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1759.
L’Amérique n’est encore qu’une colonie britannique.
Dans une vallée de Pennsylvanie seize ans avant la Guerre d’Indépendance,
face à la menace grandissante constituée par les tribus
indiennes, d’intrépides pionniers menés par le trappeur
Jim Smith (John Wayne) prennent les armes pour se défendre. Dans
le même temps, ils décident de se révolter contre
les Anglais qui se comportent envers eux plus en maîtres qu’en
protecteurs, encourageant même la contrebande qui fournit des armes
à leurs ennemis indiens… |
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Grâce au succès retentissant de La Chevauchée fantastique de John Ford, John Wayne devient du jour au lendemain un acteur avec lequel il faut compter. Les studios le comprennent immédiatement et cherchent à se l’approprier. L’agent du Duke, Charles K. Feldman, bataille ferme avec le patron de la Republic, Herbert Yates, afin d’obtenir le droit pour sa vedette de pouvoir tourner pour d’autres studios. A la suite d’âpres négociations, Yates accepte de lâcher sa poule aux œufs d’or et John Wayne joue dans Le Premier rebelle, grosse production de la RKO avec une importante figuration, des têtes d’afficheà tous les postes et des moyens considérables consentis par Pandro S. Berman. Après un tournage plus long et difficile que prévu, les complications se poursuivent avec des accusations d’anglophobies lancées à la suite des premières projections. Le long métrage est alors amputé de 8 minutes et le film sort enfin aux Etats-Unis. Nous ne le découvrirons en France que dans les années 80 par l’intermédiaire du circuit vidéo, cinquante ans après sa sortie américaine.
Premier vrai film de série A de John Wayne, ce film d’aventures se situe dans la lignée de ces histoires narrant les conflits franco-anglais du XVIIIème siècle, dont la plus célèbre reste Le Dernier des Mohicans de Fenimore Cooper. Malheureusement il s’agit d’un semi-ratage par la faute quasi exclusive d’un scénario très mal construit, bavard, totalement confus et qui risque de l’être encore plus pour une personne n’ayant aucune notion de l’histoire américaine. Partant d’un postulat historique véridique et passionnant (les relations difficiles entre les pionniers, les Anglais, les Français et les Indiens), le film avait de belles possibilités devant lui mais le scénariste saborde l’histoire, qui se termine abruptement dans l’anecdotique le plus total avec une scène de procès assez ridicule. Pour corser le tout, le racisme omniprésent (représenté par le personnage du père de Claire Trevor) pendant toute la première demi-heure, est vraiment déplaisant. « Un bon Indien est un Indien mort » est la première phrase que l’acteur Wilfrid Lawson prononce, et tout ses dialogues tourneront autour de ce même thème : « Il faut que j’améliore mon score de 20 Indiens tués en une seule journée » et bien d’autres de cet acabit. Il est clair que certains colons de l’époque devaient être comme ce personnage, mais l’insistance avec laquelle le scénariste revient systématiquement sur le sujet est assez pénible et ces tueurs d’Indiens" ont du mal à nous être sympathiques.
Dommage que l’écriture soit aussi médiocre
puisque, techniquement, ce film d’aventures, assez élégamment
mis en scène, tient toutes les promesses de son gros budget
: en plus d’un beau travail pour tout ce qui concerne costumes,
décors et direction artistique, les scènes d’action
sont rondement menées, la photographie de Musuraca est très
réussie, les extérieurs bien mis en valeurs et le
thème musical principal d’Anthony Collins possède
un bel élan. En revanche, l’interprétation d’ensemble,
malgré un casting prestigieux, est assez fade. Le couple
John Wayne / Claire Trevor, qui avait marqué les esprits
dans le western de John Ford, est reformé mais avec beaucoup
moins de bonheur. John Wayne n’a pas l’air très
concerné par son terne personnage et Claire Trevor en femme
forte, un peu garçon manqué, se révèle
bien vite aussi agaçante pour son soupirant que pour nous
autres spectateurs. Le couple est entouré par deux acteurs
de renom dans les rôles négatifs, Brian Donlevy et
George Sanders mais eux aussi seront bien souvent plus convaincants
qu’ici. |
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Image : Le film bénéficie d’une bonne copie dans laquelle les noirs et blancs bien contrastés de Nicholas Musuraca, chef opérateur de futurs classiques comme La Féline de Jacques Tourneur, sont très bien rendus. Sachant que nous disposons ici d’une définition correcte et d’une compression honnête quoique parfois visible, il s’agit d’une véritable aubaine pour ceux qui souhaiteraient découvrir cette rareté. Après multiples comparatifs, il me semble même que la compression a été encore légèrement améliorée par rapport à la version sortie dans la collection Atlas. Son : La bande-son, sans être exceptionnelle, se révèle elle aussi d’un niveau tout à fait estimable et, ici aussi, il semblerait qu'un effort supplémentaire a été fait par rapport à la précédente édition. |
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