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Johnny
Munroe (John Wayne), un ingénieur américain, et son partenaire
Pop Matthews (James Gleason) sont chargés par le magnat industriel
Frederick Alexander (Sir Cedric Hardwicke) de construire un tunnel ferroviaire
dans les Andes. Johnny avait émis l’idée qu’un
pont aurait été préférable pour un tel chantier
mais le commanditaire n’avait rien voulu entendre et était
resté campé sur ses positions. Mais la montagne commence
à se révéler capricieuse et il faudrait pouvoir consolider
le tunnel ; tout cela risquant de sacrément augmenter l’investissement
initial, le "Tycoon" (nabab) refuse catégoriquement de
dépenser un centime supplémentaire d’autant plus que
son neveu (Anthony Quinn), ingénieur lui aussi, estime que ce n’est
pas nécessaire. Tout vient encore se compliquer le jour où
Johnny tombe amoureux de Maura (Laraine Day), la fille de son employeur.
Les surprenant dans les bras l’un de l’autre, le multimillionnaire
les oblige à se marier sur le champ pour ne pas déroger
aux strictes conventions sud-américaines et sauver ainsi l’honneur
de
la famille. Ceci n’est pas pour déplaire aux amoureux et
Maura vient s’installer auprès de son époux sur le
chantier de construction. Mais en revanche, ne pouvant que difficilement
digérer cet état de fait, Alexander fait désormais
tout pour que le chantier n’avance pas, n’hésitant
pas à sacrifier la sécurité des ouvriers. Par ce
harcèlement et une pression constante exercée sur Johnny,
il espère ainsi faire se fissurer le couple et récupérer
sa fille. L’exacerbation de la tension entre les deux hommes ne
va aller qu’en empirant... |
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Il est assez dommageable que Taïkoun soit aujourd’hui plus célèbre pour cette anecdote que pour ses qualités propres ; ce fut effectivement un flop financier monumental (perte de plus d’un million de dollars) et pourtant il s’agit d’un bien bon film, de facture très classique et solidement écrit par Borden Chase. Il offre à John Wayne l’occasion de changer un peu de registre. Si durant la première heure, on retrouve le Duke qui nous était habituel, fort de caractère mais chaleureux avec ses ouvriers et maladroit avec la gent féminine, la deuxième partie nous le fait découvrir dur, intransigeant et parfois haïssable. Paradoxalement, cela nous le rend encore plus humain puisque nous voyons le protagoniste "péter des plombs", douter, s’excuser, retomber dans la pire muflerie (« Dès que j’aurai gagné assez d’argent, je te rachèterai », dit-il à son épouse en la revoyant à l’occasion après qu’elle ait fini par fuir le domicile conjugal devenu infernal)... Sa performance d’un Johnny Munroe dont la vie professionnelle et la vie conjugale deviennent conflictuelles préfigure ici celle de Ted Dunson l’année suivante, le personnage obstiné de La Rivière Rouge (Red River) de Hawks, scénarisé également par Borden Chase. Avec le Capitaine Ralls du Réveil de la sorcière rouge (Wake of the Red Witch), ce sont trois rôles consécutifs qui sont là pour prouver que l’acteur était capable d’évoluer et de prendre des risques au moment même où il finissait définitivement par acquérir ses ultimes galons de star ; le nombre de chefs-d’œuvre qui s’enchaîneront à partir de là demeure impressionnant. Dans Taïkoun, il est épatant même s’il a encore parfois tendance à cabotiner lors des séquences de séduction. Le couple qu’il forme avec Laraine Day reste parfaitement crédible et leur romance est attachante grâce à la complicité des deux acteurs qui opère à merveille. La partie sentimentale occupe une bonne partie du métrage, le reste étant consacré à la relation amour/haine qui unit la fille et son père (excellent Cedric Hardwicke) et à tout ce qui tourne autour de la construction du tunnel puis du pont avec les rapports qu’entretient Johnny Munroe avec ses hommes.
Avec de tels éléments, les spectateurs attendaient
probablement un film beaucoup plus fort dramatiquement et émotionnellement
parlant. Il faut se rendre à l’évidence : Richard
Wallace n’est ni Douglas Sirk ni King Vidor et son romantique
mélodrame d’aventure manque singulièrement de
souffle, de panache, de prestance et de fougue. Les décors
de studio sentent trop le factice, la figuration paraît insignifiante
et les rues de Tenango semblent ainsi singulièrement manquer
de vie. Certains ne manqueront certainement pas de ricaner devant
le coucher de soleil sur fond de toiles peintes lors de la séquence
amoureuse dans le temple Inca en ruine même si ce côté
carton-pâte continue de constituer pour d’autres (dont
je fais partie) l’un des principaux charmes des films de studio
hollywoodiens de l’époque. Mais à côté
de ça, on demeure encore impressionné par les séquences
"catastrophe" finales et l’ensemble se tient remarquablement
bien même si le scénario n’aurait rien perdu
de ses qualités à être un peu plus resserré.
Cependant, ces 128 minutes ne semblent jamais trop longues et l’on
se surprend |
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Image : Le début du film faisait craindre le pire : une image très mal définie, à la limite du flou, et des couleurs ternes et baveuses. Heureusement, tout s’arrange très rapidement même si nous avons connu des transferts Technicolor bien plus flamboyants. N’ayant pas été restaurée, la copie comporte son lot de variations de colorimétrie et de luminosité, de poinçons, brûlures, griffures, marques de fins de bobines et autres parasites divers, tout cela dans une proportion néanmoins tout à fait raisonnable et acceptable (tout ces défauts restent assez discrets et ne viennent jamais gâcher la vision du film). Quant à la compression, elle se révèle cette fois très bonne, rarement visible, sans doute puisque, à cause de sa durée, les Editions Montparnasse ont du numériser le film sur un DVD-9 au lieu d’un DVD-5 contrairement aux autres titres de cette fournée. Au final, un DVD plutôt correct et loin d’être désagréable. Son : Une seule piste mono 2.0 assez sourde au départ mais qui devient claire assez rapidement par la suite. Rien de transcendant mais rien de déshonorant non plus. |
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![]() Présentation du film par Serge Bromberg : Toujours à la manière d’un Patrick Brion et de ses commentaires anecdotiques autour du film, Bromberg nous parle surtout de la carrière de John Wayne au sein du studio RKO. |
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