Le Colonel Mortimer et l’Homme sans Nom officient comme chasseurs de prime dans l’Ouest profond. Les deux hommes s’associent pour mettre le colt sur El Indio, une brute épaisse dont la mise à prix permettrait aux deux hommes de couler des jours heureux. Sergio Leone mélange poussière, cynisme, sang et poudre pour nous offrir un cocktail détonant.
... Et pour quelques dollars de plus
(Per qualche dollaro in più)
Réalisé
par Sergio Leone
Avec Clint Eastwood, Lee Van Cleef, Gian Maria Volonte, Klaus Kinski, Mara Krup
Scénario : Sergio Leone, Fulvio Morsella (histoire) et Luciano Vincenzoni (script)
Musique : Ennio Morricone
Photographie : Massimo Dallamano
Une production PEA / Constantin Film Produktion GmbH / Arturo González
Italie / Allemagne / Espagne - 126 mn - 1965
Un soleil torride baigne une vallée rocailleuse d’Almeria. Un cavalier solitaire se dessine en plein milieu de l’écran. Notre homme, pas plus impressionnant qu’une mouche, semble avalé par l’immensité du paysage. Un bruit sec fait ensuite écho ; une déflagration mortelle qui envoie notre "Lonesome Cowboy" mordre la poussière. Le vide et le calme reprennent possession des lieux, accompagnés par un générique qui sonne comme une épitaphe : « Where Life had no Values, Death Sometimes had its Price » (1) Le décor est planté, piquant comme un cactus.

Et pour quelques dollars de plus prolonge le plaisir du premier western de Sergio Leone : Pour une poignée de dollars, une adaptation du Yojimbo d'Akira Kurosawa, lui-même tiré de La Moisson rouge de Dashiell Hammett. En 1964, le cinéma italien agonisait, aucune banque ne voulait investir dans le secteur. En général, l’industrie produisait quelque 60 films pendant le premier trimestre, mais en ce mois de mars 1964, aucune production n’avait été mise en chantier. Sergio Leone envisagea alors de monter un western, un genre qui jouissait d’un certain succès de ce côté de l’Atlantique, notamment grâce aux Allemands qui en ont inventé la version européenne. Leone, qui entretenait de bons rapports avec plusieurs producteurs espagnols et allemands, se dit qu’il pourrait monter son projet sans trop de soucis. Le réalisateur découvre à cette époque le film de Kurosawa et décide de l’adapter à la sauce spaghetti. Une poignée de lires suffisent à monter le film : 120 millions, financé par l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie par l’entremise de la Jolly, boîte de production qui avait soutenu Duel au Texas. Malheureusement, si le film caracolait en tête du box-office dans de nombreux pays, Leone n’en retira pourtant pas les bénéfices escomptés. La Jolly informa Leone que suite au procès intenté par Kurosawa pour plagiat, elle ne pourrait pas lui verser son salaire et sa part des bénéfices. (2) Leone se retourna contre la compagnie. « Aussitôt, ils se sont arrangés avec un magistrat très complaisant pour vendre tout à une autre société... Ensuite, ils ont vidé leur caisse. Quand j’ai gagné mon procès, il n’y avait plus rien à prendre chez eux. Aujourd’hui, Pour une poignée de dollars est le seul de mes westerns qui ne me rapporte rien. Et en plus, ça m’a coûté beaucoup d’argent. » (3) déclara Sergio Leone. Cette malheureuse expérience poussa le réalisateur romain à monter sa boîte de production.

Vengeance

L’idée d’un deuxième western est née d’une vengeance. Le coup bas de la Jolly reste sur l’estomac de Leone comme un spaghetto trop cuit. Alors qu’il ne prévoyait aucunement de se relancer dans un western, Leone reprit donc sa caméra par pure rancune. Même si le réalisateur italien n’avait pas encore la moindre idée de ce qu’il allait raconter, il savait néanmoins qu’il repartirait à l’aventure en compagnie de Clint Eastwood et de Gian Maria Volonte.

Luciano Vincenzoni fut engagé pour donner vie au projet. « Je voulais qu’il m’aide à bâtir un autre univers que celui du film précédent. Quelque chose qui diffère sur le plan visuel. Encore plus réaliste. » (4) Fidèle au néo-réalisme, Leone se documente sur les chasseurs de prime, des vautours en marge de la légalité, des employés de la voierie en Stetson et Winchester qui pallient les déficiences de la justice de l’Ouest.

Le Colonel Mortimer est le premier chasseur à entrer en scène. Nous le découvrons à bord d’un train, en pleine lecture de la Bible. L’homme semble sûr de lui. En tirant la sonnette d’alarme, il force le train à s’arrêter dans un trou perdu : Tucamcari. A la gare locale, il examine un "wanted poster", se dirige vers l’hôtel-saloon de la ville, identifie le criminel, le traque et très calmement, l’abat en duel.

Autre ville, autre saloon. La populace locale y lève joyeusement le coude. Plusieurs tables de poker égaient les lieux. L’Homme Sans Nom fait son apparition ; si son accoutrement ressemble fil pour fil à celui porté par Clint Eastwood dans Pour une poignée de dollars, Sans Nom n’incarne pourtant plus l’Archange Gabriel. La figure biblique, le mercenaire de Dieu a laissé la place à un chasseur motivé par le seul profit, la plus grande des violences. Un cigare toscan vissé au coin des lèvres, Sans Nom traverse la salle et prend place à l’une des tables de jeu. Il fait face à un joueur et sans prononcer le moindre mot, l’affronte aux cartes. Un jeu de bataille qui va tourner à l’avantage de Sans Nom. Il descend le truand et empoche la prime pour sa liquidation.

Dans tout western qui se respecte, le réalisateur introduirait alors son héros, un homme droit comme un poteau de télégraphe et dont les idéaux de morale et de justice seraient pris en exemple. Mais les héros léoniens n’évoluent pas dans ce genre de monde, le western à la John Wayne n’est pas leur univers. Alors, en lieu et place du justicier solitaire, Leone nous offre la trogne d'Indio, une crapule abjecte qui n’hésite pas à massacrer une famille responsable, selon lui, d’un trop long séjour en prison. Sa noirceur d’âme ferait presque passer le Colonel et Sans Nom pour des saints. Cette présentation des personnages, cette trinité, Leone en fera à nouveau usage dans Le Bon, la Brute et le Truand.

Bien que les motivations de nos deux chasseurs de prime soient différentes, ils poursuivent tous deux le même objectif : capturer Indio et sa bande, un boulot qui les mettrait à l’abri du besoin pendant longtemps. Le pessimisme, cher à Leone, rassemble également les deux hommes. A l’image du réalisateur, ils ne se font pas énormément d’illusions sur la société dans laquelle ils sèment la mort. Comme le dirait Leone, reste l’amitié, la seule chose qui vaille la peine d’être vécue en ce bas monde. Entre ce Colonel âgé et raffiné et ce jeune professionnel violent va naître un lien particulier. Face à la meute d'Indio, le Colonel convaincra rapidement Sans Nom qu’il est de leur intérêt de s’associer. Le Colonel, plus intelligent que son compagnon de fortune, tire les ficelles de cette entreprise temporaire. Et dans la traque opérée par nos deux gâchettes, les tâches les plus périlleuses incombent à Sans Nom. Ce rapport de force déséquilibré, Leone le réutilisera comme un gimmick, cette fois-ci à l’avantage de Sans Nom, dans Le Bon, la Brute et le Truand. Si Sans Nom est un professionnel aguerri, le Colonel est lui un technicien. « Jusque-là, le Colonel n’avait survécu que grâce à son intelligence. Il jouait sur la distance et la portée limitée de l’arme de ses adversaires. Ce qui lui laissait tout le temps d’ajuster pour faire mouche... Dans le duel final, Clint l’oblige à prouver son professionnalisme au moment de vérité. Il lui donne sa chance, mais il faut qu’il fasse vite car Indio est rapide. » (5) Le duel final qui oppose les deux hommes n’est donc pas "bidon", contrairement aux combats précédents, le face-à-face est équilibré. Chacun à sa chance de quitter le désert sur ses deux pieds. C’est d’ailleurs dans cette scène que Leone nous livre sa seule morale. Le duel est théâtralisé et symbolise le cycle de la vie et de la mort, la dernière chance de vivre, le tout rythmé par la musique de la montre d'Indio. On retrouve l’arène dans le dénouement du Bon, la Brute et le Truand et au début d'Il était une fois la révolution. Le duel établit les compétences et révèle les motivations.

Outre l’amitié, la famille joue un rôle important dans l’œuvre de Leone. Elle représente son deuxième axe de foi. Comme on pourrait le croire à tort, le Colonel ne court pas après l’argent. Celui-ci est secondaire et ne représente qu’un moyen de survie, pas une fin en soi. Le Colonel mène une quête ultime : venger la mort de sa sœur en cela, son personnage se rapproche de la structure classique du western. Leone utilise le flash-back pour mettre en évidence les motivations du Colonel. Dans cette scène où Clint Eastwood demande à Lee Van Cleef si il a jamais été jeune, celui-ci sort une montre-carillon similaire à celle qu’utilise Indio et lui répond par l’affirmative. Leone nous plonge au cœur du viol et du meurtre de la sœur. Cette scène est significative à plus d’un titre, car si elle nous en dit long sur le Colonel, nous devinons également que nous ne connaîtrons jamais les mobiles de l’Homme Sans Nom, qui restera une énigme tout au long de l’histoire, un anti-héros. Tout comme dans Pour une poignée de dollars et dans Le Bon, la brute et le truand, l’Homme Sans Nom symbolise le romantique désenchanté dans un monde en mutation. Bien que la structure filmique impose le partage des scènes entre trois acteurs principaux, le personnage d'Eastwood crève néanmoins l’écran. Sans Nom est devenu un mythe quasi christique.

La Leone’s touch

Sergio Leone s’implique pleinement dans des œuvres dont il contrôle le moindre élément. Le réalisateur confie d’ailleurs : « Quand j’écris, je prévois tous les détails et toutes les possibilités de la même manière qu’un voleur prépare on hold-up. » (6) L’important pour le réalisateur est de ne jamais trahir la ligne idéologique et réaliste du film. Par souci de réalisme, Leone s’est documenté aussi bien sur les chasseurs de primes que sur les armes à feu en usage à l’époque. Plusieurs modèles ont d’ailleurs été reproduits pour le film. Leone nourrit le film d’une réalité qui repose sur la technique. Le documentaire côtoie le rêve et l’attaque de la banque en est un bon exemple. Leone jongle avec la caméra. Montage, son, plans, tout concorde à recréer l’action. Le spectateur compte les pas des gardiens en même temps que les protagonistes. Mais le réalisateur se joue des spectateurs comme de ses héros quand il modifie les codes de l’attaque ; Indio s’y prend finalement tout à fait différemment pour arriver à ses fins. Comme les plans de caméra, le danger vient d’où on ne l’attend pas.

A travers ses choix esthétiques et thématiques, Leone a contribué à faire avancer les mentalités et les attentes. Si la censure n’a pas attaqué Leone pour l’utilisation de la drogue que consomme Indio (7), elle n’a par contre pas été tendre avec lui pour le réalisme de son entreprise. Une violence crue qui a permis à d’autres de lui emboîter le pas. On pense à Stanley Kubrick avec Orange mécanique et Sam Peckinpah avec La Horde sauvage. Leone avait établi une césure avec les conventions du genre. « On ne pouvait pas montrer la violence parce que les héros devaient être positifs. » (8) Leone impose sa vision et ses films battent des records de recette. « Avec cela, la notoriété vient vite. Et les changements aussi. La censure recule. La mentalité du spectateur n’est plus la même. Et les producteurs acceptent de financer des sujets aussi violents que ceux de Kubrick et de Peckinpah. » (9)

Enfin, peut-on parler de Leone, sans évoquer la musique de Ennio Morricone ? Les deux semblent indissociables. Comme dans un Pierre et le loup, chacun des héros léoniens dispose de son thème personnel : L’Homme Sans Nom apparaît accompagné par le célèbre siffleur, une harpe signale la présence du Colonel... La musique de Leone combine des cris indiens, des coups de fouet et le glas des cloches. Leone invente avec Morricone un style visuel aussi bien que sonore.

Et pour quelques dollars de plus apporte la renommée à Leone. Les Américains inventent un nouveau qualificatif pour son travail : le "western spaghetti". Un terme qui n’a pas la même connotation en Europe où il est assez péjoratif et aux Etats-Unis où il est affectueux et respectueux. Le réalisme prôné par Leone trouve écho auprès des pontes de Hollywood qui veulent comprendre la maestria du réalisateur. Tout est disséqué, tout est imité.

Grâce au film, Leone tient sa revanche. Tel L’Homme Sans Nom, il peut afficher un sourire vainqueur. Le genre de sourire qu’arborait Steve McQueen, Paul Newman et Robert Redford. Un sourire satisfait, contrôlé et redoutable, le sourire des héros qui réconfortent le spectateur. Le sourire parfait que Clint Eastwood a fait sien et qui semble nous dire « Go Ahead, Make my Day, Punk ! »


(1) Là où la vie ne compte pas, la mort peut valoir beaucoup.
(2) 30 % des recettes étaient garanties par contrat
(3) SIMSOLO (Noël), Conversation avec Sergio Leone, Cahiers du cinéma, Paris, 1999, p.98.
(4) Ibid, p.100.
(5) Ibid, p.103.
(6) Ibid, pp. 106-107.
(7) Gian Maria Volonte fume de l’herbe afin de camoufler ses tics
(8) SIMSOLO (Noël), op. cit., p.109.
(9) Ibid, p.110.

Image
: Le master utilisé pour le film est d’excellente qualité. Les plus pointilleux remarqueront bien quelques tâches perdues sur la pellicule mais elles sont extrêmement rares. En dehors d’un ou deux plans légèrement flous, la définition est remarquable de précision et permet d’apprécier chaque détail des plans concoctés par Leone. En revanche la compression n’est pas à la hauteur du master : si les cieux sont rarement bruités et les contrastes parfaitement gérés, on note des effets de "surbrillance" redondants. Toutefois, ces légers défauts ne gênent en rien le spectacle offert (du moins sur un téléviseur classique) et permettent d’apprécier le film comme jamais auparavant !

Son : L'éditeur a choisi de ne pas reprendre les versions mono originales, et c'est bien dommage quand on estime vouloir fournir le DVD collector idéal. Le spectateur devra donc se contenter des versions française et anglaise dans leur mixage multicanal. Comme chacun le sait aujourd'hui, le travail du son dans les westerns de Sergio Leone est essentiellement voué à la postsynchronisation. Dans Et pour quelques dollars de plus, seuls Clint Eastwood et Lee Van Cleef parlent anglais, le reste du casting est doublé et cela s'entend. De même, les deux comédiens américains furent obligés de se doubler eux-mêmes et leur inexpérience en la matière est parfois criante, on ne s'improvise pas doubleur. La version française est celle que l'on connaît, que l'on adore, et il n'y a heureusement aucune mauvaise surprise la concernant. Pour plus de cohérence sonore et de proximité émotionnelle, il faudra donc opter pour cette dernière. La piste sonore anglaise est celle qui a le plus bénéficié du remixage 5.1. Elle offre la meilleur spatialisation, la musique et surtout les ambiances sont particulièrement mises en valeur. Les voies arrières sont mises à contribution pour les bruitages Mais attention ! Ce rendu sonore atteint vite ses limites, car il apparaît souvent artificiel dans ses effets. Au point que nous avons parfois l'impression d'avoir activé le DSP "cathédrale" dans le set-up du menu de l'ampli audio/vidéo. Certaines scènes sont dynamisées par ce travail, d'autres présentent une réverbération malheureuse. Pour plus de naturel et de régularité dans le rendu du son, on se tournera vers la piste française. Son mixage 5.1 est plus discret (les voies arrières sont inexistantes) et la spatialisation légère. On est plutôt en présence d'un mono élargi. Cela tombe bien puisqu'il s'agit de la meilleure version. Quant à a différence entre DD 5.1 et DTS, c'est blanc bonnet et bonnet blanc. Le marketing a encore frappé, l'apport du mixage DTS n'apportant réellement aucun intérêt.
MGM
126 mn
Zone 2
DVD 9
Chapîtrage animé

Format cinéma : 2.35 : 1
Format vidéo
: 16/9 compatible 4/3
Langues : Français DD 5.1 / Français DTS
Anglais DD 5.1 / Anglais DTS
Sous titres : Français / Anglais / Hollandais
Suédois / Finnois / Norvégien / Danois

Le double DVD propose le film et le commentaire audio sur le premier disque et l’ensemble des suppléments sur le second. Les menus sont animés et reprennent la musique du film. Un chapitrage est disponible et découpe le film en 32 segments répartis sur 8 pages. L’ensemble des bonus est sous-titré, ces sous-titres ne sont pas imposés. Il faut également souligner la présence malheureuse de bandes-annonces MGM lorsque l’on insère le DVD !

DVD 1

Commentaire audio de Christopher Frayling.
Christopher Frayling, biographe de Sergio Leone, est certainement le grand spécialiste du cinéaste. Son commentaire audio est remarquable de précision tant d’un point de vue historique qu’analytique. Très loquace, il offre une analyse passionnante du film qu’il permet de redécouvrir avec recul. Et quelque soit les angles d’analyse, une chose est sûr : Et pour quelques dollars de plus est un chef d’œuvre !!

DVD 2

Le menu du disque 2 est décomposé en trois chapitres :

1 - Documentaires exclusifs et séquences inédites

1.1 - Un nouveau procédé (19’25'') : ce documentaire donne la parole à Christopher Frayling, spécialiste du cinéma de Sergio Leone qui explique, avec passion et érudition, quelle est l’essence du style Leone en s’appuyant sur des extraits du film. Il montre notamment que ce style s’épanouit pleinement avec Et pour quelques dollars de plus. Frayling revient également sur les performances de Lee Van Cleef et Gian Maria Volonte, et évoque les difficultés de Leone pour contenir Volonte dont le jeu extrêmement théâtral nuisait à sa mise en scène ! On peut voir ce documentaire comme un mini commentaire audio, puisque l’ensemble des remarques de Frayling seront reprises dans le commentaire qu’il fait du film sur le disque 1. Notons enfin, que ce document est suivi d’avertissements légaux que l’on doit subir sans possibilité de retour au menu !! (ce n’est pas le cas des autres docs).

1.2 - Clint revient à la charge ( ??’ ??) : au cours d’une interview réalisée en 2003, Clint Eastwood évoque son rôle de "l’homme sans nom" dans Et pour quelques dollars de plus. Il évoque avec une certaine nostalgie cette époque où Leone, Morricone et lui connurent leurs premiers succès. Il insiste également sur sa collaboration avec le cinéaste avec lequel il partageait un amour de l’art qui allait bien au-delà du cinéma. C’est un grand plaisir de voir Eastwood témoigner de la sorte, et bien que cet entretien soit bien court, il constitue certainement le principal intérêt de la section bonus.

1.3 - Tre Voci / Les Trois Voix (10’35'') : Alberto Grimaldi (producteur), Sergio Donati (scénariste) et Mickey Knox (doublure des voix) racontent leur travail auprès de Sergio Leone et Ennio Morricone. Leur propos sont intéressants et l’on regrette qu’ils n’aient pas eu l’occasion d’animer un commentaire audio.

1.4 - Restauration à l’Italienne (4’41'') : John Kirk, responsable de la restauration du film, explique comment lui et son équipe sont parvenus à une telle qualité d’image pour le DVD. A cette occasion il remercie Grimaldi de lui avoir fourni un master de première qualité. Il fait également part de ses difficultés pour la restauration de la bande-son mono en une version dolby digitale. Ce documentaire est intéressant mais, malheureusement, il est encore une fois trop court et l’on reste sur notre faim...

1.5 - La version américaine - scènes rallongées (5’04'') : les admirateurs du film devaient attendre beaucoup de ce supplément présentant des scènes inédites du film. Malheureusement, ils seront déçus car les trois scènes en question ne diffèrent quasiment pas de celles que l’on peut voir dans le film.
- La première scène a pour seul intérêt de révéler le nom du personnage interprété par Eastwood.
- La deuxième montre une séquence où Volonte rit plus longtemps que dans la version originale...
- La dernière est celle du passage à tabac des deux héros avec certains plans "violents" que la censure imposa de couper.

1.6 - Comparaison des lieux de tournage (11’46'') : il s’agit ici d’un montage reprenant des images du film avec des photographies des mêmes lieux de tournage aujourd’hui. Ce type de document est intéressant dans le cadre d’un photo-montage assez court. Mais ici, les 12 minutes de film sont ennuyeuses et sans grand intérêt !

2 - Bandes-annonces originales

2.1 - 12 spots radio : comme son nom l’indique, ce bonus permet d’écouter 12 spots radio d’origine en anglais et non sous-titrés.
2.2 - Bande-annonce originale : une bande annonce d’origine en anglais. L’état du master est bon mais la définition est faible.
2.3 - Bande-annonce de la double affiche : une curiosité pour tous les amateurs de bandes-annonces puisque celle-ci était destinée à la présentation du film en double programme avec Pour une poignée de dollars. La copie est très abîmée.

3 - Galerie photos : 39 photos de tournage en noir et blanc qui permettent notamment de voir Leone au travail.

Conclusion : ce DVD permet de redécouvrir le chef-d’œuvre de Sergio Leone dans de très bonnes conditions et offre des bonus inédits. Néanmoins, on peut regretter l’absence de pistes mono d’origine ainsi que des bonus, certes rares et nombreux, mais trop peu développés pour tout admirateur du cinéaste. En revanche, nous donnons une mention spéciale au commentaire audio de Christopher Frayling passionnant de bout en bout.

Test technique et bonus par George Kaplan

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