
Un
film de Robert Altman.
Avec Elliott Gould, Sterling Hayden,
Nina Van Pallandt…
Scénario : Leigh Brackett.
Directeur photo : Vilmos Zsigmond
Musique : John Williams.
Metro Goldynn Mayer
Etas-unis - 113’ - 1973 |

MGM
DVD zone 1
Aspect ratio : 2 :35.1
Langues : anglais, français
Sous-titres : anglais, français,
espagnol
Bonus : Rip Van Marlowe (25’),
Vilmos Zsigmond Flashes The Long Goodbye (14,21’), bande annonce
+ 5 spots radiophoniques. |


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Chroniqués
par DvdClassik :
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Le
détective Philippe Marlowe n’a pas de
chance. Pendant qu’il accompagne son ami Terry Lennox
au Mexique, la femme de celui-ci est retrouvée morte.
De retour à Los Angeles, Marlowe est bouclé
pour complicité de meurtre, puis relâché
lorsqu’on apprend le suicide de Lennox qui a rédigé
des aveux. Bien décidé à innocenter son
ami défunt, Marlowe se lance dans une enquête
effrénée qui le conduira à côtoyer
un alcoolique notoire, un gardien de parking spécialiste
en imitations ringardes, un caïd patibulaire et toute
une galerie de personnages plus cinglés les uns que
les autres. Mais pire que tout : le chat de Marlowe s’est
fait la malle… |
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The
long goodbye
fait partie de ce "revival" du film noir auquel
on assista dans les années soixante-dix. Bien sûr
la donne avait changé, le contexte global (mondial)
et local (Hollywood) conditionnant profondément l’esthétique
de ces polars amers qui reprirent la figure du privé
à leur compte. La Fugue (Nightmoves)
d’Arthur Penn, The Drowning pool (La
toile d’araignée) de Stuart Rosenberg
et une poignée d’autres films incandescents,
distillèrent leur humeur noire dans une indifférence
quasi générale. Dommage, au même titre
que leurs glorieux aînés, ces films noirs méritent
une attention toute particulière.
Mais j’entends
déjà les protestations du lectorat : "Quoi
?! The long goodbye… et nulle trace de The
big sleep !!!! ". "Encore un qui n’a
jamais lu du Raymond Chandler ! ".etc...
Il est vrai que le film d’Altman a provoqué
un vif émoi lors de sa sortie, s’attirant notamment
les foudres des aficionados de Chandler (dont je suis, d’ailleurs).
Difficile pourtant de tenir rigueur à Altman et à
sa scénariste – la regretée Leigh Brackett,
ex collaboratrice de Hawks...pour The Big sleep
notamment – tant The long goodbye tient de
l’adaptation miraculeuse. Adaptation au sens strict
du terme d’ailleurs, puisque le projet consiste à
prendre un personnage très marqué culturellement
, en l’occurrence le mythique détective Philip
Marlowe, et à le projeter dans un contexte particulier
: le Los Angeles du début des années 70.
En situant l’action dépeinte
dans le roman originel (The long goodbye donc,
dont je ne saurais trop recommander la lecture) dans une
période contemporaine au tournage (le film date de
1973), les auteurs ont réussi a éviter le
piège de l’académisme, quitte à
choquer les adeptes de la fidélité à
toute épreuve. Tel un jazzman de la ‘west coast’
qui s’approprierait sans vergogne un standard des
années trente pour en donner une version fortement
personnelle, Altman n’hésite pas à malmener
Marlowe, l’incontournable figure de la littérature
‘noire’ devenue, avec le temps, une icône
cinématographique.
La métaphore mélomane ne
paraît pas exagérée tant Altman peut
être considéré comme un cinéaste
musical. Après tout n’est-il pas un des grands
spécialistes du film ‘choral’ ? Amateur
éclairé de jazz, auditeur attentif du monde
environnant, il soigne particulièrement la dimension
sonore de ses films, aspect de son travail trop souvent
négligé par la critique, au profit de son
savoir faire scénographique (bien réel).
Pourtant tout le long du film qui nous préoccupe,
la bande-son décline de nombreuses variations de
la chanson The long goodbye, comme pour illustrer, non sans
malice, la teneur du projet. Les dialogues, eux, fusent
sur un rythme d’enfer, tandis qu’une caméra
constamment mobile suit les faits et gestes d’un privé
swinguant, superbement incarné par le charismatique
Elliott Gould (un habitué du cinéma d’Atlman
qui promènera d’ailleurs sa dégaine
nonchalante dans son film suivant, le méconnu, mais
tout aussi indispensable, California Split.) Si
au début l’air paraît nonchalant, il
se fait entraînant, avant que la mélodie ne
prenne un tour mélancolique. Car au-delà de
son aspect sophistiqué, vaguement dandy, The
long goodbye pose quelques questions essentielles et
douloureuses.
Qu’arrive-t-il à l’Amérique
?
Nous sommes en 1973, les idéaux
des années soixante se sont pris la guerre du Vietnam
de plein fouet. La société change, elle devient
plus cynique, impitoyable même. Altman filme un Los
Angeles ou coexistent quelques rescapés des décennies
précédentes (l’écrivain alcoolique
campé par Sterling Hayden, les voisines babas de
Marlowe, Marlowe lui-même et son code d’honneur
périmé) et les nouveaux cyniques d’une
société déphasée.
Le portrait est acerbe, mais jamais dénué
d’humour ni de fantaisie (la vision de ce brave Arnold
Schwarzenegger arborant un slip ‘moule burnes’
de très bon goût risque d’ailleurs de
marquer les esprits durablement).
Quand au final éblouissant, qui
fit s’étouffer une bonne partie des "chandleriens"
évoqués plus haut, il enfonce le clou définitivement,
condamnant sans appel une époque et une société
déliquescentes, obligeant ses héros à
ranger leur éthique surfaite au placard pour espérer
survivre.
Les temps changent…et les héros avec. "It’s
ok with me" dirait le Marlowe version seventies, comme
pour se convaincre que tout va pour le mieux dans le meilleur
des mondes.
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Image : Les ptits gars de la M.G.M se sont
évertués à respecter le travail du
chef-opérateur Vilmos Zsigmond. Le traitement des
couleurs a été particulièrement soigné.
Quelques légères imperfections à noter
sur certaines scènes diurnes, mais rien de bien grave
dans l’ensemble. Le format est respecté et
il est délicieux de revoir ce bijou dans un aussi
bel écrin.
Son : Le son est en
mono, un peu moins soigné que l’image (par
moment on a l’impression que le son a été
‘gonflé’ sur certaines séquences).
Il faut dire qu’Altman n’a pas dû faciliter
la tache du mixeur, les ruptures et chevauchements étant
fréquents. Mais tout cela donne une tonalité
bien spécifique à l’œuvre. Même
les dialogues, parfaitement audibles ici, sont musicaux
: "Crazzzzzy laaaaady", "It’s okkkkaaayyy
with me", "Miiiiissssteeeerrr Maaaaarlowe !
".
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Original
que d’inclure 5 spots radios d’époque
! Original mais pas très passionnant il faut l’avouer
et ce, au même titre que la bande annonce d’époque
jointe. Plus intéressant en revanche le document
Rip Van Marlowe, qui nous offre près
de 25 minutes en compagnie d’Altman et d’Elliott
Gould. Tous deux n’hésitent pas à revenir
en amont et en aval de la production. Altman, qui n’a
pas la réputation d’être un grand bavard,
s’arrête sur ses choix artistiques. Gould, lui,
se montre très lucide sur sa carrière, dévoilant
au passage sa propension à l’improvisation.
Gros défaut tout de même du présent
bonus : la fin du film est dévoilée sans scrupules.
Gare aux mauvaises surprises donc !
L’interview de Vilmos
Zsigmond tient toutes ses promesses. Le directeur
photo revient sur sa collaboration avec le cinéaste.
Il explique notamment ce qui différencie Altman
de ses contemporains dans son rapport à l’image.
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