout comme le juge, le Virginien est ravi de pouvoir donner une chance à ce jeune homme qui n’a jamais connu ne serait-ce qu’une journée de "vie normale". Ce ne sera pourtant pas facile pour l’ex-bagnard qui a du mal à se faire aux rapports humains, estimant qu’il ne doit accepter aucune aide ni aucun service (auquel cas contraire il serait forcé de les rendre), qu’il n’a pas à sortir en ville pour échapper aux diverses tentations qui se présenteraient à lui, qu’il n’a pas à être aimable ni courtois... Au grand dam de son entourage, il décide donc de refuser quelque socialisation que ce soit et de poursuivre une vie d’isolement et d’individualisme, ce sur quoi le Virginien le tance assez vertement en lui conseillant de changer son fusil d’épaule s’il compte arriver à se réintégrer sans heurts à la vie civile à la fin de sa liberté conditionnelle. Puisque l'on parle de lui, profitons-en pour en remettre une couche tellement le jeu de James Drury me parait mésestimé : je trouve au contraire une fois encore le comédien absolument parfait dans le rôle du Virginien et qu'il n’a absolument pas à rougir de la présence d’un excellent Robert Redford à ses côtés.

Le réalisateur de cet épisode, Stuart Heisler, est assez connu et plutôt apprécié des amateurs de série B pour avoir notamment signé le très bon Storm Warning avec Ronald Reagan qui fustigeait les activités du Ku-Klux-Klan. Dans le domaine du western, il aura réalisé le divertissant Le Grand Bill (Along Came Jones) avec Gary Cooper et Loretta Young, une des rares incursions réussies de la comédie parodique légère dans le genre. Puis, toujours avec Gary Cooper, ce fut Dallas, ville frontière (Dallas) qui à partir du moment où le sérieux prenait le pas sur l’humour devenait inintéressant, d’autant plus que Heisler n’arrivait jamais à faire décoller ni à donner du souffle à sa mise en scène bien terne. A croire que dans le genre, le cinéaste ne s’épanouissait que dans l’humour ; ce que le "on ne peut plus sérieux" Collines brûlantes tendait à nous confirmer : même si le film compte de très nombreux admirateurs, il m’avait paru laborieux de bout en bout ! En revanche, cet épisode du Virginien, qui se révèle être son avant-dernier travail en tant que réalisateur, pourrait bien être ce que Stuart Heisler a le mieux réussi dans le western. Une mise en scène rude, carrée et extrêmement efficace - les rares coups de poings sont teigneux à souhait -, qui paradoxalement nous octroie également des scènes intimistes entre Lee J. Cobb et Roberta Shore qui font partie de ce qui a été filmé de plus tendre depuis le début de la série. Il faut dire que le scénariste Frank Chase n’en est pas à son coup d’essai au sein de la série puisqu’il avait auparavant signé le touchant If You have Tears. Stuart Heisler et Frank Chase nous proposent donc ici un bon paquet d’excellentes séquences, qu’elles soient légères - la préparation de la fête d’anniversaire de Steve - ou romantiques - notamment tout ce qui tourne autour de la première désillusion amoureuse de Betsy, qui trouve décidément en Roberta Shore une interprète vraiment attachante (il s’agissait d’ailleurs de son épisode préféré) -, qu’elles abordent des thématiques toujours autant d’actualité comme la réinsertion des délinquants ou les réformes pénitentiaires, ou bien qu’elles soient mouvementées et correspondent ici aux  accès de violence brutaux de Robert Redford. 

Il est également toujours aussi agréable de voir que les auteurs ne mettent pas forcément une auréole à leur héros, le Virginien s’avérant à nouveau assez austère, moyennement sensible - il n’essaie pas de sauver le cheval blessé de Betsy - et pas forcément toujours aimable notamment lorsqu’il avoue à Cordell qu’il a eu de la chance d’avoir été soutenu par le juge après son coup de sang - il manque de peu de tuer un cow-boy excellemment bien interprété par L.Q. Jones, un comédien qui faisait d’ailleurs partie de la fratrie monstrueuse aux côtés de James Drury dans le chef d’œuvre de Sam PeckinpahCoups de feu dans la Sierra - auquel cas contraire, bien moins indulgent que son patron, il l’aurait déjà renvoyé au pénitencier. Vous aurez compris que l’interprétation est de très haut niveau dans ce bon épisode juste un peu trop prévisible, parfois saboté par le médiocre David Buttolph à la musique - pas forcément un mauvais mélodiste mais un effroyable orchestrateur - et très décevant dans ses dix dernières minutes assez peu convaincantes, d’autant que contrairement à tout ce qui a précédé elles ont été tournées dans des décors de studio moyennement crédibles. Ceci étant dit, il s’agit d’un touchant drame psychologique, plein de bons sentiments et teinté de romance mais qui n’en est pas mièvre pour autant, au contraire très digne et très noble à l’image des réactions compréhensives de Betsy face à l’amour non partagé qu’elle éprouve pour le beau délinquant à qui personne jusqu’à présent n’avait donné la chance de pouvoir vivre librement. Pas complètement satisfaisant mais cependant sacrément plaisant !

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  • 2.06 - It Takes a Big Man
  • Réalisation : Bernard McEveety
  • Scénario : Harry Kronman
  • Guest Star : Lloyd Nolan
  • Première diffusion 23/10/1963 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 8/10

Le pitch : Pour lui acheter des poulets, le juge Garth rend visite à Wade (Lloyd Nolan), un de ses meilleurs amis qu’il n’a pourtant pas revu depuis des années. Ce dernier est ravi de leurs retrouvailles mais demande un service à Garth : qu’il embauche quelques mois son ainé Hank (Chris Robinson), un jeune homme instable et violent avec qui il a beaucoup de mal et dont il n’arrive pas à gérer le caractère fielleux et les emportements violents. Garth se sent dans l’obligation d’accepter ; ce qui va très mal se passer et même provoquer un drame du fait que Hank ait pris Trampas en grippe...

Mon avis : Juste après le fort honorable The Evil That Man do avec Robert Redford en guest star, ce deuxième épisode signé Bernard McEveety - après le curieux The Mountain of the Sun et ses trois nonnes parties aider une tribu d’Indiens belliqueux - aborde à nouveau le thème de la tentative d'éducation d’un jeune homme instable et violent même s'il ne s'agit pas cette fois de réinsertion, le garçon n'ayant pas été un quelconque prisonnier. Sauf que le ton est beaucoup plus tragique et que cette fiction acquiert une dimension supplémentaire grâce à la perfection de son script, de sa réalisation et de sa direction d’acteurs qui en font jusqu'à présent l’un des sommets de la série, un épisode mémorable. Mea Culpa tout d’abord en ce qui concerne Bernard McEveety, que j’avais assaisonné un peu violemment lors de mon avis sur son épisode précédent, écrivant que la relative faiblesse de l’ensemble pesait surtout sur les épaules du réalisateur qui fera néanmoins encore beaucoup moins bien dans le cinéma avec par exemple le minable Marqué au fer rouge (Ride Beyond Vengeance) avec Chuck Connors, un western tout à fait pitoyable. Je ne reviens évidemment pas sur ces dires mais je relativise désormais au regard de son travail remarquable et de la réalisation sans failles de cet épisode. Comme quoi tout est possible et avec un bon scénario un tâcheron peut se motiver, se sentir plus concerné et se révéler bien meilleur qu’à son habitude ! Dans cet épisode, le juge Garth accepte, en l’embauchant comme homme de main de son ranch, de prendre en charge pour un temps l’éducation du fils de son meilleur ami que ce dernier n’arrive pas à maitriser tellement il est indiscipliné et foncièrement méchant. Ne parvenant néanmoins pas plus à s’intégrer à Shiloh, ce dernier va provoquer la colère de tous les cowboys et se heurter à Trampas qu’il ne va cesser de provoquer... jusqu’au drame !

Non seulement Bernard McEveety dirige ses acteurs à la perfection mais ses choix de mise en scène s’avèrent tous impeccables, parvenant à créer, faire monter et maintenir une tension palpable de bout en bout par la manière qu’il a également de placer ou cadrer ses comédiens (aidé en cela par les choix de montage), utilisant tout cela à très bon escient, avec solidité et sans aucune emphase. Revenons d’abord à sa direction d’acteurs grâce à laquelle il réussit un petit miracle : rendre attachant l’un des personnages les plus haïssables de la série, celui d'un jeune homme odieux et haineux joué par le méconnu Chris Robinson qui au vu de sa prestation dans cet épisode du Virginien aurait mérité une carrière plus glorieuse que d’être obligé d’en arriver à squatter des soap comme Hôpital Central ou Amour, gloire et beauté. Ici, aidé par une écriture magistrale de Harry Kronman, le comédien parvient en un joli tour de force à nous faire ressentir de l'empathie pour son personnage méprisant, raciste et violent. La première fois qu’il apparait à l’écran, il est en train d’injurier et de violenter un Indien avec un air de psychopathe qui fait froid dans le dos ; il s’agit d’ailleurs de la première fois que la série aborde le sujet du racisme même si c'est ici en filigrane. Plus tard, au ranch Shiloh, il se comportera en rustre avec une vieille Indienne à qui il demande de bouger pour qu’il puisse passer au lieu de la contourner. Pour l’anecdote, ce fait irrespectueux a lieu au cours d’une séquence où la vieille squaw et Betsy sont en train - en extérieurs - de fabriquer du savon : il s'agit encore d'un de ces éléments originaux qui font de la série une petite mine concernant des situations rarement vues au sein d’un western. En parlant d’extérieurs, à signaler que cet épisode n’utilise quasiment aucun décor de studio notamment par le fait de ne jamais se dérouler de nuit, ce qui aide à le rendre encore plus réaliste et satisfaisant. Quoi qu’il en soit, pour en revenir à Hank, même s’il est détestable a priori, il va se révéler relativement attachant du fait qu'il soit suicidaire, se révélant au fur et à mesure de l'intrigue plus riche et passionnant que de prime abord, évoluant au fil de ses rencontres et des révélations sur son passé.

Vous aurez deviné que pour que nous ayons pu concevoir de la compassion pour ce violent écorché vif, il aura fallu que ce dernier ait eu un secret à dissimuler qui l’ait rendu aussi sournois, provocateur et somme toute totalement ingérable. Et effectivement, nous l’apprendrons dans le courant de l’épisode lorsqu’il se confiera au juge qui ne souhaite pas le garder au ranch où il se comporte trop mal. Hank en veut à la Terre entière par le fait que son père lui ait caché la vérité sur sa naissance et sur la véritable identité de sa mère ; depuis qu'il a découvert ce qu'il en est réellement, Hank pense que son père a toujours eu honte de lui et le fait payer à tout son entourage. Même si cela ne fera aucun doute pour la plupart d’entre vous quant à ce que cache ce secret, je ne me vois pas en dévoiler davantage afin de ne pas être critiqué de spoiler intempestivement. Je vous laisse donc le découvrir ou vous le faire confirmer. Sachez juste que le scénario pourrait s’apparenter à une tragédie grecque avec des relations familiales larvées, des frères totalement dissemblables, un drame suivi d’une vengeance, les responsabilités reposant plus ou moins sur le père qui a beaucoup à se faire reprocher, plus par omission que par action. Ce protagoniste de patriarche dépassé, et qui aura causé le malheur de ses deux rejetons du fait de ne pas leur avoir assez parlé, est campé par un très bon Lloyd Nolan - un comédien prolifique qui tournera jusqu’à la fin de sa vie et notamment dans Hannah et ses sœurs de Woody Allen - alors que le fils cadet est joué par un tout jeune Ryan O’Neal - Love Story, Barry Lyndon - qui tire lui aussi assez bien son épingle du jeu dans la peau de ce personnage introverti qui va vouloir in fine chercher à se faire remarquer par son père, les deux frères ayant toujours cru qu’ils étaient délaissés l'un au profit de l’autre.

Si les trois guest stars s’avèrent tous remarquables, il en va de même ici de Doug McClure mais surtout de Lee J. Cobb qui donne ici une interprétation encore plus imposante qu’auparavant notamment lors des séquences qui l’opposent à Lloyd Nolan, leurs deux personnages permettant la description d'une belle amitié aux violents soubresauts. Roberta Shore est toujours aussi attachante ; quant à James Drury, il ne fera qu’une seule apparition lors d’un des rares moments légers de l’épisode au cours duquel il tacle gentiment Trampas (des scènes qui permettent de respirer et de décompresser un peu). Dans ce superbe épisode, qui bénéficie également d’un beau travail sur la photographie, même David Buttolph à la musique parvient à rester plus sobre qu’à son habitude. Une magistrale réussite qui ne manque pas de souffle dramatique, et qui se clôt par un final tendu et poignant au cours duquel la plupart des protagonistes doivent faire face aux conséquences de leurs actes passés et à venir ! Aussi puissant que touchant.

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  • 2.07 - Brother Thaddeus
  • Réalisation : John English
  • Scénario : William Fay
  • Guest Star : Albert Salmi
  • Première diffusion 30/10/1963 aux USA - 16/08/1983 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : 7/10

Le pitch : Ex-bandit, Willy (Albert Salmi) est entré en religion, devenant Brother Thaddeus. Il est envoyé à Medicine Bow afin de soutenir le religieux en place dont la santé décline. Ce dernier devant partir en mission, le moine novice se voit dans l’obligation de s’occuper de la paroisse et de l’éducation des enfants. Lorsque d'anciens complices viennent à cambrioler un train, on l’accuse de faire partie du coup d’autant qu’il avait laissé de mauvais souvenirs aux habitants. Trampas, qui ne croit pas en sa culpabilité, va faire en sorte de retrouver la bande d’escrocs dont fait partie Floss (Kathie Browne), une femme qu’il a aimée...

Mon avis : D’après tout ce que j’ai eu l’occasion d’en lire ici et là, il semblerait que Brother Thaddeus soit un épisode globalement et malheureusement assez peu apprécié, souvent décrit comme une pénible farce ou une pantalonnade assez balourde alors qu’à mon avis il n’en est rien, l’humour étant certes présent mais l’épisode ne pouvant pas vraiment s’apparenter à une comédie, le drame -la vie de l'un des membres du gang ne tient qu'à un fil- et la violence -l'attaque d'un train allant mettre des enfants en danger, une femme agressée avec vigueur...- n'étant d'ailleurs jamais très loin, s'invitant également une romance très mélancolique ainsi que brièvement le thème de la vente de chevaux à l'armée. Malgré sa médiocre réputation, je pense donc qu’il s’agit au contraire d’un cru absolument délicieux, une fiction dans l'ensemble évidemment légère et sans véritable tension mais bénéficiant néanmoins d’un scénario aux petits oignons et d’une interprétation plus qu’honorable ; hormis Doug McClure, les autres protagonistes réguliers ne font que de brèves apparitions -voire même, comme Le Virginien, ne montrent pas le bout de leur nez-, l’ensemble de l’épisode reposant avant tout sur les épaules de ses invités, Albert Salmi ne tombant jamais dans les pièges du cabotinage outrancier alors que son personnage le lui prédestinait, Kathy Browne se révélant aussi talentueuse que charmante dans la peau de la saloon gal, et les méconnus Joe Maross et Christopher Dark ne déméritant pas, le premier dans le rôle du détestable chef de gang et amant violent de la chanteuse, le second dans celui du complice secrètement amoureux de la maîtresse de son patron, un personnage d’ailleurs grandement attachant par sa maladresse et sa timidité.

Willy, ancien bandit assez minable, a décidé d’entrer en religion, sincèrement attiré par la foi. Il a autrefois laissé de très mauvais souvenirs aux habitants de Medicine Bow, ayant saccagé une partie de la ville un soir de forte cuite, étant également réputé pour être le seul à avoir réussi à s’évader de son 'inviolable' prison. Autant dire qu’il ne serait pas le bienvenue si on venait à le rencontrer dans les parages ; mais pas de chance, ses supérieurs l’envoient en mission aux environs de cette petite bourgade, sur les terres mêmes du ranch Shiloh où se trouve la paroisse tenue par un moine en mauvaise santé et qui ne doit pas tarder à quitter les lieux. Venu pour lui porter soutien, Brother Thaddeus se retrouve du jour au lendemain devoir s’occuper de l’apprentissage aux enfants des rudiments en mathématique et en français, lui qui est très lucide quant à son inculture, son manque total d’éducation et sa faible intelligence. N’ayant pas le choix, il décidera d’apprendre les leçons la veille du jour auquel il devra les dispenser à ses jeunes élèves ; ce qui n’ira pas sans quelques cocasseries, certains enfants s’avérant bien plus au fait que leur professeur en ce qui concerne la grammaire et la conjugaison. Mais une fois encore, alors qu'il aurait été très facile de sombrer dans la caricature, rien de lourdaud ni de laborieux mais au contraire une belle subtilité dans les situations et le jeu d’Albert Salmi que je m’étonne d’avoir lu qu’il était grimaçant et pénible ; comme quoi le cabotinage est une notion elle aussi -comme de nombreuses autres dans le domaine artistique- totalement subjective. La deuxième évasion ‘miraculeuse’ de la prison est à ce propos un bon exemple des pièges que le comédien évite tout du long, le résultat se révélant gentiment amusant et non pachydermique.

Quelques autres séquences assez réjouissantes de drôlerie comme les retrouvailles de Willy et Steve, les sursauts de ce dernier à chaque fois que le moine s’approche trop près de lui, se souvenant trop bien de leur dernière rencontre au cours de laquelle il s’était fait envoyer valdinguer au travers le saloon par l’ex-bandit ivre, ou encore celle au cours de laquelle Betsy est surprise par son père en train de fredonner une chanson plutôt leste avec une étonnante ardeur et alors qu’elle se croyait seule. Cet épisode signé par le britannique John English qui avait déjà réalisé celui avec Ida Lupino - A Distant Fury - ainsi que le très bon et récent A Killer in Town avec Broderick Crawford, comporte également l’une des plus belles scènes romantiques vues jusqu’à présent au sein la série, celle très touchante au cours de laquelle Trampas raccompagne la nouvelle Saloon Gal jusqu’à son hôtel ; s'étant autrefois déjà entiché d’elle sans qu’il ne se soit rien passé, Trampas, toujours aussi amoureux, retente sa chance sans que ça n’aboutisse plus que précédemment, la jolie Floss le décourageant en lui faisant comprendre qu’elle n’est pas faite pour lui : une scène d’une douceur, d’une tendresse et d’une mélancolie qui en font l’une des plus mémorables non seulement de l’épisode mais de la série toute entière d'autant qu'elle est de plus très joliment éclairée et formidablement interprétée par la ravissante Kathie Browne. Christopher Dark n'est pas en reste et l’on éprouve une profonde empathie à son égard lorsque lui aussi est gentiment évincée par la charmante jeune femme qui par ailleurs est tombée sous la coupe d’un amant jaloux et violent ; la gifle que ce dernier lui assène alors qu’elle tente de se révolter nous fait bien comprendre qu’il ne s’agit pas nécessairement d’un épisode aussi léger que nous aurions pu le croire d'emblée.

Les amateurs d’action n’auront pas été oubliés non plus puisque cette intrigue se termine par une longue fusillade autour d’un relais de diligence surplombé d'un vertigineux aplomb rocheux ; une séquence très efficace et plutôt musclée qui devrait combler ceux qui aiment le mouvement. Comme pour A Killer in Town, la réalisation de John English s’avère très solide et non dénuée de petites fulgurances, tout comme l'interprétation d'ensemble et l'astucieux scénario à première vue pas nécessairement rigoureux -par le fait de parfois passer d'un personnage à l’autre avec une délicieuse indolence- mais au final remarquablement bien écrit. A signaler également parmi les points positifs une bonne humeur souvent bienvenue, une entêtante chanson parfaitement bien interprétée par Kathie Browne, de très beaux paysages, de jolies plongées du haut du clocher, des cadres légèrement penchés assez curieux mais qui font leur effet déstabilisant, de jolies nuits américaines, des dialogues assez savoureux, un David Buttolph assez inspiré à la musique... Pas un sommet de la série mais un épisode néanmoins délicieux, attachant, souvent attendrissant sans pour autant tomber dans la mièvrerie et bien plus subtil qu’il semblait devoir être de prime abord !

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  • 2.08 - A Portrait of Marie Valonne
  • Réalisation : Earl Bellamy
  • Scénario : Dean Riesner
  • Guest Star : Skip Homeier
  • Première diffusion 06/11/1963 aux USA - 20/03/1966 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : 6/10

Le pitch :

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  • 2.09 - Run Quiet
  • Réalisation : Herschel Daugherty
  • Scénario : Norman Katkov & Ed Adamson
  • Guest Star : L.Q. Jones
  • Première diffusion 13/11/1963 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 2.10 - Stopover in Western Town
  • Réalisation : Richard L. Bare
  • Scénario : Carey Wilber
  • Guest Star : Dick York
  • Première diffusion 27/11/1963 aux USA - 19/03/1967 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 2.11 - The Fatal Journey
  • Réalisation : Bernard McEveety
  • Scénario : John Hawkins
  • Guest Star : Robert Lansing
  • Première diffusion 14/12/1963 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 2.12 - A Time Remembered
  • Réalisation : William Witney
  • Scénario : Peter Germano
  • Guest Star : Yvonne De Carlo
  • Première diffusion 11/12/1963 aux USA - 09/07/1967 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 2.13 - Siege
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Donn Mullally
  • Guest Star : Philip Carey
  • Première diffusion 18/12/1963 aux USA - 04/12/1966 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 2.14 - Man of Violence
  • Réalisation : William Witney
  • Scénario : John D.F. Black & James Patrick
  • Guest Star : Leonard Nimoy & DeForest Kelley
  • Première diffusion 25/12/1963 aux USA - 14/05/1966 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 2.15 - The Invaders
  • Réalisation : Bernard McEveety
  • Scénario : Donn Mullally
  • Guest Star : Ed Begley
  • Première diffusion 01/01/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 2.16 - Roar from the Mountain
  • Réalisation : Earl Bellamy
  • Scénario : Carey Wilber & Franklin Barton
  • Guest Star : Jack Klugman & Joyce Bulifant
  • Première diffusion 08/01/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 2.17 - The Fortunes of J. Jimerson Jones
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Carey Wilber
  • Guest Star : Pat O'Brien
  • Première diffusion 15/01/1964 aux USA - Date de la diffusion en France inconnue
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 2.18 - The Thirty Days of Gavin Heath
  • Réalisation : John Florea
  • Scénario : Mel Harrold
  • Guest Star : Leo Genn
  • Première diffusion 22/01/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 2.19 - The Drifter
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Carey Wilber & Frank Fenton
  • Guest Star : Leif Erickson & Gregg Palmer
  • Première diffusion 29/01/1964 aux USA - 22/01/1967 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 2.20 - First to Thine Own Self
  • Réalisation : Earl Bellamy
  • Scénario : Les Crutchfield
  • Guest Star : Bruce Dern
  • Première diffusion 12/02/1964 aux USA - 30/08/1983 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : /10

Le pitch :

Mon avis :

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  • 2.21 - A Matter of Destiny
  • Réalisation : Maurice Geraghty
  • Scénario : Al C. Ward
  • Guest Star : Peter Graves
  • Première diffusion 19/02/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 2.22 - Smile of a Dragon
  • Réalisation : Andrew V. McLaglen
  • Scénario : Cy Chermak & Don Ingalls d'après une histoire de Borden Chase
  • Guest Star : Richard Carlson
  • Première diffusion 26/02/1964 aux USA - 12/06/1966 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : /10

Le pitch :

Mon avis :

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  • 2.23 - The Intruders
  • Réalisation : Charles R. Rondeau
  • Scénario : Dean Riesner
  • Guest Star : Darren McGavin
  • Première diffusion 04/03/1964 aux USA - 20/11/1966 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : /10

Le pitch :

Mon avis :

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  • 2.24 - Another's Footsteps
  • Réalisation : R.G. Springsteen
  • Scénario : Frank Chase
  • Guest Star : John Agar
  • Première diffusion 11/03/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 2.25 - Rope of Lies
  • Réalisation : Herschel Daugherty
  • Scénario : Les Crutchfield
  • Guest Star : Peter Breck & Bruce Dern
  • Première diffusion 25/03/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

Le pitch :

Mon avis :

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  • 2.26 - The Secret of Brynmar Hall
  • Réalisation : Robert Totten
  • Scénario : Herman Groves
  • Guest Star : Jane Wyatt
  • Première diffusion 01/04/1964 aux USA - 24/04/1980 en France
  • DVD : VOSTF et VF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 2.27 - The Long Quest
  • Réalisation : Richard L. Bare
  • Scénario : Carey Wilber
  • Guest Star : Ruta Lee & Joseph Campanella
  • Première diffusion 08/04/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

Le pitch :

Mon avis :

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  • 2.28 - A Bride for Lars
  • Réalisation : Earl Bellamy
  • Scénario : True Boardman
  • Guest Star : John Qualen
  • Première diffusion 15/04/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

Le pitch :

Mon avis :

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  • 2.29 - Dark Destiny
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Frank Chase
  • Guest Star : Robert J. Wilke
  • Première diffusion 29/04/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

Le pitch :

Mon avis :

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  • 2.30 - A Man Called Kane
  • Réalisation : William Witney
  • Scénario : Dean Riesner
  • Guest Star : Dick Foran
  • Première diffusion 06/05/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

Le pitch :

Mon avis :

A suivre...

Lien vers le test du coffret DVD saison 2 vol.1

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