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| Quatre
histoires. Des histoires de fantôme revenant tourmenter
les vivants. Les Cheveux Noirs : fuyant la pauvreté,
un samouraï abandonne sa compagne pour se mettre au service d’un
riche seigneur dont il épouse la fille. Mais ses pas le mèneront
à son foyer d’origine. La Femme des
Neiges : Un vieux bûcheron et son apprenti, surpris par
une tempête de neige, se réfugient dans une cabane. Au réveil,
le jeune homme découvre qu’une goule a vidé son maître
de son sang. Celle-ci l’épargne pourtant, en échange
de sa promesse de ne jamais évoquer leur rencontre. Histoire
de Hoïchi Sans Oreilles : Hoïchi est un jeune aveugle
vivant dans un temple. Joueur de biwa, ses performances vocales semblent
séduire les fantômes d’une armée décimée
700 ans auparavant. Dans un Bol de Thé : Qu’est-ce
qui peut conduire un auteur à laisser une histoire inachevée
? La réponse se trouve peut-être au fond d’une tasse.
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Le kaidan eiga, ou « film de fantômes
», est une vieille tradition nippone. Si elle a connu un regain
d’intérêt ces dernières années avec
des films tels que Ring d’Hideo Nakata ou Kairo
de Kiyoshi Kurosawa, ainsi que des séries comme Serial
Experiments Lain, elle est présente depuis fort longtemps
dans l’histoire du cinéma japonais. Parmi les grands maîtres
ayant sacrifié à ce genre, on citera entre autres Nobuo
Nakagawa, dont les œuvres telles que Le Chat Fantôme
ou Horreur à Tokaido illustrent une vision du
surnaturel qu’on qualifiera de shintoïste. Car c’est
bien là la différence majeure avec le film de fantômes
tel qu’on l’envisage en Occident : le spectre n’est
pas seulement une intrusion, il fait partie de l’ordre naturel
des choses, qu’il soit en quête de vengeance, ou tout simplement
d’une place dans l’univers. Il s’agit donc d’un
genre profondément ancré dans la tradition japonaise.
Les histoires de fantômes japonais qui composent Kwaïdan
sont inspirées des écrits de Lafcadio Hearn, un irlandais
qui émigra au Japon à la fin du XIXème siècle
avant d’être naturalisé. Ces histoires peuvent être
considérées comme des adaptations de contes traditionnels
à l’attention d’un public occidental, et de fait
Kwaïdan s’adresse aussi à un public non encore familiarisé
à ce genre. Le but fut atteint, car non content d’avoir
remporté le Prix du Le spectateur est mis dans l’ambiance très particulière
du film dès le générique, où des filets
d’encres de couleurs se déploient dans l’eau, au
son de lentes percussions hypnotiques. Kwaïdan
ne sera donc pas un film effrayant, mais obsédant, qui hante
le spectateur bien après la dernière image. Le premier
sketch, Les Cheveux Noirs, est un conte en apparence d’une grande
simplicité, et peut-être celle dans laquelle le fantôme
a le moins d’importance et n’est de toute façon révélé
que dans la toute dernière partie de l’histoire . Plus
que par un spectre, le samouraï est hanté par sa propre
culpabilité, et la présence du fantôme pourrait
presque passer pour une hallucination s’il n’y avait la
présence de ce corps décomposé. C’est d’ailleurs
de cette profanation nécrophile que provient une grande partie
de l’horreur de cet épisode. La conscience de sa faute
associée à l’outrage fait à la dépouille
de son aimée achève de précipiter le samouraï
dans la folie. Cette conclusion dramatique est encore accentuée
par le rythme délibérément lent du sketch, qui
travaille sur les Le deuxième épisode, La Femme des Neiges, est sans doute le plus accessible pour un public non encore initié au kaidan eiga traditionnel. D’une part, c’est le sketch qui se rapproche le plus des histoires de fantômes occidentales, d’autre part l’apparence du spectre rappellera des souvenirs à ceux qui ont découvert le genre à travers Ring et autres avatars contemporains. De fait, l’image de cette femme au teint pale et aux longs cheveux noirs semblant flotter au-dessus du sol dans son kimono immaculé marque durablement le spectateur. Il s’agit enfin de l’un des plus audacieux au niveau du style, car si tous les épisodes de Kwaïdan ont été tournés en studio, celui-ci revendique son apparence théâtrale, en particulier au travers de toiles peintes figurant le ciel, un ciel parfois composé de gigantesques globes oculaires. Loin de décrédibiliser l’ensemble, cette construction esthétique parvient au contraire à bâtir un univers cohérent. Loin de n’être qu’une passerelle pour permettre
au spectateur occidental de pénétrer le monde du cinéma
fantastique japonais ou un somptueux livre d’images, Kwaïdan
est une plongée d’une beauté visuelle étourdissante
dans un univers fantastique d’une richesse insoupçonnée.
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Son : Mono assez clair, mettant bien en valeur la très complexe bande sonore, rien à redire.
Son : Comme sur l’édition américaine, la brillante bande-son de Kwaïdan est ici parfaitement restituée par un mono clair et sans souffle. |
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- Theatrical Trailer : bande-annonce destinée à l’exploitation japonaise, dans un état médiocre.
- Filmographies : filmographies plus ou moins sélectives de Masaki Kobayashi, Tatsuya Nakadai et Tetsuro Tamba. - Galerie photos : une quinzaine de photos couleur et
noir et blanc tirées du film. |
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