
Réalisé
par Roy Ward Baker
Avec Richard Widmark, Marilyn Monroe,
Anne Bancroft, Elisha Cook Jr.
Scénario : Daniel Taradash d’après
le roman de Charlotte Armstrong
Direction musicale : Lionel Newman
Directeur de la photo : Lucien Ballard
USA – 73 -1952 |

FPE
/ USA / 1952 / Noir et Blanc
Zone 2
Format cinéma : 1.33
Format vidéo : 4/3
Langues : anglais, allemand, italien,
espagnol en mono.
Sous-titres : français, anglais,
allemand, italien, espagnol, hollandais, danois, suédois, norvégien
Pas de possibilité de changer de langue ni de sous-titres en
cours de lecture
|


|
Chroniqués
par DvdClassik :
Pas d'autre film à ce jour
|
|
|
|

|

Des clients fortunés d’un grand hôtel,
appelés à se rendre à une soirée,
font appel à une baby-sitter pour garder leur fille.
Leur choix se porte sur Nell, la nièce du garçon
d’ascenseur, une jeune femme gentille et discrète
d’apparence. Mais Nell se révèle vite
être une personne psychologiquement instable. Ce que
va découvrir un voisin de chambre, d’abord attiré
par sa beauté et son mystère.
|
|
 |
Troublez-moi
ce soir est une production 20th Century Fox
destinée à propulser au devant de la scène
une comédienne repérée pour son physique
avantageux et son ingénuité. Marilyn Monroe
accède ainsi à un premier rôle après
quelques apparitions remarquables et remarquées.
Son partenaire est Richard Widmark, acteur habitué
aux films d’aventures virils et aux films noirs ;
il fut découvert dans le mythique Carrefour de la
nuit de Henry Hathaway (qui dirigera Marilyn dans Niagara
l’année suivante) dans le rôle d’un
« bad guy » sadique et psychopathe. Cette association
n’est sans doute pas un hasard puisque Troublez-moi
ce soir est un film plutôt sombre qui se destine à
explorer l’univers mental d’un individu malade.
Alors qu’on aurait pu s’attendre
à un rôle léger pour un premier rôle
en haut de l’affiche, Marilyn endosse en effet les
habits d’un personnage névrosé, fortement
instable et donc potentiellement dangereux. Fasciné
par les théories freudiennes, Hollywood a régulièrement
porté son intérêt sur des cas cliniques,
propices aux interprétations décalées
et spectaculaires. Il faut avouer que, dans ce cas précis,
la comédienne s’en sort plutôt bien et
laisse déjà transparaître une aptitude
à jouer les passionnées mélancoliques,
les innocentes tourmentées, les femmes introverties
mais anxieuses de faire exploser le carcan social et sexuel
qui l’enserre. Marilyn portera ce type d’interprétation
au firmament dans The Misfits (1961). En attendant
le film de Huston, Hollywood préférera la
cantonner dans des personnages plus enjoués et gentillets,
illuminant quelques films certes majeurs et enthousiasmants,
mais avec pour effet de souvent sous-estimer son inclination
à la tragédie. Marilyn Monroe en souffrira
secrètement pendant sa trop courte vie, mais ceci
est une autre histoire.
Il est également à noter que sa prestation
dans Troublez-moi ce soir date d’avant son
temps passé à l’Actor’s Studio,
ce qui prouve ainsi ses prédispositions aux techniques
de jeu introspectives de la « méthode »
enseignée par Lee Strasberg et Elia Kazan.
La 20th Century Fox confie la réalisation
de Troublez-moi ce soir à Roy Baker.
Roy Ward Baker est un réalisateur anglais qui a œuvré
dans plusieurs genres avec des résultats inégaux.
Mais son nom reste surtout associé au cinéma
fantastique et de science fiction, ainsi qu’au nom
prestigieux de la Hammer, grâce à des films
comme Quatermass and the Pit (Les monstres de l’espace),
Les cicatrices de Dracula ou Dr Jekyll and
Sister Hyde. Son habileté à mêler
le fantastique à l’épouvante lui assure
une place de choix dans le genre, aux côtés
de cinéastes réputés comme Terence
Fisher ou Freddie Francis.
Troublez-moi ce soir est essentiellement
un huis clos, même si l’histoire nous fait visiter
plusieurs endroits et chambres de l’hôtel. L’action
a principalement lieu dans la chambre des parents de la
fillette confiée aux "bons" soins de Marilyn.
On aurait préféré que l’intrigue
soit plus circonscrite dans ce lieu pour renforcer le malaise
de la situation. En effet, à côté du
récit principal se voit greffée une histoire
parallèle, celle opposant le personnage joué
par Widmark à la chanteuse de piano-bar interprétée
par Anne Bancroft. Celle-ci lui reprochant son manque de
sérieux dans leur relation amoureuse. Ce va-et-vient
permanent au début du métrage finit par nuire
au film dans sa volonté de décrire une ambiance
délétère avec un personnage névrosé
censé contaminer peu à peu le récit.
On éprouvera néanmoins du plaisir à
découvrir la toute jeune Anne Bancroft dans son premier
rôle, déjà celui d’une femme forte,
indépendante et sûre de ses convictions, bien
avant les rôles qui révéleront son fort
potentiel dramatique (Miracle en Alabama, Frontière
chinoise ou Le Lauréat).
Malgré un sujet qui aurait
pu se prêter à quelque effets visuels bien
sentis, la réalisation reste sage, trop sage même.
Roy Baker fait montre d’un classicisme un peu ingrat,
s’attachant bien plus à suivre les comédiens
qu’a essayer d’installer un climat stressant,
même si quelques scènes fort prenantes, comme
le dialogue à distance entre Monroe et Widmark ou
les séquences opposant la baby-sitter à l’enfant,
réhaussent le niveau général. En outre,
les numéros de chant interprétés par
Anne Bancroft sont bien trop présents, même
si le premier d’entre eux joue un rôle dramatique
au début du récit. Roy Baker bénéficiera
heureusement d’autres opportunités dans la
suite de sa carrière pour prouver son talent.
Ces défauts n’entachent pourtant pas trop la
vision tranquille de ce film court de 73 minutes dont l’intérêt
se situe essentiellement dans l’interprétation
qu’offre Marilyn Monroe d’un personnage hors
du commun qui révèle indirectement ses fêlures
à venir.
|
|
 |
Image : Le travail de
restauration, s’il reste satisfaisant, a toutefois
laissé passer quelques petites taches et points blancs.
Cependant, la copie est propre avec un bon rendu des contrastes.
La comparaison entre les images avant restauration et après
restauration démontre la réussite du travail
fourni. Le problème viendrait plutôt de la
compression. En effet, de légers fourmillements sont
présents tout le long du film, surtout visibles dans
les hautes lumières, mais ils n’en gâchent
absolument pas la vision.
Son : La bande sonore est parfaitement
intelligible. Les dialogues sont clairs et nets. On déplorera
toutefois la présence permanente d’un petit
souffle. Le DVD ne propose pas de doublage français,
il faudra se contenter des voix originales. Chic !
|
 |
Les suppléments comportent :
La bande annonce (2’35’’),
en noir et blanc et de qualité médiocre.
La restauration du film (1’22’’),
une comparaison avant et après.
Une galerie de photos (23) noir et blanc.
|
|
|
|