Réalisé par Jack Lee Thompson
Avec Gregory Peck, Anthony Quinn, Irène Papas, Anthony Quayle
Scénario : Carl Foreman d’après le roman de Allistair McLean
Musique : Dimitri Tiomkin
Photographie : Oswald Morris
Un film Columbia
Usa – 150 mns - 1961


Columbia ou Edition Atlas (même DVD, seule la jaquette change)
150 mn Zone 2
DVD9
Format cinéma : 2.35
Format vidéo : 16/9 compatible 4/3
Langues : Anglais / Français / Allemand
Sous titres : Français / anglais / Allemand / Hollandais / Arabe / Bulgare / Tchèque / Danois / Finnois / Grec / Hébreux / Hindis / Hongrois / Islandais / Norvégien / Polonais / Suédois / Turc
Dolby Digital 5.1
Chapitrage et menu fixe


Article sur Imdb.com


Votre avis nous intéresse

Chroniqués par DvdClassik :
Pas d'autre film à ce jour

 

 





1943. Deux milles soldats
anglais sont retenus prisonniers dans une île en mer Egée protégée de toute attaque par deux énormes canons. Ces derniers ne pouvant pas être détruits par des raids aériens, un commando est formé pour les mettre hors d’état de nuire et laisser ainsi le passage à le flotte britannique.

Carl Foreman, déjà producteur du Pont de la rivière Kwaï, premier film de guerre à grand spectacle, décide de retenter une nouvelle fois l’expérience après le succès phénoménal à la fois public et critique (bien mérité) du film de David Lean. Tombé en admiration devant le best seller de Alistair McLean à partir duquel il pense pouvoir faire une nouvelle fois un carton au box office, il décide d ‘écrire lui-même le scénario. Il choisit un réalisateur britannique, ayant œuvré jusqu’ici uniquement dans le drame psychologique à petit budget, ancien monteur de Lean, Jack Lee Thompson. Il s’avèrera ne pas s’être beaucoup trompé puisque ces canons de Navarone seront encore une fois une manne financière pour la Columbia.

Que reste t’il aujourd’hui de ce classique des rediffusions télévisuelles ? Pas grand chose à vrai dire : un film assez terne pour ne pas dire ennuyeux à cause d’une totale platitude de la mise en scène, d’un scénario sans finesse donnant à voir des personnages sans aucune épaisseur psychologique ; les acteurs, semblant assez peu concernés, n’arrivent même pas à nous les rendre sympathiques ou attachants. Nous sommes contents de retrouver côte à côte Gregory Peck, David Niven et Anthony Quinn mais nous aurions aimé qu’ils étoffent des rôles trop monolithiques au départ. L’ajout des deux personnages féminins pour les besoins du film est aussi une très mauvaise idée car, que ce soit Irène Papas ou Gia Scala, elles ne sont guères convaincantes.

L’auteur du roman n’est sûrement pas en cause dans l’échec artistique de ce film puisque 8 ans plus tard, Brian G Hutton adaptera avec maestria un autre de ses livres, ce qui donnera l’haletant et époustouflant Quand les aigles attaquent. Non, la faute en incombe uniquement au metteur en scène qui confirmera son manque de talent par la suite en réalisant d’innombrables autres films d’action encore plus médiocres. On trouve même dans ce film une certaine complaisance dans la violence dans la scène de tuerie dans le bateau au cours de la première demi-heure ; complaisance qui se vérifiera également dans la suite de la carrière du réalisateur. Reste quand même à l’actif du film une angoissante scène d’alpinisme, deux ou trois autres assez bien menées et surtout une partition épique et assez réussie du grand Dimitri Tiomkin.

Ce film aura eu le mérite d’ouvrir la voie à de nombreux autres grands spectacles de ce style dans les années 60 : mélange de film d’aventure et de film de guerre, gros budget, casting prestigieux et scénario rocambolesque narrant la plupart du temps des missions commandos ou des évasions. On regrette donc pour ces ‘canons’ le sérieux historique d’un Zanuck (Le jour le plus long), le professionnalisme d’un John Sturges (La grande évasion), l’ironie et le punch d’un Aldrich (Les 12 salopards), la nervosité imprégnée d’un esprit série B réjouissant d’un Robson (L’express du colonel Von Ryan).

Image : Le master est assez abîmé et quelques scènes dont celle de la destruction des canons sont vraiment très sales. L’image manque parfois de stabilité, la définition est assez moyenne et la copie se révèle assez granuleuse. Les contrastes sont assez mal rendus surtout dans les scènes sombres, pour la plupart tournées en nuit américaine, et les couleurs manquent de brillance. Le DVD présente néanmoins le film dans son format cinémascope d’origine et l’ensemble demeure acceptable grâce à une bonne compression.

Son : En revanche, en ce qui concerne le son, pas vraiment de défauts à déplorer : une belle réussite aussi bien pour les dialogues que pour les bruits d’ambiance ou la musique.


Pas mal de bonus à commencer par un commentaire audio du réalisateur, une introduction publicitaire de Carl Foreman, quatre featurettes comme il s’en faisait beaucoup à l’époque, documents très courts montrant avec force clichés les à côtés du tournage. Un documentaire plus conséquent d’une demi-heure assez anecdotique, parfois intéressant mais dans lequel tous les acteurs répètent que la plupart des gens qu’ils ont rencontrés disent que Les canons de Navarone est leur film préféré (sic !). Et entendre Gregory Peck répéter que ce film est le plus surprenant dans lequel il ait tourné laisse perplexe quand on connaît la filmographie de l’acteur avant cette date (Hitchcock, King…). Bref, tout ça sent un peu trop le promotionnel pour pouvoir raisonnablement y trouver un grand intérêt. Pour finir, on trouve une bande annonce originale du film, bien montée et au format d’origine, qui pouvait laisser croire à un grand film passionnant et palpitant ou ‘quand la bande annonce se révèle être meilleure que le film’.

Les fans du film seront donc quand même servis côté bonus mais la qualité du DVD n’est malheureusement pas un modèle du genre.


Un film chroniqué par Jeremy Fox