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Réalisé par Jules Dassin
Avec Jean Servais, Carl Möhner,
Robert Manuel, Janine Darcey, Robert Hossein & Jules Dassin.
Scénario : Jules Dassin, en
collaboration avec René Wheeler et Auguste le Breton (d’après
son roman).
Musique : George Auric.
Photographie : Philippe Agostini
Décors : AlexandreTrauner
Gaumont
1955 - 118’
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Zone
1
Format 1.33 :1
Film Noir & Blanc
Langages : Français Mono - Anglais
Sous-titres : Anglais (option)
Menus fixes et sobres
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Chroniqués
par DvdClassik :
Pas d'autres chroniques à ce jour...
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Tony le Stéphanois, gangster usé,
ruiné et fatigué, se lance dans un dernier gros
coup. Aidé de trois complices, truands au code d’honneur
strict (pas d’armes, pas de sang, pas de trahison) il
monte le braquage audacieux d’une joaillerie en plein
cœur de Paris. Trahie par une ancienne maîtresse
de Tony, la bande devra alors mener de front le cambriolage
et un duel meurtrier avec le gang rival des Grutter. |
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1955.
Accusé de sympathies communistes par McCarthy et
ses sbires, Jules Dassin trouve refuge en Europe, où
les instigateurs de la Liste Noire s’acharnent à
le poursuivre, menaçant tout producteur s’aventurant
à produire un de ses films d’être interdit
de distribution sur le territoire américain. Du
Rififi chez les Hommes marque pourtant son retour aux
affaires, grâce au courage de producteurs français
qui lui donnèrent une seconde chance en lui offrant
ce projet sur un plateau.
Dassin rechigna d’abord à
se jeter dans l’aventure, échaudé par
un script qu’il détestait. Sur le fond, on
ne saurait lui donner tort, tant cette histoire de cambriolage
semble aux premiers abords d’une banalité consternante.
Un vieux gangster à la retraite qui se lance dans
son dernier coup, un gang rival de dangereux mafieux gominés,
un cambrioleur italien aux doigts de fée (joué
d’ailleurs par Dassin lui-même, sous le pseudo
de Perlo Vita) : à la lecture du scénario,
les clichés s’enfilent comme des perles. Sans
parler d’un des problèmes évidents du
film aujourd’hui : une misogynie assumée (le
numéro de Music Hall, bien qu'entré dans les
annales, est vraiment d’une rare bêtise) avec
sa litanie de personnages féminins d’une pâleur
et d’une vulgarité sans nom. Il faut voir la
femme de Jo le Suédois lors de sa première
apparition, un aspirateur à la main, son fils dans
les bras, décrochant le téléphone pendant
que Jo lit le journal allongé dans son sofa. Crispant.
Et pourtant…
50 ans plus tard, le film emporte tout
sur son passage, même ses plus évidents défauts,
et une fois le générique de fin déroulé,
hante les esprits avec une rare prégnance. Sûrement
parce que l’on retrouvera plus tard de l’ADN
certifié Rififi chez Melville (le Doulos,
Bob le Flambeur), Tarantino (Reservoir Dogs),
John Woo, Ringo Lam, Michael Mann, David Mamet, tous ces
cinéastes qui se seront frottés au film de
cambriolage dans leur carrière. Avec comme phare,
Du Rififi chez les Hommes. Car ne nous y trompons pas
: si le film est encore aujourd’hui aussi marquant,
c’est surtout pour son incroyable séquence
de cambriolage, référence en la matière,
et mètre-étalon du genre.
Véritable tour de force cinématographique,
cette demi-heure tout bonnement géniale révèle
un cinéaste maître de ses effets à l’extrême,
jouant sur les nerfs du spectateur à la manière
du meilleur Hitchcock et s’autorisant quelques effets
d’une audace folle. Pendant 35 minutes éblouissantes,
Dassin va ainsi supprimer tout dialogue, effacer toute trace
de musique et retourner avec délectation aux sources
du cinéma, quand il était encore muet et que
les seules armes d’un cinéaste étaient
un cadre, ses acteurs et le montage. Pari gagné :
la séquence est inoubliable, inégalable et
inégalée. De ces scènes qui vous donnent
envie de vous plonger dans la documentation de votre lecteur
DVD pour enfin apprendre à programmer une suite de
chapitres à regarder en boucle.
Pour ces fabuleuses 35 minutes, il sera
alors beaucoup pardonné au film : son dernier quart
un peu faible au regard de cette incroyable séquence,
son jeu d’acteurs inégal (malgré un
immense Jean Servais, force est de reconnaître que
le pauvre Carl Möhner n’est par exemple vraiment
pas à la hauteur), sa postsynchronisation parfois
hasardeuse ou encore les clichés du scénario.
Film inégal donc, sûrement un peu étouffé
par ce majestueux morceau de bravoure, et qui pourtant,
cache quelques autres trésors pour qui veut bien
y regarder d’un peu plus près.
Car ne s’attarder que sur cette
fameuse séquence, ce serait aussi oublier l’extraordinaire
travail d’Alexandre Trauner sur les décors,
la très belle partition musicale de George Auric,
la gouaille toute parisienne des dialogues ou encore la
première apparition, assez convaincante, d’un
jeune Robert Hossein. Enfin, ce serait faire injure au talent
de Jules Dassin, son sens du cadre, son efficacité
toute "américaine" et surtout ses petites
innovations discrètes, qui mine de rien annonçaient
la Nouvelle Vague avec cinq ans d’avance. Dans une
dernière séquence de toute beauté,
la caméra et les ciseaux de Dassin, libres comme
l’air, s’autorisent quelques embardées
folles dans les rues de Paris qui n’auront rien à
envier au Godard d’A Bout de Souffle…
Et ce en 1955. C’est dire si malgré ses quelques
défauts, Du Rififi pour les Hommes est de
ces films que l’on chérit secrètement.
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Image
: Criterion oblige, le film nous est offert sur une superbe
copie, aux contrastes purs, aux noirs profonds et bien définis.
On pourra toutefois reprocher un certain grain sur quelques
scènes ainsi que quelques discrets points blancs
et rayures vers la fin du film (1'45"43) mais ce ne
sont que d’infimes reproches envers l’éditeur
américain qui fait encore ici preuve de sa légendaire
méticulosité, quasi maniaque (comment appeler
cela autrement, quand la jaquette annonce fièrement
la suppression de 23 235 salissures de la copie ?) A noter,
un changement de couche très discret
Son : La piste son a elle
aussi eu droit à un toilettage de premier choix,
qui nous offre un son clair et un mono d’une propreté
irréprochable. Du très très bon travail,
façon Criterion. A noter pour les curieux (et les
anglophiles) que le film est aussi proposé en version
anglaise doublée, avec des voix bien choisies.
Bien sûr, le sous titrage anglais est optionnel…
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Le DVD est présenté via des menus d’une
belle sobriété, avec prédominance
d’un jaune audacieux et flamboyant (voir la jaquette).
Le film, divisé en 24 séquences, est chapitré
très simplement : titres sans images,
Interview de Jules Dassin
(29') : Criterion nous propose un bonus rare et passionnant,
sous la forme d’une interview récente de
Dassin, malheureusement non sous-titrée (Dassin
pratique toutefois un anglais très accessible).
Le cinéaste revient longuement sur la sombre période
du maccarthysme puis détaille le tournage de Rififi.
Pas de langue de bois ici, Dassin avouant notamment avoir
accepté le film en désespoir de cause pour
nourrir ses enfants, et détaillant ensuite ses
relations parfois conflictuelles avec Auguste le Breton
(auteur du roman éponyme) ou son producteur. Au
bout du compte, ses souvenirs, précis et touchants,
apportent un éclairage chaleureux à son
Rififi et font de cette interview un superbe
bonus.
Production Notes : long
article de Lenny Borger (suite à une interview
avec Dassin effectuée en mai 2000) relatant le
tournage du film. Intéressant pour les passionnés
du film, même si la lecture d’un article sur
un écran de TV n’est pas forcément
très aisée ni engageante. Par ailleurs,
bonus d’une certaine redondance avec l’interview
de Dassin
Photos : 70 photos N&B
ainsi que 5 superbes esquisses couleur signées
Alexandre Trauner pour les décors du film. Les
photos sont pour la plupart des images du film, mais une
dizaine d’entre elles montrent quelques scènes
de tournage.
Bande Annonce (2'46")
: BA américaine amusante puisqu’elle insiste
assez lourdement sur la prétendue force érotique
du film en nous montrant ostensiblement les 3 ou 4 rares
plans du film où les actrices sont "légèrement"
(tout est relatif) vêtues. Une curiosité,
d’une qualité technique par ailleurs assez
relative (mais qui permet du coup de mieux juger encore
du travail de restauration effectué sur le film)
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