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Réalisé par Charles Chaplin
Avec : Edna Purviance, Carl Miller, Adolphe Menjou, Lydia Knott
Scénario : Charles Chaplin
Musique : Charles Chaplin
Photographie : Roland Totheroh
Un film United Artists
USA - 1923 - 77’
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Edité par
MK2 DVD
Zone 2
Format : 1.33:1 4/3
Son : Mono d’origine et 5.1
Sous-titres : Français, Italien, Allemand, Espagnol, Arabe,
Bulgare, Croate, Slovène, Roumain, Hollandais |


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Dans un petit village du sud de la France, Marie St Clair
et son amant décident, sous le poids d’une
pression parentale insupportable, de partir pour la capitale.
Par un dramatique concours de circonstances, Marie partira
seule avant de retrouver Jean par hasard un an plus tard
; elle devenue une mondaine entretenue par un riche dandy
et lui peintre, toujours fou d’amour pour elle. |
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"Pour éviter
tout malentendu, je tiens à annoncer que je n’apparais
pas dans ce film. C’est le premier drame sérieux
que j’ai écrit et réalisé." C’est
sur ce carton d’avertissement que s’ouvre l’Opinion
publique, deuxième long métrage de Charles
Chaplin (après The Kid) et premier de ses films
où il n’apparaît pas (ou du moins que
très peu).
Charles Chaplin, en partie affranchi du système
des studios après avoir fondé en 1919 la
United Artists avec Mary Pickford, Douglas Fairbanks et
D.W Griffith, prend effectivement un véritable risque
en réalisant en 1923 un drame duquel le burlesque
sera donc totalement absent et va même, par sécurité,
jusqu’à faire distribuer aux spectateurs attendant
d’obtenir leur billet, une note précisant
ses intentions.
Inspiré par sa rencontre et quelques semaines passées
en compagnie de Peggy Hopkins Joyce, danseuse des Ziegfield
Folies (et accessoirement célèbre pour divers
mariages et divorces avec plusieurs milliardaires lui ayant
laissé de confortables pensions), Chaplin dresse
le portrait d’une provinciale devenue mondaine, une
courtisane des temps modernes et à travers elle
de la société dans laquelle elle évolue.
Afin d’éviter les foudres de la censure, Chaplin,
qui souhaitait initialement appeler son film Public
Opinion,
le rebaptise A woman of Paris pour ne pas trop clairement
faire de son film une critique des mœurs d’une
certaine partie de la haute société américaine.
Cela ne suffira pas et l’opinion publique sera tout
de même censuré dans plusieurs états.
Si
Chaplin a toujours su habilement intégrer des éléments
dramatiques au cœur de ses comédies burlesques,
L’opinion publique est donc pour sa part
un "pur" drame. Au delà du désir
de s’essayer à un
nouveau genre d’expression, Chaplin cherche surtout
par ce film, selon ses propres mots, à "explorer
les limites de l’expressivité".
Son sens de l’observation qui a si souvent fait mouche
sera donc ici entièrement mis au service d’une économie
de geste et d’un réalisme expressif inédits
dans le cinéma de son époque. Incitant sans
cesse ses acteurs à davantage de sobriété,
Chaplin entièrement tourné vers sa mise en
scène et sa direction d’acteurs, parvient à tirer
de ses interprètes des trésors de subtilités.
Et si Carl Miller (Jean Millet dans le film) reste d’une
expressivité très théâtrale
c’est qu’il est celui qui est traversé par
les plus violentes émotions (émotions elles-même
les plus "théâtrales").
C’est dans l’interprétation d’Adolphe
Menjou (l’Adieu aux armes de Borzage, Une étoile
est née de Wellman), que le projet artistique de
Chaplin donne toute sa mesure. Le dépouillement
et la justesse de son jeu donnent au dandy cynique qu’il
interprète l’air d’avoir aisément
10 ans d’avance sur son temps. La complexité psychologique
donnée aux personnages (elle aussi novatrice dans
le cinéma de l’époque) soutenue donc
par un jeu cherchant au plus près une vérité expressive,
confère au film un réalisme qui frappe encore
aujourd’hui, 80 ans après la sortie de l’opinion
publique.
Chaplin souhaitait donner la possibilité à Edna
Purviance (sa partenaire "historique" à l’écran
qui fut aussi sa compagne à la ville) d’exprimer
des facettes jusqu’ici peu exploitées de son
talent et elle pu trouver dans le personnage de cette demie-mondaine
de quoi faire étalage de ses qualités d’actrice.
Loin d’un rôle basique de jeune première,
le personnage lui offre la possibilité d’exprimer
une formidable palette d’expressions. Car si Chaplin
cherchait à approcher une vérité d’expression,
sa volonté à travers ce film était également
de dépeindre de la manière la plus fidèle
possible la complexité de l’humain et par
là même d’approcher là aussi
un réalisme psychologique jusqu’alors peu
commun. Il n’y a dans l’opinion publique pas
plus de réel méchant (Pierre Revel s’avère à bien
des égards le personnage le plus séduisant
du film) qu’il n’y a de héros ; comme
il était noté en entête du scénario
: "Le monde n’est pas composé de héros
et de méchants mais d’hommes et de femmes
avec toutes les passions que Dieu leur a donné".
Cette
complexité des caractères donne au
film une approche inédite de la psychologie de ses
personnages et leur confère une épaisseur
qui sera amplement saluée par une critique unanimement
enthousiaste. Le public, lui, ne se déplacera pas
dans les salles et le film sera un échec commercial
d’autant plus pesant pour le créateur de Charlot
qu’il s’agissait là d’un projet
artistiquement très ambitieux. Quand bien même
il s’agit là d’une véritable
réussite ; le seul juge valable selon Charles Chaplin étant
le public, la désaffection qu’il montra pour
le film fut pour lui une cruelle déception.
Charles
Chaplin écrira une nouvelle partition pour
le film en 1976, ce sera son dernier travail dans un studio
de cinéma.
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Image : Comme l’ensemble des titres de la collection,
L’opinion publique a bénéficié d’une
restauration de grande qualité et le résultat à l’écran
est réellement bluffant pour un titre de 1923.
Si l’image tremblote légèrement par
moments, la copie parfaitement nettoyée s’avère
d’une propreté surprenante et le traitement
numérique ne laisse apparaître aucun défaut
de compression. Une très belle réussite
en dépit de blancs légèrement brûlés.
Son : C’est le score composé par Chaplin
en 1976 qui nous est proposé sur le disque sous
deux formats : le mono d’origine parfaitement clair
et un remixage 5.1 dont l’ampleur réjouira
les cinéphiles équipés d’un
ensemble home-cinéma. Là aussi, la technique
est exemplaire.
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Préface (~
5') : Comme sur l’ensemble de la collection,
David Robinson livre une introduction au film, qu’on
conseillera finalement de ne regarder qu’après,
ne serait-ce que pour ménager la surprise du cameo
de Chaplin.
Chaplin aujourd’hui (~
25') : petit documentaire sur L’opinion publique,
regroupant des témoignages
réinterprétés des protagonistes
du tournage et une intervention passionnante de Liv
Ullman qui révèle un touchant amour pour
le film. Très instructif.
Plans coupés : 10 scènes supprimées
du film par Chaplin. La possibilité de voir les
séquences dans leur montage final puis avec les
plans coupés réinsérés permet
de juger la pertinence des choix du metteur en scène.
Une très intéressante initiative que de
permettre ces comparaisons.
United Artists : Document
filmé,
muet, montrant la signature du contrat liant Mary Pickford,
Douglas
Fairbanks, D.W Griffith et Charles Chaplin au sein de
leur compagnie commune : la United Artists.
Paris années 20 : Images muettes du Paris des
années 20, 10 minutes d’un délicieux
voyage dans le temps.
Camille (1926) : Etonnant montage
d’une demie
heure, compilant diverses images tournées par
Chaplin regroupées dans une adaptation "libre"
de La dame aux camélias.
Bande annonce : Editée pour la ressortie du film
en 1976, la bande annonce est dans un état tout à fait
satisfaisant.
Galerie photos : Découpée en différentes
sections (Charles Chaplin dirige L’opinion publique,
Décors, Edna Purviance, Divers) la section photo
des suppléments offre de très belles images
de tournage.
La collection Chaplin : Présentation des autres
titres de la collection sous forme d’extraits.
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