
Réalisation,
Scénario, Montage :
Russ Meyer
Avec : Shari Eubank, Charles Napier,
Charles Pitt, Ushi Digart
Musique :William Loose
Photographie : Russ Meyer
Un film : RM Film International
USA – 1975 – 106’ |

Zone
2 - DVD 9
DVDY
Format : 1.33 4/3
Langues : Français, Anglais mono
d’origine
Sous-titres : français
Chapitrage, Menus fixes et muets |


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Chroniqués
par DvdClassik :
Pas d'autre film à ce jour
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Clint, un jeune pompiste injustement accusé
du meurtre de sa femme Super Angel, est contraint de prendre
la route poursuivi par un flic hyper violent, et est confronté
à une série de péripéties toutes
plus extravagantes les unes que les autres qui mettent en
scène tout ce que le pays compte de créatures
affriolantes et de personnages hauts en couleurs. |
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D’abord
engagé dans l’armée américaine
pendant la Seconde Guerre Mondiale où il officie
en tant que caméraman, Russ Meyer se fait connaître
en filmant des évènements importants comme
le Débarquement allié entre autres. C’est
à la même époque, que ce natif de Oakland
en Californie où il vit le jour en 1922, fait part
de son désir de cinéma et de sa volonté
de mettre en scène ses propres longs-métrages.
Mais il lui est alors impossible de réunir les fonds
nécessaires à une telle entreprise et pour
se rattraper de ce premier échec et de cette première
déception, il s’engage chez Playboy en 1954
pour réaliser des portraits de nu plutôt soft.
Crée en 1953, par Hugh Hefner, le mensuel, dont la
couverture est ornée d’un lapin en effigie,
est un tremplin et lui permet de faire ses premières
armes dans la presse de charme à laquelle il n’était
pas prédestiné. Il réalise alors les
"centerfolds" , c’est-à-dire les
pages centrales du magazine qui servent en général
de poster. Ceux-ci mettent en valeur le physique des Playmate.
Marylin Monroe fera d’ailleurs partie des plus célèbres
d’entre elles. C’est souvent une rampe de lancement,
et une façon de faire parler de soi lorsque l’on
est une starlette qui tente sa chance à Hollywood
dans les années 50-60.
Après avoir photographié pendant quelques
années ces fameuses nymphettes photogéniques,
il tente de trouver un contrat cinématographique
lui permettant de réaliser ses rêves. Mais
il ne trouve devant lui que des portes fermées et
des "non" catégoriques. En 1957, une petite
piste lui permet d’espérer à nouveau.
Il a la possibilité grâce à un ami producteur
du nom de Peter de Cenzie - un des principaux "inventeurs"
du strip-tease de mettre en scène son premier court-métrage
qui s‘avèrera en fait être une compilation
de petites saynètes. On nage alors en pleine vague
du nudie inaugurée en 1955 par le film Garden
of Eden qui enleva la notion de "obscène"
à l’érotisme dans sa représentation
à l’écran, bouleversant ainsi le Code
Hays institué en 1931. Il tourne donc pour un budget
minime The French Peep Show, un titre plus qu’évocateur
avec dans le rôle principal une strip-teaseuse du
nom de Tempest Storm. Loin de déclencher la polémique,
ce petit film passe quasi inaperçu et amoindri la
bonne humeur du réal qui ne sait s’il va continuer
sur sa lancée, mis en branle par cette indifférence
générale suscitée à la fois
par le public et la critique. Outre son réseau de
distribution limité en nombre de copies, The
French Peep Show est un four total qui embarrasse et
démobilise le metteur en scène alors balbutiant.
Mais se mettant en tête que son film n’est peut
pas être aussi bon qu’il l’espérait,
Russ Meyer continue en tournant un an plus tard ce qui s’avère
être son premier véritable long-métrage,
le déluré et provoquant The Immoral Mr
Teas. Le film réalisé en 1959, provoque
à l’inverse de The French Peep Show
une grosse polémique à sa sortie. Auparavant
plongé dans l’anonymat total, le voilà
devenu la cible de toutes les ligues de vertu qui s’acharnent
sur le film, n’hésitant pas à le considérer
comme immoral, ce qui tombe plutôt bien pour un titre
qui en est éponyme. Il ne s’en insurge pas
pour autant, au contraire, la situation même si elle
fut difficile à gérer sur le moment lui assure
une énorme publicité et le fait
du jour au lendemain sortir de l’ombre. Plus rien
ne sera désormais comme avant avec cette première
réalisation jugée scandaleuse. Variety considère
à l’époque le film comme ‘un Monsieur
Hulot perverti’. Il est vrai que le personnage
principal lui ressemble. Un homme rondouillard qui porte
une petite barbichette et qui croise sur sa route de plantureuses
créatures, suite à l’intervention de
son dentiste qui a transformé sa perception des choses
et lui fait voir ce que personne d‘autre ne voit.
Déjà fait-il preuve d’une belle imagination
et d’un délire assumé, alors qu ‘à
l’époque le charme et les magazines qui le
vendent sont plutôt assez sages. Ici, apparaissent
des femmes aux formes hyper généreuses, premiers
symboles d’un cinéma de l’excès.
Le plus amusant étant que le Mr Teas du film s’appelait
vraiment Mr Teas et qu’il courait après tous
les jupons, réclamant des choses invraisemblables
sur le tournage, se montrant colérique et irritant.
La réalité qui rejoint la fiction en quelque
sorte. On ne peut pas vraiment lui en attribuer la paternité,
mais le réalisateur américain est en partie
l’instigateur de la sexploitation qui allait prendre
une autre dimension à partir de 1972 et d’un
certain Deep Throat de Gerard Damiano inaugurant
la vague du porno en 35mm.
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La censure est scandalisée mais le public lui fait
un triomphe. Sa carrière lancée sur un sujet
qui n’avait pas été beaucoup abordé
auparavant ( le fantasme sexuel), Meyer achève de
réaliser Lorna en 1963. Mais le film qui
accumule les clichés est décevant et sera
très vite oublié. Deux ans plus tard, poussé
par son imagination débordante et sa volonté
de créer toujours plus, il se lance dans l’aventure
de Mudhoney. Avec Lorna en préambule,
Mudhoney fait partie de la ‘tétralogie
violente’ du cinéaste, davantage axée
sur des repères familiaux éclatés,
des prises de risques, un goût de l’extrême
et de l’aventure, plutôt qu’une envie
de glorifier une forme d’érotisme prégnante
dans son cinéma des années 70. C’est
peut-être la face la plus sombre de son cinéma,
renforcée par ce noir et blanc profond et ses figures
emblématiques comme Haji, son actrice fétiche
qui tournera dans plusieurs de ses films. De même,
lorsque Motor Psycho sort en 1966, c’est
un ton encore plus sombre et désespéré
qui teinte la nature du film. Une histoire de bikers sauvages,
un chef de gang, bref des films beaucoup moins excitants
et délibérément plus agressifs sur
le plan visuel et aussi dans les thèmes abordés,
dont Faster PussyCat Kill Kill! est une
sorte d’apothéose, un film violent avec ses
courses dans le désert, son héroïne érigée
en icône quasi féministe, une forme de désespoir
mais aussi de beauté, et un final assez tétanisant.
Ce n’est qu’en 1969 qu’il prend un tournant
en embrayant avec une forme un peu plus sage, mais tout
aussi déjantée dans ses thématiques.
Vixens est le premier d’une série
de quatre films qui va s’étaler sur une durée
de dix ans, tout un pan de son cinéma, un véritable
tournant artistique. Le nudie préfigurait en 1965
ce que serait la catégorie ‘straight’,
à savoir le porno traditionnel que nous connaissons
aujourd’hui, à l’aube de la révolution
sexuelle et de la libération des mœurs, la marmite
‘Meyerienne’ est prête à exploser,
le cinéaste se révélant de plus en
plus ambitieux. Il le fait d’abord en s’associant
au scénariste et critique américain Roger
Ebert, sommité nationale, respecté et reconnu
de ses pairs, chose d’autant plus singulière
quand on lit certains de ses articles à venir, et
lorsqu’on les confronte à ce qu’il va
co-écrire avec le réalisateur de Mr Teas.
Meyer opte pour la "sacralisation" du cadre au
travers de son film Beyond the Valley of Dolls,
son
plus abouti du point de vue formel, utilisant pour la première
fois le Scope, le 2.35 qu‘il délaissera par
la suite. Le film met en scène Charles Napier aussi
surnommé ‘Square Jaw’ , qui pourtant
tient ici un rôle très mesuré. Si Beyond…
est très beau et très réussi pour son
visuel, son montage et son trio d’actrices, il est
aussi un des plus atypiques, et un des moins passionnants
qu’il ait tourné. Une relative déception
qui n’empêche pas le film d’être
le plus gros succès commercial du réalisateur
à l’époque et pour tout le reste de
sa carrière à venir, car il ne le réitèrera
pas de façon aussi prodigieuse.
Plus de cinq ans après, à 53 ans, il décide
de réaliser entre deux films qui appartiennent à
la même série, celui qui est aujourd’hui
encore, le plus abouti, le plus frénétique,
le plus drôle, celui qu’on peut aisément
qualifier de film-somme, d’œuvre clé.
Il s’occupe de la partie technique et financière,
il produit, écrit, réalise et monte le film,
s’octroyant le contrôle total de son œuvre.
Emblématique de toute une époque, Supervixens
est l’aboutissement de sa carrière et est devenu
un film culte, ouvrant parfois pour certains festivals.
Les thématiques récurrentes, obsessionnelles
explosent littéralement à l’écran
: libération des mœurs et de la sexualité,
vitesse, etc.. Tous ses fantasmes réunis pour le
meilleur. Les créatures qui hantent la pellicule
sont des femmes superbes et plantureuses qui derrière
une sexualité débordante cachent une nature
plus complexe qu’à l’accoutumée.
L’obsession mammaire qu’a toujours porté
Russ Meyer est ici poussée à son paroxysme,
bien aidée il est vrai par les poses lascives des
actrices qui n’hésitent pas à mettre
leurs charmes en avant.

A l’inverse des films des années 60, Supervixens
est une œuvre chaleureuse, érotique, sulfureuse,
osée, qui appelle au désir de la chair et
non plus à une forme de revanche des femmes sur les
hommes. Les hommes sont ici catapultés objets de
désir, inversant ainsi le stéréotype
féminin, bien que toutes les femmes du film soient
magnifiques, désirables et séductrices, voire
vamps. Elles ne se laissent vraiment pas faire, rendant
aussi ridicule que datée l’expression ‘sexe
faible’. Leur force vient non seulement de leur caractère
en acier mais aussi de leur volonté de jouir de leur
liberté, de leur sexualité bouillonnante et
de leurs fantasmes. A côté les hommes paraissent
bien tièdes, et Meyer se moque de tous ces messieurs
qui ne savent pas répondre aux attentes féminines,
lesquelles sont la cause de bien des problèmes. Figure
d’un certain cinéma d’exploitation qui
alimentait les salles de quartiers aux côtés
des films
d‘horreur, des pornos et du bis italien, Supervixens
est à la croisée de plusieurs univers
cinématographiques : il convoque à la fois
Tex Avery et le classicisme hollywoodien dans son rapport
à une Amérique profonde, à un décor
de western. Ici sont poussés dans leurs retranchements
les notions de montage et de découpage que Meyer
dynamite à l’envie pour créer son propre
langage ou plutôt le perfectionner de façon
plus subtile qu’elle n’apparaît de prime
abord avec un cadrage hors du commun. Il se plonge aussi
dans la Mythologie américaine plus qu’il ne
l’avait jamais fait auparavant.
Alors qu’il réalisait Mondo Topless
dans les années 60 ( nom qui donnera naissance à
un genre de cinéma très confidentiel, appelé
le Mondo), il a aussi mûri, pour aboutir à
des films dont la forme possède une profonde analogie
avec le récit et pas ou plus seulement une exploitation
frontale de l’érotisme sans autre décor
que celui du sexe. C’est en cela qu’il n’a
jamais réalisé la moindre œuvre classée
X pour la simple et bonne raison qu’il s’arrête
tout le temps à la suggestion, en filmant les ébats
avec un angle qui empêche de voir les organes sexuels,
ne franchissant pas la frontière qui sépare
l’érotisme du porno, représentation
du sexe non simulé: « Le hard n’est pas
à mon goût, il ne laisse pas de place à
l’imagination. De plus les filles sont plutôt
plates » disait-il.
Contrairement à Beyond the Valley of Dolls, Supervixens
peut choquer par son format carré et très
télévisuel, son image quelque peu poussiéreuse.
Mais le film commence sur les chapeaux de roue avec une
scène d’ouverture mémorable qui se termine
sur un montage parallèle osé. Pratiquement
tout le cinéma du réalisateur résumé
en dix minutes, entre l’arrivée de la Vixen
Super Lorna et la prise de bec au téléphone
avec Super Angel, avec un découpage hystérique
mais néanmoins lisible qui aligne pas moins de vingt
cuts entre les plans qui doivent durer quelques secondes
et correspondent parfaitement aux idées et aux émotions
contrad ictoires
des personnages. Un montage d’autant plus percutant
qu’il renseigne sur les futurs enjeux de l’histoire
et ce dès les premières secondes du film.
Le caractère elliptique de cette séquence
ne doit pas faire oublier la maestria du réalisateur
qui innove en terme de cadrage avec le plan en contre-plongée
du téléphone ou les gros plans sur les yeux
et les seins de Super Angel (doublée à l’occasion
par la voix française de Loïs du film Superman
de 1978) et Super Lorna (qui orne la jaquette du film),
objet de désirs qu’on aurait du mal à
réprimer…
Là où le film tient une force d’évocation
phénoménale et dérive vers la bande-dessinée
ultra-violente, c’est quand apparaît le personnage
odieux de Harry , flic frustré et teigneux qui en
veut au monde entier incarné par l’inoubliable
Charles Napier, figure du cinéma d’exploitation
des 70’s qui trouve ici un rôle d’anthologie.
Foncièrement crétin, il s’en prend à
Super Angel dans une scène mémorable où
le sentiment de drôlerie le dispute à une ironie
grinçante. Clint est incapable de satisfaire les
bes oins
sexuels colossaux de Super Angel qui s’ennuie de son
pompiste qu’elle croit volage et tombe dans les bras
d’un flic qui ne peut rien faire pour elle. L’énormité
de la situation est due à ce plan inouï du sexe
démesuré de Clint qu’elle ne parvient
pas à exciter. Tout l’art de la démesure
de Russ Meyer en un pur concentré comique. La suite
est beaucoup plus terre-à-terre avec un duel d’anthologie
qui se termine par le meurtre atroce dans la baignoire.
Après avoir ri aux éclats on rit jaune, et
l’on ne peut que se mettre à dos ce personnage
de teigne qu’incarne avec une sauvagerie incroyable
ce cher Charles Napier doublé pour l’occasion
par la voix française de Kojak.
Bien sûr les aventures toutes plus rocambolesques
les unes que les autres ne font que commencer pour Clint,
entre une tentative d’auto-stop qui s’avèrera
dangereuse, des ennuis avec un fermier et sa femme nymphomane,
et autres péripéties, parfois absurdes, parfois
romantiques, parfois surréalistes, qui font penser
à du Tex Avery live ayant la forme d‘un road-movie.Le
rôle de Clint étant celui d’un type confronté
à de réelles énormités , à
des situations où il doit tout le temps se justifier,
prouver son innocence et sa bonne foi ce qui donne lieu
à quelques fous rires assurés lorsqu’on
pense que le désir vient des femmes qui demandent
à être sollicités plutôt que des
hommes qui sont ici dans la grande majorité des cas
des victimes, incapables d’être soit à
la hauteur soit de bons amants, y compris de passage. Le
récit se base essentiellement sur ces contradictions
et ces oppositions de formes et de sujets : amour/haine,
désir/répulsion, vitesse/lenteur, simplicité/complexité,
pardon/vengeance, scope/format carré même si
cette dernière association n’a qu’une
valeur esthétique et ne peut être un jugement
général.
Le côté "énorme" des situations
est aussi amené par les musiques en décalage
total avec ce qu’elles soutiennent, de même
que certaines réactions sont imprévisibles
et offrent donc des degrés de lecture intéressants
entre le premier et le second degré qu‘on devine
assumé. Cependant le scénario qui apparaît
linéaire de prime abord est en fait plus complexe
que cela et aborde une variation fantastique dans sa dernière
partie avec le thème du fantôme et du revenant,
et tranche de façon plutôt radicale avec le
reste et la première
partie, plus joyeuse, plus hédoniste. Dans les dernières
séquences une certaine poésie traverse même
les images, comme celles du couple marchant sur la route
main dans la main, ou le regard plein de compassion de Super
Angel lorsqu’elle s’adresse à Clint avant
de rentrer prendre les commandes dans le bar. De très
beaux moments qui montrent un réalisateur moins alerte
à scandaliser ou à provoquer le spectateur
et lui donne la possibilité de s’émouvoir
de la façon la plus simple. D’un autre côté,
Russ Meyer se lâche complètement dans la dernière
séquence du film, pur exemple d’humour ravageur,
pied de nez à la moralité, qui explose les
conventions qu’elles soient cinématographiques
ou comiques : la cohérence importe peu même
dans les faux-raccords et il ne s‘en prive pas pour
en abuser entre deux hurlements et insultes. Une séquence
d’anthologie, parmi les plus marquantes de sa filmographie
avec un final célébrant de façon peu
conventionnelle l‘amour en plein air.
Supervixens bien que possédant un charme fou
et un côté très attractif par la démesure
et la folie de son propos, n’est pas parfait ; il
a notamment quelques problèmes de rythme, et aurait
gagné à avoir dix ou quinze minutes de moins.
Mais la manière avec laquelle s’enchaînent
les petites histoires qui s’entremêlent les
unes aux autres sans laisser le spectateur sur le côté
de la route force le respect. On sent un vrai plaisir, une
vraie jubilation parfois dans les gros plans qu’orchestrent
Russ Meyer sur l’anatomie plu s
qu’avantageuse de ses actrices, c’est une manière
de leur rendre hommage tout en n’hésitant pas
à rappeler à celle ou celui qui regarde le
film que l’on sait pourquoi on est là et ce
que l’on regarde, et qu’au cas où l’on
ne comprendrait rien à cette histoire, à cette
débauche de gags et de quiproquos, à ce rythme
de fou, à cet univers si particulier, si atypique,
personne ne doit se sentir coupable de ne pas adhérer.
On peut trouver en effet ce film chiant et poussif, calculateur
dans ces effets. Ou le prendre au second, voire au troisième
degré, pour ce qu’il est, une pure farce, une
comédie de mœurs déjantée et parodique
venant de la part d’un homme qui aime les femmes et
les filme comme un amoureux espiègle et complice.
Il s’agit aussi d’un film qui est entre deux
périodes, à la fois ancré dans le milieu
des années 70 et faisant l’articulation autour
de deux autres films qui seront moins brillants que celui-là
: Megavixens et UltraVixens. C’est
d’autant plus vrai quand on regarde le film en VF,
car c’est dans ce doublage que le côté
désopilant du film surgit encore davantage, dans
la transcription de certains effets, dans le léger
décalage entre le mouvement des lèvres et
le son qui en sort, toujours une demi-seconde en retard,
l’aspect outrancier qui peut être donné
au personnage du conducteur de la voiture, que l’on
pourrait surnommé "Mister Bright", dans
l’effet comique provoqué par la signification
des mots dans certaines circonstances qui résonnent
autrement moins bien en V.O. On pourrait alors rapprocher
ce genre de doublage d’une autre catégorie
de film, qui cette fois enfonce toutes les portes, celle
du nanar, où la VF joue beaucoup dans le désamorçage
de scènes dramatiques doublées de façon
hyper approximative ou au contraire très emphatique,
provoquant le rire, un rire souvent déclenché
par des séquences involontairement drôles.
Supervixens est un cocktail réussi, parfois
délirant, de sexe, de violence et d’amour.
L’un des derniers films aussi qu’il ait réalisé,
quatre ans le séparant de UltraVixens qui
annonce le crépuscule d’une carrière
entamée sur les chapeaux de roue. Du cinéma
bis dans ce qu‘il a de plus explosif, du pur Russ
Meyer en définitive…
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L’image
: Il ne fallait pas s’attendre à des miracles
mais il s’avère quand même rageant d’avoir
affaire à une image aussi médiocre, et qui
accuse le coup des années. La pellicule est sans
cesse griffée par des tâches, des points blancs
innombrables qui dépassent largement en nombre la
durée du film. La compression est très hasardeuse,
une constante impression de tremblement affectant le haut
et le bas de l’image. Les arrières-plans sont
souvent flous. Le format carré du film ne parvient
pas à sauver la colorimétrie qui s’avère
quelque peu faiblarde, et si la luminosité est parfois
probante sur certains plans, on est pas loin de l’image
d’une VHS sans les lignes horizontales ceci dit. Le
grain d’origine est aussi présent mais cela
n‘est pas plus mal. Bref une image qui aurait eu besoin
d’être un minimum dépoussiérée
et nettoyée et qui compte beaucoup de défauts,
inhérents à l’âge certes (mais
des restaurations de films de la même époque
offrent des transferts impeccables), mais aussi à
un master indigne d’un tel support. Proposé
pour un prix modique défiant toute concurrence, le
DVD de DVDY est décevant, mais pose un dilemme :
peut-on se priver d’une œuvre si culte malgré
un résultat visuel si médiocre ?
Le son : On retrouve les mêmes problèmes
que pour l’image, avec un son mono d’origine
qui crachouille en V.F, et portant un souffle persistant
et continu tout le long du film et une V.O qui n’est
pas plus énergique. La bande-son du film qui a des
accents country n’en profite donc pas, la majeur partie
de la localisation se trouvant à l’avant dans
les enceintes frontales. Il est à signaler la présence
de "trous sonores" au moins une fois dans le film
au moment où les personnages parlent et qui laissent
un blanc dans la bande-son pendant un dixième de
seconde. Cela participe au charme du film, mais montre aussi
un problème venant soit de la pellicule d‘origine,
soit du pressage du DVD.
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Un menu fixe et muet, un visuel d’un certain mauvais
goût accompagnent le lancement du DVD, avec en surimpression
les images de Super Lorna et Super Angel. Le menu qui
présente une interactivité restreinte propose
:
Un clip qui est un montage de différentes
séquences choisies dans la filmographie de Russ
Meyer accompagné d’une musique assez rock’n’roll
dans l’esprit des productions du roi de la série
B, d’une durée assez courte mais mettant
l’eau à la bouche pour celles et ceux qui
sont curieux de découvrir ou d’aller plus
loin dans son cinéma
Une filmographie assez exhaustive qui
recense les principales œuvres du cinéaste
de The Immoral Mr Teas à Ultravixens
Une petite biographie assez succinte
Une Interview donnée en 1998 au
journal Vidéo 7 qui avait fait un article
de deux pages sur Russ Meyer dans son numéro de
juillet/août de la même année
L’univers de Russ Meyer, qui est
un quizz donnant les réponses de quelques questions
posées sur l’univers du réalisateur
Enfin les critiques françaises,
parues dans quelques quotidiens et mensuels, datant pour
la plupart de l’Eté 98.
Une édition décevante
pour son contenu et son image, mais qui propose un film
incontournable pour les amateurs de curiosité.
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