Réalisation et Production : Alfred Hitchcock
Avec Cary Grant, Eva Marie Saint, James Mason, Jessie Royce Landis, Martin landau
Scénario : Ernest Lehman
Directeur de la photographie : Robert Burks
Musique : Bernard Herrmann
Générique : Saul Bass
Distribution : Warner
USA - 136' - 1959


Editions Warner
Zone 1
Format 1.85
Langues : anglais 5.1, francais mono
Sous-titres : français



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A la suite d’un quiproquo
, Roger Thornhill (Cary Grant) est confondu avec un certain George Kaplan. Il se fait enlever, manque d’être assassiné et décide de résoudre ce malentendu. Sa vie bascule alors dans un tumulte d’aventures et de passions …

Depuis sa sortie La mort aux trousses est l’objet de nombreuses théories. Certains prétendent y voir le premier film d’action moderne dont Mc Tiernan, Spielberg ou Cameron seraient les héritiers. D‘autres, l’analysent comme un résumé de l’œuvre américaine d’ Hitchcock (1). Ces réflexions souvent intéressantes ne doivent pas occulter le fait que North by Northwest est avant tout un film d’une incroyable efficacité. Les fruits de cette réussite sont liés au génie de son réalisateur, à l’intelligence du scénario d’ Ernest Lehman et à un casting sans faute.

Dans ce vingt troisième long métrage réalisé aux USA, Sir Alfred met encore une fois en scène un homme ordinaire auquel le spectateur peut facilement s’identifier. Pour plonger plus rapidement le public au cœur de l’action Lehman rédige un scénario dont le premier acte tient dans une scène. Aussitôt après cette phase d’exposition les scènes d’action s’enchaînent avec fluidité et sur un rythme frénétique. Le spectateur est pris dans l’engrenage, il ne reprendra son souffle, haletant, qu’au terme de 136 minutes !!!

Mais au delà d’une collaboration parfaite avec son scénariste et d’une succession de scènes plus mythiques les unes que les autres, Hitchcock réalise ici un de ses rêves : tourner dans les grands espaces. Le mont Rushmore, le siège de l’ONU ou les plaines ensoleillées du "Mid West" font partie de ses fantasmes de réalisateur. A l’image, cela se traduit par de superbes séquences, magnifiées par le Vistavision et la photo de Robert Burks.

Enfin, il serait scandaleux de parler d’efficacité du film sans rendre hommage aux comédiens qui l’habitent. Cary Grant, dans ce rôle de publicitaire naïf et déterminé, apporte une légèreté acquise dans ses rôles de comédie. L’attachement du public pour ce héros est total. A ses côtés la froide et magnifique Eva Marie Saint interprète le rôle d’une vie. Incarnation du fantasme Hitchcockien elle est extrêmement touchante en femme prostituée au service d’une organisation secrète. Et puis il y a James Mason : son regard chargé de détermination, sa démarche raide, en font l’un des plus beaux méchants que le cinéma nous ait livrés. A ses côtés on retrouve un Martin Landau d’une grande sobriété, impeccable en brute froide et dévouée. On peut aussi remarquer les très sympathiques rôles de Jessie Royce (La mère envahissante de Roger) et de Leo G. Carroll en professeur secret et paternel.

North by northwest reste encore aujourd’hui le sujet de nombreuses analyses dans les écoles de cinéma. C’est un film total, d’une richesse infinie, et dont les multiples visions continueront d’émerveiller le Roger Thornhill qui est en chacun de nous …

(1) Francois Truffaut dans le célèbre Hitchcock Truffaut (édition Ramsay)


image
: C’est l’un des meilleurs travaux de restauration effectué sur le support. La définition rend un vibrant hommage au Vistavision qu’Hitchcock utilise ici pour la dernière fois. Les couleurs sont d’un naturel confondant, chaque plan est d’une grande fluidité, et l’on ne remarque aucun problème de compression. Les scènes sombres sont très bien retranscrites grâce à un contraste parfaitement géré. Bref, on frise la perfection. Néanmoins, les puristes regretteront que le format d’origine en 1:66 n’ait pas été conservé. Pour permettre un transfert sans faute la Warner s’est permis de rogner l’image en haut et en bas pour offrir un format 1.78 convenant parfaitement aux 16/9 ème. Mais cette légère altération de l’image (perte de 3% du plan d’origine) ne sera remarquée que par les intégristes de la prise de vue !!!

Le son : Lorsque la sortie du DVD fut annoncée en Dolby Digital 5.1 les réticences étaient nombreuses. Encore une fois les nostalgiques regretteront l’absence de la piste mono d’origine, mais le résultat est là, parfait. La spatialisation du son permet aux voix de se détacher avec clarté et met en valeur la partition de Bernard Herrmann. Les enceintes arrières sont très peu sollicitées. Et en dehors de la séquence du champ de maïs, elles se contentent de distiller les notes du compositeur !!


Destination Hitchcock – The making of North by Northwest : Orchestré par Patricia Hitchcock, il permet à Ernest Lehman, Eva Marie Saint et Martin Landau de témoigner du tournage. Ce documentaire de 39 minutes a pour principal intérêt de livrer quelques anecdotes croustillantes. On apprend ainsi que certains dialogues ont été censurés et corrigés par la Warner. A titre d’exemple lorsque Cary Grant et Eva Marie Saint dialoguent dans le train, cette dernière lui dit "I never discuss love on an empty stomach". Mais en lisant sur ses lèvres on peut retrouver le dialogue original qui était "I never discuss sex on an empty stomach" !!!

Commentaire audio d’Ernest Lehman : L’idée d’un commentaire audio réservé au scénariste est plutôt excitante. Ernest Lehman récupère enfin son œuvre et peut en parler librement. Mais l’homme n’est plus tout jeune et ses remarques, trop ponctuelles, n’apportent pas d’informations supplémentaires au « making of ».

Bande son isolée : Excellente initiative de Warner qui permet de voir le film avec la partition d’ Herrmann isolée. On peut ainsi réaliser avec quelle parcimonie Hitchcock diffuse la musique dans un film qui paraît bien silencieux au regard des productions actuelles !

Enfin, une galerie photo, deux bandes annonces, un spot TV et une filmographie viennent compléter ces goodies très réussis.


Un film chroniqué par George Kaplan