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Réalisé par Anthony
Mann
Avec James Stewart, Arthur Kennedy,
Donald Crisp, Aline MacMahon, Cathy O’Donnell, Alex Nicol,
Wallace Ford, Jack Elam
Produit par William Goetz pour Columbia
Scénario de Philip Yordan et
Frank Burt, adapté d’un roman de Thomas T. Flynn paru
en feuilleton dans le Saturday Evening Post
Photographie Cinémascope Technicolor
de Charles Lang, Jr.
Musique de George Duning
Durée cinéma : 101’
USA - 98' - 1955
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DVD 5
Zone 2
Edité par Columbia TriStar
Format 16/9 2.35 :1
Langues : Anglais 3.0, Français,
Italien, Allemand, Espagnol mono
Sous-titres : Français, Anglais,
Allemand, Polonais, Tchèque, Finnois, Danois, Turc, Arabe,
Suédois, Portugais, Islandais, Bulgare, Grec, Italien, Espagnol,
Hébreu, Norvégien, Néerlandais
Menu fixe et muet _ Chapitrage
Durée DVD : 98’ |


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Nouveau
Mexique vers 1870. Will Lockhart, ancien capitaine
de garnison au Wyoming, arrive à Corronado pour livrer
un chargement de cotonnades et autres marchandises à
la négociante locale, Barbara Waggoman. Lockhart est
en fait à la recherche des trafiquants d’armes
qui, indirectement, ont causé la mort de son frère,
jeune soldat tombé sous les balles des fusils à
répétition détenus par les Apaches. Bien
que située à la lisière du territoire
Apache, Corronado reste étrangement épargnée
par les raids des guerriers indiens. Lockhart ne tarde pas
à constater que la ville tout entière est la
propriété de l’oncle de Barbara, Alec
Waggoman, véritable démiurge qui depuis 28 ans
n’a eu de cesse d’étendre son ranch en
absorbant les terres de ses rivaux. Seule son ancienne fiancée,
la fière Kate Cannaday, lui a résisté
durant toutes ces années. Aujourd’hui assagi,
le vieil homme doit tempérer le caractère de
chien fou de son propre fils Dave et assigne à cette
tâche son ambitieux intendant Victor Hansbro, le fiancé
de Barbara, à qui il promet en échange une part
de l’héritage de son ranch. En dépit de
sa bonne volonté, Vic peine à canaliser le tempérament
explosif de Dave. Il ne peut intervenir à temps pour
l’empêcher de commettre l’irréparable
: s’en prendre sauvagement à Lockhart qui, sur
les conseils de Barbara, était venu charger du sel
sur les territoires du ranch pour ne pas repartir à
vide vers Laramie. Celui-ci a désormais un compte de
plus à régler dans la région avant de
pouvoir se résoudre à la quitter... |
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"The
man from Laramie...Though
he was friendly to everyone he met, noone seemed to know
a thing about him... He had a heir of mistery... He was
not enclined to speak his mind... The man from Laramie...
"
Le fier logo
de la Columbia
vient de disparaître dans un fondu au noir et déjà
l’émotion nous étreint, tandis que monte
le murmure de cœurs langoureux et que s’égrainent
les premiers accords de cette ballade frémissante
qui accompagne le générique. Nouveau fondu
au noir et l’écran large du Scope referme ses
lettres de feu pour embrasser en plan fixe un panorama de
rocaille et de poussière traversé longitudinalement,
dans un chuintement de roues, par un convoi cahotant. Le
chariot de tête s’immobilise lourdement, face
à la caméra. A peine trois répliques
lapidaires échangées par les convoyeurs, et
une longue silhouette décharnée se glisse
au pied de l’attelage. C’est James Stewart,
bien sûr. Presque malgré lui, cadré
de dos, voûté, il se résout à
se frayer un chemin à travers l’étendue
désertique, au gré des accords ténus
et douloureux du score de George Duning, qui mixent leitmotivs
funéraires de trompettes militaires et basses de
tambours de guerre indiens. Léger travelling latéral
s’immobilisant en plan moyen, le temps d’une
dernière hésitation : les vestiges du charnier
sont là, à portée de regard, sous leur
manteau de cendre désolée. Nouvelle progression
de dos, en plan fixe et très large ; un bras en amorce
qui saisit solennellement un stetson de soldat, et l’objectif
capte en très légère contre-plongée
le recueillement fugitif du frère aîné.
Le regard éperdu se porte sur les sommets environnants,
balayés subjectivement dans un lent panoramique circulaire
qui finit par recadrer Stewart de trois-quarts dos, pour
accompagner sa vaine inspection topologique en quête
de quelque illusoire indice. Dernier gros plan pour mesurer
le désarroi et le découragement...
Toute la maestria cinématographique
d’Anthony Mann éclate dans cette séquence
d’ouverture anthologique, peut-être l’une
des plus belles de l’histoire du cinéma. A
travers une appréhension absolument inouïe de
l’espace, quelques plans rigoureux, découpés
avec virtuosité, lui suffisent à transcrire
l’accablement de son héros, à cerner
ses motivations, en quelques mots, à mettre en place
son intrigue sans recours à de fastidieuses scènes
d’exposition. De fait, L’homme de la Plaine
fait partie de cette poignée de westerns miraculeux
devant lesquels, immédiatement, l’amateur du
genre pressent presque par instinct qu’il a affaire
à une œuvre exceptionnelle, l’un de ces
films qui vous happent dès le générique
pour ne plus relâcher son emprise durant toute la
projection, et bien au-delà encore. Outre la quasi-totalité
des westerns de Mann, le Man Without a Star de
King Vidor fait partie de ces films d’exception, de
même, bien sûr, que le mythique Rio Bravo.
On pourrait dire sans craindre de caricaturer, que quiconque
n’a pas rendu les armes à la fin du périple
ferroviaire de Dempsey Rae dans Man... ou qui n’est
pas immédiatement fasciné par la dimension
iconique des personnages de Hawks dans la scène d’ouverture
du saloon n’a probablement aucune chance d’être
un amateur de l’âge d’or du western. Point
commun à tous ces titres : une présentation
concise mais néanmoins précise des caractères
et une dénégation absolue de l’emphase,
qu’elle soit psychologique ou purement formelle.
Pas de méprise toutefois, cette
dénégation n’est pas synonyme de schématisation.
C’est la surcharge que Mann évite par dessus
tout, mais il n’est pas pour rien considéré
comme le plus probant rénovateur, sinon réformateur,
du western de l’après-guerre. Cet honneur,
il le doit notamment à sa richesse de trait dans
la description des liens entre ses protagonistes, et plus
encore que les trois films écrits par Borden Chase
(Winchester 73, Les Affameurs, Je
Suis un Aventurier) ce cinquième opus du "cycle"
James Stewart en atteste. Si la figure patriarcale d’Alec
Waggoman (admirable Donald Crisp) est aussi touchante, c’est
par son obstination presque pathétique à protéger
contre vents et marées un fils pourri jusqu’à
la moelle, subverti par l’aile excessivement protectrice
d’une épouse défunte, qui conduira ce
monstre d’orgueil à se mettre à nu devant
celui qu’il appréhende comme étant son
ennemi, Lockhart, au cours d’une scène d’une
simplicité bouleversante (la confrontation de la
prison). Si Vic Hansbro échappe au stéréotype
du "méchant" habituel, c’est parce
que ses méfaits sont la conséquence de l’aveuglement
obtus d’Alec, qui se refuse à reconnaître
chez lui les mérites d’une véritable
dévotion filiale. Et si Will, petit à petit,
s’affranchit de sa soif de vengeance, jusqu’à
renoncer in extremis à abattre celui qu’il
traquait sans relâche, il le doit sans doute à
l’influence discrète de deux autres figures
tutélaires, la sage et compatissante Kate Cannaday
et le vieil éclaireur débonnaire Charley O’Leary.
Peintre incomparable de l’amitié fraternelle,
Mann trouve d’ailleurs dans la description des liens
unissant Lockhart et le vieux métis l’occasion
de se surpasser. Entre ces deux hommes entiers et solitaires,
point de fausse pudeur, la complicité et l’estime
ne se manifestent pas à mots couverts : «Je
ne crois pas que nous ayons échangé dix mots
durant notre voyage, M. Lockhart, mais je crois vous connaître,
et j’aime ce que je connais de vous.»
La sentence du superbe lyric de Lester
Lee et Ned Washington est d’ailleurs inexacte. Le
héros de Mann n’est pas un homme secret, il
n’a rien à cacher. Ou alors c’est qu’il
ne s’est pas encore totalement accompli, qu’il
ne s’est pas encore débarrassé du fardeau
que représente son passé, tel le McLyntock
de Bend of the River. Rien de tout cela chez Will
Lockhart. S’il refuse de s’épancher sur
la peine qui l’affecte, c’est, comme il le concède
devant Kate, parce que cela lui est trop douloureux, et
que pour exorciser cette peine, il préfère
agir. Mais on lit en lui comme dans un livre ouvert. Tout
homme timide qu’il soit devant une femme, rien ne
lui est pourtant plus naturel que de lui signifier qu’il
aime à rester l’admirer vaquer à ses
occupations, et que quand bien même elle n’est
pas aussi jolie que d’autres avec qui il a pu danser,
elle présente à ses yeux quelques choses de
plus, qu’un professionnel comme lui ne saurait transcrire
par un terme autre que "beautiful". Ce mélange
de franchise et de maladresse, qui laisse poindre la vulnérabilité
du héros, fait tout le prix des confrontations intimes
et romantiques, si souvent empreintes de mièvrerie
dans les westerns de ses contemporains, et ne trouve guère
d’équivalent que chez John Ford. Un John Ford
avec qui Mann partage aussi le même souci de véracité
documentaire, que ce soit dans la description des lieux,
des mœurs ou du maniement des armes.
Mann se démarque cependant du borgne
le plus célèbre de la cité du cinéma
par son refus du pittoresque et de toute trivialité
ou truculence. Si Bend of the River ou The
Far Country pouvaient à l’occasion témoigner
d’une certaine recherche du picaresque, le script
de Philip Yordan – le scénariste de Johnny
Guitar- est quant à lui presque totalement dénué
d’humour. Nulle solennité mais une tension
accrue et constante : on peut penser que c’est à
partir de ce film que certains critiques ont pu développer
leur théorie de la recherche par Mann d’une
transposition de l’univers shakespearien dans le cadre
du western, recherche qui culminera trois ans plus tard
avec le crépusculaire Man of the West. On
ne s’étonnera pas que cette évolution
de ton prenne place dans un environnement erratique, à
mille lieues des cimes neigeuses, des sous-bois ombragés
et des havres portuaires foisonnants qu’il affectionnait
jusque là, et que le Scope –qu’il utilisait
pour la première fois- géométrique
de Mann (voir par exemple le retour de funérailles
d’Alec, progressant au centre vers sa monture entre
les rangs ordonnés de ses cow-boys répartis
aux deux extrémités de l’écran)
rend encore plus écrasant.
Précisons que l’amateur d’action
à tout crin ne trouvera sans doute jamais son bonheur
dans un western d’Anthony Mann. Dans L’homme
de la Plaine comme dans tous les autres films du cycle,
elle est dispensée avec une parcimonie calculée,
sans doute parce que chez ce cinéaste même
les bad guys n’ont rien de sombres brutes sanguinaires
(exception faite ici de Dave). Néanmoins, tous ceux
qui reprochent au western hollywoodien classique son manque
d’authenticité en raison d’une idéalisation
feutrée de la violence doivent se précipiter
sur The Man from Laramie. Ils y constateront que
quand la violence éclate, c’est avec une concision,
une brutalité, une cruauté proprement hallucinantes
mais jamais stylisées.
On a souvent parlé d’épures
au sujet des westerns d’Anthony Mann, non sans exagération
tant le foisonnement bouillonnant d’œuvres comme
Les Affameurs ou Je suis un Aventurier
est éloigné de l’idée que l’on
peut se faire d’une épure. Appliqué
à L’homme de la Plaine, le terme retrouve
tout son sens. Mais il est encore réducteur. Ici,
Mann dépasse l’épure pour livrer une
œuvre qui ressemble à s’y méprendre
à l’image type du classique westernien absolu.
Tous les éléments de la mise en scène,
marqués du sceau de la perfection, convergent en
ce sens, du Technicolor aux teintes ocres et presque monochromes
de Charles Lang à la direction d’acteurs royale
en passant par le score du trop méconnu George Duning,
compositeur "maison" de la Columbia qui officia
aussi sur le superbe 3:10 to Yuma de Daves, que
l’on peut sans exagération aucune considérer
comme l’une des plus belles musiques de western qu’il
nous ait été donné d’entendre.
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Image
: Globalement cette édition est de belle tenue. La
copie n’a fait l’objet d’aucune restauration
particulière mais s’avère particulièrement
bien conservée. Les habituels points blancs sont
ici épars, les défauts de pellicules bien
insignifiants, à l’exception d’un bruitage
marqué côté gauche au chapitre 8 (arrivée
de Lockhart au ranch Barb). Certes, les amateurs d’image
high tech se montreront réticents face au grain réel
conservé lors du transfert, mais on n’imagine
pas cette œuvre aride lissée au regard des standards
numériques d’aujourd’hui. Compression
et définition ne témoignent d’aucune
faiblesse, et la gestion des contrastes audacieux de la
photo de Lang donne le vertige. Les noirs sont ici d’une
telle profondeur qu’il est permis de se demander si
ce 16/9 peut s’affranchir d’une projection sur
un petit moniteur 4/3.
Son : En VO c’est
le nirvana. La bande son a bénéficié
d’un mixage 3.0 particulièrement harmonieux,
qui restitue les dialogues sur la centrale sans l’ombre
d’un souffle et fournit une amplitude inespérée
aux envolées de ce score décidément
sublime.
La VF calamiteuse et étriquée, qui supprime
tout bruit d’ambiance, y compris le souffle puissant
du vent, devrait décider les plus réfractaires
à opter une fois pour toutes pour les délices
de la VO. Tant mieux !
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Les
suppléments : L’affiche originale,
le trailer d’époque, presque
inaudible et recadré, et deux autres bandes-annonces
de westerns Columbia, en Scope respecté mais au
format 4/3 : L’or de MacKenna, film d’une
nullité abyssale et l’anodin mais plaisant
Alvarez Kelly, de Dmytryk. Ces jugements à
l’emporte-pièce ne sont pas hors de propos
lorsque l’on sait que l’on peut acquérir
L’homme de la plaine à l’unité
ou dans un coffret regroupant les deux titres susmentionnés.
Le boîtier amaray recèle en outre un double
feuillet apportant quelques informations sur la genèse
et le tournage du film en extérieur dans la région
de Santa-Fé.
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