
Réalisé
par Henry Hathaway
Avec John Wayne, Stewart Granger, Capucine,
Ernie Kovacs
Scénario : John Lee Mahin, Martin
Rackin et Claude Binyon d’après la pièce ‘Birthday
gift’ de Laszlo Fodor
Musique : Lionel Newman
Photographie : Leon Shamroy
Un film 20th century Fox
Usa - 117 mn - 1960 |

Pathé
Fox Europa (20th Century Fox)
117 mn
Zone 2
Format cinéma : 2.35
Format vidéo : 16/9 compatible
4/3
Langues : Anglais / Français /
Italien / Espagnol / Allemand
Sous titres : Français / Anglais
/ Allemand / Italien / Espagnol / Hollandais Dolby Digital Anglais
en 4.0 / Autres en 2.0
Chapitrage et menus fixes |


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1900.
Les trois aventuriers, Sam McCord (John Wayne), George
Pratt (Stewart Granger) et son petit frère Billy (Fabian),
viennent de découvrir un filon d’or sur le détroit
de Behring au Nord de l’Alaska. Maintenant qu’il
a fait fortune, George confie à son ami Sam la mission
d’aller chercher à Seattle la ‘fiancée’
française qu’il a rencontrée 3 ans plus
tôt mais qu’il n’a plus revue depuis. Pendant
ce temps, il bâtira avec l’aide de son frère
le futur nid douillet matrimonial. Arrivé en ville,
Sam retrouve cette femme déjà mariée.
Qu’à cela ne tienne ! Il suffit simplement de
trouver une remplaçante en lui faisant miroiter la
fortune et le mariage : il ramène donc avec lui une
autre française, courtisane de son état, Michelle
(Capucine), à qui il raconte que c’est lui qu’elle
devra épouser. Pendant le voyage de retour, ils s’éprennent
l’un de l’autre. Comment va t’elle réagir
au moment des présentations à son véritable
promis surtout qu’en plus des deux hommes, le jeune
frère Billy tombe, lui aussi, sous le charme de sa
‘peut-être’ future belle-sœur… |
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Tout
au long de sa carrière prolifique, Henry
Hathaway n’a pas souvent abordé le genre de
la comédie et n’a eu que peu l’occasion
d’insuffler de l’humour dans ses autres films.
En voyant Le grand Sam, on peut comprendre pourquoi,
le réalisateur étant visiblement assez mal
à l’aise avec les éléments comiques.
Et pourtant le souvenir qu’il me restait de ce film
était vraiment flatteur. Pas plus tard que dans mon
test de 100 dollars pour un shérif, je le
plaçais même dans les très bons westerns
de Hathaway. Force est de constater aujourd’hui que
cette adaptation d’une pièce de théâtre
située au milieu de décors westerniens, assez
cocasse sur le papier, se révèle dans l’ensemble
assez fastidieuse et pataude même si son potentiel
de sympathie est bel et bien présent grâce
à un John Wayne décontracté et tout
à son aise et à Ernie Kovacs dont on ne dira
jamais assez le potentiel comique trop mal exploité
tout au long de sa carrière. Puisque l’on a
déjà utilisé le terme ‘western’,
une première mise au point est nécessaire
pour les fanatiques du genre qui risqueraient une désagréable
surprise : ce film n’a de ‘western’ que
son décor.
Notre mémoire nous joue donc des tours puisque là
où je parlais tout récemment de "western
quasi-burlesque" et Jacques Rivette, encore plus radical,
"d’un rodéo du splastick", seules
les deux séquences de bagarres homériques
encadrant le film pourraient répondre à ces
définitions. Mais comme ce sont les deux morceaux
de bravoure, nous finissons certainement par ne plus nous
rappeler que de ceux-ci, d’où l’exagération
de ces formulations qui n’ont à vrai dire pas
lieu d’être. Ces deux scènes parfaitement
réglées n’auraient en fait pas déplu
à un Blake Edwards même si ce dernier aurait
incontestablement eu la main un peu moins lourde. Les coups
pleuvent, les gags abondent, les cascades spectaculaires
sont nombreuses, les acteurs et les figurants s’en
donnent à cœur joie : depuis La maison des
sept péchés de Tay Garnett, nous n’avions
plus jamais vu de bagarre aussi ‘énormes’
et John Wayne se sentira presque obligé de renouveler
l’expérience dans les westerns de Andrew V.McLaglen,
Le grand McLintock ou Les géants de l’Ouest.
En fait, cette scène finale de bagarre dans la boue
des rues de Nome n’était pas prévue
dans le scénario initial laissé en rade par
John Lee Mahin et Martin Rackin. Hathaway a du faire appel
en dernière minute à un homme qui ne sera
pas crédité au générique, Wendell
Mayes, qui introduira ce monstrueux pugilat qui clôt
l’histoire. Pour tout dire, le film ne devait même
pas être comique au départ, l’idée
étant venue en cours de route !
Le scénario du film est donc à l’origine
une pièce de théâtre, une sorte de vaudeville
un peu mollasson sur le mariage, l’amour et l’amitié.
Le film démarre sur les chapeaux de roue par un premier
quart d’heure se déroulant à Nome parfaitement
bien écrit. Le personnage joué par John Wayne
assène sans tarder ses idées sur le mariage
en tant qu’entrave à la liberté : "Ce
qui est bien en Alaska, c’est que le mariage n’y
sévit pas encore : il faut que le pays reste libre"
dira t’il à son associé qui lui ne pense
qu’à convoler en juste noce. Quand par la suite,
Sam découvrira que la fiancée de son amie
n’a pas eu le courage d’attendre et s’est
empressée de se remarier, il dira "On peut compter
deux fois plus sur un cheval que sur une femme". Ensuite,
devant participer à un concours de bûcherons
mais ne voulant pas perdre la future épouse de son
amie, il lui donne pour chaperon, l’homme même
qui vient de vouloir la violenter et à qui pour ce
fait il vient de flanquer un énorme coup dans la
figure ! Enfin, lors du voyage en bateau au cours duquel
il ramène une femme de substitution à George,
il lui assène sans plus attendre ses idées
machistes sur les femmes : "Une femme qui rend un homme
malheureux au lieu d’en rendre plusieurs heureux n’a
pas mon suffrage". A bas le mariage et les épouses
semble donc être le leitmotiv du film jusqu’à
ce que Sam tombe amoureux à son tour. Comme on peut
s’en rendre compte, de la joyeuseté mais point
trop d’originalité dans ce vaudeville pas bien
méchant qui va en se ramollissant de plus en plus,
anémié même pendant une bonne partie
centrale du film.
John Lee Mahin a pourtant prouvé par ailleurs son
immense talent avec par exemple son magnifique scénario
pour Dieu seul le sait de John Huston. Il n’est
pas le seul en cause puisque le réalisateur n’exploite
pas assez le potentiel comique de son intrigue et des situations
qu’elle comporte ; même si certaines scènes
comme la tentative pour George de rendre jaloux Sam sont
d’une grande bouffonnerie, nous nous attendions à
rire beaucoup plus que ça. Henry Hathaway n’utilise
pas non plus les possibilités que lui offrait une
intrigue se déroulant en Alaska, le nombre de films
ayant pour cadre géographique cette région
des Etats-Unis n’étant pas légion :
c’est peu de dire que nous sommes loin de ce qu’a
fait Anthony Mann avec Je suis un aventurier. Les
rues boueuses ne sont là que pour salir nos héros
lors de la bagarre finale. Contrairement au film de Mann,
dans lequel les paysages sont magnifiés par son génie
de l’appréhension de l’espace et par
sa sensibilité, Hathaway se moque pour une fois comme
d’une guigne des décors naturels somptueux
qu’il a à sa disposition : d’ailleurs
l’endroit où se trouve le futur havre des époux
semble être le même décor naturel que
celui de la cabane dans True Grit, endroit que
Lucien Ballard avait beaucoup mieux mis en valeur que Leon
Shamroy.
Le casting n’est pas non plus exempt de défauts
: Stewart Granger, l’inoubliable Jeremy Fox, Beau
Brummel ou André Moreau, n’est pas trop dans
son élément dans le registre comique ; le
jeune Fabian, qui par ailleurs chante assez bien l’entraînante
chanson du générique, ne possède que
très peu de charisme. Capucine, malgré son
accent français très sympathique, est loin
aussi de posséder le pouvoir de séduction
et le talent que pouvaient avoir les plus grandes partenaires
du Duke, à savoir Maureen O’Hara, Joanne Dru,
Angie Dickinson ou Vera Miles. Le couple qu’elle forme
avec John Wayne n’est à cause d’elle
qu’à moitié crédible. John Wayne,
quant à lui, est par contre excellent dans ce registre
(mais ce n’était pas non plus une première
pour lui, John Ford l’ayant préparé
à ce genre de personnages dans L’homme
tranquille par exemple) et il faut avoir vu ses moues,
cris et grimaces lorsqu’une situation l’énerve
ou le dégoûte. Dommage également que
les scénaristes n’aient pas tenu à étoffer
le rôle de trouble-fête roué que joue
avec un abattage vraiment convaincant un Ernie Kovacs survolté
! En voilà un acteur sous-exploité qui aurait
pu devenir un grand comique s’il avait pu avoir des
rôles à sa mesure !
En résumé, une comédie pas déshonorante,
assez chaleureuse, décontractée et sans prétention
mais qui aurait mérité une mise en scène
plus dynamique, moins languissante et un scénario
plus travaillé, plus mordant : telle quelle, cette
comédie s’avère en fin de compte assez
banale, laborieuse, et beaucoup trop bavarde. Ceci dit,
sa vision peut s’avérer plaisante un après
midi pluvieux. Pour ceux qui découvriraient le réalisateur
par cet intermédiaire, sachez que Hathaway a réalisé
une multitude de films bien plus réussis et passionnants
que celui-ci, son sens de l’humour n’étant
peut-être pas vraiment flagrant pour parvenir à
réaliser un bon film comique.
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