
Réalisé par John Ford
Avec John Wayne, Maureen O’Hara,
Barry Fitzgerald, Victor Mac Laglen, Ward Bond, Mildred Natwick, Francis
Ford, Arthur Shields, Charles Fitzsimons
Scénario de Frank S. Nugent adapté
d’une nouvelle de Maurice Walsh
Musique de Victor Young
Photographie Technicolor de Winton C.
Hoch et Archie Stout
Produit par Argosy Pictures pour Republic
Pictures
USA - 129’ - 1952 |

Edité
par Artisan Entertainment
Zone 1
DVD 9
Format 4/3 1.33 :1
Langues : Anglais mono 2.0 Anglais 3.1
Sous-titres : Aucun
Durée DVD 129’ |


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Par
une belle journée printanière, un ancien
boxeur américain, Sean Thornton, fait son retour sur
le sol de son Irlande natale. Désireux de racheter
le lopin de terre et la chaumière que ses parents possédaient
jadis près d’Innisfree, petit village quelque
part dans le comté du Connacht, il se heurte d’emblée
à l’animosité de Red Will Danaher, qui
lui aussi a des vues sur ces terres. Sean obtient gain de
cause, ce qui attise le ressentiment de Danaher à son
encontre. La situation se complique lorsque Sean, amoureux
de la propre sœur de Will, l’impétueuse
Mary Kate, se met en tête de l’épouser... |
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S’il
est une œuvre que Ford aura longtemps mûrie
c’est bien The quiet man, ce qui suffit à
prouver l’importance qu’attachait le célèbre
borgne à ce projet qui devait lui permettre de renouer
avec ses racines de la Verte Erin. C’est en 1936 que,
pour la somme dérisoire de dix dollars, le cinéaste
avait acquis les droits d’adaptation de la courte
nouvelle de Maurice Walsh, publiée trois ans plus
tôt dans le Saturday Evening Post. Au cours des années
qui suivirent Ford n’eut de répit de tenter
d’imposer son projet aux principales majors, notamment
toutes celles pour lesquelles il œuvra durant ces années,
Twentieth-Century-Fox, RKO, Metro-Goldwyn-Mayer. Partout
la réponse des moguls était la même
: ils ne risqueraient pas un sou vaillant pour cette petite
romance irlandaise ‘idiote’ qu’ils jugeaient
dépourvue de tout potentiel commercial. A l’origine,
le projet de Ford était pourtant plus ambitieux par
le fond ; il avait envisagé de situer la chronique
sentimentale de Walsh dans un contexte Irlandais beaucoup
plus politisé et violent, faisant appel à
l’auteur de How Green Was My Valley, Richard
Llewelyn, pour s’acquitter de cette tâche.
Après guerre, Ford remet le couvert.
Il dispose désormais d’un script volumineux
et ambitieux, a fondé avec son vieux complice Merian
C. Cooper sa propre compagnie de production, Argosy, et
surtout s’est forgé son casting idéal
: Thornton ne peut qu’avoir les traits et la carrure
du Duke et cette mégère apprivoisée
de Mary Kate ne saurait s’incarner que sous la flamboyance
rousse de son ancienne interprète d’Angharad.
Si les studios sont toujours aussi réticents, les
comédiens, eux, sont immédiatement conquis.
Wayne accepte de réviser ses prétentions financières
à la baisse, abandonnant son habituelle participation
aux bénéfices pour se ‘contenter’
d’un fixe de 100 000 dollars. La belle Irlandaise,
que le réalisateur contacte sur le plateau de tournage
de The Spanish Main de Frank Borzage, se montre
encore plus enthousiaste et assure à Ford qu’elle
sera à sa disposition dès que celui-ci se
montrera prêt, entérinant ce contrat par une
simple poignée de mains. Plus tard elle manifestera
encore sa motivation en tapant elle-même les copies
du script dans un souci de réduction des coûts
budgétaires et en participant activement à
la sélection des lieux de tournage. Ford parvient
finalement à convaincre la RKO de financer son projet,
mais en contrepartie devra livrer deux autres films à
la compagnie. La mise en œuvre de L’homme
tranquille reste subordonnée à l’éventuel
succès que rencontrera le premier des films du deal
; mais Dieu est mort s’avère l’un
des plus grands flops critiques et commerciaux de la carrière
de Ford : adieu The quiet man... Peu après,
la London Films de Korda s’intéresse au projet.
Malheureusement, le projet achoppe pour causes de différents
contractuels...
Finalement, c’est John Wayne, sous
contrat avec la Republic dont il représente la plus
value patentée, qui va peser de tout son poids pour
permettre à Ford de mener à bien son projet.
Herbert J. Yates, le patron du studio, désire pouvoir
financer des films plus prestigieux que le tout venant de
sa production habituelle. Néanmoins, Yates n’est
pas plus convaincu que ses confrères du potentiel
de L’homme tranquille. Et pour une petite
structure comme la sienne, le budget de tournage requis
par Ford pour monter son projet représente au bas
mot la totalité des fonds investis dans la production
de toute une année de films Republic ! Ford doit
donc accepter une nouvelle fois un deal de trois films.
Il doit d’abord livrer un western en noir et blanc,
bâti autour de la même distribution, et dégager
suffisamment de profits pour combler les pertes que ne manquera
pas d’engendrer sa chronique irlandaise. Si, comme
vous l’a expliqué Jeremy Fox, Rio Grande
n’est qu’un western à demi satisfaisant,
il ne s’avère pas moins le plus gros succès
commercial jamais rencontré par la firme à
l’aigle. Quinze ans après ses premières
tentatives, Ford peut enfin se lancer à corps perdu
dans la matérialisation de son rêve, et ce
ne sont pas quelques derniers conflits qui vont le freiner
: obtenir de Yates de pouvoir tourner six semaines outre
Atlantique, et bénéficier de vraies caméras
Technicolor et non du noir et blanc ou même de ce
pis-aller qu’aurait représenté le recours
au procédé couleurs maison aux teintes ocres
et brunes (cf. Johnny Guitar), le Trucolor. Ford
finit par obtenir gain de cause, les caméras sont
acheminées de Londres vers Cong, bourgade sensée
représenter le petit village fictif d’Innisfree,
tandis qu’au cours de l’été 1951
la petite famille fordienne émigre sous les cieux
Irlandais.
Famille fordienne... Le terme n’est
pas exagéré. Dans son entreprise, Ford s’est
entouré de tous ses plus fidèles collaborateurs,
dont quelques-uns sont des Irlandais de pure souche. John
Wayne voyage avec ses trois jeunes enfants ; deux des frères
de Maureen O’Hara font aussi partie de la distribution
; le propre fils du fidèle Victor Mac Laglen, Andrew,
est assistant réalisateur ; Barry Fitzgerald y côtoie,
comme dans How green was my valley, son frère
Arthur Shields, pour une fois distribué dans un rôle
sympathique, celui du révérend protestant
; et le propre frère aîné de John Ford,
Francis, qui fut en son temps une vedette du muet et qui
contribua pour beaucoup à introduire le réalisateur
dans le milieu hollywoodien y incarne avec truculence la
figure ancestrale du village. Faut-il s’étonner
dès lors que, de toutes les œuvres de Ford,
L’homme tranquille soit celle qui respire
le plus ouvertement la chaleur et la complicité ?
Evidemment, ce sentiment de plénitude
transparaissait déjà notamment dans de nombreuses
séquences de Qu’elle était verte
ma vallée, avec lequel ce film établit
de nombreuses connections. S’il n’était
pas Irlandais mais Gallois, Sean Thornton pourrait presque
être l’un de ces fils de la famille Morgan,
exilé vers l’Eldorado américain, faute
de travail, et, fortune accomplie, renouant trente ans plus
tard avec ses racines pour en quelque sorte boucler la boucle.
Aussi, si la chronique attendrie de son glorieux aîné
laissait percer une mélancolie sourde et bouleversante,
The quiet man, même s’il n’est
pas exempt de petites aspérités dramatiques,
n’est presque qu’une célébration
solaire de la vie, ou plus précisément d’une
renaissance à la vie. Car le projet initialement
engagé de Ford, sympathisant notoire de la cause
du Sin Fein, s’est évaporé sous la plume
volontiers élégiaque de Frank Nugent, coscénariste
de La charge héroïque. Tout juste subsiste
t-il un embryon de déclaration partisane, émis
par ce diable de Michaeleen Flynn (merveilleux Barry Fitzgerald)
face aux deux représentants de l’armée
irlandaise lors de la première séquence au
pub local. Mais les soldats eux-mêmes prônent
désormais la paix : cette chronique est celle des
retrouvailles, elle ne saurait s’obscurcir de revendications
indépendantistes. Que le pittoresque poivrot de service
soit le vecteur de l’affirmation patriotique suffit
à en restreindre la portée.
D’ailleurs l’Irlande peinte
par Ford est une Irlande fantasmée, peuplée
d’individus volontiers buveurs, hâbleurs et
bagarreurs, en quelque sorte l’image de l’Irlande
telle que se la représentent tous les Américains.
Les tempéraments sont volcaniques, d’abords
primitifs, mais la générosité s’y
manifeste sans détour. On y accueille l’enfant
du pays à bras ouvert, on fait front avec lui face
à l’adversaire. Dans cet élan humaniste,
tous sont associés, catholiques comme anglicans,
représentants du dogme comme laïcs, les uns
complotants avec les autres pour permettre aux tourtereaux
amoureux de faire triompher leur romance. Trois ‘Notre
Père’, et le blasphème est oublié.
Alors certes les messes protestantes sont désertées,
mais qu’à cela ne tienne, la même solidarité
interviendra pour sauver les apparences et permettre aux
gardiens du temple de conserver leur paroisse. Vision idyllique
et naïve d’une nation irlandaise au grand cœur
? Sans doute, mais il fait si bon s’y plonger. Et
miracle, la réalité semble avoir rattrapé
la fiction puisque l’église sur le parvis de
laquelle Sean et Mary Kate établissent leur premier
contact s’avère en définitive un temple
mis de bonne grâce à la disposition du cinéaste
par les autorités protestantes...
Sacralisation et idéalisation se retrouvent également
dans la représentation picturale de ce petit coin
de paradis, Irlande occidentale confectionnée de
mille lieux épars traversés de petits ruisseaux
aux flots empourprés, de larges prairies verdoyantes
baignées d’une lumière radieuse venant
caresser les boucles rousses d’une improbable bergère
au napperon rouge, et où les éléments
ne se déchaînent que pour souligner les élans
sensuels d'un couple d’une portée presque mythologique.
Dans cette imagerie, toute représentation réaliste
est proscrite, et qu’importe alors qu’une même
séquence fasse cohabiter close-ups de studio saturés
des chromos primaires du Technicolor et plans plus naturels
d’une course de chevaux le long d’une plage
au crépuscule. Seul compte le plaisir de la rétine.
Sous son apparence de grande simplicité,
cette chronique sentimentale et disgressive n’est
pourtant pas sans nuances. Car elle conte avant tout la
renaissance d’un homme, Sean Thornton, qui porte sur
sa conscience un lourd fardeau. Cette force de la nature
est un ancien boxeur renommé dont les coups sur le
ring ont provoqué la mort d’un valeureux adversaire.
Sa placidité n’est que faux-semblant, elle
est mue par une farouche volonté d’exorcisme,
et le retour au pays n’est pas loin de s’inscrire
dans le cadre de cette recherche d’apaisement. Reste
que le retour aux sources n’était peut-être
pas la destination idéale. Car s’il est un
aspect que le script de Nugent n’occulte pas, c’est
bien le poids des traditions gaéliques. Pour se reconstruire
totalement, Thornton devra faire table rase de son passé
américain, et se familiariser avec les contraignantes
mœurs et coutumes irlandaises, en éprouvant
sa patience et par-là même sa fierté.
Sous le calme apparent, Thornton brûle des mille feux
de la passion, et Wayne traduit admirablement le combat
que son tempérament et sa raison se livrent sans
relâche, encaissant les brimades et les humiliations
verbales que lui valent ses nouvelles velléités
pacifistes avec chaque fois moins de détachement,
jusqu’à l’implosion finale qui le voit
traîner la pauvre Maureen O’Hara à travers
champs, sur ce même air de reel initié par
Michaeleen et qui aura merveilleusement rythmé tout
le récit, pour se laver de toutes ses inhibitions
dans un affrontement homérique face à Victor
Mac Laglen ; bagarre aujourd’hui entrée dans
la mythologie hollywoodienne.
La représentation est désormais
terminée. Les acteurs peuvent saluer leur public,
comme les comédiens le font à la fin de tout
spectacle qui se respecte. Une question subsiste : que peut
donc bien murmurer Maureen à l’oreille du Duke
pour susciter cette réaction de surprise non feinte
? La comédienne n’est pas connue pour être
prude, mais avait fait jurer au réalisateur, qui
lui avait soufflé les mots, de n’en jamais
révéler la teneur. Cette image témoigne
en tout cas du tempérament affiché par les
deux comédiens et de l’alchimie peu commune
que dégage leur association : ‘Impetuous, Homeric
!’ commente à tort Barry Fitzgerald à
la vue de leurs supposés ébats dans le film.
Nous aurions envie de reprendre la formule à notre
compte. Une association de légende, à l’image
d’un film qui s’est imposé avec le temps
comme l’un des favoris du grand public, à côté
des œuvres plus ambitieuses comme Les raisins de
la colère, Qu’elle était verte
ma vallée ou La prisonnière du désert,
entre autres. L’homme tranquille, outre un
immense succès commercial, obtint trois oscars, dont
un pour la mise en scène de Ford, qui n’a jamais
été moins ostentatoire. Ce n’est que
justice, car comme le dit Maureen O’Hara, il n’y
est question que ‘’de mariage, de bonheur, du
respect des uns pour les autres, comme on en trouvait en
Irlande en ce temps là et comme on en trouve encore
à la campagne’’. Il paraît que
"L’Irlande est encore comme ça, un merveilleux
pays plein de gens qui ont offert le meilleur d’eux
même au monde entier". Rejoignez donc les rangs
des pèlerins vers Cong, ou à défaut
vers la destination cinématographique d’Innisfree...
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Une
édition zone 2 de ce merveilleux John Ford est distribuée
depuis 1999 par les éditions Montparnasse. Cette
édition, totalement dépourvue de suppléments,
comme la grande majorité des titres de la collection
Diamant n’est certes pas une hérésie,
mais attendu que le film a fait l’objet d’une
restauration complète il y a une dizaine d’années
de cela, on était en droit d’attendre mieux
au niveau de l’image. Au passif du
zone 2, une copie tirant un peu trop sur le jaune, des couleurs
qui ont tendance à baver (le rouge notamment et de
façon générale toutes les couleurs
dans les plans larges), une définition approximative
dans les arrières plans. Néanmoins, la compression
est satisfaisante, les défauts de pellicule (points
blancs, saletés) restent nombreux mais finalement
assez discrets et peu pénalisants pour un bon confort
visuel. L’édition zone 1 sortie en novembre
par Artisan remédie t-elle à ces menus problèmes
? A première vue, oui, mais... Ah les couleurs sont
belles, éclatantes, presque trop parfois. L’image
fait preuve d’un surcroît de luminosité
appréciable sans sacrifier pour autant les contrastes.
La palette de couleurs est nettement plus riche : prenons
par exemple cette scène où Sean Thornton se
recueille devant la chaumière de son enfance. Les
nuances de vert de la prairie sont infiniment plus riches,
la rivière en amont fait montre de reflets plus variés,
du bleu au violet, les murs de pierre gris de la chaumière
ressortent distinctement alors que dans l’édition
zone 2 ils se noyaient un peu dans la verdure. De même,
le rouge des lèvres de Maureen O’Hara ne bave
plus, les reflets des flammes sur sa chevelure ne lui confèrent
plus cet étrange aspect doré, les cieux sont
d’un bleu immaculé, les noirs de la nuit d’orage
sont bien plus profonds, et les blancs des pierres de la
ferme des Dannaher n’ont plus cet aspect un peu brûlé
qu’ils affichaient sur le zone 2. Côté
propreté de la copie, il n’y a aucune différence
notable, ici les points blancs laissant bizarrement place
à quelques points...rouges. Alors, hallelujah, victoire
du collector Artisan par KO dès la première
reprise ? Non ! car la compression est dé-sas-treu-se
! Les arrière-plans fourmillent et pixelisent, même
les plans fixes : une vraie purée de pois, particulièrement
pour les scènes d’extérieur...C’est
que le DVD 9 avec son long métrage de 130 minutes,
ses deux longues featurettes d’une demi-heure, son
menu d’accueil animé sinon musical, ses clips
promotionnels, ses diverses pistes audio est plein à
craquer, il n’y a pas d’autre explication possible,
Artisan ayant récemment prouvé avec le Pursued
de Walsh que ses techniques de mastering digital ne devaient
rien à personne. Mais pourquoi diable n’avoir
pas opté pour une édition double DVD ?
Au niveau du son,
l’édition Artisan ajoute à la piste
originale mono du DVD Montparnasse une piste restaurée
et dite ‘’enhanced ‘’, qui n’apporte
pas grand chose en soi mais ne dénature rien non
plus. Disons que l’ouverture musicale se fait sur
les trois frontales, ce qui élargit un peu le champ
sonore, et permet d’isoler un peu mieux les dialogues.
Néanmoins la version mono originale s’avérait
déjà très claire. En revanche, si
vous optez pour le zone 1 vous devrez faire votre deuil
de la version française, ce qui en soit n’est
pas grave, mais aussi et ceci sera rédhibitoire
pour la grande majorité, de tout sous-titre, qu’il
soit français ou même anglais (Le DVD Montparnasse
offrait la VF, la VO non sous-titrée et une version
originale nantie de sous-titres blancs parfaitement dimensionnés).
DVD Zone 2
Editions Montparnasse
Format 4/3 1.33 :1
Langues : Anglais 2.0 et
Français 2.0
Sous-titres : Français
129’
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Vous l’aurez compris, si vous favorisez l’acquisition
du zone 1 c’est que vous privilégiez les suppléments.
Et de ce côté Artisan nous gâte, avec
deux documentaires passionnants, quoique quelque peu redondants,
d’abondantes notes de production, un clip commémoratif,
des biographies, quelques trailers et last but not least,
un commentaire audio.
Commençons par ce commentaire audio.
C’est Mary Kate Dannaher elle-même qui s’y
colle, j’ai nommé Maureen O’Hara. A
82 ans la mythique comédienne, toujours bon pied
bon œil, dispense nombre d’anecdotes passionnantes
sur le tournage, évoquant notamment la conduite
volontiers dictatoriale et paternaliste de Ford, mais
avec respect et tendresse, ses relations avec le Duke
(où l’on apprend que la violence de leurs
rapports n’était pas feinte, la comédienne
s’étant brisé les os de la main en
le giflant lors de leur première confrontation
dans la chaumière) et éclaire de ses lumières
de native Irlandaise les repérages topographiques.
Certes la comédienne est un peu courte sur la longueur
et le commentaire n’a rien de très technique,
mais il se suit néanmoins avec intérêt.
The making of the quiet man
est un documentaire de 28 minutes, initialement tourné
pour la télévision en 1992, et présenté
par l’ineffable Leonard Maltin. Il s’attache
plus précisément à la genèse
du film : versions du scénario, constitution du
casting, accueil critique et commercial, ainsi qu’aux
rapports de travail entre Ford et John Wayne, son interprète
fétiche. Ce document est découpé
en douze chapitres.
Le second documentaire, The quiet
man : the joy of Ireland (30’) fait quant
à lui la part belle aux anecdotes de tournage,
via des interviews de Maureen O’Hara, encore elle,
et d’Andrew Mac Laglen qui fit ses débuts
comme second assistant sur le film. L’une et l’autre
témoignent de la spontanéité du style
de Ford (ou de son mythe, O’Hara nous apprenant
que dans un certain nombre de cas elle répétait
ses scènes en cachette avec Wayne, Ford y étant
opposé et ventant les mérites de l’improvisation
une fois la scène tournée !), et témoignent
notamment des conditions de vie et de l’accueil
des villageois de Cong le temps du tournage.
Pour les plus paresseux, l’essentiel
des informations dispensées par ces deux documentaires
sont synthétisées dans seize pages fixes
de notes de production, en Anglais of
course. Une mine d’informations.
Pour en savoir plus sur l’équipe
technique et les comédiens, direction la traditionnelle
section Cast and Crew. Il ne s’agit
pas de simples filmographies ici, mais de notes bibliographiques
détaillées concernant John Wayne (Sean Thornton),
Maureen O’Hara (Mary Kate Dannaher), Barry Fitzgerald
(Michaeleen Flynn, le bookmaker et entremetteur), Victor
Mac Laglen (Red Will Dannaher), Ward Bond (Père
Lonnergan), John Ford et le co-fondateur d’Argosy
pictures, co-producteur et ex-réalisateur (King
Kong et Les Chasses du comte Zaroff) Merian
C. Cooper.
Remembering the quiet man : montage
est un clip musical de trois minutes d’un intérêt
plus que discutable. Les images du film sont égrainées
sur fond d’une musique vaguement new age, Irish
Meadows, composée par Michael Kroos. Une bien étrange
association...
Restent les trailers
au nombre de trois. Attention, il ne s’agit pas
de bandes-annonces originales mais de clips publicitaires
pour les éditions collector de L’homme
tranquille, de Rio Grande et du Train
sifflera trois fois... Pour les amateurs, la bande-annonce
originale de L’homme tranquille est néanmoins
incluse dans le Making of the quiet man.
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