
Réalisé
par Akira Kurosawa
Avec Takashi Shimura, Miki Odgari, Nobuo
Kanebo…
Scénario : Shinobu Hashimoto,
Akira Kurosawa, Hideo Oguni
Musique : Fumio Hayasaka
Photographie : Asakazu Nakai
Un film Toho
Japon - 135’ - 1952 |

Film
Office
Zone 2 - DVD9
Format cinema : 1.33
Format video : 4/3
Son mono
Langue : japonais
Sous-titres : français |


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Chroniqués
par DvdClassik :
Pas d'autre film de Akira Kurosawa à ce jour
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Bureaucrate appliqué et consciencieux, Watanabe
(Takashi Shimura) découvre qu’il est atteint
d’un cancer. Cette nouvelle est le point de départ
d’un nouveau commencement pour lui… |
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Vivre
s’ouvre sur le plan d’une radiographie d’un
estomac. L’estomac d’un malade condamné
nous apprend la voix-off du film. Et Kurosawa de suivre
les dernières heures de Watanabe, un bureaucrate
déjà momifié par trente ans de bons
et loyaux services. Mais non revenez, ne fuyez pas ! Certes
vous allez pleurer, mais personne ne vous arrachera les
larmes des yeux. Pas de complaisance morbide, de morale
surplombante ou de mélo ostentatoire. Vous n’êtes
pas sur TF1 à l’heure du prime time, ou devant
l’adaptation d’un chef d’œuvre de
Barbara Cartland. Dans votre lecteur DVD tourne l’un
des plus beaux films d’Akira Kurosawa. Allez on reprend
une grande bouffée d’air frais, et on y retourne.
Nous voilà prisonniers de la bureaucratie japonaise,
nous tournons en rond dans des bureaux sans issues, la transpiration
exhale de chaque pore...puis nous voici, hagards, projetés
dans le Tokyo by night de l’après guerre.
Dans ce film plus que les autres, Kurosawa a le don d’investir
un lieu et de l’exploiter en profondeur via des moyens
purement cinématographiques, le tout sans se départir
d’une sobriété qui lui fait honneur.
Un parc enneigé, un hôpital forcement lugubre,
un cabaret de débauche… le cinéaste
imprime la marque de ses personnages sur chaque lieu traversé.
Tour à tour expressionniste, quand l’espace
semble tout droit projeté de la psyché de
son héros, ou néo-réaliste, quand la
caméra s’émancipe dans les rues de Tokyo,
Vivre bénéficie qui plus est de la
présence d’un acteur d’exception : Takashi
Shimura.
Avec le génial Toshiro Mifune,
Shimura s’impose comme une grande figure du cinéma
de Kurosawa. Déjà parfait dans L’ange
ivre, ou Chien enragé, son interprétation
du fonctionnaire Watanabe a de quoi laisser pantois. Difficile
d’oublier cette silhouette fantomatique qui, chancelante,
traverse une grande partie du film. Il fallait quelqu’un
de charismatique, l’égal d’un Chisu Ryu,
l’acteur fétiche d’Ozu, ou d’un
Victor Sjöstrom, pour supporter le poids d’un
tel rôle, et pour marquer durablement les esprits
du spectateur. C’est chose faite avec Shimura. Ainsi
lorsqu’il disparaît de la narration, sa présence
hante-t-elle toujours l’écran et les lieux
qu’il a traversés. Car telle est l’idée
de base de Vivre : l’acceptation de son destin ne
dispense pas de l’action. C’est en agissant
que Watanabe/Shimura s’ouvrira à la vie. Et
si les dès sont jetés et que sa mort s’avère
certaine, ses actions passées aideront les autres
à mieux vivre.
La mort du personnage, inscrite dans le plan inaugural,
ne signifie donc pas la fin de la fiction. Dans la dernière
bobine du film, Kurosawa démultiplie les points de
vue pour raviver le souvenir du défunt. Souvenir
qui nous accompagnera pendant longtemps encore, au sortir
de ce film intense et essentiel.
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Vivre est l’un des trois films qui composent
ce coffret Kurosawa largement inférieur à
celui d’Arte vidéo. On retrouve notamment Le
garde du corps (Yojimbo) film de sabre jubilatoire
avec un Toshiro Mifune en pleine forme, et Les Bas fonds
belle adaptation de Gorki. Des trois films, c’est
précisément Vivre qui fait le plus de peine
à voir.
Image: La copie est à la limite
de la recevabilité. Il faut vraiment aimer le film
pour s’abîmer les yeux de la sorte pendant plus
de deux heures. Image floue, griffures multiples, saccades
intempestives…la liste des griefs est bien trop longue.
Son : La déception se poursuit à
l’écoute puisque le son, en mono pour les trois
films, n’a pas été restauré.
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Niveau bonus, chaque film est accompagné
d’une introduction de l’historien Jean Douchet,
filmé devant un fond bleu que n’aurait pas
renié la rédaction du journal de FR3 PACA
des années 80.
Bref trois films, trois très bons films même,
ou plutôt, selon-moi, un chef d’œuvre (Vivre)
et deux très bons films d’un cinéaste
essentiel, pour 3 copies DVD bâclées.
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