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Introduction

A l’origine, Le Virginien est un roman d'Owen Wister - The Virginian, a Horseman of the Plains - daté de 1902 et ayant posé les bases du western aussi bien en littérature qu’au cinéma ; c’est non moins que Cecil B. DeMille qui en 1914 s’en emparera pour en réaliser une première version. Il y en aura d’autres, successivement en 1923, 1929 - cette dernière par Victor Fleming avec Gary Cooper - puis enfin Le Traître du Far-West en 1946 avec Joel McCrea dans le rôle titre ainsi que Brian Donlevy dans celui de Trampas, l’autre personnage principal récurent de la série télévisée à venir. En 1958, la traduction du roman arrive en France alors même que les Américains décident de l’adapter pour la première fois pour la télévision dans le cadre d’une série de téléfilms - inédite dans notre pays - nommée Decision. Le titre de cet épisode est The Virginian et c’est déjà James Drury qui endosse le costume de ce cowboy sans nom, intègre et taciturne, qui arrive à la fin du 19ème siècle dans le Wyoming pour travailler comme régisseur à Medicine Bow dans le ranch Shiloh, dont le propriétaire est le juge Garth. Il faudra néanmoins attendre quatre ans avant que la fameuse série fasse son apparition avec le succès public et critique que l'on sait... tout du moins aux USA. Mise en branle par Charles Marquis Warren, elle sera bien évidemment l’adaptation la plus célèbre de l’œuvre de Wister avec, pour incarner les deux protagonistes principaux, James Drury (Le Virginien) et Doug McClure (Trampas), bad guy dans le livre devenu le bras droit et l'ami du Virginien pour le petit écran.

Si précédemment Gunsmoke, Bonanza et La Grande caravane avaient été des séries encore plus longues en terme de saisons et de nombre d’épisodes (respectivement 635, 430 et 284), Le Virginien s’en différenciait par la durée inhabituelle de 72 minutes pour chacun de ses 225 épisodes - 249 si l’on ajoute ceux du spin-of Les hommes du Ranch Shiloh que certains considèrent comme la neuvième saison - soit l’équivalent de celle de la plupart des films de série B de la décennie précédente. Avec ce format - plus cinématographique que télévisuel - et de par le classicisme de son style, la richesse de son écriture ainsi que l’utilisation de ses extérieurs, Le Virginien est en quelque sorte la résurgence de la série B Universal des années 50, à savoir ce qui se faisait de mieux dans le genre à cette époque si l’on excepte quelques grands classiques de la série A. Les scénaristes ayant le temps de développer leurs personnages et de peaufiner leurs intrigues, chaque épisode était quasiment considéré comme un film indépendant donnant la part belle à une pléiade impressionnante de guest stars, quasiment au moins une par épisode. En voici un petit listing non exhaustif et qui pourtant donne déjà le tournis : George C. Scott, Eddie Albert, Lee Marvin, Bette Davis, Brian Keith, Vera Miles, Robert Vaughn, Robert Duvall, Gena Rowlands, Charles Bronson, Broderick Crawford, Robert Redford, Ryan O’Neal, Warren Oates, Leonard Nimoy, Bruce Dern, David Carradine, Tom Skerritt, Raquel Welch, Kurt Russell, Franchot Tone, William Shatner, Telly Savalas, John Cassavetes, Angie Dickinson, Jack Lord, Harrison Ford, Joan Collins, Anne Baxter, Ellen Burstyn, Joan Crawford, Jack Elam...

La liste des réalisateurs est également loin d’être honteuse avec, outre des cinéastes chevronnés de la petite lucarne, des noms plus prestigieux tels que Samuel Fuller, William Witney, Ted Post ou Burt Kennedy, chacun s’étant invité le temps d'un ou plusieurs épisodes. Pour en revenir aux comédiens principaux, nous avions déjà pu rencontrer James Drury dans plusieurs films (Planète interdite ou Love Me Tender avec Elvis Presley) mais il fut surtout remarqué pour son sadisme dans le western qui sonna en quelque sorte à la fois le glas du classicisme et l’avènement du modernisme, à savoir le sublime Coups de feu dans la Sierra (Ride the High Country) de Sam Peckinpah dans lequel il faisait partie de la fratrie effrayante de chercheurs d'or, celui qui allait violer son épouse lors d’une scène mémorable par son extrême noirceur/violence. Changement de registre à 180° car l’homme sans nom qu’il interprète dans Le Virginien est l’honnête, sympathique et intègre régisseur d’un ranch qui, sans particulièrement de charisme, arrivera néanmoins à se faire respecter et à se tirer de toutes sortes d’aventures et de situations. Quant à Doug McClure, même si la majeure partie de sa carrière se sera déroulée à la télévision, nous l'aurons déjà croisé à plusieurs reprises au cinéma, par exemple en ce qui concerne le western dans Le Vent de la plaine (The Unforgiven) de John Huston ainsi que dans Les Prairies de l’honneur (Shenandoah) d’Andrew V. MacLaglen. En revanche, il n'est nul besoin de présenter le comédien incarnant le juge, à savoir Lee J. Cobb que connaissent déjà parfaitement bien tous les amateurs de cinéma hollywoodien. Quant à Gary Clarke qui complète le trio d'amis, il n'est guère apparu autre part que sur la petite lucarne.

A savoir que Le Virginien fit son apparition pour la première fois dans les salons américains le 19 septembre 1962 sur la chaine NBC avec l’épisode L'Exécution (The Executioners) - une véritable pépite - et que la série continua son petit bonhomme de chemin d’une manière hebdomadaire tous les jeudis soirs entre 19.30 et 21 heures durant neuf années consécutives jusqu'au 24 mars 1971. Les téléspectateurs lui firent une ovation et attendirent religieusement et avec impatience chaque semaine ce rendez-vous westernien. En France, seule une soixantaine d’épisodes furent doublés pour être diffusés d’une manière totalement aléatoire - souvent en "bouche-trou" pour pallier l’absence des programmes habituels les jours de grève - en 1966, 1967, 1970 et 1973 sur l’ORTF, avant d’être rediffusés plusieurs après-midi de l’été 1983 sur Antenne 2. Elle n’eut chez nous malheureusement pas le succès d’autres séries du genre telles Au nom de la loi avec Steve McQueen ou encore Bonanza qui mettait en scène la famille Cartwright. A tel point que la superbe musique pleine d’allant et d’ampleur du générique - signée Percy Faith - est encore aujourd'hui bien plus connue que la série elle-même !

Grâce à la société Elephant Films qui a décidé de se lancer dans ce travail titanesque et de longue haleine de l’édition de l’intégrale de la série, nous voici en possession de copies quasiment flambant neuves ou tout du moins amplement satisfaisantes pour un excellent confort de visionnage. Si j’ai décidé de déroger à la règle "cinéma" et de parler de cette série télévisée sur une longue durée à raison d’environ un ou deux épisodes par semaine en complément du western du samedi, c’est d’une part tenté par sa belle réputation et de l’autre par la durée de chaque épisode qui les fait s’apparenter bien plus à des longs métrages de cinéma qu’à des moyens métrages télévisuels. D’ailleurs la série ne comporte pas d’épisode pilote, les producteurs s'étant immédiatement sentis en confiance en décidant de mettre en chantier sans filet une saison complète. Les auteurs ne se sont même pas sentis dans l'obligation de poser la situation ou de présenter les personnages - sachant qu'ils auraient tout leur temps pour le faire - et sont au contraire entrés directement dans le vif du sujet par l’intermédiaire de The Executioners réalisé par David Friedkin, un épisode qui - disons-le tout net - n’a pas à rougir face aux meilleurs westerns des années 60.

Grâce donc avant tout à Elephant Films que je remercie grandement, je vous invite dès à présent à suivre en ma compagnie et durant plusieurs années le quotidien du ranch Shiloh et de ses "habitants", en espérant ne pas vous lasser en cours de route et en souhaitant que la série saura se maintenir à un niveau convenable sur toute sa longueur. Toutes les fins de semaine, sans que nous ne vous l'annoncions en page d'accueil - hormis à la fin de chaque 1/3 de saison, soit le défrichage complet d'un coffret - il vous suffira de retourner sur cette page pour voir apparaitre un bref avis sur un ou plusieurs nouveaux épisodes. Bonne lecture !

Test du coffret DVD Saison 1 (1/3)

Test du coffret DVD saison 1 (2/3)

Chronique des épisodes de la saison 1

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