
Réalisateur
: Roger Corman
Année : 1958 (Teenage Caveman)
/ 1957 (Viking Women and the Sea Serpent)
Avec : Robert Vaughn, Darah Marshall,
Leslie Bradley, Frank De Kova, Jonathan Haze (Teenage Caveman) / Abby
Dalton, Susan Cabot, Brad Jackson, June Kenney, Richard Devon, Jonathan
Haze (Viking Women and the Sea Serpent)
Scénario : R.Wright Campbell (Teenage
Caveman) / Lawrence Louis Goldman (Viking Women and the Sea Serpent)
Musique : Al Glasser (Teenage Caveman
et Viking Women and the Sea Serpent)
Directeur de la photo : Floyd Crosby
(Teenage Caveman) / Monroe P.Askins (Viking Women and the Sea Serpent) |

One
Plus One / USA / 1957 et 1958 / Noir et Blanc / 62 mn (Teenage
Caveman) / 63 mn (Viking Women and the Sea Serpent) / Zone 2
Format cinéma : 1.37.
Format vidéo : 4/3
Langues : anglais en mono 2.0
Sous-titres : français |


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Teenage
Caveman : Une tribu primitive, composée d’hommes
et de femmes vivant selon des rites ancestraux, vivent dans
une contrée montagneuse et désertique. Ils vivent
de la chasse mais les ressources s’amenuisent. Il leur
est interdit de franchir la frontière de leur territoire
et principalement d’explorer une forêt maudite.
Le fils du sorcier désobéit aux injonctions
et part à l’aventure, bravant ainsi le danger.
Ils feront tous une découverte qui changera le cours
de leur existence et révèlera le secret de leurs
origines
Viking Women and the Sea Serpent : alors que leurs
hommes tardent à revenir de leurs explorations maritimes,
les femmes vikings décident de prendre la mer afin
de partir à leur recherche. Le voyage sur les flots
sera semé d’embûches, depuis leur naufrage
sur un territoire peuplé de barbares jusqu’à
leur affrontement avec un monstre marin. |
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Pour les nostalgiques des films dits "d’exploitation"
(à l’origine des films courts à petit
budget destinés à être exploités
en double programme) ou bien pour les plus jeunes cinéphiles
qui se demandaient de quel bois étaient fait ces
productions, l’éditeur One Plus One inaugure
une collection intitulée "Série Roger
Corman" qui se propose de faire revivre les sensations
éprouvées devant les célèbres
Drive-in qui projetaient ces petits films sans prétention
mais faits avec enthousiasme et bonne humeur. Ainsi nous
voilà en présence d’un double programme
constitué de deux films de jeunesse du célèbre
réalisateur/producteur/distributeur Roger Corman.
Deux films courts et fauchés qui témoignent
sympathiquement d’un certain type de cinéma
et d’une certaine époque marquée par
une grande naïveté et une démarche inédite
dans la séduction du jeune spectateur.
Californien dès sa plus tendre enfance,
même si né à Détroit, Roger Corman
fut très tôt passionné par le cinéma.
Diplôme d’ingénieur en poche, il ne tarda
pas à quitter son emploi à l’US Electric
Motors pour se lancer dans la production après avoir
été coursier à la 20th Century Fox
et lecteur de scénarios. Avec l’argent gagné
grâce à la vente d’un script et son rôle
de producteur associé sur son adaptation, il produit
enfin un premier film. Puis un second, The Fast and
the Furious, un film policier au budget de 50.000 dollars
avec Dorothy Malone et John Ireland, qu’il vend à
l’une de ses connaissances, James H. Nicholson, qui
vient de créer sa compagnie American Releasing Company
avec Samuel Z. Arkoff. Roger Corman tourne enfin ses deux
premiers films en tant que réalisateur en 1955 :
Five Guns West et Apache Woman. C’est
le début d’une grande et belle aventure : devenue
AIP, la célèbre compagnie distribue et produit
bon nombre de films à petit budget. Distribués
sous la forme de doubles programmes, ces films connaissent
un succès certain et se rentabilisent vite. La recette
est simple : on devait au préalable trouver un titre
accrocheur et les scénaristes se chargeaient ensuite
d’écrire l’histoire. C’est tout
un pan de la contre-culture américaine qui se met
ainsi en place. Les productions envisagées couvrent
tous les genres et sous-genres populaires inimaginables
entre fantastique, science-fiction, horreur, "teenage
movies", etc. Le tournage en studio étant bien
trop onéreux, les films se tournaient principalement
en décors naturels et pour un temps de tournage d’une
dizaine de jours au grand maximum.
Roger Corman s’entoure très
vite d’une équipe de techniciens et de comédiens
qui constitueront une famille fidèle. Des acteurs
comme Dick Miller ou Jonathan Haze aux collaborateurs comme
Floyd Crosby (à la photo), Daniel Haller (aux décors),
Charles B.Griffith et Robert Towne (au scénario),
Ronald Stein (à la musique), tous se rassemblent
autour de Corman et travaillent avec lui pendant de longues
années. L’AIP est également connue pour
avoir été la plus importante compagnie indépendante
des années 1960. Et la politique de distribution
aux USA de grands films européens (Truffaut, Fellini)
est également à mettre au crédit de
Roger Corman. On sait aussi et surtout que l’AIP (et
plus tard la New World Pictures, que Corman créera
après avoir quitté l’AIP, et qui deviendra
à son tour la plus importante compagnie indépendante
des années 1970) a révélé un
grand nombre d’artistes de talent dans les années
1960 et 1970. La liste est célèbre et impressionnante
: Monte Hellman, Irvin Kerschner, Francis Ford Coppola,
Jack Nicholson, Peter Bogdanovich, Robert Towne, Martin
Scorsese, Bruce Dern, Robert De Niro, Jonathan Demme, Joe
Dante, pour ne citer qu’eux.
Aujourd’hui, les spectateurs amateurs
de fantastique ont parfaitement connaissance de l’impressionnante
série de films réalisés par Roger Corman
adaptés d’Edgar Allan Poe. De La Chute
de la Maison Usher (1960) à La Tombe de
Ligeia (1964), en passant par La chambre des tortures
(1961), L’enterré vivant (1962), Tales
of Terror (1962), Le Corbeau (1963) ou Le
Masque de la mort rouge (1964), ces productions révèlent
un réel sens de l’esthétisme gothique
et une intelligence dans les scénarios (même
si l’œuvre de Poe y est parfois maltraitée),
ainsi qu’une ingéniosité visuelle confinant
à de la poésie. Grâce à l’une
des fonctions nobles du support DVD, qui est la redécouverte
d’un patrimoine cinématographique rare et pittoresque,
voilà que nous pouvons accéder cette fois
aux premiers films de Roger Corman et se rendre compte ainsi
de l’évolution du réalisateur/producteur
au fil des années. On ne cachera pas que ces courtes
œuvres se signalent par un visuel fauché des
plus remarquables ainsi que par un sens du ridicule parfaitement
assumé. Mais la vision de ces films, parfois ingénieux
dans la manière de composer avec leur moyens de production
très limités, peuvent également procurer
un certain plaisir pour tout amateur de cinéma.
Teenage Caveman est l’exemple
type de ces petites productions qui n’ont pour autre
ambition que de faire passer un bon moment, sympathiquement
enfoncé dans son siège de voiture en bonne
compagnie. On y voit des hommes et des femmes des cavernes
bien coiffés et parlant un anglais parfait (d’ailleurs
le film est assez bavard) qui déambulent autour d’un
décor désertique et montagneux. Les comédiens
principaux sont assez limités dans leur expression
et les figurants, quant à eux, ont l’air de
se demander ce qu’ils peuvent bien faire là.
Le personnage principal, censé être adolescent,
est interprété par le jeune Robert Vaughn
(25 ans à l’époque), futur justicier
dans les célèbres Sept Mercenaires
(1960) de John Sturges ou partenaire de Steve McQueen dans
Bullit (1968) de Peter Yates, mais surtout connu
pour son rôle d’espion Napoleon Solo dans la
série Des agents très spéciaux
(The Man from U.N.C.L.E). Les personnages se réduisent
en fait à des archétypes plutôt primaires
: le jeune homme, la jeune femme, le vieux chef, le sorcier,
le méchant, le clan. Le jeune Vaughn, sur le point
de devenir un adulte selon les rites de la tribu, préfère
se rebeller et contester les règles du clan. Seul
ou avec quelques compagnons de son âge, et au terme
de ses pérégrinations hardies dans un territoire
défendu, théâtre d’affrontements
avec des bêtes préhistoriques (en fait des
stock shots empruntés à un autre film) et
avec un monstre mystérieux (au costume ridicule),
il apparaît comme le nouveau messie annonciateur d’un
futur débarrassé de tout archaïsme bigot.
Voilà donc un discours séduisant
pour tout adolescent (le spectateur visé par le film)
qui se construit en opposition avec les valeurs et les règles
imposée par ses parents. Corman, grâce à
un twist final (que l’on ne révélera
pas), se permet également une critique (légère)
de la nature humaine et de son expansion, se faisant bizarrement
le précurseur d’un célèbre film
d’anticipation de 1968 ! Malgré un ensemble
plutôt faible, Teenage Caveman, dont le titre
fut imposé par AIP (Roger Corman l’avait nommé
Prehistoric World), se distingue par un prologue
intéressant qui, grâce à des peintures
et gravures murales et à des animations élémentaires
soutenues par une voix off grave, parvient à palier
joliment les carences budgétaires (dix jours de tournage
pour un budget de 100.000 dollars) en créant un climat
étrange. On remarquera aussi la qualité de
l’éclairage en intérieurs nous faisant
regretter que le film se déroule majoritairement
dans des extérieurs plutôt mal exploités
(surtout que les personnages parcourent sans cesse les mêmes
endroits lors de déplacements décidément
bien répétitifs).
Viking Women and the Sea Serpent
était de son côté un projet ambitieux
pour Roger Corman qui désirait en faire un film important.
Devant les croquis séduisants dessinés par
le spécialiste des effets spéciaux Jack Rubin,
le réalisateur s’emballa et s’imagina
tourner une œuvre épique. Mais il déchanta
très vite devant le ratage total des effets spéciaux
censés représenter un monstre effrayant et
gigantesque. Sans oublier le somptueux Drakkar devenu une
simple chaloupe maladroitement travestie en navire viking.
Pour finir, Corman se désintéressa du scénario
dont il se rendit compte assez vite de la vacuité
et des incohérences.
Comme un classique film d’aventures
propice à l’imagination débordante,
le film s’ouvre sur un livre brodé à
l’effigie d’un Drakkar qui découvre ses
pages sur le titre et le générique. La voix
off présente l’intrigue et nous promet un voyage
épique. Le titre d’ailleurs est plutôt
grandiloquent (à l’exemple de la musique, une
soupe plutôt indigeste…): The Saga of the
Viking Women and their Voyage to the Waters of the Great
Sea Serpent ! Ce fameux grand serpent se révèlera
complètement ridicule et sa présence à
l’écran se fera d’ailleurs plutôt
rare (principalement en conclusion). En guise de voyage
mouvementé, nous aurons droit à des transparences
bien visibles, à des stock shots d’un requin
moyennement agressif et à un "vortex" maritime
prétexte à plusieurs faux raccords. On peut
encore énumérer des comédiens aussi
fades que la blondeur de leurs cheveux teints (exception
faite d’un Jonathan Haze sautillant, mais aussi crédible
en Viking que Joe Pesci en Gengis Khan), des figurants aussi
motivés que le serpent en plastique et des combats
dans lesquels les coups sont portés avec l’adresse
d’un éléphant. Reste tout de même
le plaisir de voir déambuler de belles et sculpturales
jeunes femmes, sexys en diable dans leur accoutrement de
femmes vikings (on relèvera une de fois de plus le
célèbre cliché de la brune vénale
face aux gentilles blondes). Et Roger Corman a l’intelligence
de les mettre en valeur. On remarquera également
le soin porté à la décoration des décors
intérieurs (relativement au budget modeste du film).
Le film est court et les filles sont jolies, n’est-ce
pas une raison suffisante de découvrir ce film pourtant
sympathiquement raté et quelque peu mollasson ? Le
cinéphile curieux trouvera peut-être aussi
son compte en visionnant les premières réalisations
de celui qui s’illustrera plus tard avec ses magnifiques
adaptations des œuvres de Edgar Allan Poe et avec des
films de gangsters iconoclastes comme Mitraillette Kelly
(1958), L’affaire Al Capone (1966) et Bloody
Mama (1970), tout en changeant à sa manière
le paysage hollywoodien.
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Image
: Avant l’envoi des deux films, l’éditeur
prévient que, malgré l’effort consenti
pour la restauration, il subsiste quelques défauts.
Le début du métrage comporte pas mal de poussières,
de rayures et de points blancs. Heureusement, ces problèmes
techniques s’amenuisent par la suite. La compression
est d’assez bonne tenue bien qu’aléatoire
(des plans en mouvement font apparaître de la rémanence).
L’image est surexposée (cela se voit surtout
sur les extérieurs) et manque singulièrement
de contraste. La définition, de son côté,
varie selon les plans. Cependant ces défauts semblent
plutôt provenir des conditions de tournage que du
travail effectué par l’éditeur. Pour
un film d’une telle rareté, le rendu final
reste de qualité. Pour finir, une question se pose
: l’image serait-elle légèrement zoomée
? En effet, les personnages évoluant en bord cadre
ont régulièrement le visage coupé.
(Teenage Caveman)
Viking Women and the Sea Serpent semble un peu
plus épargné que Teenage Caveman.
Si l’on observe toujours des poussières et
des points blancs (surtout visibles sur les scènes
de nuit, la pellicule semble plus propre. La compression
est moins maîtrisée (on observe régulièrement
un phénomène évident de rémanence)
mais les contrastes sont un peu mieux gérés
(à ce niveau, la qualité du master reste toujours
tributaire de la photographie du film). (Viking Women
and the Sea Serpent)
Son : On
entend un léger souffle sur l’ensemble du
film. On notera aussi des variations du niveau sonore.
Mais la piste sonore reste parfaitement audible et le
film ne bénéficie pas d’effets particuliers,
le soin apporté au mixage n’étant
pas la marque de ce type de production. (Teenage Caveman)
Un léger souffle continu et un son un peu étouffé.
Cependant les voix restent claires, même si l’on
doit toujours déplorer un manque de dynamique dont
la principale victime reste la musique, ce qui est peut-être
un mal pour un bien… (Viking Women and the Sea
Serpent)
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Dès
l’insertion du disque, on est amené à
choisir entre les deux films. Les différents menus
sont sonores et musicaux. Ils bénéficient
d’un design séduisant, respectant l’esprit
des films présentés. Il en va de même
pour les transitions bleutées et sonores qui nous
font circuler entre les menus.
Pour chaque film, le chapitrage est musical et comporte
12 vignettes animées réparties sur 3 pages.
Les suppléments
comportent :
A propos du film
: pour chaque film, un texte déroulant qui fournit
quelques renseignements sur les conditions de production
et de tournage
Galerie de photos : 1 affiche et 6 photos
(pour Teenage Caveman), 1 affiche et 8 photos
(pour Viking Women and the Sea Serpent)
Biographie et filmographie
de Roger Corman sous la forme d’un texte déroulant
Biographie et filmographie
(sélective) de Robert Vaughn sous la forme de textes
déroulants
Série Roger Corman : l’éditeur
propose de courts extraits des 7 films de sa collection
Série Mario Bava : il s’agit
de bandes annonces des trois films de Mario Bava édités
par One Plus One (en collaboration avec Mad Movies), Une
hache pour la lune de miel (1’34’’),
Lisa et le Diable (1’35’’)
et Baron Vampire (1’50’’).
- Un court métrage (20’38’’)
: De la confiture au cochons (1999) de Frédéric
Jolfre. Un petit film français sympathique et techniquement
irréprochable qui marie de jolie manière
fantastique et humour. C’est une bonne idée
de la part de One Plus One que d’offrir un espace
à un court métrage, permettant ainsi à
son auteur de se faire connaître.
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