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Réalisé par Ray Enright
Avec John Wayne, Randolph Scott, Marlene Dietrich, Harry Carey
Scénario : Lawrence Hazard
& T. Reed
Musique : Hans Salter & C. Prévin
Photographie : Milton Krasner
Un film Universal
USA - 83 mn - 1942
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Universal
83 mn
Zone 2 et 4
DVD5
Format cinéma : 1.33
Format vidéo : 4/3
Noir et blanc
Langues : Anglais / Français / Allemand / Italien / Espagnol
en Dolby Digital 2.0
Sous titres : Français / Anglais / italien / Espagnol / Arabe
/ Hollandais / Hébreu / Portugais / Danois / Finlandais /
Suédois / Norvégien / Allemand / Russe / Turc / Grec
Mono d’origine
Chapitrage animé |


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1900 : Nome (Alaska), en plein boom de la ruée vers
l’or. De prétendus agents du gouvernement
font régner la loi dans la région en spoliant
les chercheurs d’or ; le vol de concessions sous
couvert juridique va bon train. Les petits propriétaires
décident alors de s’associer à Glennister
(John Wayne), détenteur d’un des plus gros
gisements de la région, pour contrer les ‘écumeurs’ menés
par Alexander McNamara (Randolph Scott), pourtant commissaire
aux mines. Avec l’aide d’un juge véreux,
McNamara essaie de s’approprier les terrains aurifères
les plus juteux dont le filon découvert par Glennister.
Ce dernier, trompé par ses adversaires, perd le
bénéfice de ses parts et est envoyé en
prison. Au milieu de tous ces imbroglios, on trouve Cherry
Malotte (Marlene Dietrich), patronne du saloon, tiraillée
entre la jalousie de voir son amant Glennister reluquer
la nièce du juge, l’amour intense que lui
porte le croupier (Richard Barthelmess) et la tentative
de séduction du peu recommandable McNamara. Elle
finira par aider Glennister à contrecarrer les
sombres complots du fonctionnaire malhonnête en
jouant de ses charmes pour neutraliser ce dernier. |
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Même
si Les écumeurs date seulement de 1942,
il n’en
est pas moins la 4ème adaptation d’un célèbre
roman de Rex Beach publié en 1906. La première
avait vu le jour en 1914 et William Farnum (qui joue
le juge véreux dans la version Enright) tenait
alors le rôle de Glennister. En 1930, c’est
au tour de Gary Cooper d’endosser le rôle
du mineur et une dernière version sera tournée
en 1955 par Jesse Hibbs, le trio Malotte/Glennister/McNamara étant
cette fois interprété par Ann Baxter, Jeff
Chandler et Rory Calhoun. Mais le western couronné de
succès de Ray Enright demeure encore aujourd’hui
la version de référence pour cette histoire.
Il fait partie de ce courant "westernien" faisant
se dérouler ses intrigues à l’époque
de la ruée vers l’or, signifiant une limite
géographique se situant au Nord-Ouest des USA,
au Klondyke plus particulièrement. Dès
1925, dans La ruée vers l’or, Charlie
Chaplin pose les bases de ces "Northern western" en
décrivant de façon inoubliable la faune
grouillante s’étant établie dans
ces terres froides : ses chercheurs d’or avides,
ses hommes de loi véreux, ses saloons débordant
de vitalité, de filles et de violence… Ce
sont surtout dans les années 40, plus particulièrement à la
RKO et à la Republic, que l’on verra fleurir
les westerns narrant avec nonchalance, sans jamais se
prendre vraiment au sérieux, les problèmes
opposant les mineurs aux "spoilers" mais
c’est Anthony Mann qui nous offrira en 1954 le
plus beau fleuron du "goldrush western" avec
son sublime et inoubliable Je suis un aventurier (The
far country).
Les écumeurs ne saurait soutenir la comparaison
avec le film de Anthony Mann mais il faut le visionner
en connaissance de cause : comme la plupart des westerns
de l’époque, il n’a pas d’autres
prétentions de départ que de divertir et
il faut bien avouer qu’il y réussit très
bien. Mais le film se révèle surtout un formidable
véhicule pour ses trois têtes d’affiche.
Pour son 80ème film, John Wayne venait pour la seconde
fois soutenir la carrière, chancelante à l’époque,
de Marlene Dietrich. Très à son aise dans
la peau de cet aventurier un peu lourdaud, il arrive pourtant à être éclipsé par
ses deux partenaires. Randolph Scott, jusqu’à présent
confiné la plupart du temps dans la comédie,
commence ici à jouer du revolver mais il se trouve
alors encore du mauvais côté de la barrière
; il se sort avec les honneurs de son rôle de"‘bad
guy", son sourire et son aisance faisant merveille.
Il peut en tout cas remercier Ray Enright, le premier à avoir
façonné les contours de son mythe et grâce à qui
il deviendra le cow-boy le plus prolifique du western parlant,
bien devant John Wayne ou Gary Cooper. Boetticher assiéra
définitivement l’acteur et Peckinpah lui fera
cadeau en 1962 de son plus beau rôle dans son chef-d’œuvre
crépusculaire Coups de feu dans la Sierra.
Mais
Les écumeurs demeure avant tout un film dans
lequel Marlene Dietrich brille de tous ses feux. "Tu
serais belle même dans un sac de jute" lui
rétorque à un
moment donné Wayne/Glennister. Il s’agit du
second rôle de Marlene en tant que "saloon
gal". Après l’avoir été dans
Femme ou démon (1939) de George Marshall
où elle
avait pour partenaire le tout jeune James Stewart, elle
restera comme l’inoubliable Altar Keane dans le western
baroque de Fritz Lang, L’ange des maudits (Rancho
Notorious) en 1952. Belle, enjôleuse, joviale,
indépendante, énergique,
boudeuse, difficile à conquérir, elle impose
ici la vision archétypique de ce genre de personnage
dans le western, la femme à la fois forte et frivole.
Dans la peau de cette "lady" à la moralité pas
tout à fait irréprochable mais au cœur
grand comme ça, l’actrice se fait plaisir
et monopolise le film, ses partenaires et les spectateurs.
Le port altier, se déplaçant nonchalamment
aux milieux des rues boueuses du Klondyke, elle attire
tous les regards et attise tous les désirs. Toujours élégamment
vêtue de robes façonnées sur mesure,
elle est en outre magnifiquement et amoureusement photographiée
et il ne fait pas de doutes que le héros ne pourra
que tomber dans ses bras plutôt que dans ceux de
la trop sage et réservée Margaret Lindsay,
d’autant plus que cette dernière se révèle
in fine faire partie du gang des écumeurs. En conclusion,
même sans être fan de ce genre de films, la
prestation de Dietrich ne pourra que séduire le
plus grand nombre surtout que les dialogues qui lui sont
confiés sont remplis de sous-entendus. Par contre,
il faut prévenir les amoureux de la "chanteuse
Dietrich" qu’elle ne pousse ici à aucun
moment la chansonnette.
Toujours par sa distribution, ce
western de série
nous propose d’autres occasions de nous réjouir
: nous avons la chance de trouver parmi les seconds couteaux,
deux acteurs bien oubliés de nos jours. Tout d’abord,
le sympathique Harry Carey, ici l’associé de
John Wayne, vieux cow-boy philosophe n’arrivant pas à dompter
son fusil "‘Betsy" qui tire sans prévenir
; il fut l’acteur fétiche de John Ford et
second rôle mémorable dans L’ange
et le mauvais garçon de James Edwart Grant
; son duo avec John Wayne dans le film de Ray Enright préfigure
celui tenu par James Stewart et Walter Brennan dans le
déjà cité Je
suis un aventurier. Puis Richard Barthelmess et son
air de chien battu, amoureux transi de Marlene Dietrich
et
qui n’hésitera pas à faire accuser
de meurtre son rival en amour. Ceux qui connaissent cette
merveille du 7ème art qu’est Seuls les
anges ont des ailes de Howard Hawks savent quel très
bon acteur il était. Le poète Robert Service,
auteur de The shooting of Dan McGrew (dont
Tex Avery s’inspirera pour un de ses chefs-d’œuvre
avec The Wolf et Droopy) vient même faire
une apparition "private-joke" dans
le courant du film.
Avec un postulat de départ convenu, des situations
courantes et sans grandes originalités, comme on
peut s’en douter, le film ne cherche pas à délivrer
un quelconque message ; il s’agit là, comme
nous l’avons déjà signifié,
de pur divertissement mené de main de maître
par un artisan qui a du métier, le réalisateur
Ray Enright, surtout célèbre pour avoir dirigé Rintintin
et des chorégraphies de Busby Berkeley. Ces westerns
de série B sont assez cotés et possèdent
surtout un rythme vigoureux et trépidant : Du
sang sur la piste (1947) et Far West 89 (1948)
sont deux des westerns les plus rapides et nerveux que
j’ai pu
voir. Enright ne s’embarrasse d’aucune psychologie
ou bavardage mais va de l’avant avec une célérité étonnante
même si au début des années 50, il
commence à s’essouffler (Montana avec
Errol Flynn traîne un peu la patte). Les écumeurs,
réalisé bien avant et avec beaucoup plus
de moyens, possède les mêmes qualités
: film efficace, enjoué, d’une belle vitalité et
plein d’humour, il nous gratifie en outre d’une
des scènes de pugilat les plus spectaculaires du
cinéma. Une science du découpage étonnante
et une caméra très légère font
de cette scène justement célèbre un
must pour les amateurs. Les deux acteurs principaux restent
crédibles tout du long malgré la présence
de deux cascadeurs, ce qui prouve la brillance du montage
de Enright et de ses techniciens. Enfin, ce "western" nous
propose aussi quelques fulgurances et autres superbes plans
comme celui qui ouvre le film nous faisant voir un train
arrivant au milieu de la ville aux rues boueuses grouillantes
d’un monde bigarré.
Devant l’immense succès du film, le trio
Scott/Wayne/Dietrich se reforme sous la direction de Lewis
Seiler et cela donne Pittsburgh (La fièvre de l’or
noir) la même année, film encore plus tourné vers
la comédie. Pour nous, spectateurs d’aujourd’hui,
amateurs de films de série, c’est avec un
immense plaisir que nous redécouvrons Les écumeurs,
film gentillet, pas inoubliable mais qui a le mérite
de faire passer un bien agréable moment, les lacunes
du scénario étant palliées par l’inattaquable
métier du réalisateur.
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Tout comme la plupart des autres westerns de la dernière
fournée Universal Picture, le menu et le chapitrage animé se déroulent avec, en arrière
fond, une insupportable musique country d’aujourd’hui,
peu appropriée au film. Passé ce problème
mineur, nous nous trouvons encore une fois devant une copie non nettoyée, constellée de points blancs,
griffures, zébrures et autres artefacts. Mais heureusement,
l’essentiel est sauf : malgré sa saleté,
l’image est très belle. Le noir et blanc est
magnifiquement contrasté et nous ne rencontrons
que très peu de problèmes de définition
ou de compression ; les extérieurs ne nous imposent
pas de fourmillement intempestif et les scènes nocturnes
sont excellemment bien rendues, le noir de la nuit étant
très profond. Un bon point donc pour la photographie
de Milton Krasner qui trouve ici un bel écrin.
Côté son, nous n’avons pas grand
chose non plus à déplorer : un mono d’origine
de belle tenue, clair et peu parasité par un souffle
inconvenant. A signaler que la version française,
qui a du être refaite récemment, est absolument
abominable : nous avons l’impression d’entendre
un mauvais sitcom (pléonasme peut-être)
sans aucuns bruits d’ambiance.
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Amateurs de bonus, vous pouvez encore verser quelques larmes même
si l’essentiel est sauf, un film assez bien restitué malgré la
saleté du master proposé.
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