
Réalisé
par Richard Fleischer
Avec Kirk Douglas,Tony Curtis, Janet
Leigh, Ernest Borgnine
Scénario : Dale Wasserman (adaptation du roman de Edison
Marshall)
Directeur de la photographie : Jack Cardiff
Musique : Mario Nascimbene
Un film MGM
USA - 114' - 1958 |

Zone
1
Editeur : MGM
Format 2.35, 16/9 compatible 4/3
Langues : anglais (mono), français
(mono) et espagnol (mono)
Sous-titres : anglais, français
et espagnol
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Au
cours d’un raid sur les côtes anglaises,
Ragnar (Ernest Borgnine) viole la reine d’Angleterre.
Cette dernière met au monde Eric (Tony Curtis) qu’elle
abandonne aux mains des Vikings lors d’une autre attaque.
Eric, est alors élevé comme un esclave, mais
n’accepte pas cette situation. Devenu adulte, il affronte
Einar (Kirk Douglas) fils de Ragnar et le défigure
… Quelques mois plus tard, Morgana (Janet Leigh) future
reine d’Angleterre est enlevée par les Vikings
et tombe amoureuse d'Eric … |
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En
1955, Kirk Douglas crée Bryna Production.
Il commence par produire The Indian Fighter (La
rivière de nos amours), mais ce film ne connaît
pas le succès escompté. Le futur interprète
de Spartacus cherche alors un sujet populaire et s’intéresse
au roman d’ Edison Marshall : The Vikings.
Le projet tombe rapidement dans les mains de Richard Fleischer.
Le réalisateur de 20 000 lieues sous les mers
(déjà avec Douglas) y voit un matériau
idéal pour exprimer son savoir faire. Il se lance
alors avec passion dans cette aventure et démarre
une étude minutieuse des mœurs Vikings. Aucun
détail ne lui échappe : les costumes, les
décors ou même le choix des chevaux sont totalement
fidèles à la réalité historique.
A ce soin du détail, Fleischer associe son sens inné
du cadrage. Utilisant pour la seconde fois le format "Technirama",
il compose des plans d’une grande beauté picturale.
A titre d’exemple, les premières images du
drakkar sur fond de montagnes enneigées sont d’une
splendeur rarement atteinte sur grand écran . Fleischer
est également l’un des premiers cinéastes
à donner tant d’importance à la profondeur
de champ sur le format 2.35 (1). L’attaque du château
Anglais le montre avec clarté : les comédiens
principaux occupent le premier plan tandis qu’une
quantité incroyable de figurants combattent sur un
arrière plan très profond permettant même
d’admirer les vagues de la mer du nord !! Cependant
il serait stupide de parler de réussite visuelle
sans évoquer la participation de Jack Cardiff. Le
directeur photo de La comtesse aux pieds nus, African
queen ou Red Shoes, rejoint lui aussi l’équipe.
Son travail sur les scènes d’intérieurs
est remarquable : sur certaines séquences, les couleurs
chaudes et rougeoyantes plongent le public dans le délire
festif des Vikings !! Les décors norvégiens
sont quant à eux photographiés avec naturel
et le spectateur reste émerveillé devant tant
de beauté visuelle.
Mais ces aspects techniques ne suffisent
pas à faire de ce film un succès et Bryna
production doit offrir au public un casting de rêve.
Kirk Douglas habitué à interpréter
les premiers rôles s’empare du personnage de
Einar. Sa présence, son physique d’athlète
et son visage balafré en font un guerrier charismatique.
Tony Curtis et sa jeune épouse Janet Leigh se joignent
également à l’aventure. Cette dernière
interprète une princesse pleine de caractère
tandis que son compagnon joue Eric, le bâtard de Ragnar.
Mais il faut bien avouer que Curtis détonne un peu
dans le village Viking ! Son visage poupin et sa démarche
élégante n’en font pas un sauvage bien
convaincant… Douglas ne s’en souci guère
et donne de la crédibilité à sa distribution
en imposant Ernest Borgnine comme figure paternelle des
hordes nordistes. Son rire tonitruant, son physique sauvage
et sa joie de vivre qu’on devine naturelle en font
un roi attachant et à l’allure authentique.
Enfin, la voix off qui entame le récit, bien que
n’étant pas créditée au générique,
n’est autre que celle d’Orson Welles !
A défaut de révolutionner
la théorie cinématographique comme le fit
ce dernier avec Citizen Kane, The Vikings
n’en est pas moins un film dont la forme est admirable.
Lorsque sa bande-annonce envahit les écrans américains
au printemps 1958, la MGM promet un spectacle épique.
La mission de Fleischer, Douglas et de toute l’équipe
réunie autour du projet est amplement réussie,
le succès sera au rendez-vous. Aujourd’hui
encore, les grands enfants que nous sommes restent rêveurs
devant cette aventure. Et lorsque le générique
tombe, l’envie nous démange de hurler le légendaire
: " OODINNNNN !!! ".
(1) Sur ce point lire l’analyse
instructive de Tavernier et Coursodon dans 50 ans de
cinéma américain (rubrique réalisateur)
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Image
: Le format de l’image est respecté. Que
les scènes soient tournées en extérieurs
ou en studio, on ne relève que de très rares
défauts. Ici et là quelques tâches
et griffures, mais elles sont bien rares et ne gâchent
en aucun cas la vision du film. Côté compression
c’est également une réussite. Les
arrières plans ont un beau rendu et les contrastes
sont très bien gérés. Bref, les efforts
de restauration sont remarquables et rendent un bel hommage
au travail de la troupe de Fleischer.
Son : Le DVD propose une
piste dolby 2.0 mono assez propre qui permet de mettre
en valeur le thème récurrent de Mario Nascimbene
et de laisser les voix se détacher avec clarté.
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Featurette
with director Richard Fleischer : il s’agit
ici d’un documentaire de 24 minutes qui permet à
un réalisateur toujours amoureux de son film d’en
parler avec passion. Richard Fleischer commente des photos
de tournage en N&B ainsi que des extraits du film. A
travers ce petit reportage, il nous montre l’esprit
d’équipe qui régnait sur le plateau
et raconte quelques anecdotes croustillantes. Ainsi, avant
la fameuse scène des rames, Fleischer pensait utiliser
un cascadeur pour remplacer Douglas. Mais ce dernier refuse
le doublage et malgré la grande prise de risque,
réussit cet exploit . Le résultat est parfait
et la scène est sans doute l’une des plus mémorables
du film!
Il faut noter que ce documentaire n’est
pas sous-titré mais le débit de Fleischer
n’est pas celui de Scorsese et il est très
facile de le comprendre.
En dehors de ce bonus on ne trouve qu’une
bande annonce originale.
Verdict : un
très beau film auquel l’édition DVD
rend un vibrant hommage.
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