![]() |
|||||||||||||||||||||||||
![]() |
![]() |
||||||||||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||||||||||
![]() |
|||||
Traumatisé
par la chasse aux sorcières qui eut raison de son père dans
les années 50, Thomas Babington Levy - alias Babe - est un jeune
étudiant juif new-yorkais, solitaire introverti qui oublie les
blessures du passé dans les études et la course à
pied. A force d’acharnement, il convainc une jeune universitaire
suisse dont il est tombé amoureux de partager sa vie. Leur idylle
est le début d’une longue et douloureuse descente aux enfers
qui verra Babe croiser un frère aux mystérieux desseins,
un tortionnaire nazi, d’obscurs agents secrets américains
et le vent nauséabond de l’Histoire. |
|
||||
Anecdote fameuse que bien des élèves du cours Florent ou de James Lipton ont dû s’entendre rabâcher à longueur de cours - et qui participe pleinement du mythe de Marathon Man. Mais comme chez John Ford, la légende s’avère plus belle que la réalité, bêtement prosaïque et terre à terre. Comme le révélera plus tard Dustin Hoffman dans ses mémoires, si Sir Laurence Olivier a en effet bien prononcé ces mots (rapportés par le flamboyant producteur du film, Robert Evans), c’était alors plus un jugement acide et agacé du grand acteur Shakespearien sur la vie dissolue d’Hoffman qu’une critique de son jeu d’acteur. Aujourd’hui encore pourtant, le bon mot d’Olivier perdure, comme si rien ne pouvait mieux résumer ce qui se jouait alors sur le plateau du film de Schlesinger.
La fameuse scène clé du film, qui fut d’ailleurs édulcorée suite à divers évanouissements lors des sneak-previews, reste à ce jour une des séquences les plus fortes du cinéma contemporain. Et ce autant pour sa violence bestiale que pour l’incroyable intensité dégagée alors par les deux acteurs. Il est d’ailleurs souvent dit que l’on ne voit plus son dentiste de la même manière après cette scène. L’on pourrait tout aussi bien dire que ce sont Hoffman et Olivier que l’on ne voit plus alors de la même manière. Eblouissants tous deux, et particulièrement dans cette scène traumatique, ils sont les principaux diamants d’un film qui n’en manque pourtant pas.
Artiste inégal, Schlesinger signe ici son plus beau long-métrage. Une réussite d’autant plus étonnante que sa beauté et sa tenue détonent dans une filmographie honorable mais rarement géniale : hormis peut-être Macadam Cowboy, le réalisateur anglais fait le métier, sans plus : des films carrés et plus qu’honnêtes, mais qui jamais n’atteignent l’ampleur de son chef-d’œuvre… Marathon Man. Film au rythme étrange, Marathon Man déroute
au premier abord, notamment dans un premier tiers tout bonnement bluffant,
qui multiplie, ou plutôt brouille les pistes et les genres avec
audace. A l’image de l’intermède parisien, insolite
parenthèse narrative qui casse littéralement le récit,
jusqu’ici fort classique. De plus en plus opaque, l’histoire
se teinte alors d’un suspens étrange, à la limite
du fantastique, et d’autant plus déstabilisant que cette
parenthèse, tant dans son décor que dans son ton, semble
en total décalage avec la première bobine du film, entièrement
consacrée à Hoffman. Dans ses meilleurs moments, comme
l’agression de Scheider dans un grand En une heure, Schlesinger livre alors son meilleur cinéma, multipliant les scènes mémorables où se mêlent paranoïa et trahison, dans la grande lignée des films politiques (A cause d’un assassinat, Les trois jours du condor) ou fantastiques (Rosemary’s Baby) de l’époque. Quelques plans au cordeau, une pénombre étudiée, un hors-champ savamment entretenu, un score angoissant et minimaliste (le bien nommé Michael Small) suffisent alors au réalisateur de Billy Liar pour renouer avec le meilleur du thriller des seventies. A l’image de la fameuse séquence de la baignoire, d’une réjouissante maîtrise, et qui n’a rien à envier aux plus belles scènes de trouille de Jacques Tourneur. Ou encore, évidemment, la mythique scène du dentiste, modèle de découpage et de dilatation du temps (la répétition systématique, froide et mécanique d’une même question, incompréhensible : « Is it safe ? »), qui distille au fil de longues minutes un terrible malaise.
Si l’on sait faire fi de cette fin un peu hâtive, Marathon
Man reste un must. Qui, s’il se contente d’esquisser
à grands traits ses thèmes principaux, n’en reste
pas moins un digne représentant du meilleur cinéma américain
des années 70. Un cinéma adulte et mûr qui, dans
son carcan hollywoodien joue à merveille du politique et de l’Entertainment.
Mêlant la petite et la grande Histoire, Schlesinger signe un thriller
haletant, une œuvre ne rechignant pas à se coltiner des
questions historiques essentielles tout en scotchant son spectateur
dans son fauteuil. Il ne serait pas étonnant que vous en sortiez
éreintés… sans même avoir fait le moindre
footing. |
|||||
![]() Image : Le master n’est pas issu d’une copie restaurée, on ne s’étonnera donc pas de trouver ça et là quelques tâches. Mais globalement, la définition est bonne et la tenue des couleurs plus qu’agréable. Aucun défaut de compression n’a été relevé. Une image qui surprendra tous ceux qui ont découvert le film lors de ses diffusions télévisées dans des copies délavées. Son : Paramount nous propose un mono d’origine
tout à fait efficace, clair et intelligible, bref recommandé.
Un remix en Dolby 5.1 figure également au menu, mais se distingue
essentiellement par une ouverture un peu plus grande lors des passages
comprenant de la musique, bref une piste assez inutile. L’éditeur
propose également un doublage français d’époque
en mono un peu étouffé. |
|||||
|
|||||
|
- The Magic of Hollywood… is the Magic
of People - 21 mn : dans cette longue featurette d’époque,
Robert Evans nous vend son film point par point, en mettant en avant le
travail des acteurs. Ce document présente néanmoins quelques
séquences de tournage, et se termine par la cérémonie
organisée pour le
dernier
jour de tournage de Laurence Olivier. Ce film est malheureusement en assez
mauvais état.
- Going the Distance : Remembering Marathon Man - 29 mn : bien plus intéressant est ce documentaire de 2001 comprenant des inteviews de Robert Evans, William Goldman, Dustin Hoffman, Marthe Keller et Roy Scheider. Pour l’essentiel, ils dissertent de leurs rapports de travail avec Laurence Olivier, donné pour mourrant au moment du tournage. Les anecdotes sont nombreuses, et certaines vérités rétablies. Le montage est aussi évoqué - on parle ainsi d’une séquence de vengeance de Roy Scheider, coupée au montage à la suite des réactions lors des projections tests. Le document mentionne enfin le travail non-crédité de Robert Towne sur la conclusion, travail que William Goldman semble encore aujourd’hui avoir du mal à accepter. - Theatrical trailer : bande-annonce d’époque, en assez mauvais état. - Rehearsal footage - 21 mn : extraits de répétions des acteurs, qui se livrent à l’improvisation, offrant des versions allongées de scènes connues. Des commentaires contemporains de Roy Scheider et Marthe Keller viennent éclairer ces séquences. Passionnant pour quiconque s’intéresse au travail de l’acteur. A part la bande-annonce, tous ces suppléments sont - mal - sous-titrés en français. Test technique de Jeff Costello. |
|||||
|
|||||
|
|||||