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Réalisateurs : Ralph Ceder, George Jeske, Percy Pembroke,
Jay A.Howe, Stan Laurel
Année : 1923 - 1924 -1925
Avec : Stan Laurel, James Finlayson, Katherine Grant, May Laurel
Scénario : Stan Laurel
Image : Frank Young
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MK2
/ Lobster /
USA
1923 - 1924 - 1925
Noir et Blanc - 336 mn
Zone 2
Format cinéma : 1.33
Format vidéo : 4/3
Langues : muet sonorisé en mono 2.0
Sous-titres : français sur des intertitres en anglais
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16
courts métrages, de une à deux bobines
selon les cas, produits entre 1923 et 1925 mettent en
scène Stan Laurel et donnent à voir le
talent déployé par un grand artiste du
burlesque américain. Si les films ont été tournés
par divers réalisateurs, leur paternité artistique
en revient totalement à Stan Laurel. |
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Laurel
et Hardy, Hardy Et Laurel. Ces deux noms célèbres
sont étroitement liés pour l’éternité dans
le cœur des enfants, petits et grands, qui ont eu
le bonheur d’exercer leur zygomatiques devant les
aventures chaotiques de ces maladroits magnifiques. Ce
que l’on sait moins, c’est que Stan Laurel
eut une courte carrière en solo qui fit de lui
un petit maître du burlesque, à côté de
Harold Lloyd, Charley Chase ou Harry Langdon. Largement
moins célèbre que celle de Buster Keaton
ou Charles Chaplin, son œuvre mérite pourtant
d’être considérée, même
si elle n’atteint pas souvent la même poésie
ou originalité. Comme la plupart des acteurs du
burlesque, Stan Laurel, issu d’une famille d’artistes
de théâtre,
débuta au cirque puis au music-hall où il
développa ses aptitudes pour le pantomime. Né à Ulverston
(Angleterre) en 1890, Arthur Stanley Jefferson fit ses
premiers pas au Théâtre Britannique de Glasgow.
Il entra dans la célèbre troupe de Fred Karno,
où l’on retrouvait déjà un jeune
surdoué du nom de Charles Chaplin. Il en fut d’ailleurs
sa doublure pendant quelques années avant de devenir
la vedette de la compagnie lors du départ du grand
Charlie. Suite à une tournée de la troupe
de Fred Karno aux Etats-Unis en 1910, Stan Laurel s’installe à Hollywood.
Il entre dans le monde du cinéma en 1917 où il
tourne dans son premier court métrage. Il créa
le Keystone Trio puis the Stanley Jefferson Trio. Après
des années de vache maigre, entre petits rôles
au cinéma et théâtre de vaudeville,
il signe en 1923 un contrat avec le producteur Hal Roach
(qui l’avait déjà fait travaillé)
qui va enfin lui permettre de mener à bien sa carrière.
De 1923 à 1925, aux Studios Hal Roach, et alternativement
avec le producteur Joe Rock, il est maître de ses
films et devient ainsi à son tour un artiste du
burlesque d’une grande stature.
La polémique a longtemps couru sur les emprunts
comiques fait à Stan Laurel de la part de Charlie
Chaplin. Les deux comédiens eurent des trajectoires
parallèles, issus d’un même milieu pauvre
et connaissant un parcours similaire, bien que le dernier
fût vite devenu une star mondiale vénérée
et que le premier dût attendre longtemps son heure,
et encore ne devint réellement célèbre
que grâce à son duo avec Oliver Hardy. On
reprocha à Chaplin d’avoir délibérément
copié des gags à Laurel, chose dont aucun
des deux ne parlèrent jamais eux-mêmes. Sauf
au sujet du personnage "Jimmy l’Intrépide" interprétés
par Chaplin et Laurel dans la troupe de Fred Karno. "Jimmy" est
un garçon miséreux et lunatique qui vainc
les nombreux dangers présents dans ses rêves.
Laurel créa le rôle et conçut une grande
fierté d’en faire un modèle pour Chaplin.
Il affirma : "Je pense que le souvenir de ce rôle
et de ce spectacle a pu poursuivre Chaplin toute sa vie.
Vous pouvez reconnaître des traces de Jimmy dans
tous ses films, dans les séquences de rêve
par exemple. Sérieusement, je dirais que Jimmy le
pauvre, le rêveur courageux, a grandi et Jimmy est
devenu le Vagabond."
Stan Laurel eut en fait un
style bien à lui pourtant,
mais il n’est pas interdit de penser que, du fait
de la même pratique burlesque, les différents
artistes se soient fortement inspirés les uns des
autres dans ce domaine. Il est ainsi temps de rendre justice à Stan
Laurel sur ce point-là. On pourrait dire que Laurel
a, de son côté, tiré ce personnage
de Jimmy vers une autre direction. Débarrassé de
ses oripeaux de miséreux, il est presque resté un
enfant perclus dans son monde, en tout cas inapte à satisfaire
aux exigences du quotidien, de terminer un travail, un
jeune homme caractériel et têtu, dont les
tentations sexuelles se doivent également d’être
assouvies. Les traits propres à l’ahuri du
couple Laurel et Hardy sont déjà présents
dans ses courts métrages en solo. Sauf que Stan
Laurel y déploie bien plus d’autorité et
de vaillance. Un sentiment héroïque, bien que
débouchant presque toujours sur un désastre,
est bel et bien présent alors que l’artiste
sera plutôt passif lorsqu’il sera associé à son
gros compère Hardy. Laurel fut, comme on le sait,
le maître d’œuvre du formidable duo, le
scénariste et le créateur des gags parsemant
leurs aventures. Il sera maintenant plus aisé de
s’en rendre compte en visionnant les courts métrages
restaurés par Lobster Films. Dans ses courts métrages,
Laurel s’ingénie aussi à parodier les
grands succès cinématographiques contemporains
ou les genres les plus en vogue : les grands mélodrames
romantiques, les films d’aventures exotiques ou le
western. Un goût pour l’absurde imprègne également
son style de comédie, son personnage a régulièrement
des réactions inattendues ou bien sort de sa poche
des objets improbables. On retrouve aussi un grand sens
de l’humour dans les intertitres, témoignant
d’un second degré proche de la satire, qui
se permettent parfois d’initier un gag que l’image
suivante s’empresse de conclure.
Sur les 16 courts
métrages proposés par
l’association MK2/Lobster, il serait faux de prétendre
qu’ils présentent tous le même intérêt.
Cependant, la plupart d’entre eux sont de véritables
petites perles et permettent de (re)découvrir un
grand artiste comique à l’aube de sa carrière,
mais déjà en pleine possession de ses talents.
On le dit fréquemment : il n’y a rien de plus
personnel qu’une réaction à l’humour,
mais gageons que l’accumulation de ces petits films
et de ces gags souvent méchants parvienne à dérider
les plus fermés des spectateurs.
DVD 1 : 1923
Oranges et citrons / Oranges
and Lemons (11’54’’)
: Stan Laurel travaille dans une orangeraie et une usine
d’emballage d’agrumes. Tout ce qu’il
est possible de faire avec des fruits et des cageots pour
faire rire se trouve dans ce petit film qui est une véritable
entreprise de démolition.
Laurel dans la jungle / Roughest
Africa (21’09’’)
: Stan Laurel dans une parodie de film exotique. On voit
des porteurs se coltiner des objets de luxe et des instruments
de musique alors que les aventuriers roulent en voiture.
Une carte de l’Afrique montre leur trajet… de
Hollywood à Los Angeles. Et Laurel s’octroie
le luxe de jouer avec des animaux: singes, autruche, ours, éléphant
et un lion sensible au son du violoncelle. Bref, un must
!
Cœurs givrés / Frozen Hearts (25’11’’)
: Stan Laurel dans une parodie de mélodrame. Le
film se passe en Russie Tsariste. Un simple moujik amoureux
doit aller reconquérir sa belle, envoyée à Petrograd
comme danseuse à la Cour. C’est l’un
des meilleurs films de la sélection. On oubliera
pas les témoins d’un duel, dont un nain, se
battant comme des harpies ou bien l’apparition du
personnage au fort strabisme, récurrent dans les
courts de Laurel, fatalement maladroit au fusil.
Le héros d’Alaska / The Soilers (23’51’’)
: Laurel cherche à se venger d’un riche homme
d’affaires qui lui a confisqué arbitrairement
ses mines d’or en Alaska. Ce court métrage,
moins réussi que les autres, ménage tout
de même quelques bonnes idées comme la description
hilarante d’une communauté totalement livrée à la
violence des origines.
Une riche nature / Mother’s Joy (23’26’’)
: Un riche barbon fait revenir auprès de lui sa
fille et son petit-fils qu’il avait rejetés
il y a des années. Mais l’enfant est devenu
un jeune homme gaffeur et excentrique. Laurel est lâché comme
un chien dans un jeu de quille aristocratique. Déchaîné,
il détruit tout sur son passage, jusqu’au
mariage arrangé qui lui était promis.
DVD 2 : 1924
Le facteur
incandescent / Near Dublin (22’58’’)
: L’action se passe dans un village près de
Dublin où les habitants ont un comportement particulièrement
violent. Ils passent leur temps à se lancer des
briques à la figure. Stan Laurel joue à nouveau
l’amoureux héroïque mais maladroit. Un
festival d’humour burlesque où les briques
ont remplacé les tartes à la crème.
Le
gagnant du Grand Prix / Zeb vs Paprika (21’50’’)
: Stan Laurel joue un jockey qu’on entraîne à la
dure avant de l’envoyer concourir dans une course
de trot contre un attelage américain. Les scènes
d’entraînement sont plus réussies que
celles de la course elle-même. Dans une scène,
Laurel se dessine une petite moustache et la ressemblance
avec Chaplin est étrangement frappante.
Drame au bureau
de poste / Postage Due (21’40’’)
: après s’être fait faire une photo
dans des conditions rocambolesques, Stan Laurel sème
le trouble dans un bureau de poste parce qu’il a
oublié de coller un timbre à sa lettre, alors
qu’un inspecteur de la poste veille au grain. 12
ans avant que Chaplin ne tombe dans les rotatives de son
usine, Laurel et son poursuivant chutent dans les trieuses
de la poste. Un grain de folie bienvenu.
Ecossez-moi / Short
Kilts (23’56’’)
: Stan Laurel portant un kilt se moque des mœurs écossaises,
leur fort tempérament et leur radinerie. Deux familles
ne cessent de se bagarrer alors que chacun des deux héritiers
est amoureux de la fille de la famille d’en face.
L’affrontement ne cesse jamais, même après
la célébration des mariages. Peut-être
l’un des courts les plus décevants.
Un homme
courageux / West Of Hot Dog (22’26’’)
: Une production Joe Rock cette fois-ci qui parodie le
western. Stan Laurel joue un garçon peureux et maladroit
qui, après s’être fait attaqué dans
la diligence le convoyant vers la ville de Hot Dog, est
de nouveau confronté à ses agresseurs qui
en veulent à ses biens. Certains gags répétitifs
desservent un court métrage qui manque de rythme.
Heureusement le gag du gaffeur malhabile qui dessoude l’un
après l’autre les bandits sans le faire exprès
remonte le niveau.
DVD 3 : 1925
L’épervier des neiges / The Snow Hawk (20’07’’)
: Une production Joe Rock qui parodie The Sea Hawk avec
Wallace Beery et George O’Brien. Le maladroit et
puéril Stan Laurel se retrouve employé dans
une épicerie située sur une montagne enneigée.
Amoureux de la fille du patron, il a pour rival un criminel
qui se fait passer pour un officier. Peut-être faut-il
avoir connaissance du film parodié pour profiter
pleinement de ce court métrage, mais on mesure l’écart
qualitatif qui existe entre Stan Laurel et Charles Chaplin
concernant l’utilisation de ce type de décor
(cf. le somptueux La ruée vers l’or de
ce dernier).
Un bleu de la Marine / Navy Blue
Days (20’16) :
dans cette nouvelle production Joe Rock particulièrement
endommagée, Stan Laurel interprète un marin
de première classe qui s’invite dans une soirée
donnée pour son officier supérieur, et attiré par
la maîtresse de maison. Le personnage du garçon
inconscient, obstiné et éternellement en
fuite donne sa pleine mesure dans ce film, mais il semble
que la veine burlesque se soit un peu tarie chez Joe Rock,
malgré un excellent gag au début du court
métrage qui rappelle un peu Buster Keaton.
Plus fort
que Sherlock Holmes / The Sleuth (21’50)
: Stan Laurel joue un détective privé extravagant,
et expert en déguisements tous plus saugrenus les
uns que les autres, dans ce qui est certainement l’un
des meilleurs films de la période Joe Rock. La veine
burlesque de Laurel accompagnée de son goût
pour l’absurde refait surface pour notre grand plaisir.
Le gag des chapeaux portés par Laurel et dérobés à travers
la porte est devenu célèbre et refera son
apparition dans d’autres productions.
Sauce piquante
/ Dr Pyckle and Mr Pride (21’48)
: Sans doute le meilleur film de Stan Laurel produit par
Joe Rock. Il s’agit d’une parodie du Docteur
Jekyll et Mister Hyde, dans laquelle Hyde/Pride est un
monstre lubrique et coquin qui court les femmes. Le court
métrage a été tourné dans le
décor du Bossu de Notre Dame et démontre
les qualités d’interprétation de Laurel
dans un double rôle.
N’est pas homme qui veut / Half A Man (24’52’’)
: le dernier film fait par Stan Laurel pour Joe Rock. Il
interprète un simplet monstrueusement maladroit
et craintif qui se retrouve seul naufragé sur un île
avec une horde de femmes entreprenantes. Seulement intéressé par
l’une d’elles, il prend peur et menace constamment
de se jeter d’une falaise. Chose qu’il fera
contre son gré, on s’en doute. Une petite
déception.
Yes, Yes, Nanette (10’54’’) : Stan Laurel
est de retour chez Hal Roach. Sur ce film, il n’assure
que la direction mais l’événement marquant
est qu’il y dirige Oliver Hardy pour la première
fois (alors que ce dernier est quasiment inconnu). Nanette
retourne au foyer avec son époux qu’elle présente à sa
famille et qui fait l’unanimité contre lui.
Son ancien amant (Oliver Hardy sans sa moustache) revient à son
tour pour la séduire. Mais le mari s’énerve
et, contre toute attente, donne une leçon à son
imposant rival et gagne la confiance de la famille. Un
petit film qui ne vaut que par la rencontre indirecte du
futur duo.
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Image : Bien évidemment, nous retrouvons sur chacun des
courts métrages les défauts caractéristiques
de ces films très anciens et peu épargnés
par le temps : poussières, taches, rayures, griffures,
variations lumineuses, traces de décomposition
de la pellicule, sautes d’images, définition
aléatoire. Mais il faut bien savoir que nous sommes
en présence de véritables raretés
qu’un long travail de recherche et de restauration
aura permis de faire sortir du néant. De plus,
un effort a été fait sur l’intégrité des
films : on nous propose ainsi le plus souvent des versions
intégrales grâce à un long travail
de fourmi pour retrouver les bobines et les plans manquants.
C’est donc avec une grande indulgence qu’il
faut accueillir cette édition, d’autant
que les contrastes sont souvent de bonne qualité.
Certaines scènes, rares il faut le dire, affichent
même une étrange propreté, certainement
due à une bonne conservation. La compression,
dans son ensemble, est une réussite.
Les intertitres
sont propres et parfaitement lisibles. Certains d’entre eux ont même été refaits
récemment. Il sont en anglais et sous-titrés
en français.
Son : La piste sonore, quant à elle, est très
satisfaisante. L’accompagnement au piano en mono
2.0 ne souffre d’aucun problème : le son
est propre et net.
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Le
coffret Stan Laurel se compose de 3 DVDs aux caractéristiques équivalentes.
Les
menus, en noir et blanc et reprenant la charte graphique
MK2, sont disponibles en français et en anglais.
Ils sont fixes et musicaux (l’accompagnement au
piano caractéristique des courts métrage)
et sont au format 4/3.
Chaque DVD comporte une courte
préface de Serge
Bromberg, directeur de Lobster Films, une société spécialisée
dans la restauration de films anciens. Chacune de ces
préfaces bénéficie de sous-titres
anglais.
DVD 1 : Serge Bromberg, avec la passion qui le caractérise,
nous expose quelques raccourcis biographiques de Stan
Laurel. De ses débuts dans la troupe Fred Karno
jusqu’à Hal Roach, en passant par Universal
et Vitagraph. Il présente ensuite les courts métrages
restaurés par les soins de son entreprise. (3’54’’)
DVD 2 : Serge Bromberg s’appesantit plus sur l’envol
de la carrière de Stan Laurel et sur ses relations
avec Hal Roach et Joe Rock, avant de présenter
chacun des films (conditions de tournage, année
de sortie). (5’19’’)
DVD 3 : Serge Bromberg parle de la période passée
avec le producteur Joe Rock dès la fin de l’été 1924
pour qui il tournera une douzaine de films, tous des
parodies de longs métrages. C’est à cette
période (début 1925) que Stan Laurel met
fin à son mariage avec Mae et qu’il rencontre
sa deuxième épouse. La rupture difficile
avec Joe Rock est également évoqué,
le producteur poursuivant Stan Laurel en justice. Ce
dernier retournera tout heureux chez Hal Roach où il
entreprendra une seconde carrière avec son compère
Hardy. Chaque film nous est succinctement présenté,
Bromberg évoquant aussi les conditions difficiles
de restauration. (5’38’’)
Chacun des
3 DVDs comporte un accès direct aux
scènes qui tient lieu de chapitrage simplifié.
Chaque court métrage y est divisé en 3
chapitres.
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