
Réalisé
par Roger Corman
Avec Charles Bronson, Susan Cabot, Morey
Amsterdam, Richard Devon
Scénario : R. Wright Campbell
Musique : Gerald Fried
Photographie : Floyd Crosby
Un film American International Pictures
USA - 83 mn - 1958 |

One
Plus One
83 mn
Zone 2
Format cinéma : 1.33
Format vidéo : 4/3
Noir et blanc
Langues : Anglais
Sous titres : Français
Mono d’origine |


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Chroniqués
par DvdClassik :
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Petit
gangster teigneux, George Kelly, que son amie Florence
Becker a surnommé ‘Machine Gun Kelly’,
a réussi un audacieux hold-up. Il confie le butin à
Fandango, l’un de ses complices, mais il se rend compte
rapidement que ce dernier a tenté au passage d’en
escamoter une partie. De rage, Kelly le punit en lui faisant
arracher un bras par un puma... Peu après, la bande
prépare un nouveau braquage qui dégénère
par la faute de la superstition maladive de George pour tout
ce qui touche à la mort (en l’occurrence ici
la vue d’un cercueil). Par sa violence et sa personnalité
sans grande envergure, Kelly finit par se faire haïr
par ses acolytes qui le rendent responsable des derniers coups
foireux qu’il a organisés. Traité de lâche
et de couard par son amie et sa ‘belle-mère’,
pour leur prouver qu’il n’en est rien, Kelly se
débarrasse de tous les ‘déserteurs’
de son équipe. Se rangeant des cambriolages et pour
se remettre à flot, ce qui reste de la bande organise
l'enlèvement de la fille d'un riche industriel. L'opération
réussit et Kelly envoie Fandango récupérer
la rançon demandée…Mal lui en prendra
! |
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Inspiré de l'histoire
authentique d'un bandit notoire des années
30 aux États-Unis, Mitraillette Kelly est
le premier film de gangster de Roger Corman qui récidivera
avec L’affaire Al Capone dix ans plus tard
et Bloody Mama en 1970. Suite à L’ennemi
public de Don Siegel l’année précédente,
il s’agit aussi du ‘revival’ du film de
gangsters, genre qui avait tant marqué les esprits
au début du cinéma parlant avec entres autres
les justement célèbres Le petit César
(1930) de Mervyn LeRoy, L’ennemi public (1931)
de William Wellman et Scarface (1932) d'Howard
Hawks. L’accession de Roosevelt à la présidence
en 1933 avait sonné le glas du film de gangsters.
D’une part, l’heure était à l’optimisme
et les films de ce genre rappelaient trop la longue et difficile
période de dépression qui avait précédé
et qui était encore ancrée dans tous les esprits.
Egalement, l’univers du crime avait évolué
suite à l’abolition de la prohibition et aux
exploits d’un FBI totalement réorganisé
sous la férule dictatoriale de J. Edgar Hoover. Mais
aussi, le nouveau banditisme, maintenant calqué sur
le monde des affaires, avait tout intérêt à
se faire oublier et à faire pression sur Hollywood
afin que l’attention du public soit détournée
de son business. Sur les écrans, les représentants
de la loi allaient donc prendre le pas sur les gangsters
avec, comme modèle, le film de William Keighley de
1935 Hors la loi (The G-men). A chaque
fin de décennie, Raoul Walsh, allait rendre un hommage
furtif au film de gangster avec Roaring twenties
en 1939, film remarquablement divertissant faisant implicitement
l’apologie du ‘New Deal’, et surtout L’enfer
est à lui en 1949 avec un James Cagney hallucinant.
Mais ces films, malgré leurs énormes qualités,
n’allaient pas susciter assez d’engouements
pour que d’autres réalisateurs s’y engouffrent
à leur tour. Ce sont de petites compagnies indépendantes
qui, dans les années 50, feront renaître ce
genre tombé dans l’oubli avec surtout des biographies,
celles de Baby Face Nelson, Dillinger, Bonnie Parker, Al
Capone ou ‘Machine Gun Kelly’.
Dans une interview donnée à Positif
en 1964 et reprise dans le livre ‘Amis américains’
de Bertrand Tavernier, Roger Corman expliquait ce qu’il
avait voulu faire avec son premier film de gangster :
"J’ai essayé de montrer dans ce film que
‘Machine Gun Kelly’ était dans le fond
un pauvre type. La plupart des films de gangsters présentent
ceux-ci comme des héros dans le genre Robin des Bois,
mais ils n’étaient pas comme ça. Peut-être
que certains ont essayé de se rebeller contre certaines
pressions sociales, mais pas beaucoup. La plupart n’étaient
que de pauvres types et je voulais montrer que Kelly n’était
qu’un lâche et un donneur, sans donner de raisons
sociales ou psychanalytiques à sa lâcheté.
C’était un type pourri, une sorte d’Hitler…"
L’explication de Corman a le mérite d’être
claire et franche : point de psychologie mais la description
réaliste du vide et de l’inutilité engendrés
par le vie de ce gangster à la personnalité
assez terne malgré la violence de son tempérament
("Si quelque chose me déplait, je ne demanderais
pas d’explications, j’agirais." Kelly
est un homme soumis à sa maîtresse, haïe
par sa ‘belle-mère’ qui est sans cesse
en train de le rabaisser. Il souffre d’un complexe
d’infériorité qui le fait devenir ‘courageux’
et méchant lorsqu’on le traite de lâche,
allant prouver le contraire en massacrant purement et simplement
ses anciens complices ‘dissidents’. Il souffre
également d’une superstition maladive à
l’encontre de tout ce qui touche à la mort
: discussions macabres, objets mortuaires, enterrements…
Dans la peau de cet anti-héros non conventionnel,
Charles Bronson et son visage buriné, dans son premier
rôle en tête d’affiche, nous révèle
un fort charisme sans avoir recours au cabotinage et nous
offre un gangster d’anthologie. Il domine un casting
qui, par ailleurs, ne brille pas par la subtilité.
On comprend maintenant pourquoi John Sturges et Robert Aldrich
l’ont choisi pour tenir une place dans leurs films
‘d’actions de groupe’ des sixties (Les
7 mercenaires, La grande évasion, Les douze salopards).
Il serait pourtant injuste de comparer le film de Corman
à ces glorieux aînés précités
des années 30 sachant que le cinéaste ne disposait
que de budgets ridicules et de temps de tournage plus que
limité (deux semaines pour Mitraillette Kelly,
ce qui est encore beaucoup comparé aux deux jours
pour La petite boutique des horreurs !!!). Pour
cette même raison, on a beau dire que les dialogues
sont percutants et que la mise en scène et le style
sont nerveux, ce n’est sans aucune mesure avec la
sécheresse et la nervosité d’un Don
Siegel pour L’ennemi public ou le baroque
furieux d’un Joseph H. Lewis pour Gun crazy.
Corman a beau être inventif et imaginatif, à
cause de la modicité des moyens mis à sa disposition,
sa mise en scène demeure dans l'ensemble souvent
assez plate. On trouve pourtant des scènes restées
célèbres par leur stylisation, comme ce fabuleux
prologue du hold-up entièrement muet, rythmé
par une musique énergique de Gerald Fried que Corman,
gêné par un manque de décors, décide
de tourner en filmant uniquement les ombres sur le plancher
de la banque. La scène finale est aussi d’une
violence assez inouïe pour l’époque et
la réplique de Kelly se rendant à la police
d’une lucidité assez étonnante et à
contre courant de toutes les fins faussement ‘romantiques’
des autres films du genre : "Pourquoi mourir bêtement
? Pour montrer qu’on a des tripes ? S’il faut
pour ça les répandre par terre, ça
ne vaut pas le coup !"
Là aussi où le film se montre peu ordinaire,
c’est dans la description des relations entre Kelly
et sa maîtresse et entre Kelly et sa tenancière
de "belle-mère", espèce de Ma Dalton
n’arrêtant pas de l’amoindrir, le trouvant
indigne de sa fille car ne faisant pas assez la "une"
des journaux à son goût. Ces figures personnifiant
le mal absolu, rien ne viendra les justifier ou nous les
rendre sympathiques : aucune référence à
caractère sociale, économique, psychanalytique
ou psychologique. Tout ce qui ne touche pas directement
aux personnages ou à l’intrigue est gommé
à l’extrême : le contexte historique
est réduit à une portion congrue et tous les
personnages, ciselés à l’extrême,
gravitent de stations services perdues en hôtels délabrées,
de bars d’une sobriété irréelle
en extérieurs dénudés. Le tout porté
par une musique jazzy utilisant avec efficacité la
stridence des cuivres et une photographie très froide
du chef opérateur "cormanien" habituel,
Floyd Crosby. Bref, même si le film n’atteint
jamais les sommets, nous avons quand même affaire
à une série B bien sympathique du plus rapide
et prolifique réalisateur américain : sa première
œuvre fut Cinq fusils à l’Ouest,
réalisé en 1955 et 3 ans seulement après,
Mitraillette Kelly est déjà son…..
19ème long métrage !!!
Profitons de l’avantage qu’aura peut être
ce texte de tomber sous les yeux d’éventuels
éditeurs pour implorer une sortie d’un autre
film de gangster, chef d’œuvre méconnu
celui-ci, Pas d’orchidée pour Miss Blandish
(The Grissom gang) de Robert Aldrich (1971) dont
la musique a été écrite par le même
Gérald Fried et parlant lui aussi de l’enlèvement
d’une riche héritière, donc ayant quand
même un rapport, lointain certes, avec le film de
Corman ;-)
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La
version proposée ayant été scandaleusement
rognée et recadrée sans que çe soit
précisé nulle part, il n'est pas nécessaire
de rentrer plus en avant dans le test technique de l'image.
A éviter
Le son remasterisé est proposé
dans un mono d’origine de bonne qualité faisant
ressortir très clairement les dialogues et la partition
réussie de Gerald Fried. Il est dommage que l’éditeur
ne nous propose pas de version française mais en
tout cas, ce n’est pas nous qui allons le déplorer.
Les menus du DVD sont
fixes mais possèdent tous en arrière fond
les différents thèmes de la bande originale
jazzy et remuante de Gerald Fried écrite pour le
film. Le très beau chapitrage en revanche est animé
et présenté de fort belle manière.
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En
ce qui concerne les bonus, nous trouvons d’abord un
bref mais intéressant "à propos
du film" sous forme de texte déroulant.
Il en va de même pour les biographies
succinctes mais fort agréables à lire de Charles
Bronson et Roger Corman ainsi que des filmographies
exhaustives des deux hommes.
Le DVD propose aussi des extraits en versions
originales non sous titrés de tous les autres films
sortis chez l’éditeur dans la série
consacrée à Roger Corman ainsi que les bandes
annonces en versions françaises de la série
Mario Bava comprenant 3 titres. Un court métrage
français de 6 minutes de 1992 intitulé Chasseur
d’hôtel réalisé par Yvan
Gauthier et Bernard Jeanjean, petit film d’angoisse
assez sympathique. Enfin nous en arrivons au morceau le
plus intéressant, un entretien d’une
vingtaine de minutes de Corman himself par un de ses élèves
et de ses fans, le réalisateur de Braindead, Adam
Simon. Corman, toujours souriant, ne parle absolument pas
de Mitraillette Kelly mais est surtout interrogé
sur son cinéma fantastique. L’entretien se
déroule d’une manière fort sympathique,
la passion de l’intervieweur étant sans équivoque,
celui-ci concluant même ce bonus en récitant
son propre hommage au réalisateur adulé. Sinon,
nous avons droit aux différentes théories
du réalisateur sur le cinéma, le fantastique,
certaines abracadabrantes (L’horreur, le sexe et la
comédie), d’autres un peu puériles (les
majors faisant des films pour les personnes plus âgées,
les indépendants pour un public plus jeune) et certaines
fortement intéressantes (le subconscient et les adaptations
de Poe). Nous découvrons en fait un réalisateur
aussi étonnant et déjanté que ses films
et l’ensemble se révèle court mais très
instructif et surtout, encore une fois, passionné,
ce qui est trop peu courant pour devoir le signaler.
Une belle initiative
que d’avoir pensé aux fans de Roger Corman
par la sortie de plusieurs raretés du cinéaste
dont ce film assez célèbre mais rarement
diffusé : un bien bel ensemble constitué
par ce DVD si l’on estime que les quelques défauts
sur l’image peuvent être compensées
par la chance inattendue de trouver ce film culte pour
certains cinéphiles sur leur support préféré
!
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