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Sherlock
Holmes (Robert Stephens) accepte une invitation aux Ballets Russes
de Nikolai Rogozhin (Clive Revill) afin de conjurer l’ennui qui
l’accable suite à une longue période sans enquête.
Sa mélancolie s’évapore totalement lorsque il apprend
que son invitation a pour objet de faire un enfant à la première
ballerine, la célèbre Madame Petrova (Tamara Toumanova).
Fuyant l’invitation de la danseuse, il reçoit dès
son retour à Baker Street la visite de Gabrielle Valladon (Geneviève
Page) qui lui demande de retrouver son mari disparu. Malgré la
mise en garde de son frère Mycroft (Christopher Lee), Holmes mène
l’enquête, accompagné du fidèle docteur Watson
(Colin Blakely). |
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Wilder et Diamond inventent de toute pièce une aventure de Sherlock Holmes. Ou plutôt quatre aventures ! En effet le film tel que nous le connaissons n’est qu’une version mutilée du film rêvé par Wilder. Malgré son poste de producteur et le Final Cut, Les Artistes Associés, distributeurs du film, contraignent le réalisateur à faire des coupes sombres dans une œuvre dont le premier bout à bout (qui aux dires d’Alexandre Trauner, décorateur du film, était très proche du film voulu par le cinéaste) durait quatre heures. Wilder doit ainsi ramener le film à trois histoires, puis rapidement aux deux que nous connaissons, réduisant le métrage à respectivement deux heures cinquante puis à la version commercialisée de deux heures cinq.
Les confrontations entre Mycroft (le frère d’Holmes) et le détective vont ainsi servir de révélateur. Mycroft est le seul (avec Watson) à connaître le véritable Sherlock Holmes. Ainsi dans leur face à face, Mycroft prend le pas sur le célèbre détective, et sert de révélateur à sa véritable personnalité.
Cette recherche de vérité trouve son prolongement dans la mise en scène de Wilder. Simple, classique, elle se refuse à tout effet inutile qui nuirait au réalisme de l’œuvre. Cette volonté affichée de fuir le "style" a toujours été un credo du réalisateur : "J’aime raconter mes histoires en faisant intervenir au minimum la caméra. Les mouvements d’appareil, les gros plans, le montage rapide doivent être utilisés comme des signes de ponctuation dans un roman. Ils doivent accentuer et non distraire, surprendre sans fatiguer par leur insistance" (in Films and Filming, février 1957). Cette absence de style immédiatement identifiable a certainement joué un grand rôle dans la reconnaissance tardive du cinéaste par les critiques américains et européens. Mais cette simplicité dans la mise en scène libère son œuvre des carcans esthétiques d’une époque et lui confère un caractère intemporel.
Un scénario remarquablement agencé jouant sur les apparences et les faux semblants, une interprétation admirable (Colin Blakely arborant la mine réjouie d’un Watson débonnaire, Irene Handle interprétant à merveille une Madame Hudson tendre et revêche, sans parler de Robert Stephens qui incarne magnifiquement le Holmes voulu par Wilde), un superbe score de Miklós Rózsa, finissent de faire de La Vie privée de Sherlock Holmes l’un des sommets de l’œuvre de Billy Wilder. Mélancolique, drôle, émouvant, intelligent, trépidant et ludique, ce film se place comme l’apogée d’une des plus brillante carrière qu’Hollywood n’ait jamais connue.
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Son : le mono anglais est clair, sans
parasites, mais manque de dynamique et de puissance, il est donc conseillé
de pousser son ampli un peu plus que d’habitude.
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- Interview with editor Ernest Walter - 29 mn : visiblement filmée peu de temps avant sa disparition, le monteur revient en détail sur l’affaire du saccage de La Vie Privée de Sherlock Holmes. Après avoir précisé que le film avait été tourné en suivant le script à la virgule prêt, il détaille le processus de montage et la nature des scènes supprimées. Il s’exprime également sur le restant de sa carrière, notamment son travail avec Robert Wise. La valeur du document fait que l’on passera outre la faible qualité de la piste audio de ce supplément - préparez-vous à tendre l’oreille. - Deleted sequences : ici sont présentées
les vestiges des scènes coupées au montage final et décrites
dans la critique du film. The Adventure of the Dumbfounded Detective : Holmes Recounts an Affair of the Past : l’ouverture et la conclusion de cette séquence sonorisée sont présentes ; en revanche, ce qui se passe entre est présenté par le scénario illustré de quelques photos. The Dreadful Business of the Naked Honeymooners : la séquence montée existe toujours, et a été relativement bien conservée, mais la bande-son ayant disparu, les dialogues sont présentés sous la forme de sous-titres. - Behind the Scenes Photo Gallery : une série d’une quarantaine de photos de plateau montrant Billy Wilder au travail, ainsi que quelques dessins et affiches. - Theatrical Trailer : bande-annonce d’époque, dans un état moyen, présentée en 16/9. Aucun de ces suppléments n’est sous-titré. Il font
néanmoins de cette édition un indispensable pour tout amateur
de Billy Wilder. Test technique du Zone 1 de Jeff Costello.
La laideur de la jaquette annonce rapidement que le DVD risque grandement
de ne pas être à la hauteur du film. Et pour cause ! Sur
un menu fixe particulièrement disgracieux, seul le choix des langues
et des sous-titres est accessible. Aucun bonus et, comble, même
pas d‘accès à un menu de chapitrage. |
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