![]() |
|||||||||||||||||||||||||
![]() |
![]() |
||||||||||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||||||||||
![]() |
|||||
![]() Phantom of the paradise, ou le Fantôme de l’opéra à la sauce Brian De Palma. Swan, producteur de disques riche et célèbre recherche une musique divine pour faire l’ouverture de son club ‘le Paradise’. Winslow Leach, compositeur naïf, se fait voler sa cantate rock par un Swan qui lui fait miroiter un contrat en or. Défiguré alors qu’il tentait de détruire son œuvre, Winslow Leach endosse les habits du Phantom et hante les couloirs du ‘Paradise club’. Séduit pas Swan, le Phantom signe un contrat de son sang et promet de s’atteler à l’écriture d’une œuvre rock magistrale que produira Swan. |
|
||||
Ce
Phantom of the Paradise,
qui commence comme un épisode de Happy days, musique 60’s
façon Beach boys, cuirs noirs et coiffures gominées, se
situe dans la plus pure tradition ‘de palmienne’ : on retrouve
les split screens, technique précédemment utilisée
sur Dionysus
in '69 (un des premiers De Palma) en 1970, une dose de thriller
et de cynisme… D’emblée, un constat s’impose
: Brian De Palma a puisé son inspiration dans différentes
sources qui vont bien évidemment du roman de Gaston Leroux
le Fantôme de l’opéra, à ses multiples
adaptations cinématographiques : Lon Chaney en 1925 et Arthur Lubin
en 1943. On pense également à Faust, au
Portrait de Dorian Gray, à la Soif du
mal ou encore au film muet allemand Das
Kabinett des Doktor Caligari de Robert Wiene ou encore au
Frankenstein de James Whale, bref, Phantom of
the Paradise est un film passerelle, réalisé dans
le seul but de critiquer l’industrie du disque et par extension,
celle du cinéma.
Phantom of the Paradise est une méditation cathartique à propos du mercantilisme qui pervertit toute œuvre artistique. De Palma avoue lui-même se trouver au centre d’une société capitaliste dont il rejette les valeurs mais dont il ne peut se dépêtrer. Comme il le dit : "traiter avec le diable fait de vous un démon". A travers le personnage du fantôme, De Palma s’interroge sur la place de l’artiste dans un monde capitaliste qu’il ne peut rejeter, sous peine d’être rejeté à son tour. Si De Palma est critique par rapport au show business, il l’est également par rapport à son public. Une foule que le réalisateur décrit assoiffée, insatiable, incapable de penser par elle-même. La mort du chanteur glamour bisexué Beef (Gerrit Graham) passe pour partie intégrante du spectacle, un effet spécial concocté dans le seul but de nourrir la foule. Il en va de même pour le meurtre de Swan lors de la cérémonie de mariage avec Phoenix. La foule est pareille à un zombie, prête à accepter tout ce que le système peut lui donner sans se poser la moindre question. On est en droit de se demander si De Palma perçoit son public de la même manière…
De Palma, qui mûrissait ce projet d’adaptation depuis de longues années, a eu quelque difficulté à vendre son script à un studio. Une barrière qui tenait principalement de la thématique rock du film, un genre dont les studios ont une peur viscérale, le rock représentant la liberté et la lutte contre l’establishment. De Palma a présenté le film comme une comédie musicale d’horreur rock, destinée à un public orienté cinéma plutôt que musique rock. A la différence d’une comédie musicale dite classique, Phantom of the Paradise est une métaphore qui va au-delà des seules compositions scéniques. A la manière d’un Berthold Brecht, la musique et le spectacle deviennent un commentaire ironique sur l’action dramatique. De même, dans une comédie musicale classique, les compositions scéniques freinent l’action dramatique, avec Phantom of the Paradise, la musique n’est nullement un frein, une pause, au contraire elle attise la tension dramatique à l’écran.
Sous des dehors de film comique, grand guignol et fourre tout, Phantom of the Paradise représente une œuvre éminemment intelligente et subtile qui consacra De Palma comme un des grands réalisateurs américains du vingtième siècle. Ne perdez pas de temps, signez dès à présent votre contrat ! |
|||||
Son : Fort heureusement, Opening ne nous prive pas de la bande stéréo d’origine ; claire, équilibrée, elle à privilégier. Du côté des remix également proposés : tous deux sont dynamiques, riches en basses, et surtout ne dénaturent pas le rendu d’origine à grands coups d’effets, la l’essentiel des informations provenant des enceintes avant. On notera une légère supériorité du DTS, plus détaillé, mais parfois imparfait. Ainsi, lors de la séquence du split-screen, les dialogues sont un peu noyés dans la musique, alors qu’ils sont parfaitement intelligibles sur la stéréo. Enfin, vous avez toujours la possibilité d’écouter le film en français en Dolby Digital ou en DTS, mais on se demande bien ce qui pourrait vous pousser à le faire. |
|||||
|
|||||
|
- Présentation par Gerrit Graham - 47 s : l’interprète de Beef se fend d’une introduction entièrement en français au ton très pythonesque. Disque 2 : - Paradise Regained - 50 mn : Ils sont tous là, ou presque. Brian De Palma, Paul Williams, William Finley, Jessica Harper, Gerrit Graham, Paul Hirsch,… Et au contraire des documentaires de Laurent Bouzereau, le réalisateur ne monopolise pas la parole. Tous les intervenants nous racontent donc ce tournage haut en couleurs. Rempli d’anecdotes - il faut entendre Gerritt Graham, qui s’exprime partiellement en français, raconter comment les danseuses issues d’une université méthodiste étaient horrifiées par leurs costumes -, et d’information - Paul Williams confirme que la séquence des obsèques de Beef n’a jamais été tournée -, ce documentaire est un vrai régal pour tous les fans du film. De plus, il pose des questions essentielles : Kiss a-t-il copié les Undead, ou est-ce le contraire ? Le costume du Phantom et sa boîte vocale ont-il réellement inspiré celui de Darth Vader ? Indispensable.
- Fausse Publicité par William Finley - 31 s : L’acteur a trente secondes pour nous vendre un modèle unique d’action figure du Phantom. Même si elle n’existe pas, JE LA VEUX ! - ‘I Feel for You’, Bob Sinclar - 3 mn 49 : On le savait déjà, le DJ/compositeur est resté bloqué sur les années 70, il remixe Cerrone, et on murmure que sa collection de magazines de charme d’époque serait impressionnante. Il réalise sans doute ici un vieux fantasme en se glissant dans la peau de Swan, même si on se demande un peu ce que ça vient faire sur ce disque. Anecdotique mais sympathique. - Filmographie de Brian De Palma : Filmographie déroulante reprenant les long-métrages du cinéaste jusqu’au Dahlia Noir. - Film Annonce - version longue - 2 mn 08 : assez belle bande-annonce, même si elle raconte à peu près l’intégralité du film, dans un état acceptable même si les couleurs ont tendance à virer dans les rouge.
Pour conclure, en dépit d’un digipack au couleurs un peu
trop fluorescentes, on peut dire qu’on a enfin entre les mains
la première édition satisfaisante de Phantom of
the Paradise, et à ce jour c’est une exclusivité
française - voilà qui va faire des jaloux dans d'autres
contrés ; signalons en passant que la présente édition
est Zone 0. De quoi nous faire un peu oublier le mythique laserdisc
Criterion annulé en son temps. Les amoureux du film peuvent se
la procurer les yeux fermés, on ne devrait pas voir mieux avant
l’arrivée du prochain support. |
|||||
|
|||||
|
|||||