
Ecrit
et réalisé par : Tobe Hooper
avec : Marylin Burns, Allen Danziger,
Paul A Partain, William Vail, Teri Mc Minn, Jim Siedow, Edwin Neal,
Gunnar Hansen
musique : Wayne Bell et Tobe Hooper
photographie : Robert A Burns
un film Vortex Inc
USA – 84 minutes – 1974 |

84
mn
Zone 2 dvd 9
Format cinéma : 1.75
Format écran : 1.75( 16/9 non
offert)
Langues : Anglais 4.0 Français
: 1.0 et 5.1 Arkamys
Sous-titres : français
Chapitrage et menus animés et musicaux |


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Chroniqués
par DvdClassik :
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Le
18 août 1973 par une chaleur caniculaire, cinq
jeunes et insouciants amis traversent le Texas à bord
d’un van. Alpagués par un très étrange
auto-stoppeur, ceux-ci sont pris de panique lorsqu’il
les menace avec son couteau. Ils arrivent finalement à
le faire sortir mais sont pris de court par une panne d’essence
qui les oblige à s’arrêter dans une station-service
pour le moins inhospitalière. Un peu plus tard, ils
découvrent la vieille maison de la grand-mère
de Sally (Marylin Burns) et Franklin son frère (Paul
A Partain) abandonnée depuis des lustres. Le groupe
finit par se séparer. Un long et douloureux cauchemar
les attend… |
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Il
est difficile de ne pas s’enthousiasmer devant
ce monument qui allait bousculer le cinéma d’horreur
indépendant en 1974 et qui atteignit très
vite une popularité croissante, jamais démentie
jusqu’à nos jours. Au lieu d’être
un banal film amateur, Massacre à la tronçonneuse
devient un classique incontournable d’une brutalité
sans concessions. Pourtant, même s’il faut avouer
qu’il est très linéaire (cinq personnages,
un lieu, un jour), il n’en demeure pas moins une expérience
éprouvante, inouïe, d’autant qu’il
s’agit du premier long-métrage de son co-scénariste/réalisateur
Tobe Hooper. Le jeune cinéaste (par ailleurs lui
aussi texan) avoue dès le début de la production
que le film a été réalisé à
des fins commerciales.
Dans le contexte politique de l’époque, c’est
surtout une petite bombe prête à exploser.
Il faut rappeler, pour la petite histoire, que la réalisation
du film intervient alors qu’éclate aux Etats-Unis
le scandale du Watergate qui met le président de
l’époque, Richard Nixon, dans une position
plus que problématique concernant une affaire d’écoutes
téléphoniques qui lui vaudra sa démission.
L’immense intérêt que va susciter le
métrage est dû d’une part au sang neuf
qu’il apporte (jeunes acteurs pour la plupart inconnus
et qui retravailleront pour certains avec le cinéaste,
comme la merveilleuse Marylin Burns qui tournera Eaten
Alive) mais aussi à sa volonté affichée
de narrer un fait divers (le scénario n’est
pas vraiment inspiré d’un fait réel,
mais reprend certaines lignes de la vie de Ed Gein, un célèbre
serial-killer qui sévit dans les années 50
et dont la vie inspira de nombreuses fictions y compris
Psychose d’Alfred Hitchcock). Hooper se veut
honnête (un quasi-effet d’hypnose dans le pré-générique
) et propose aux gens de voir et d’entendre la vérité
à un moment donné où la culture du
mensonge est omniprésente. Malgré un budget
très limité (140000 dollars), mis bout à
bout avec la plus grande des peines, il s’avère
que d’un point de vue technique, le metteur en scène
et son directeur de la photo Daniel Pearl réalisent
un petit miracle de tension, professionnel sur bien des
points, parmi les plus éprouvants qu’une pellicule
eut à imprimer. Mais nous y reviendrons plus en détail
par la suite.
La date de sortie aux Etats-Unis (en octobre 1974 pour être
plus précis) a été suivie de près
par celle qui nous intéresse plus particulièrement
à savoir la France. Celle-ci a été
tout de suite avortée par une censure de l’époque
qui l’interdit avec pour seule justification que le
film "atteignait à la dignité humaine
par son trop grand réalisme". On peut imaginer
en effet la tête du comité de classification
des films français découvrant un univers poisseux,
faisant d’un boucher le héros d’un film,
boucher qui tue sans raison apparente de jeunes personnes
innocentes. Mouvement de panique, censure immédiate.
La phrase sus-mentionnée peut aujourd’hui prêter
à sourire, mais à l’époque elle
priva un grand nombre de gens de découvrir l’opus
en question en salles. Elle prouve surtout que Hooper avait
parfaitement réussi son coup d’essai (on peut
parler avec le recul d’un coup de maître) et
qu’il réalisait LE film d’horreur des
années 70 et l’un des plus grands jamais tournés.
Sa renommée est aussi due en partie au malentendu
tournant autour de son titre. En effet il y a des gens qui
étaient persuadés (et le sont encore) de voir
un film gore. Or, il n’en est rien. Aucune scène
n’est à proprement parler gore ; tout est suggéré.
Et surtout, même s’il est d’une violence
assez incroyable, il n’est pourtant pas dénué
d’humour. Un humour très noir certes, mais
qu’il ne faudrait pas oublier. Cette censure brutale
imposa paradoxalement par la suite le film dans les vidéos-club.
Il fut présenté dans la collection René
Château Vidéo laquelle proposait les films
d’horreur de l’époque (au début
des années 80) dont Evil Dead, Massacre
à la tronçonneuse, Zombie, Maniac
etc. Il ressortit sur les écrans seulement 5 ans
plus tard en pleine vague horrifique ce qui contribua aussi
à faire une part de son succès public.
En partant d’une simple anecdote personnelle (Tobe
Hooper se rappelle avoir été bloqué
dans un magasin et s’être demandé ce
qu’il ferait s’il saisissait une tronçonneuse
pour passer plus vite à la caisse), son film allait
prendre une dimension qu’il n’imaginait sans
doute pas au moment du tournage même s’il reste
interdit en Angleterre jusqu’en 1999 (rappelons que
Orange Mécanique avait aussi été
interdit dans le même pays, mais cette fois-ci sous
la demande du réalisateur Stanley Kubrick qui demanda
à ce que l’on retire les copies des salles
après des menaces de mort) et banni en Suède
et en Norvège (1984) où il ne sortira pas
avant 1994. Il n’est pas le seul à avoir constitué
sa propre mythologie, il n’est pas le premier à
avoir acquis un statut de film culte ou à avoir participé
de sa légende autour de sa sortie (comme pour l’Exorciste
et ses femmes s’évanouissant pendant les séances).
Mais il est celui qui aux yeux de beaucoup est une pierre
angulaire de la terreur réaliste, au point même
que la simple évocation de son titre plonge nombre
de personnes dans des souvenirs impérissables. Il
s’inscrit dans la lignée des premiers ‘survivals’
de l’histoire du cinéma, au même titre
que les très controversés Délivrance
réalisé par John Boorman ou La dernière
maison sur la gauche, réalisé par le
quasi-débutant Wes Craven. Les années 70 portent
en elles les germes d’un changement radical dans la
réalisation des films de genre. Jamais auparavant
les meurtres n’avaient été aussi graphiques,
jamais la caméra à l’épaule ne
s’était approchée autant du documentaire.
Ici, l’approche réaliste trouve son point d’ancrage
dans la description d’une petite bourgade du Sud inondée
de soleil mais n’offrant aucune perspective réelle.
Les personnages sont minés par la crise (les héros
sont une famille de bouchers texans mise au chômage
par la pénurie et l’industrialisation et qui
a renoncé aux méthodes d’antan d’abattage
des animaux). Cette sinistrose ambiante ajoute un côté
décadent au film. On nage en plein dans ‘l’anti
Rêve’ américain. La dégénération
est en marche et seuls les moulins à vents continuent
de fonctionner, symbole d’une époque passée
et révolue mais aussi signe le plus évident
d’un monde en pleine mutation. L’ironie mordante
du scénario vient de cette scène préliminaire
où un vieux fou annonce que lui seul sait ce qui
va se passer. Procédé futile ? Non, simplement
une touche d’humour qui est d’ailleurs présente
tout le long du film en filigrane. Ce réalisme sans
artifices a beaucoup joué dans l’identification
du spectateur aux personnages. Ici, elle atteint un degré
de plausibilité tout à fait exceptionnel,
et elle s’amplifie avec l’évolution des
personnages et surtout de celui interprété
par Marilyn Burns qui devient pour l’occasion l’une
des plus fameuses ‘scream-queen’. Sans doute
jamais auparavant, une victime n’avait semblé
aussi proche, hormis dans M le Maudit de Fritz
Lang.
Le film arrive sur une durée très courte (pas
plus d’une heure vingt) à terroriser le spectateur
par des moyens simples mais qui se révèlent
ici très efficaces. De la première à
la dernière scène il distille une angoisse,
une sensation de chaos qui n’est pas qu’imputable
à la mise en scène des moments-clés,
mais aussi à ce formidable découpage qui assène
le spectateur d’informations en multipliant les coupes.
L’effet est saisissant. Comme par exemple, lorsqu’une
porte grince, où qu’un des amis de Sally (William
Vail) demande si quelqu’un se trouve à l’intérieur
de la maison en ne sachant pas qu’il n’y découvrira
que la mort. Ce procédé pourrait d’ailleurs
facilement tomber à l’eau si les effets sonores
n’étaient pas aussi travaillés ; procédé
qui culmine dans les vingt dernières minutes, l’un
des ‘climax’ les plus épuisants de l’histoire
du cinéma. Il faut rappeler que Tobe Hooper et Daniel
Pearl n’avaient à leur disposition qu’un
rail de travelling de quinze mètres, et utilisaient
la lumière naturelle de la région d’Austin
pour l'éclairage. Une fois cette donnée prise
en compte, on s’étonnera de la fluidité
de l’ensemble et de ses mouvements de caméra
nombreux et inspirés. La chaleur accablante se voit
et se ressent dans chaque plan et elle nourrit une part
de la folie qui s’empare des acteurs. Ainsi la première
scène du film, qui n’est ni plus ni moins qu’un
des génériques les plus impressionnants qu’on
ait jamais fait, montre des circonvolutions solaires en
pleine gestation. De même la première apparition
de l’auto-stoppeur apparaît de prime abord saugrenue,
mais s’avère être tout à fait
logique au vu de ce qui va arriver par la suite (et de la
découverte de la famille). En champ-contre champ,
en ellipses parfois bienvenues (elles sont très rares),
en mouvements de caméras inspirés (celui de
l’arrivée et du départ de la station-service),
le réalisateur arrive à créer une stylisation
extrême alors que son film comporte des éléments
morbides, glauques et repoussants qui pourraient ne pas
du tout convenir à ses partis pris esthétiques.
Le résultat visuel - dû au directeur artistique
Robert Burns - qui va au-delà des espérances,
montre surtout une volonté de créer un climat
oppressant tout à fait remarquable de par sa crédibilité
(comme la décoration de l’intérieur
de la maison faite d’os et de débris divers
ou cette poule enfermée dans une cage trop petite)
et jouant sur la répulsion. Etonnant de maîtrise
pour un premier film, magistral si on considère que
la suite de la série n’atteindra jamais la
perfection de ce premier opus qui reste d’une grande
audace formelle. Cet aspect technique (filmage en 16mm gonflé
en 35mm pour la sortie en salles avec présence d’un
grain d’origine, idée de mouvement impossible
comme lorsque la caméra suit d’en dessous la
jeune fille - Teri Mc Minn- qui se lève de sa balançoire
avant d’aller rejoindre la porte de la maison ) fait
partie de la réussite incontestable du film, mais
elle n’est pas tout. Car il y a autre chose qui fait
le génie de ce film, quelque chose qui se travaille,
cette chose c’est le son.
Tout comme Orange Mécanique, qui est le
premier film a avoir bénéficié d’un
mixage en Dolby Stéréo, Massacre à
la tronçonneuse a été travaillé
en profondeur sur le plan sonore. Il est impossible de passer
outre cet élément fondamental. Jamais un film
d'horreur n'avait bénéficié d'un tel
soin dans ce domaine. C'est une véritable révolution
car le suspens ne découle pas (plus) uniquement de
situations tragiques mais avant tout de la façon
dont le son les amplifient pour les rendre traumatisantes.
A ce titre la seule chose qui permette à Sally de
se raccrocher à la réalité est la découverte
par la radio des atrocités qu'elle est elle-même
en train de subir. Elle est témoin sans jamais pouvoir
anticiper tout à fait ce qui est en train de se passer.
La musique étant quasi-absente du film (le film ne
résonnant pas en terme de mélodies même
si John Lennon aurait participé à la bande-son
sans être crédité au générique)
et remplacée par une ambiance trouble et inquiétante,
pas loin de la sensation de stress. Si on entend au tout
début et à la fin du film une voix-off (très
peu rassurante), la majeure partie de l’action se
fait par la progression dans l’espace et non pas par
des dialogues (untel avance et va voir ce qui se passe,
quand les autres attendent et parlent entre eux). Les situations
sont certes quelque peu ‘clichés’, mais
elles sont marquées par une absolue foi dans la capacité
à rendre chaque déplacement virtuellement
mortel (on ne sera pas surpris qu’au bout de très
peu de temps la plupart des personnages soient décimés).
C’est bel et bien leur curiosité qui fait avancer
l’intrigue. A la place d’une musique en bonne
et due forme, l’équipe artistique et le réalisateur
préfèrent un son distordant, tendu et répétitif
comme une boucle sans fin, bourré de bruits métalliques
rappelant à plus d’un égard le son industriel
sévissant autour et à l’intérieur
de l’abattoir. Il est présent sur toute la
longueur du film à quelques exceptions près
(remplacé par une musique country venant de la radio
au début). Le son monte dans les aigus comme dans
les graves, poussant dans ses derniers retranchements la
sensation de malaise. Angoissant, il retranscrit en temps
réel ce qui se passe à l’image, confondant
le point de vue des victimes et ceux du spectateur qui est
alors saisi à la gorge par le crescendo dramatique.
S’il est moins présent au début pour
mettre en avant les dialogues, il devient le cœur du
film dans sa seconde moitié à partir du moment
où Marylin Burns tente d’échapper à
‘Leatherface’ dans les bois. Jusqu’au
générique de fin, le seul son qui sera parfaitement
reconnaissable et perceptible sera celui de la tronçonneuse
qui est constamment en marche. Comment mieux imprimer dans
l’inconscient des gens que tout repose sur cette hallucinante
mise en abyme de leurs peurs primaires ? En gros qu’il
y a t’il de plus horrible qu’un bruit de tronçonneuse
qui ne s’arrête jamais ?
Outre ses qualités évidentes de mise en scène,
Massacre à la tronçonneuse regorge
aussi de scènes anthologiques que l’on pourrait
à loisir décortiquer tant elles sont nombreuses
et surtout tant elles marquent par leur implacable effet
de terreur. La première apparition de ‘Leatherface’
bien entendu, entrouvrant la porte avant d’asséner
un coup de marteau fatal (la seule scène où
apparaît de manière ostentatoire du sang).
La scène serait banale s’il n’y avait
pas l’apport d’une bande-son terrorisante qui
immortalise cette première apparition. Il faut souligner
la crédibilité du jeu des acteurs parmi lesquels
le rôle du père joué par l’extraordinaire
Jim Siedow qui livre une interprétation phénoménale.
Le film passe tout d’un coup de l’autre côté
de la barrière. On est du côté du tueur,
la caméra a pénétré son antre
et n’en sortira plus ou presque. Il fallait un tueur
aussi charismatique pour que l’histoire ne tourne
pas au ridicule. A partir du moment où le méchant
fait peur et provoque une sensation de dégoût,
le film décolle pour ne plus jamais faire marche
arrière, d’où cette formidable adhésion
à l’histoire et aux péripéties.
L’une des autres scènes marquantes est la poursuite
de Sally dans les bois, seule et poursuivie par celui qu’elle
est incapable de regarder en face, une longue cavalcade,
une séquence de course-poursuite névrosée
et sublime, dans laquelle le comédien Gunnar Hensen
prend tous les risques. Et puis enfin, comment ne pas mentionner
cette scène finale, ce repas de déglingués,
mélange de perversité et de sadisme, une des
scènes-clés du film où l’horreur
au sens littéral explose ? Le traumatisme de cette
séquence fleuve (plus de dix minutes) a laissé
de profondes marques et continue d’être discutée
et analysée tant elle est impressionnante. Tournée
sur une durée de vingt sept heures, elle montre un
épuisement qui semble tout à fait réel.
On sent une véritable folie portée à
son paroxysme. Hooper en profite pour expérimenter
comme un dingue en multipliant les gros plans hystériques
sur les yeux de Marylin Burns (à bout, et on la comprend)
et en insistant sur les râles et les cris qui se confondent
avec une bande-son bardée d’effets en tous
genres. Rares sont les séquences qui jouent avec
l’insupportable et qui mettent les nerfs à
rude épreuve. Celle-ci en fait définitivement
partie. C’est d’autant plus inquiétant
que le spectateur se retrouve impuissant face aux évènements
et ne souhaite qu’une chose, que le calvaire s’achève.
Sans doute plus qu’aucune autre, cette fin a marqué
une génération entière de cinéphiles
qui sortait de la salle en titubant, se demandant, elle
aussi, comment elle avait pu sortir d’un tel cauchemar,
aussi fictif soit-il. Tobe Hooper ne s’est pas arrêté
en si bon chemin puisqu’il a réalisé
et écrit d’autres long-métrages. Mais
aucun ne retrouvera la puissance originelle de celui-ci.
On pourra relever la réalisation de Poltergeist
en 1981, un film fantastique traitant du paranormal, sous
la houlette du producteur Steven Spielberg qui eut l'intelligence
de ne pas trop interférer sur le travail de Hooper
lui permettant de faire un film de commande assez fortement
marqué par la collaboration d'avec le réalisateur
d'ET ou Rencontres du troisième type.
Son dernier grand film est Massacre dans le train fantôme
réalisé en 1982 qui s'avère tout à
fait passionnant.
D’une maniaquerie et d’un perfectionnisme rare,
Massacre à la tronçonneuse est une
date, l’archétype du film inoubliable qui saisit
toujours autant malgré les visionnages à répétition.
Une œuvre dure et brutale qui traverse les décennies
sans perdre de sa force. Un cauchemar éveillé
qui surprend toujours par son étonnante virtuosité.
Et surtout, un opus indispensable au même titre que
le Frankenstein de James Whale ou que le King
Kong de Merian Cooper et Ernest Schoedsack. Bien sûr
les craintes sont fondées quand on apprend aujourd'hui
que le remake est finalisé et qu'il devrait sortir
sur les écrans américains dans très
peu de temps. Mais il faut garder à l'esprit que
l'original, le film que nous pouvons (re)découvrir
en dvd est impérissable, quoique l'on fasse. C'est
le plus important.
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Studio
Canal a fourni un véritable travail d’archivage
et de recherche en proposant une ligne éditoriale
d’une grande richesse. Les fans invétérés
du film trouveront ici leur bonheur tant elle regorge de
bonus pour la plupart très intéressants. Le
menu reprend le thème de la tronçonneuse et
reste dans l’esprit du film, c’est-à-dire
très accrocheur (on distinguera même le râle
caractéristique de ‘Leatherface’). On
découvre aussi la présence du logo de l’éditeur
américain Elite qui apparaît au début
lorsque l’on met le film en marche. L’édition
reprend donc l’image de l’édition NTSC
sortie il y a quelques années. Les transitions sont
musicales et le menu est animé d’une superbe
manière. On pourra toujours tiquer sur la relative
longueur et l’aspect répétitif qui empêche
d’accéder directement à l’endroit
voulu mais ça n’a que très peu d’importance
finalement. On trouvera 12 sections dans le chapitrage du
film, ce qui est suffisant étant donné la
longueur du long-métrage.
Image : C’est bel et bien le seul
point noir de cette édition assez remarquable. Studio
Canal a repris le même transfert que le laserdisc
NTSC de Elite et l’image a perdu toute trace de grain
et apparaît même très lisse. Bien contrastée,
disposant de couleurs vives et d’une bonne compression
elle est cependant dans un format respecté 1.75 mais
n’est pas compatible 16/9. C’est vraiment dommage
quand il apparaît impossible de zoomer l’image
sans perdre les sous-titres. On ne comprend pas très
bien pourquoi l’image n’est pas dans un transfert
anamorphique. Il n’y a par ailleurs que de très
rares griffures ou de poussières malgré l’âge
de la pellicule.
Son : A image remasterisée, son
remasterisé. Les deux langues disponibles sont le
français et l’anglais. Les sous-titres sont
imposés sur la V.O. Celle-ci dispose d’un mixage
sonore en Dolby Surrond 4.0 qui est la seule piste proposée
pour la langue originale. Fidèle en tout point de
vue à l’atmosphère du film, elle est
supervisée par Tobe Hooper en personne. Inutile de
dire qu’il s’est penché avec le plus
grand intérêt sur ce mixage pour lui donner
le réalisme et le pointillisme dont il avait besoin.
Elle dissémine quelques effets probants dans les
arrières et le mixage général est assez
généreux (la séquence du bois). De
plus il permet de voir le film dans les conditions initiales
de tournage en profitant des techniques modernes d’encodages
numériques. De loin la meilleure solution pour le
visionnage.
La VF dispose de deux formats : un en 1.0 mono d’origine
qui n’apporte pas grand chose ;un autre en 5.1 arkamys
qui gonfle de manière illogique certains effets,
amenuisant considérablement l’impact du film.
Pour exemple dans l’une des premières scènes,
quand Allen Danziger frappe contre le mur pour savoir si
quelqu’un se trouve à l’intérieur,
le son est localisé sur les enceintes avants, alors
qu’il devrait être à l’arrière
puisqu’il se trouve dans l’arrière-plan.
Le rendu sonore est ainsi outrancier et met trop en avant
les dialogues. Le doublage a été de plus refait
et paraît beaucoup trop fade. Une piste à éviter
en somme.
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L’édition
est bien fournie en bonus qui ne ressemblent
pas qu’à un tas de bandes promotionnelles
ou de making-of où les intervenants se congratulent
à tour de rôle. La plupart des suppléments
tournent autour du tournage mais aussi de l’expérience
professionnelle et personnelle de Tobe Hooper et de son
équipe. Les archives du film sont intelligemment
exploitées, et l’équipe principale
est présente pour faire part de l’expérience
qui semble encore fraîche dans leur tête malgré
les années.
L’un des gros suppléments est bien entendu
le commentaire audio (VOSTF) du réalisateur,
du directeur de la photo et de l’acteur principal
à savoir Gunnar Hansen. L’équipe revient
tout d’abord sur les conditions de tournage très
éprouvantes en plein mois d’août dans
la région d’Austin au Texas. Les températures
dépassaient sans problèmes les 35 degrés
et la chaleur associée à la fatigue a failli
faire sombrer les membres de l’équipe dans
un état proche de la folie. Le générique
de début est un hommage à Orson Welles dans
l’utilisation de la voix. Le titre original devait
être Leatherface puis Headcheese, mais ils ont opté
pour le titre que nous connaissons tous aujourd’hui.
Le tout est commenté avec humour et recul. Daniel
Pearl insiste la plupart du temps sur quelques détails
techniques (comme la pellicule employée ou le fait
que la lumière soit souvent sous-exposée
du fait qu’il ne pouvait pas utiliser de torche),
et sur la notion de peur panique. Les membres de l’équipe
n’étaient pas les derniers à sursauter
ou à prendre peur devant les apparitions de ‘Leatherface’
qui reste tout le long du tournage avec une seule tenue.
Hooper souligne de son côté le jeu des acteurs
et, bien qu’il parle de gens qui débutaient
dans leur métier, il fait preuve d’une grande
affection pour ses comédiens. Il a appris par ailleurs
que le film parlait d’Ed Gein seulement 3 ans après
la sortie de son propre film. Lorsqu’il commente
une des scènes les plus traumatisantes (celle du
crochet dans la cuisine), Hooper décortique sa
mise en scène. Tout est basé sur le suggestif.
On ne voit pas la victime se faire empaler de dos, mais
le champs/contre-champs nous la montre sur le pic de boucher.
De même que le corps découpé qui suit
est montré hors-champ tout en laissant deviner
de quoi il s’agit. Beaucoup de séquences
reprennent ces idées de mise en scène. Dans
la fameuse séquence des bois, le réalisateur
et Gunnar Hansen nous livrent quelques secrets concernant
sa mise en boîte. La tronçonneuse est belle
et bien branchée (comme pendant tout le reste du
film) et Gunnar manque à un moment donné
de tomber par terre. Ils ont multiplié les nuits
de tournages (parfois ce sont des artifices qui font croire
qu’il fait nuit) et ont mis bout à bout des
séquences de travellings qui donnent une course-poursuite
d’environ cinq minutes où Marylin Burns s’époumone
comme jamais. Hooper livre aussi des informations passionnantes
concernant la scène finale qui s’est déroulée
sur vingt sept heures, et durant laquelle il poussait
ses acteurs à bout. Cette anecdote rappelle la
façon avec laquelle Friedkin faisait peur au personnage
de Karras dans l’Exorciste en faisant sonner
le téléphone. Les comédiens n’en
pouvaient plus, la chaleur, la fatigue et le manque de
sommeil amplifient la dureté et le réalisme
de la scène. Hooper dirigeait les acteurs mais
les laissait aussi un peu improviser. Le final du film
laisse aussi la place à une petite anecdote concernant
l’acteur noir qui sauve la victime. Voilà
un commentaire audio passionnant et riche d’informations,
le tout mené avec un humour jamais racoleur. On
ne remerciera jamais assez Studio Canal d’avoir
eu l’idée de le sous-titrer.
L’autre morceau de choix des bonus est l’interview
donnée par le réalisateur et qui était
passée sur Canal + au moment de la diffusion du
film dans le ‘quartier interdit’ de Jean-Pierre
Dionnet. D’une durée de vingt trois minutes,
elle revient sur la carrière de l’auteur,
de ses débuts (il allait très régulièrement
au cinéma dès son plus jeune âge)
à ce premier film mythique, en revenant sur les
circonstances de l’écriture du scénario
(qui part d’une anecdote croustillante ) jusqu’à
ses derniers films (dont Crocodile sorti en catimini
et directement en vidéo). Il est regrettable par
contre d’avoir entrecoupé par un humour malvenu
cette séquence, laquelle repose sur des blagues
qui tombent à plat. Divisée en plusieurs
chapitres, cette interview peut se voir comme une étonnante
mise en perspective de l’œuvre du cinéaste,
de ses obsessions passées à ses préoccupations
plus actuelles, la façon dont il envisage la mise
en scène, le rapport à la peur.
Tous les autres bonus sont présentés par
un texte informatif traduit en français.
La filmographie du réalisateur
est un autre bonus, plus anecdotique. On aurait voulu
aussi la présence d’une filmographie de Gunnar
Hansen et de Marylin burns. Informatif en tous les cas,
sans être exhaustif.
Les bandes-annonces sont au nombre de
quatre. On retrouve celle du premier Massacre à
la tronçonneuse, puis celle du 2, du 3 et
du 4. La première est dans l’esprit du film
et propose un grain appréciable ainsi qu’une
voix-off très convaincante. Les autres sont trop
courtes, et surtout font penser à des films totalement
différents du premier en adoptant un style plus
parodique. Le quatrième épisode a permis
entre autre de découvrir le jeune acteur Matt Macconaughey.
Le bêtisier est proposé
dans un format 16mm très esquinté avec nombre
de griffures mais il a la particularité d’être
sonorisé. Les situations sont celles du film, mais
elles ont été avortées ou n’ont
pas réussi. On y voit par exemple Marylin Burns
tomber par terre après avoir été
ligoté. Un supplément très anecdotique.
Les scènes coupées ont
l’avantage de proposer parfois une vision de l’œuvre
qui dénote de la tonalité générale.
On y trouvera un ‘Leatherface’ en train de
se maquiller assumant une part de féminité
assez troublante, lorsque l’on sait qu’il
agit de la manière la plus brutale qui soit. Elles
proposent aussi une séquence d’ouverture
différente, plus glauque encore, mais qui ne fut
pas retenue au final (le commentaire audio le souligne
aussi). Ces scènes coupées ne sont pas sonorisées.
C’est un document brut.
Les affiches et visuels d’archives
sont intéressants à plus d’un titre.
Ils montrent le gros travail esthétique et artistique
effectué sur le film et proposent des photos de
plateaux très intéressantes qui servirent
aussi à la promotion du film dans le monde. On
retrouve des affiches en anglais, allemand, espagnol…
D’une qualité tout à fait rare, elle
sont aussi d’un intérêt non pas encyclopédique
mais cinématographique. Elles présentent
parfois des rushes d’images, la fin d’un plan,
et sont essentielles pour comprendre le visuel du film.
Les visuels sont proposés en couleur et en noir
et blanc.
Une scène brute fait aussi partie
des bonus. Cette scène non sonorisée montre
la mort de Kirk frappé par ‘Leatherface’.
La scène est ici plus longue que dans le film.
Enfin, les images des décors et accessoires
constituent le dernier bonus. C’est un document
filmé et sonorisé. Il montre le travail
magnifique accompli par Robert Burns dans le choix des
ossements qui ornent la maison de l’intérieur
et reprend le travail de recherche effectué par
les documentalistes sur la vie de Ed Gein et son penchant
pour les tapisseries humaines. Un document riche et informatif.
On regrettera donc
cette absence de 16/9 qui nuit à la qualité
de l’image mais il serait difficile de passer à
côté de cette édition en attendant
peut-être, pour le trentième anniversaire,
une édition encore plus riche et un nouveau transfert.
Mais ne boudons pas pour l’instant notre plaisir
devant ce film qui dispose d’un écrin assez
rare pour être souligné.
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