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Le
cosmonaute Kris Kelvin reçoit la mission de se rendre
sur la planète Solaris afin d’enquêter sur les événements
étranges qui s’y sont produits. Au terme d’un long
voyage, il débarque dans la station d’où les scientifiques
observent la planète océan. L’un d’entre eux
s’est suicidé, les autres sont en proie à des visions
issues de leur passé. Kelvin comprend que la planète génère
l’apparition de ces souvenirs issus de l’esprit humain lorsqu’il
se retrouve confronté à sa compagne décédée.
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Solaris
est situé à un moment charnière dans l’œuvre
d’Andrei Tarkovski. Nous sommes alors en 1972. Andreï
Roublev n’a été distribué que
l’année précédente en U.R.S.S., soit deux ans
après les projections officielles moscovite et cannoise, et quatre
ans après son achèvement. Tarkovski est sans travail, plusieurs
de ses scénarios ont été refusés, le projet
de ce qui deviendra Le Miroir, son œuvre la plus
proche de l’autobiographie, est toujours en attente. Un projet s’offre
alors à lui : un film de science-fiction, genre éminemment
populaire en terre slave, l’adaptation de Solaris, un roman de l’écrivain
polonais Stanislas Lem. Comme l’expliquait lui-même Tarkovski
dans une lettre de 1983, ‘Le Goskino n’en voulait pas.
J’ai conservé la copie de la liste de remarques que je devais
respecter pour l’écriture et le tournage (la belle lecture
!). Il y en avait quarante-huit ( ?!), et toutes sérieuses au plus
haut degré. Mais il est arrivé quelque chose qui tient du
miracle, et le film a été accepté. Cette fois, sans
remarque. Classé, de surcroît, dans la plus haute catégorie
(mes autres films étant classés en deuxième, voire
troisième catégorie, pour m’indiquer ma valeur et
ma place). C’est mon seul film (le moins réussi à
mon sens) qui ait bénéficié d’une distribution
correcte en U.R.S.S.’ (1) Même si la première
n’aura pas lieu dans les salles prestigieuses que sont l’Oktiabr
ou le Rossia, mais au Mir, L’Etat soviétique a besoin d’une
réponse au 2001
de Stanley Kubrick. Et Tarkovski a aussi une réponse à apporter.
Si l’on pénètre dans la station par le biais des
yeux, c’est aussi parce que celle-ci forme un cerveau, interrogeant
celui qu’elle observe. Tarkovski a sans doute déjà
utilisé des métaphores plus obscures, mais qu’importe.
Kevlin se retrouve ainsi à l’intérieur de son propre
esprit, confronté à ses souvenirs et ses regrets, à
travers ses ‘retrouvailles’ avec sa compagne suicidée,
et de tout manière finira écrasé par ce mystère
incompréhensible aux simple mortels - le dernier plan est relativement
clair à ce sujet : qu’il soit toujours sur Solaris ou revenu
sur Terre, Kevlin est toujours entouré et écrasé
Osera-t-on dire que Solaris n’est pas forcément
le film le plus intéressant de l’œuvre d’Andreï
Tarkovski ? Car en dépit de séquences magnifiques - les
plus belles se situant sans doute dans la première partie -,
il reste l’un des plus obtus, sans avoir la virtuosité
et la complexité du Miroir, ni l’évidence
formelle et la perfection d’Andreï
Roublev ou Stalker.
La faute en incombe-t-elle à un matériau d’origine
qui n’est pas le sien et entrait en conflit avec ses propres préoccupations
philosophiques et esthétiques ? Il sera donc à déconseiller
éventuellement à ceux qui souhaitent découvrir
l’oeuvre du cinéaste, ce qui ne doit pas les empêcher
de se pencher plus tard sur le cas Solaris. |
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![]() Image : MK2 s’est contenté pour ce titre de replacer les anciens disques Ruscico dans un nouvel emballage - leur logo n’apparaît d’ailleurs même pas avant le menu. L’image est par conséquent exactement la même que sur l’édition précédente : définition et couleurs correctes, mais un master légèrement instable, et de nombreuses griffures blanches attestant d’une restauration sommaire. De plus, même si le film est toujours présenté sur deux disques, la compression n’est pas toujours optimale dans les arrière-plans ou sur certains objets - regardez les mallettes métalliques sur la station pour vous en convaincre. Bref, un rendu passable, mais qui peut être très largement amélioré. Son : Ici, on n’a pas le choix,
la piste monophonique d’origine a disparu, ne reste qu’un
remix en Dolby Digital 5.1. On peut reconnaître que celui-ci est
fort bien fait, et donne une belle ampleur à la musique, mais
on ne peut s’empêcher de penser que les effets arrière
paraissent parfois bien artificiels. Des doublages en anglais et français
sont également proposés, mais ils sont tout à fait
dispensables. |
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Disque 1 :
- Galerie photos : dix photographies tirées du film. - Filmographies : filmographies d’Andrei Tarkovski - contient la bande-annonce du Miroir -, Friedriekh Gorenstein, Ioussov Vadim, Mikhail Romadine et Edouard Artemiev - contient un court texte et la bande annonce de Son Homme chez les Autres, Ennemi chez les Siens. - Archives : * Andrei Tarkovski : deux pages de biographie, et une interview de deux minutes de la sœur du cinéaste, qui revient sur la détermination de son frère et ses ruses pour contourner la censure. * Stanislaw Lem : trois pages de biographie et de bibliographie de l’écrivain polonais.
- Galerie photos : dix photographies de tournage en noir et blanc. - Filmographies : filmographies de Donatas Banionis, Natalia Bondartchouk, Youri Jarvet, Dvorjetski Vladislav, Nikolai Grinko et Anatoli Solonitsyne – contient la bande-annonce de Andreï Roublev. - Archives : un documentaire très officiel de 10 mn consacré à Donatas Banionis, construit autour d’une interview et de quelques extraits de films et de pièces. Sans grand intérêt. |
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