
Réalisé
par Charles Crichton
Avec Dirk Bogarde, Kay Walsh, Elizabeth
sellars, Jon Whiteley
Scénario : Jack Whittingham
Musique : Hubert Clifford
Photographie : Eric Cross
Un film Rank
GB – 81 mns – 1952 |

81
mn PVB Editions
Zone 2
Format cinéma : 1.33
Format vidéo : 4/3
Noir et blanc
Langues : Français mono / Anglais
mono
Sous titres : Français
Mono d’origine |


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Chroniqués
par DvdClassik :
Pas d'autre film à ce jour
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De
peur de se faire sévèrement punir,
un jeune orphelin de six ans, Robbie, s’enfuit de chez
ses parents adoptifs après avoir involontairement mis
le feu aux rideaux. En trouvant refuge dans une cave, il se
trouve nez à nez avec un homme, Chris, venant à
l’instant d’assassiner l’amant de sa femme.
De peur que l’enfant parle, Chris le prend avec lui
et c’est un périple à travers l’Angleterre
qui commence, de Londres aux landes écossaises. Une
amitié se noue entre les deux ‘hommes’
alors que la police poursuit sa traque pour retrouver le meurtrier
et le fugueur. |
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Quel
plaisir de découvrir grâce à
leur sortie sur notre support favori, d’excellents
films comme celui qui nous concerne, qui seraient autrement
tombés dans l’oubli alors qu’ils ne le
méritaient certes pas ! Il faut dire que le cinéma
anglais des années 50 reste encore aujourd’hui
assez méconnu. Mais contrairement au cinéma
hollywoodien qui arrivait à son apogée lors
de cette décennie, le cinéma anglais subissait
alors une forte crise économique et artistique, le
7ème art en Angleterre ayant du mal à rivaliser
avec la nouvelle ‘petite lucarne’ et l’inspiration
des scénaristes étant un peu retombée.
Alors que les années 40 voyaient émerger des
cinéastes aussi talentueux que David Lean (Brève
rencontre, Oliver Twist…), Carol Reed
(Huit heures de sursis, Le troisième
homme…) ou le duo Michael Powell- Emeric Pressburger
(Les chaussons rouges, Le narcisse noir…),
et que les grandes compagnies ‘Rank’, ‘Korda’
et ‘Les Archers’ rivalisaient de talents, le
cinéma anglais s’enlise au début de
la décennie suivante et les stéréotypes
fleurissent sur les écrans. Rien d’extraordinaire
ne sort si ce ne sont quelques fleurons de la comédie
‘british’, ceux de Alexander Mackendrick, Robert
Hamer et Charles Crichton justement. Le cinéma anglais
assez sclérosé de ce début des années
50 est donc encore quasiment invisible aujourd’hui.
Il trouvera un nouveau souffle avec la résurrection
et le recyclage des grands mythes du fantastique par les
productions de la Hammer avec Terence Fisher comme chef
de file, ainsi, qu’au début des 60’s,
par l’éclosion du ‘Free cinéma’,
menée par John Schlessinger, Lindsay Anderson et
consorts, qui va secouer l’establishment comme la
Nouvelle Vague va le faire en France.…
Entre ses deux comédies les plus
célèbres dans la meilleure tradition de l’humour
‘british’ que sont De l’or en barres
et Tortillard pour Titfield, Charles Crichton réalise
ce petit suspense rondement mené. Le générique
se déroule avec en fond sonore, une musique stridente,
angoissante et très rapide qui met immédiatement
le spectateur dans l’ambiance. Ce même thème,
d’une efficacité redoutable, redémarre
dès la première image du film : un fulgurant
prologue qui fait immédiatement haleter le spectateur
à la suite de ce petit garçon qui court à
perdre haleine dans les rues du Londres d’après-guerre
en reconstruction. Après avoir failli se faire renverser
par une carriole tirée par des chevaux, le voilà
qui pénètre se réfugier dans une cave.
Immédiatement, une main le saisit : un homme hirsute
et angoissé se trouve déjà à
cet endroit. Le visage envahi par la peur, l’homme
entraîne l’enfant à sa suite. La caméra
les regarde sortir tout en faisant un travelling arrière
qui dévoile à l’avant plan, un cadavre
encore tout chaud. Tout ceci se déroule en un peu
moins de deux minutes et nous avons déjà tout
compris de la situation qui se profile. Etonnante première
scène formidablement filmée, utilisant à
merveille les décors extérieurs d’un
Londres très bien photographié : tout au long
de ce film assez court (il ne dépasse pas les 1h20),
la mise en scène, misant sur l’efficacité
visuelle, le style des images oscillera entre deux styles
: celui de l’école documentariste des années
30 (les images des travailleurs partant à l’usine
au petit matin, les scènes de l’arrivée
des bateaux de pêches…) et les cadrages plus
sophistiqués et formalistes (dans le bon sens du
terme) à la Carol Reed. De la part de ce metteur
en scène, la surprise est de taille et la réussite
est au rendez-vous : on peut même affirmer qu’Alfred
Hitchcock n’aurait pas renié la première
demi-heure ponctuée de scènes à suspense
: comment l’homme avec l’aide de l’enfant
va tenter d’aller récupérer de l’argent
dans son appartement, alors que celui-ci est surveillé
par la police ?
Point de psychologie ni de sentimentalisme
là où nous pensions les attendre au tournant.
Le réalisateur évite le pathos dans lequel
il aurait pu facilement tomber avec le personnage du petit
garçon. Il faut dire que le petit Jon Whiteley est
stupéfiant de naturel et vraiment attendrissant de
naïveté : c’est certainement pour cette
raison que Fritz Lang le choisira 3 ans plus tard pour en
faire l’inoubliable héros aux côtés
de Stewart Granger du sublime Les contrebandiers de
Moonfleet. Point de mièvrerie donc et très
peu de dialogues, ce qui ne rend pas pour autant ce film
froid et austère. Les personnages nous deviennent
même vite assez proches. Dirk Bogarde, dans son premier
rôle d’importance, est formidable dans la peau
de ce personnage violent et nerveux, qui s’humanisera
au contact de cet enfant, ce dernier ne voulant pour rien
au monde le quitter pour retourner chez ses parents adoptifs
qu’il n’aime pas (et pour cause). Aucuns clichés
pour tous ce qui concerne les seconds rôles : l’épouse
du ‘héros’ est une femme adultère,
nymphomane mais toujours aimante ; les tenanciers de l’hôtel
ne sont pas des ‘Thénardiers’ comme souvent
dans ce genre de films mais s’ils cherchent à
avertir la police, ils ne le font par méchanceté
ni dans un but de dénonciation mais par bonté
d’âme croyant l’enfant en danger entre
les mains du ravisseur ; le frère de Chris, chez
qui les deux fuyards se réfugient après de
longues et usantes marches à travers les landes écossaises,
refusera de les laisser se reposer chez lui de peur de perdre
sa respectabilité auprès des habitants du
village…Et tous les ‘petites gens’ gravitant
autour des personnages principaux sont décrits eux
aussi par le réalisateur et le scénariste
avec attention, humanité et respect. Comme on peut
s’en rendre compte, ce voyage initiatique est ponctué
de scènes qui vont à l’encontre de ce
qu’on pensait y trouver et ce, jusqu’à
la scène finale sobre et émouvante, remarquablement
montée et supportée encore une fois par un
beau thème musical mais dont nous ne déflorerons
pas ce qu’il s’y passe.
Même si la seconde partie du
film pêche un peu plus par quelques baisses de rythmes
sans conséquences, le film se laisse voir avec énormément
de plaisir d’autant plus que le côté
visuel est fortement mis en avant par le metteur en scène.
Il pourrait presque rivaliser avec une autre oeuvre plus
récente dont l’histoire est très proche
de celle de Rapt et dont nous pourrions raisonnablement
penser qu’elle s’en est inspirée : un
film ample et lyrique, émouvant et angoissant, réflexion
sur la violence et l’amitié, le fameux et superbe
Un monde parfait de Clint Eastwood. Cependant,
il serait étonnant qu’un quelconque spectateur
puisse rester hermétique devant ce très beau
film anglais qui a vraiment tout pour plaire au plus grand
nombre et à tous les âges. A signaler que dans
les années 80, Charles Crichton réalisera
son film le plus célèbre, et à juste
titre, le drolissime Un poisson nommé Wanda.
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Image
: La copie n’est certes pas nettoyée
et ce sont surtout les points blancs qui sont légions
tout au long du métrage, mais un petit éditeur
comme PVB possède t’il les moyens de faire
pratiquer une restauration aux films qu’il distribue,
surtout quand ceux-ci sont des raretés telles que
celui-ci ? Je ne pense pas mais hormis ce défaut,
il faut avouer que le master est splendide. Le noir et
blanc est superbement contrasté et rend un très
bel hommage à la magnifique photographie de Eric
Cross, la définition se révèle même
assez étonnante. Quelques petits problèmes
de compression ici ou là mais rien qui puisse gêner
la bonne vision du film.
Son : La bande son est vraiment
très bonne elle aussi, les dialogues étant
d’une grande clarté et l’efficace partition
de Hubert Clifford ressortant avec une grande force. Les
beaux sous titres blancs s’avèrent très
discrets et certains grands éditeurs comme Paramount,
pour ne pas les citer, feraient bien de s’en inspirer.
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Le menu est présenté avec en fond la musique
de générique du film. En bonus, nous trouvons
une belle galerie de photos en noir et
blanc ainsi que des filmographies assez
exhaustives des deux acteurs principaux ainsi que du réalisateur
Charles Crichton.
Une rareté qui mérite
d’être découverte.
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