
Réalisé
par Michael Curtiz
Avec Joan Crawford, Jack Carson, Eve
Arden, Ann Blyth
Scénario : Randall McDougall
Musique : Max Steiner
Photographie : Ernest Haller
Un film Warner Bros.
Usa – 111 mns – 1945 |

Warner
111 mn
Zone 1
Format cinéma : 1.33
Format vidéo : 4/3
Langues : Anglais
Sous titres : Anglais, Français
Mono d’origine
Chapitrage et menus fixes |


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Chroniqués
par DvdClassik :
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Apres le meurtre de son mari, Monte Beragon, Mildred
Pierce est tenue de raconter son histoire à l’inspecteur
Peterson qui l’interroge. Quelques années auparavant
: Mildred est mariée à Bert Pierce, mais souffrant
de la mauvaise situation financière de son mari et
découvrant l’infidélité de ce dernier,
elle décide de vivre seule avec ses deux filles. L’aînée,
Veda, est une jeune fille gâtée et snob qui a
honte des origines modestes de sa mère. Mildred, harcelée
par les insatiables goûts de luxe de Veda décide
d’ouvrir un restaurant avec l’aide de Wally Fay,
un ami de Bert amoureux de Mildred. Il la présente
à un bellâtre aux manières aristocratiques,
Monte Beragon, qui lui offre le terrain dont elle a besoin.
Le restaurant devient prospère et Mildred est bientôt
à la tête d’une chaîne d’établissements…
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Le roman de Mildred Pierce, à l’instar
de Casablanca, est dans les années 40, un
des fleurons du studio Warner Bros qui, sous la direction
de Hal Wallis puis Jerry Wald (directeurs de production),
nous a donné tant de chefs d’œuvres signés
par les plus grands réalisateurs hollywoodiens :
Raoul Walsh (Strawberry blonde, La charge fantastique,
Gentleman Jim), Howard Hawks (Air Force, Sergeant
York), John Huston (Le Faucon maltais) ou
encore Frank Capra (L’Homme de la rue).
Michael Curtiz, réalisateur d’origine hongroise,
a fait l’essentiel de sa carrière à
la Warner en signant quelques films mémorables notamment
dans le genre du film d’aventures (L’Aigle
des mers, Capitaine Blood, Les Aventures de Robin des Bois),
le western (Les Conquérants) ou encore le
fantastique (Docteur X, Masques de cires). Curtiz
adopta très vite le style Warner dans les années
30 : rapidité de la narration, utilisation d’ellipses,
accent mis sur le rythme. C’est un perfectionniste
qui possède un talent certain pour la mise en scène
(à la différence d’un ‘artisan’
comme Lloyd Bacon), ce qui va en faire un pilier du studio
et l’un des plus prolifiques ; il sera amené
à diriger, tout naturellement, le mythique Casablanca.
Le mélodrame féminin est un des ‘genres’
qu’affectionnait la Warner. Son âge d’or
se situe dans la première moitié des années
40 avec souvent, comme interprète principale, Bette
Davis dans des films comme Now,voyager d’Irving
Rapper. Le Roman de Mildred Pierce, sorte d’apogée
de ce ‘genre’ à l’intérieur
du studio (mais on le verra plus loin, le film sera assimilé
au film noir), marque l’arrivée de Joan Crawford
qui, après avoir passé dix huit ans à
la MGM, débarque avec la ferme intention de (re)lancer
sa carrière. Elle sera d’ailleurs récompensée
de la plus belle des manières en recevant l’oscar
de la meilleure actrice en 1946 et s’imposera désormais
comme la ‘grande star féminine’ du studio
Le livre de James Cain, ‘Mildred
Pierce’, est une peinture sans concession de la petite
bourgeoisie américaine. Abandonnée par son
mari, Mildred Pierce désire offrir un avenir à
ses enfants. Obsédée par l’argent, elle
va utiliser les hommes avec une absence d’émotion
qui la rend peu sympathique. Cain lui donne pour seule excuse
une volonté inébranlable de réussir
qui finit par forcer le respect. Mais le vrai sujet du roman
est l’amour, quasi incestueux et exclusif de Mildred
pour sa fille Veda, qui la conduira à sa perte.
Sous l’impulsion de Jerry Wald, la
Warner achète les droits du livre de James Cain.
Lorsque le producteur décide de le porter à
l’écran, il désire que le film ait la
même tonalité que Assurance sur la mort
(autre roman de Cain porté à l’écran
par Billy Wilder et la Paramount). Il suggère donc
d’ouvrir le récit sur un meurtre et de raconter
l’histoire en flash-back (ce qui n’est pas dans
le roman). Il propose à Cain de travailler lui-même
cette idée mais ce dernier refuse. Jerry Wald va
faire alors appel à une multitude de scénaristes
(7 au total) mais un seul sera crédité au
générique : Ranald Mc Dougall, le futur réalisateur
du film Le monde, la chair et le diable en 1959.
Bien plus que de vouloir profiter du succès du film
de Wilder, Jerry Wald cherche en fait à suivre un
courant qui prend de l’ampleur dans les années
40 : le film noir.
Michael Curtiz a bien compris les désirs de son producteur
et va donc accentuer les éléments noirs du
scénario par le choix d’éclairages sombres,
d’intérieurs obscurs, d’extérieurs
nuits mais aussi par des cadrages travaillés (ainsi
le meurtre de Monte Beragon tombant au pied de la camera)
qui donnent une dimension crépusculaire au film.
De plus, il fait de ses personnages d’une grande noirceur,
des êtres sans scrupules. Veda, la fille de Mildred,
est l’archétype de la femme fatale, celle qui
causera la perte du personnage principal : c’est une
jeune fille gâtée qui aspire à vivre
dans le luxe. Elle est l’incarnation de la perversité
derrière un masque d’innocence ; elle n’hésitera
pas à avoir une aventure avec le mari de sa mère.
Les personnages masculins ne sont guère mieux lotis
: Monte Beragon et Wally Fay trahiront la confiance que
Mildred avait placée en eux. Tout ce petit monde
ne vit que pour une chose : l’argent. Seul Bert, son
ex-mari, échappe à cette galerie de portraits
peu reluisants.
La construction en flash-back renforce le coté mystérieux
de l’intrigue, les rapports ambigus entre les différents
protagonistes et apporte une certaine force dramatique au
film. Les rares moments mélodramatiques (la mort
de Kay, la cadette des deux filles) ne gênent en rien
le plaisir que procure le film qui, par son atmosphère
et sa noirceur, est une authentique réussite du film
noir.
Le choix du casting est prodigieux : l’interprétation
de Joan Crawford est magistrale mais ne doit pas occulter
celle d’Ann Blyth, alors âgée de 17 ans
et dont c’est le premier grand rôle, le plus
marquant de sa carrière. Sa beauté et son
visage angélique donnent beaucoup de densité
à son personnage : Veda est peut-être la plus
belle garce du cinéma hollywoodien, au même
titre que les femmes fatales jouées par Jane Greer
dans La Griffe du passé ou Barbara Stanwick
dans Assurance sur la mort. Les principaux rôles
masculins sont tenus par Zachary Scott (l’Homme
du sud, Bandido Caballero) et Jack Carson (M. Smith
au sénat, Strawberry blonde) très convaincants
dans leurs interprétations respectives.
Comme Casablanca, Le
Roman de Mildred Pierce est le parfait exemple de la
production hollywoodienne de l’âge d’or.
Michael Curtiz a pu bénéficier du talent des
meilleurs techniciens de la Warner pour mener à bien
son film : le photographie de Ernest Haller (Autant
en emporte le vent, Qu’est-il arrivé à
Baby Jane ?), la musique de Max Steiner (La charge
fantastique, Le Grand sommeil), et un casting irréprochable.
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Image : Le DVD de Mildred Pierce
est une superbe réussite et n’a pas à
rougir de la comparaison avec certains films Criterion ou
Sunset Boulevard. Apres La Mort aux trousses
ou Chantons sous la pluie, Warner prouve une fois de plus
sa compétence en matière de restauration avec
ce film qui nous est présenté dans une très
belle copie totalement exempte de défauts : le résultat
est tout simplement admirable. La compression est irréprochable.
Une très belle gestion des contrastes, des noirs
profonds, une profondeur de champ sublime, rendent parfaitement
justice au travail du chef opérateur Ernest Haller
(notamment les scènes nocturnes).
Son : Le son a bénéficié
également du travail de restauration : très
belle bande son mono, pas de souffle, superbe rendu des
dialogues, des bruits et de la très belle partition
de Max Steiner. Pas de bande son française ici
mais des sous-titres français sont proposés.
Du beau travail en tout cas !!
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Les bonus de ce dvd sont constitués d’un
documentaire sur Joan Crawford et d’une série
de bandes annonces de films Warner Bros.
Documentary : Joan Crawford : the
ultimate movie star
Un documentaire de 86 minutes produit par TCM sur la carrière
et la vie privée de Joan Crawford narré
par Anjelica Huston avec notamment le témoignage
de Christina Crawford, la fille de la célèbre
actrice. Non sous-titré.
Trailer Gallery : 7 bandes annonces originales
(non sous-titrées) de films Warner qui offrent
la particularité d’être tous interprétés
par Joan Crawford : Mildred Pierce (1945), Humoresque
(1946), Possesed (1947), Flamingo Road
(1949), The damned don’t cry (1950), Goodbye
my fancy (1951), The Woman is dangerous (1952) ainsi que
2 autres bandes annonces de films édités
en DVD : The Women (1939) et What ever happened
to Baby Jane ? (1962). Celles-ci sont toutes de bonne
qualité.
Sur la face A où se trouve
le film, deux petites ‘featurettes’ : l’une
reprenant la distribution (Cast & crew) du film et
l’autre la nomination à l’oscar pour
Joan Crawford (Awards).
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