Réalisé par David Miller
Avec John Wayne, Anna Lee, John Carroll, Paul Kelly
Scénario : Kenneth Gamet et Barry Trivers
Musique : Victor Young
Photographie : Jack Marta
Un film Republic
Usa – 100 mns – 1942


Editions Atlas / Les plus grands films de guerre
100 mn
Zone 2
DVD5
Format cinéma : 1.33
Format vidéo : 4/3
Langues : Anglais
Sous titres : Français imposé
Mono d’origine
Chapitrage et menus fixes


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Chroniqués par DvdClassik :
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Au début de la seconde guerre mondiale
en Chine, un groupe d’aviateurs américains constitue l’escadrille aérienne des ‘Tigres Volants’. Cette poignée de volontaires est chargée de défendre le peuple chinois en combattant l’aviation de l’envahisseur japonais. ‘Les Tigres Volants’ sont commandés par un homme honnête, juste et bon en la personne de Jim Gordon (John Wayne). L’équilibre qui régnait jusque là au sein du groupe va être légèrement perturbé par l’arrivée d’une nouvelle recrue, le roublard et fanfaron Woody Jason (John Carroll). Le 7 décembre 1941, les soldats apprennent le drame de Pearl Harbor. Impliqués désormais dans le conflit mondial, ils devront alors être encore plus sur la défensive et participer aux opérations de destruction.


Le 11 août 1942, la Paramount sort sur les écrans américains le premier film de fiction qui montre les combats du deuxième conflit mondial : La sentinelle du pacifique de John Farrow. Deux mois seulement après, la firme Republic sort à son tour un film de guerre patriotique avec, en l’occurrence, le film qui nous préoccupe, Les Tigres Volants. C’est le premier qui servira d’archétype aux films de guerre sur l’aviation à venir, les films des années 30 sur le sujet, de Wellman ou de Hawks, étant un peu différents. Ces films de propagande se devaient de glorifier le sacrifice et le patriotisme ; certains furent, malgré ces ‘contraintes’, de très grandes réussites comme Air Force de Howard Hawks, Aventures en Birmanie de Raoul Walsh ou Les sacrifiés de John Ford. Les Tigres Volants se distingue aussi en tant que première incursion de John Wayne dans le film de guerre et première expérience de l’acteur dans un film de propagande pro-américaine. On sait que John Wayne, ardent patriote, a été grandement déçu de ne pas pouvoir combattre pour son pays, ayant été réformé suite à une épaule démise dans sa jeunesse. Il surmontera ce cruel désappointement en endossant l’uniforme sur grand écran et en participant à des tournées itinérantes destinées à distraire et soutenir les troupes. Par la suite, il tournera un certain nombre d’autres films de guerre, certains médiocres (Alerte aux Marines, Les diables de Guadalcanal, Les bérets verts), d’autres excellents (Iwo Jima, Le jour le plus long) voire magnifiques (Les sacrifiés).

Les amateurs de la bande dessinée de Charlier et Hubinon, ‘Buck Danny’, se souviennent certainement de cette escadrille dont l’avant du fuselage des avions étaient peints d’une sorte de mâchoire ouverte aux dents acérées, car dans les premiers albums de la série, ce célèbre héros a fait partie de ces ‘Tigres Volants’. Pour leur script, Kenneth Gamet et Barry Trives s’inspirent de l’intrigue du chef d’œuvre de Howard Hawks sur une compagnie postale aérienne en Amérique du Sud, Seuls les anges ont des ailes, dans lequel nous trouvions déjà les acteurs Paul Kelly et John Carroll dans des rôles quasiment similaires. Il est donc une nouvelle fois ici question d’une escadrille dirigée par un chef charismatique et humain (excellent John Wayne), non pas un homme dur comme souvent mais au contraire, un homme sensible qui prend grand soin de ses pilotes sans pour autant tomber dans le paternalisme. L’actrice ‘fordienne’ Anna Lee tient le rôle que tenait Jean Arthur dans le film de Hawks, celui d’une douce jeune femme convoitée par deux hommes Nous trouvons également le pilote dont la vue faiblit (Paul Kelly) mais qui refuse d’abandonner ses camarades lors des combats aériens et se fera tuer au cours d’une mission ; le pilote ex-alcoolique au passé trouble qui tente de se racheter par un regain d’héroïsme (Edmund McDonald) ; le pilote fanfaron, cynique et fataliste (John Carroll) qui ne rêve que de toucher la prime accordée pour chaque ennemi tué mais qui finira par se rendre compte de la gravité de la situation et, sa conscience ébranlée, par offrir sa vie en sacrifice pour sauver son capitaine d’escouade…

Détaché de son contexte historique, le film pourra nous paraître bien banal aujourd’hui mais à l’époque nous ne pouvions encore parler de ‘clichés’ puisque c’est quasiment ce film qui les met en place. Il bénéficie pour les scènes aériennes, d’images d’archives confisquées aux actualités japonaises, des images filmées par l’ennemi et détournées au profit de la propagande américaine. Le scénario est assez conventionnel mais n’est pas déshonorant et la mise en scène de David Miller, purement fonctionnelle et assez terne, ne cherche pas à en mettre plein la vue mais se met au contraire au service d’une histoire simple et parfois efficace. La discrétion lui sied d’ailleurs mieux puisque la seule scène dans laquelle le cinéaste veut faire preuve de virtuosité est complètement ratée : il s’agit d’un panoramique à 360° lors d’un briefing de John Wayne, mais le mouvement de caméra est bien trop rapide et nous n’avons rien le temps d’entrapercevoir. Ce réalisateur peu connu, avait d’ailleurs bien commencé sa carrière avec Le réfractaire, un des multiples westerns sur Billy le Kid joué ici par un Robert Taylor tout de noir vêtu, et tournera encore quelques belles réussites comme Diane de Poitiers avec Lana Turner et Roger Moore, ainsi qu’un western moderne avec Kirk Douglas Seuls sont les indomptés.

Le film insiste un peu trop sur les atrocités commises par les japonais mais nous savons que nous sommes devant un film destiné à la propagande. La première scène d’attaque touchant les civils se termine même par l’image d’un petit enfant pleurant tout seul au milieu des décombres : on sent bien ici la volonté d’indigner le public mais il faut reconnaître à l’actif de David Miller et de ses scénaristes qu’ils n’enfoncent jamais trop le clou ; les pilotes japonais ne nous sont pas montrés féroces ni grimaçants et les propos que tiennent les américains sur les ennemis sont toujours assez polis contrairement à d’autres films atrocement racistes comme Alerte aux marines de Edward Ludwig. C’est donc une assez bonne surprise que la découverte de cette rareté qui ne laissera certes pas de grands souvenirs mais qui aura eu le mérite de nous faire passer un agréable moment. Quelques scènes sentimentales loin d’être mièvres et des scènes de batailles aériennes assez efficaces dans un ensemble honnête mais qui ne plaira certainement qu’aux seuls amateurs du genre.



Inédit dans les circuits de distributions traditionnels, ce DVD se devait de rester dans les tiroirs tellement il se révèle scandaleux. Son seul mérite est de nous faire découvrir une rareté assez plaisante. Pour le reste, rien ne nous est épargné et il ne faut absolument pas être regardant au risque d’être pris de nausée assez rapidement.


Image
: Le problème de la médiocrité totale de l’image vient du fait qu’il s’agit au départ du master d’une copie colorisée. D’où tous les problèmes qui découlent d’une telle hérésie : perte de la définition, du contraste, flou non artistique… Le fait d’avoir ôté les couleurs à cette version au départ colorisée nous donne en définitive, non pas du noir et blanc, mais du gris et gris !!! Quand vous aurez en plus été mis au courant de l’état déplorable de la copie, de tremblements fréquents et d’une compression bâclée, vous aurez vite tout compris : "Courage fuyons" comme l’a si bien dit Yves Robert !

Son : Côté son en revanche, même s’il ne faut pas s’attendre à quelque chose de grandiose, nous avons des dialogues assez clairs, quoiqu’un peu nasillards, et des bruits d’ambiance assez bien rendus. Ce qu’il faut cependant savoir est que seule la version originale nous est proposée et avec les sous titres français imposés. Alors que dans l’ensemble, les sous titres Montparnasse sont assez bien réalisés, ils sont cette fois peu discrets et de couleurs jaunes pour corser le tout.



Bien évidemment aucun bonus ni même la traditionnelle bande annonce. A moins d’être un fanatique comme moi de John Wayne, les Euros seront bien mieux dans votre porte-monnaie que dans la poche de l’éditeur. Pour le support DVD, ce titre est proprement affligeant à moins de l’avoir eu proposé à très bas prix, d’autant plus que la durée du film qui nous est fournie est de 20 minutes inférieure aux durées indiquées dans tous les dictionnaires du cinéma. Nous sommes donc obligés d’être très sévère pour éviter que ce genre de traitement ne se reproduise trop souvent, mais avouons en dernier ressort pour réconforter les fans, qu’en se concentrant uniquement sur le film, on peut tout de même arriver à passer un bon moment mais il ne faut pas être trop pointilleux, c’est tout.

 


Un film chroniqué par Jeremy Fox