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Guerre et Paix (War and Peace)
Réalisé par King Vidor
Avec Henry Fonda, Audrey Hepburn, Mel Ferrer, Herbert Lom
Scénario : Bridget Boland, King Vidor, Mario Camerini, Ennio
de Concini, Ivo Perilli et Robert Westerby
Musique : Nino Rota
Photographie : Jack Cardiff et Aldo Tonti
Un film Paramount
USA - 199 mn - 1956
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Paramount
199 mn
Zone 2
Format cinéma : 1.78
Format vidéo : 16/9 compatible 4/3
Langues : Anglais / Français / Espagnol
Sous titres : Français / Anglais / Espagnol / Hollandais /
Grec / Hébreu / Portugais
Dolby Digital Mono d’origine
Chapitrage et menus fixes |


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Chroniqués
par DvdClassik :
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1805.
L’armée napoléonienne, après
d’écrasantes victoires en Europe, pénètre
en Russie. A Moscou, des troupes fraîches se préparent à aller
le contrer et pourtant l’ambiance dans la capitale
reste encore gaie et enjouée. La fraîche
et rieuse Natacha Rostov (Audrey Hepburn) ne pense qu’à ses
futures amours tandis que Pierre Bezoukhov (Henry Fonda),
philosophe à ses heures et pacifiste convaincu,
va noyer ses angoisses existentielles dans des beuveries
et débauches ‘soldatesques’. Le prince
André Bolkonski (Mel Ferrer), malheureux en ménage,
veille sur Pierre mais se prépare à aller
au front rejoindre l’armée du général
Kotouzov. Bien que secrètement amoureux de la
ravissante Natacha, Pierre se fait pourtant avoir par
la noble beauté de la princesse Hélène
(Anita Ekberg). Celle-ci se fait épouser par intérêt
mais ce mariage se solde par un échec lamentable.
Pierre doit se battre en duel pour venger une insulte
tandis que son ami André, après avoir été fait
prisonnier par les armées de Napoléon (Herbert
Lom) lors de la bataille d'Austerlitz, est libéré après
l'armistice. La paix est revenue, les bals à Moscou
aussi. André voit mourir sa femme en couche. Seul
le charme de Natacha le ramène à la vie.
Aussi, quelques mois plus tard, demande-t-il la main
de la ravissante jeune femme. Cependant, le père
d’André exige que son fils s'exile pour
un an espérant qu’ainsi il oublie Natacha
qu’il ne souhaite pas avoir pour belle-fille. Et
pendant ce temps, Natacha est courtisée par le
frère de la princesse Hélène, Anatole
(Vittorio Gassman), un libertin déjà marié sans
qu’elle le sache. Du côté des français,
Napoléon va bientôt lancer son attaque à Borodino… |
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"Au début
de l’année 1955, j’étais
assis sous le soleil californien, travaillant sur un scénario
original, un sujet américain lorsque je reçus
un coup de fil de Dino De Laurentiis, le producteur italien
me demandant si je voulais bien mettre en scène
le grand roman de Léon Tolstoï Guerre
et paix. Ce fut la décision la plus rapide
de ma vie ! Je n’avais aucun doute à son propos
; depuis que je l’avais lu, tout autre ouvrage de
fiction souffrait de la comparaison. Profondeur des personnages,
héroïsme, philosophie, Tolstoï donnait
au lecteur tout ce qu’il cherche mais qu’il
trouve si rarement" dira King Vidor dans son
autobiographie A tree is a tree. Ce projet combinait
pour le réalisateur
le désir qu’il avait de voyager et de tourner
en Europe ainsi que celui de filmer un sujet avec lequel
il allait pouvoir exprimer les grandes idées qui
lui tenait à cœur. Il se met donc à étudier
intensément le pavé de Tolstoï. Ce scientiste
se reconnaît totalement dans le personnage de Pierre
qui lui, dans le roman tout du moins, se laisse initier à la
franc-maçonnerie, cette dernière possédant
de nombreuses analogies avec le scientisme.
Comme on peut
le constater, King Vidor a tout pour être
enthousiaste. Il souhaite que Peter Ustinov incarne ce
frère
qu’il s’est trouvé en la personne de
Pierre Bezoukhov. Mais la production impose son veto arguant
du manque de crédibilité pour le public qu’auraient
pu avoir les scènes d’amour entre cet acteur
bedonnant et la frêle Audrey Hepburn. Le cinéaste
le regrettera amèrement, estimant encore 20 ans
après que Ustinov aurait été le plus
convaincant pour ce rôle. Il essaie alors désespérément
d’obtenir Marlon Brandon qui décline l’offre, étant
pris sur le tournage de Guys and Dolls de Joseph Mankiewicz.
C’est donc Dino de Laurentiis qui lui impose Henry
Fonda. Audrey Hepburn et son tout récent mari Mel
Ferrer furent en revanche immédiatement retenus.
Cette grande entreprise peut alors débuter mais
ne se déroule pas selon les bons vouloirs du grand
réalisateur. Toujours dans son autobiographie publiée
en France sous le titre de La grande parade,
Vidor avoua que "le tournage ne fut pas facile. Les
premières difficultés vinrent du scénario
sur lequel une dizaine d’écrivains travaillèrent.
Plus tard elles furent d’ordre financier. Ils n’y
avait plus d’argent et certaines scènes essentielles étaient
encore à tourner… En fait je me retrouvais
dans la même position qu’à mes débuts,
mais cette fois-ci, je n’étais plus mon propre
maître, j’étais tributaire une fois
de plus des grands producteurs." On ressent une grande
amertume dans cette description, ce qui explique certainement
le semi ratage de ce film qui aurait pu être grandiose
si Vidor avait conservé la maîtrise absolue
sur son matériau cinématographique ; maîtrise
impressionnante qu’il avait démontrée
l’année précédente avec le sublime
L’homme qui n’a pas d’étoile.
Alors
certains vont profiter de cet échec pour
remettre sur le tapis le fait qu’il ne faudrait pas
adapter les chefs-d’œuvre de la littérature,
que de toute façon l’art littéraire
est bien supérieur à l’art cinématographique… Affirmations
que je réfuterai toujours, d’autres exemples
nous ayant déjà par ailleurs démontré le
contraire (Lolita, Le hussard sur le toit, Le grand
sommeil… la
liste serait trop longue). Sujet passionnant mais que nous
n’allons pas aborder ici, l’auteur de ces lignes
n’ayant plus bien en tête ce monument de la
littérature mondiale qu’est effectivement
le roman de Tolstoï et dont le film de Vidor ne représente
qu’un digest relativement laborieux dans l’ensemble.
Mais pouvait-on raisonnablement faire tenir ce livre oh
combien touffu dans quelques petites 200 minutes de film
? Il aurait peut-être fallu recentrer l’intrigue
sur un protagoniste plus particulier mais les scénaristes
ont préféré embrasser l’ensemble,
délivrant ainsi un scénario parcellaire passant
d’un personnage à l’autre sans fluidité et
sans que nous ayons réellement le temps d’éprouver
plus d’empathie qu’il le faudrait pour un quelconque
d’entre eux. C’est très dommageable
surtout que l’ampleur du sujet du livre de Tolstoï laissait
vraiment matière à émouvoir et passionner
même sans reprendre le roman à la lettre.
La
faute en incombe donc une nouvelle fois en grande partie à ces
coproductions au cours desquelles le vrai maître à bord
se révélait être plus le producteur
que le réalisateur qui n’avait que rarement
son mot à dire. Peu de ces derniers, même
parmi les plus grands, ont réussi à tirer
leur épingle du jeu lorsqu’il s’est
agit de mettre en scène l’une de ses superproductions
américano-européennes (Anthony Mann peut-être
avec Le Cid ?) qui se sont transformées le plus
souvent en lourdes machineries assez indigestes. Mais n’allons
pas dans l’excès inverse : il serait entièrement
faux d’affirmer que l’adaptation qu’a
faite Vidor du livre de Tolstoï est mauvaise. Loin
de là ! Sinon quel adjectif pourrait on trouver
pour celle de Claude Berri pour Germinal ? Non, Guerre
et paix est raté mais loin d’être honteux
; nous pouvons y prendre parfois beaucoup de plaisir même
si, contrairement à l’enthousiasme décelé dans
la déclaration de Vidor avant de commencer le tournage
(voir ci-dessus), le film n’est qu’une illustration
assez plate, trop sage, dans laquelle nous avons du mal à ressentir
une véritable implication personnelle de la part
du réalisateur : académique donc, le grand
mot est lâché !
Si le lyrisme et l’ampleur habituells de Vidor font
cruellement défaut ici, le film nous offre quand
même quelques très belles séquences
parmi lesquelles un duel sous la neige en studio, un soleil
factice venant au fond éclairer d’une lumière
diffuse les protagonistes ; la fabuleuse scène de
la bataille de Borodino, certainement le clou spectaculaire
du film (séquence au cours de laquelle on se prend à espérer
le retour en grande forme du réalisateur) ; le regard
embué de Napoléon (excellent Herbert Lom)
voyant son armée périr dans la Bérézina… A
côté de ces beaux moments, nous devons assister
avec tristesse à d’autres séquences
qui ne fonctionnent pas vraiment comme la scène
du bal et ses voix off malvenues ; la promenade en traîneau
au clair de lune ; la mort du prince André qui nous
fait constater les limites du talent de Mel Ferrer, auparavant
très bien pourtant (à signaler que cette
dernière scène, comme quelques autres, a été réalisée
par le réalisateur de seconde équipe Mario
Soldati). Le fait d’alterner ainsi des scènes
plus ou moins bien réussies nous donne donc au final
un film assez bancal et nous sommes effectivement très
loin des grandes réussites de King Vidor parmi lesquelles
nous citerons aussi, pour le simple plaisir de le voir écrit,
l’admirable The fountainhead (Le rebelle).
Il
faut dire qu’il n’a pas non plus été aidé par
Nino Rota peu inspiré qui délivre ici l’une
de ses partitions les plus faibles manquant singulièrement
de souffle et de grandeur : un comble pour un tel film.
En revanche, l’aspect pictural de l’ensemble
est un plaisir pour les yeux. Saluons la beauté des
décors (surtout les intérieurs) absolument
pas surchargés mais magnifiés par une splendide
photographie de Jack Cardiff et Aldo Tonti ; une photo
très éloignée de celle des superproductions
de l’époque, des couleurs délicates,
pastels et beaucoup de zones d’ombre. La distribution
cosmopolite est aussi assez inégale, les seconds
rôles comme ceux interprétés par Vittorio
Gassman et Anita Ekberg n’ayant pas grand chose à faire.
Mel Ferrer s’en sort très bien à l’exception
de son dernier soupir, Henry Fonda (quand même souvent
mal grimé) tire lui aussi très bien son épingle
du jeu dans le rôle pourtant complexe de Pierre,
l’idéaliste, le philosophe et le pacifiste,
le débauché au cœur pur. Et Natacha,
allez vous me dire ? Oui, Natacha, et bien c’est
justement Audrey Hepburn qui emporte l’adhésion
et qui fait que ce film bancal nous tient cependant en éveil
tout du long. De la jeune fille gaie, enjouée, inconséquente
et mutine du début, nous la voyons se transformer
par petites touches, à travers les épreuves
qu’elle traverse, en une femme sensible, mûre,
passionnée et amoureuse. L’actrice nous montre
toute l’étendue de son talent et les moments
de frémissements qui parsèment le film, c’est à elle
que nous les devons : elle exprime à merveille la
complexité psychologique de son personnage et nous
pousse à redonner une autre chance à ce film
en espérant que lors d’une prochaine vision,
notre attention sera moins éparpillée ou
dissipée.
Produit par Carlo Ponti et Dino
de Laurentiis en Italie pour 6 millions de dollars (presque
la moitié de
ce qu’il aurait coûté à Hollywood),
il eut pourtant du mal à être rentable, le
film ayant pour concurrent celui de Cecil B De Mille, les
10 commandements. Ce réalisateur détenant
d’énormes pouvoirs chez Paramount, il put
exiger que son film bénéficie des meilleurs
horaires de passages possibles, laissant au film de Vidor
des représentations vouées à l’échec, à 17.40
alors que les américains étaient encore au
bureau, et à 22.40, beaucoup trop tard pour un film
de 200 minutes. Selon King Vidor, c’est la jalousie
de Cecil B. De Mille qui fit subir à son film une
mutilation d’une demi-heure, les studios lui demandant
d’amputer le métrage pour arriver à lui
proposer de meilleurs horaires de diffusion. "Comme
d’habitude, je ne fus pas consulté, et toute
la procédure fut un brillant exemple de la stupidité des
studios, risible si cela n’avait pas été un
désastre pour mon film." Même si le
procédé est effectivement scandaleux, je
ne pense pas que ces coupes aient été nuisibles
au film : la preuve en est cette néanmoins formidable
opportunité que de pouvoir découvrir cette
version non-amputée grâce au DVD. Vidor était
sur la mauvaise pente : après ce louable essai semi-raté,
il allait finir sa carrière par un effroyable navet
: Salomon et la reine de Saba. Triste fin pour un aussi
grand metteur en scène !
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Les
amateurs du film peuvent se réjouir car Paramount
leur octroie dans ce DVD la version rarement diffusée,
celle comprenant les 30 minutes supplémentaires
dont nous parlions un peu plus haut ; c’est donc
pour une fois, la version intégrale qui est offerte.
De
plus la copie est quasiment exempte de tous défauts
si l’on excepte quelques plans un peu flous, deux
ou trois passages sombres mal contrastés et souffrant
de petits problèmes de brillance (la première
conversation entre Pierre et André), certains
infimes points blancs, quelques passages aux couleurs
un peu délavées, une ligne verticale discrète
mais présente lors de la scène de la chasse à courre
; tous ces défauts sont quand même minimes
dans ce bel ensemble de plus impeccablement compressé.
La photographie à la fois discrète et luxueuse
de Jack Cardiff trouve ici un écrin idéal,
net et stable. A signaler aussi que les sous-titres avaient été un
tout petit peu plus petits, les plus pointilleux auraient été encore
plus satisfaits ; mais ne chipotons pas trop, le résultat
obtenu dépasse déjà nos espérances.
Il
n’en va pas de même pour la partie sonore très étriquée, le mono d’origine étant
ici nasillard, étouffé, sans ampleur et
sans saveur. Rien de catastrophique mais cette partie
aurait vraiment mérité une remasterisation.
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En guise
de bonus, 2 bandes annonces, l’une promotionnelle
en N&B dans laquelle on peut voir King Vidor
venir vanter son film, l’autre étant la
bande annonce cinéma en couleur. Petit bug sans
conséquences,
dans le menu, ces 2 bandes annonces ont été interverties.
Ce sera tout pour ce titre mais reconnaissons être
très satisfait de pouvoir posséder d’une
part la version intégrale, d’une autre un
superbe master : le principal est là !
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