Manon des sources et Ugolin est un diptyque (en
fait un seul film, divisé en deux parties pour l’exploitation)
écrit et tourné par Marcel Pagnol pour sa femme Jacqueline.
Cadeau d’amoureux, c’est aussi et surtout une œuvre
somme, le dernier grand film de son auteur. Pagnol ressentira le
besoin de revenir à cette histoire qui concentre tous ses
thèmes, son univers, et il la couchera une dizaine d’années
plus tard par écrit, l’enrichissant et la concluant
en écrivant L’Eau des collines qui deviendra
Jean de Florette dans l’adaptation
cinématographique
de Claude Berri. Pour ce film, Pagnol s’enfonce encore plus
loin dans l’arrière pays provençal sans faire
appel cette fois à son chantre que fut Jean Giono,
auteur qu’il adapta plusieurs fois à l’écran.
Il puise dans ses souvenirs d’enfance, ceux du village
de la Treille qui donneront naissance à La Gloire
de mon père et au Château de la mère.
Il fait jouer dans son film de nombreux habitants du village, où
il tourna également Cigalon en 1935. S’il
aime profondément ce pays et ses habitants, il réalise
néanmoins un film âpre et dur sur le monde paysan,
sur la loi du silence, sur ces hommes qui préfèrent
baisser les yeux devant les drames des autres. Film sur le silence,
mais paradoxalement œuvre de mots. Des mots qui guident l’image,
le récit, des mots qui sont comme cette rivière souterraine
cachée qui est au cœur de l’histoire. Des silences
qui tuent, des paroles qui font vivre.
Manon des sources est peut-être le sommet
de Pagnol au cinéma. Il y souffle un vent lyrique et depuis
sa trilogie marseillaise, jamais Pagnol n’avait approché
d’aussi prêt la puissance des tragédies antiques.
Ce lyrisme naît d’abord de l’omniprésence
de la terre, de l’eau (thème récurrent chez
Pagnol que l’on retrouve dans La Fille du puisatier
ou La Belle meunière),
du
vent, de la chaleur... nature tout puissante dans laquelle l’homme
cherche à trouver sa place. Pagnol capte à merveille
l’atmosphère de la Provence, nous fait ressentir son
aridité, ses senteurs, la beauté sèche de ses
paysages, s’appuyant sur une bande sonore très riche,
savamment composée autour des bruits de la nature. La musique
de Raymond Legrand, très en retrait, évoque une présence
discrète de l’homme au travers d’une partition
s’inspirant de chants provençaux. Si elle se déchaîne
parfois (lorsqu’elle accompagne la crise de folie d’Ugolin),
elle est surtout l’évocation d’une communauté
humaine vivant à l’ombre d’une nature toute puissante.
La mythologie est également présente dans cette séquence
où les villageois viennent faire des offrandes à Manon,
déesse, augure, régnant sur le pays. Les villageois
jouent également le rôle du chœur antique, commentant
et expliquant l’action du film.
Force tellurique, images mythologiques, chœurs antiques sont
utilisés par Pagnol pour développer sa tragédie
moderne, tragédie qui met en scène non pas des héros
mais des hommes simples, des hommes de tous les jours auxquels on
s’identifie immédiatement. Le personnage de Manon trouve
sa source dans la petite fadette de George Sand mais aussi et surtout
dans la figure d’Antigone. Pagnol désirait, on l’a
vu, écrire un rôle pour sa femme Jacqueline, et ce
furent les deux personnages dont celle-ci très vite lui parla.
Pagnol met également un brin de Jacqueline enfant, s’inspirant
de ses souvenirs lorsqu’elle gardait les chèvres d’un
oncle de Camargue. On le voit, deux courants traversent l’œuvre
de Pagnol. Un courant intimiste où se côtoient ses
souvenirs et ceux de sa femme, la vie d’un petit village et
de ses habitants, et un courant universel qui emporte le cinéaste
sur les rives de la tragédie.
Manon des sources nous marque d’abord par
la terrible description de ce village qui a laissé sciemment
mourir des "étrangers" en leur cachant la présence
d’une source d’eau. Avec ce postulat de base, Pagnol
s’écarte de tout un folklore du sud de la France auquel
on le ramène constamment. Pourtant il n’est qu’à
revoir ses réalisations pour se rendre compte que celles-ci
en sont totalement dénuées, à moins de s’arrêter
au seul accent du midi. Les œuvres de Pagnol ne se cantonnent
jamais à une région, elles sont universelles et intemporelles.
Le
film débute sur un groupe de villageois bavardant à
la terrasse d’un café. C’est une longue scène
qui démarre sur un ton léger, et pour le coup pittoresque,
pour ensuite glisser vers des choses plus sombres, enfouies. De
façon tout à fait naturelle, Pagnol nous présente
le village, son histoire, son atmosphère et les enjeux du
drame à venir. Ce sont huit personnages autour d’une
table, des discussions à n’en plus finir, une demi-heure
de film, et tout le génie de l’auteur qui nous emporte
avec ce dispositif minimaliste au cœur de son histoire. Au
milieu de ces villageois il y a un personnage farfelu, une sorte
de professeur Tournesol. C’est Monsieur Belloiseau (Robert
Vattier, le monsieur Brun de la trilogie marseillaise) qui porte
un lourd équipement sonore censé compenser sa surdité.
Le casque collé aux oreilles, il nous rappelle un preneur
de son et, ce faisant, combien est important cet élément
pour Pagnol cinéaste. Avec son appareil défectueux,
c’est aussi une manière humoristique d’évoquer
les expériences multiples, et parfois catastrophiques, du
cinéaste dans ce domaine. On traite Belloiseau de fada («
viens, on va se foutre de ta gueule ! »), on joue
à « poil aux… » lorsqu’il
raconte ses histoires, on le raille tout comme l’establishment
le faisait de Pagnol avec ses grandes idées du cinéma
sonore au début du parlant. Cette scène comique s’accompagne
de bien d’autres et si Manon des sources
est bien un drame très sombre, jamais Pagnol ne laisse le
spectateur dans l’embarras des larmes, contrebalançant
toujours les moments d’émotion par la comédie.
Comme toujours chez Pagnol, Manon des sources est un film de personnages.
Le cinéaste souffrit de ne pouvoir terminer Manon
des Sources comme il l’entendait, de ne pouvoir parler
du rachat de Papet (joué avec force par Poupon, qui lui donne
la force et l’inébranlabilité d’une statue
antique). Il ne supporte pas l’idée de ne pas donner
toutes leurs chances aux personnages. Jamais il ne les méprise,
même les pires d’entre eux et cela se ressent dans sa
manière de s’attarder sur les visages, de les filmer
de près. Le Papet sous la caméra de Pagnol est digne,
son visage creusé est marqué par des drames inconnus
du spectateur, drames qu’il ressent sous le mutisme de ce
personnage. C’est un beau visage sur lequel les crevasses
dessinent une carte que l’on se plaît à parcourir.
Cette manière de filmer le "méchant" est
le symbole du cinéma de Pagnol. Si le cinéaste nous
parle de fautes, de mensonges, de trahisons, c’est bien la
culpabilité, les remords qui écrasent les personnages
qui l’intéressent. Le crime n’a aucun intérêt,
seul compte ce qui rattache l’homme, même égaré,
à l’humanité. Pagnol tisse son drame autour
des effets d’un crime originel qui va déclencher d’un
côté une vengeance implacable, de l’autre une
culpabilité de plus en plus insupportable. Manon et Ugolin
sont les deux incarnations de ces courants autour desquels Pagnol
bâtit son film. La victime devient bourreau, le criminel appelle
la compassion. Dans ce petit village vivant au rythme bonhomme de
la chaleur du sud, les culpabilités individuelles peu à
peu se font jour, s’accumulent. Les rancoeurs, les vieilles
querelles ressurgissent, et c’est bientôt le bourg tout
entier qui devient émanation d’une culpabilité
collective. La deuxième scène du film révèle
celle-ci au travers d’un procès où Manon, accusée
par le village, s’amuse et retourne sa position de coupable
en tournant en dérision les plaignants. Durant cette longue
séquence, une demi-heure de film, Manon est sise, telle une
statue, au milieu de villageois gesticulant et s’accusant
les uns les autres, ridiculisés aussi par leurs superstitions
et leur avarice.
Manon est une héroïne révoltée, dont les
justifications sont longtemps tenues secrètes, créant
un suspens dramatique assez rare chez Pagnol. Elle se dresse face
aux hommes, se bat pour sa liberté, fière, arrogante
même. On l’a vu, il y a chez Manon de la petite fadette
et de l'Antigone, mais Pagnol dit aussi avoir puisé dans
le personnage de Carmen de Bizet (sa mère est d’ailleurs
cantatrice et rappelons que Pagnol était un grand amateur
de musique classique, d’opéra) et dans celui de Manon
Lescaut. Au croisement de toutes ces femmes, elle se tient sise
et il est évident que depuis Fanny
ou Angèle, la présence des femmes
chez Pagnol s’est encore affirmée et que Pagnol a créé
ici une véritable icône féministe. Il est un
peu difficile dans un premier temps de s’accorder au jeu de
Jacqueline Pagnol, mais sa diction si particulière finit
par nous marquer, par rythmer le film. Une diction qui n’est
ni théâtrale, ni cinématographique en cela qu’elle
ne s’accorde pas au jeu tel qu’il est habituellement
accepté dans ces deux arts. Jacqueline travaille plus sur
le phrasé, sur le rythme de ses répliques, que sur
les intonations. C’est un jeu plus naturel, moins appuyé
que ce qui se fait normalement, proche par certains aspects du travail
de Bresson sur la direction d’acteurs.

Ugolin n’est pas immédiatement identifié comme
étant le deuxième personnage du film, et le début
de Manon des sources nous fait d’abord penser
que c’est l’instituteur qui tiendra ce rôle. Ugolin
apparaît peu à peu, d’abord par des dires, des
allusions, avant de s’incarner à l’écran.
Rellys, comique de service sur les scènes de music-hall,
trouve dans ce personnage tragique un rôle magnifique, inédit
dans sa carrière et à la mesure de son talent. C’est
un personnage que l’on ne peut détester car il est
porté par l’amour, même si son aveuglement le
conduit à faire de terribles choix. Sa déclaration
à Manon est un moment sublime. Il est sur un roc, au dessus
d’elle (Claude Berri renversera le plan, annihilant toute
la force de la scène), filmé en contre-plongée
alors
même
qu’il s’agenouille devant Manon. Ce renversement entre
la situation des personnages et le cadre choisi par Pagnol témoigne
du son sens certain de la mise en scène, talent qui lui est
si souvent dénié. Ce plan, inoubliable, porte en lui
tous les thèmes qui sous-tendent Manon des sources,
décuple et transcende la supplique d’Ugolin, remet
en cause ce que le spectateur pensait savoir, renverse le rôle
et la morale de chacun. C’est aussi une scène terrible
dans ce qui est dit, un cri d’amour hanté par l’horreur
et la mort. Ugolin se déclare à Manon en lui disant
qu’il n’a personne à nourrir, que son grand-père
et sa grand-mère sont morts, que sa mère s’est
pendue et que le Papet va bientôt crever… et il est
incapable de se rendre compte de l’horreur de ce qu’il
dit. Dans cette Provence où l’argent est si dur à
gagner, où posséder est une façon de survivre,
il lui présente sa fortune, cet argent qu’il veut lui
offrir à elle et à elle seule, preuve évidente
de son amour. C’est terrible, tétanisant et tellement
vrai. Rellys, qui a joué Topaze sur scène
à la demande de Pagnol, au cinéma n’a eu que
deux petits rôles pour lui, dans César
et Merlusse (il jouait également dans Regain
mais son personnage a disparu au montage). Dans le rôle d’Ugolin,
il est immense, prodigieux, grotesque, effrayant et tragique, à
l’image de ce cri lancé à Manon et qui nous
pétrifie par sa force et son ampleur.
Manon suit le même trajet que le spectateur et est ébranlée
par le personnage d’Ugolin. En le comprenant, elle ressent
le besoin de pardonner. La vengeance, qui porte seule dans un premier
le temps le personnage de Manon, disparaît tandis que l’empathie
l’emporte. Si Pagnol utilise la figure de la vengeance, thème
central des grandes tragédies, il y insuffle l’humanité
qui seule peut enrayer son implacable mécanique. Dans sa
deuxième partie donc (nommée Ugolin
dans l’exploitation du film en deux volets), le film se retourne
complètement et le personnage de Rellys devient central,
éclipsant celui de Manon. Lorsqu’il se met à
genoux devant Manon, celle-ci s’enferre dans son désir
de vengeance. Manon n’est plus alors intéressante pour
Pagnol, et le cinéaste va désormais suivre le calvaire
de son ennemi. Ugolin est le pivot du film, celui qui fait basculer
le récit et les personnages. Pagnol nous fait partager son
désespoir, nous montre son accablement face aux remords qui
se font de plus en plus pressants au fur et à mesure que
les fantômes du passé ressurgissent. L’amour
de Manon lui étant refusé, il n’a plus d’espoir,
plus de porte de sortie, plus de pardon possible. Seule la mort
peut le délivrer. Le suicide d’Ugolin fait partie de
ces moments noirs qui parsèment l’œuvre de Pagnol,
comme celui du paysan dans Jofroi. Ugolin est poussé
à bout, poursuivi par ses démons. C’est une
scène magnifiquement réalisée, portée
par des expérimentations sonores, qui s’arrête
brutalement avant d’atteindre son climax. Jamais on ne voit
le corps d’Ugolin, sa mort étant marquée par
le geste simple du Papet arrêtant les aiguilles de la pendule.
Le plan suivant, on discute devant le cercueil du pauvre homme,
on blague même. Pagnol s’attache toujours à passer
du drame au sourire en un instant. Il refuse de s’appesantir
sur les larmes, il a toujours besoin de se raccrocher à une
touche d’humour, non pas pour désamorcer le drame mais
pour le remettre sur terre, là où il côtoie
le rire. Marcel Pagnol était « un soleil qui pouvait
brusquement sombrer dans l’abîme » disait
de lui Raymond Pellegrin, qui joue ici l’instituteur du village.
Economie de moyens, justesse des effets… on est bien à
mille lieux du théâtre filmé. Lorsque l’on
entend pour la millième fois le même couplet à
propos de Pagnol cinéaste, il convient de comparer ce film
à l’adaptation de Claude Berri. Là où
la version de Berri semble figée, gravée dans le marbre,
prétexte à de grands numéros d’acteurs
et à l’utilisation de paysages colorés, celle
de Pagnol respire constamment la vie. Les paysages ne sont jamais
du décorum. Ils vibrent, on les sent, ils créent le
film au même titre que les personnages. La Provence et ses
habitants vivent, ils sont l’essence du drame qui se joue
et non des figures folkloriques.
Depuis La Fille du puisatier, Pagnol n’était
pas parvenu à retrouver l’ambiance des tournages d’avant-guerre.
Il réussit enfin à réunir toute sa famille
d’acteurs et de techniciens, et à tourner Manon
des sources avec la joie et le plaisir des jeunes années.
Pagnol s’investit beaucoup dans cette histoire, il y met beaucoup
de lui-même. Ce sont des souvenirs d’enfance,
des
lieux, des anecdotes qui remontent. Il est Manon, il partage sa
vitalité, il vit à travers elle ce qu’il rêvait
de vivre alors qu’il était enfant. Il donne au frère
disparu de Manon le prénom de son frère Paul dont
la mort le marqua profondément. Parallèlement à
cette œuvre si personnelle (qu’il poursuivra par écrit
avec L’Eau des collines qui sort en 1962) Pagnol
commence à écrire ses mémoires (La Gloire
de mon père et Le Château de ma mère
publiés en 1957).
Manon des sources durait à l’origine
cinq (voire six) heures. Il fut réduit à quatre heures
et découpé en deux parties (Manon
et Ugolin présentées ici). Mais Pathé
rechigne à cette césure et le cinéaste retravaille
son montage pour proposer un seul long métrage de trois heures
vingt. La durée exceptionnelle de ce film n’est pas
un caprice d’auteur. On aurait pu imaginer que le film se
termina à la mort d’Ugolin. Mais Pagnol continue, fait
de ce drame non une conclusion à son récit mais un
évènement qui prend place dans un long fil narratif.
Il faut beaucoup de courage, beaucoup de force, pour imposer ainsi
un récit aussi ample. Manon des sources
et Ugolin narrent la vie d’un village et
tour à tour ses habitants viennent sur le devant de la scène.
Tous sont importants, car tous partagent la vie du village, en font
partie, en sont le passé, le présent et le futur.
Toutes les histoires dès lors prennent place dans une vaste
fresque. Le film donne l’impression d’avoir été
tourné en temps réel, la durée des scènes
épousant les interventions des personnages. Il y a des moments
de flottements, des passages anecdotiques, toutes
choses
qui habituellement auraient été coupées au
montage (ou plus simplement non tournées) mais qui ici participent
pleinement à l’œuvre, lui donnent son caractère
si particulier, son réalisme, son flux qui est celui d’un
petit ruisseau, d’un fragile filet d’eau serpentant.
Manon et Ugolin viennent perturber le rythme du village, s’opposent
à l’apparente bonhomie des personnages. Manon brise
les échanges futiles par des interventions toujours brutes
et directes, bousculant le film à chacune de ses apparitions.
Elle est l’empêcheuse de tourner en rond, le grain de
sable, celle qui vient mettre les villageois face à leurs
mensonges. Ugolin, lorsqu’il apparaît, assombrit le
ciel, emporte et dissémine les remords que tout un chacun
essaye d’étouffer sous les parlottes et les rires.
Pagnol a l’ambition de faire vivre un village, et il ressentira
le besoin de poursuivre cette histoire par l’écrit.
Depuis la guerre, Marcel Pagnol était comme en sommeil, refaisant
une nouvelle version de Topaze, s’amusant
à travailler sur de nouveaux procédés en couleur
sur La Belle meunière, supervisant Naïs.
Si l’on excepte ce dernier, Pagnol ne semblait plus avoir
le désir de renouer avec ses grandes tragédies d’avant-guerre.
Manon des sources est donc à sa sortie une
véritable secousse, la preuve du talent trop vite enterré
de l’immense Pagnol. Le film poursuit les thèmes universels
abordés dans ses grandes œuvres d’avant-guerre
et dans ses écrits : l’amour, la filiation, la famille,
le rapport à la terre (que ce soit celui d’un paysan
ou d’un village tout entier comme dans Regain).
Le pain, l’eau, sont autant de symboles de la vie dans le
cinéma de Pagnol. Tous ces thèmes, ces images, on
les retrouve dans Manon des sources, œuvre
ample et poétique qui est une forme de conclusion d’une
œuvre riche et passionnante. Si les héros de Marcel
Pagnol sont des gens simples, des petits travailleurs, des ouvriers,
leurs drames et leurs vies sont de la même essence que les
grandes épopées antiques.