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![]() Cinq jeunes amis vacanciers s'installent dans une cabane perdue en pleine forêt. En descendant dans une cave lugubre, les deux garçons de la bande découvrent un vieux magnétophone qui, une fois remis en marche, émet une incantation et libère des forces maléfiques. Ce qui semblait être un week-end paisible, se transforme très vite en un véritable cauchemar. |
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Une
cabane, une forêt, cinq amis, un livre et un magnétophone.
Le canevas de The Evil Dead ne raconte que cela, la suite
appartient à l‘Histoire. Depuis sa sortie, ce premier long
métrage de Sam Raimi demeure un édifice filmique qui ne
s’est toujours pas écroulé, supportant le poids des
années comme d’aucun comme lui, et ramenant à ce simple
constat : le film tient toujours la route. Mieux, il reste fascinant.
The Evil Dead est né de l'imagination d'un jeune metteur en scène de vingt trois ans, élevé au comic book, portant un amour immodéré à Chuck Jones et aux Three Stooges, auteurs de cartoons et de sketchs hors du commun. A l’âge de seize ans, il rencontre un comparse important avec lequel il va faire ses premières armes : Bruce Campbell (1), né, pour l’anecdote dans la même ville et le même hôpital. Tous deux décident de monter des petits films amateurs, qu’ils tourneront en Super 8, le réalisateur ayant déjà réalisé quelques courts dans le plus profond amateurisme, mais avec déjà quelques dispositions. Puis avec l’aide d’un troisième ami, ils commencent à organiser leurs propres projections, avec distribution de soda et de pop-corn à l’entrée, comme de vrais pros, conscients qu’ils doivent attirer l’attention en proposant des séances, puis en glanant sur le vif les réactions du public, meilleur moyen de savoir ce qui peut fonctionner ou pas à l‘image.
Mais au lieu de durer quelques semaines, le tournage s’étalera
sur près de douze mois au final. Les contraintes de temps et
d’argent sont telles que Sam Raimi est parfois obligé de
filmer des heures durant la nuit. L’équipe s’octroie
de courtes pauses pendant la journée puis recommence le soir.
Un train infernal, dont les actrices se plaignent. Bruce est quant à
lui dans son élément, même si le tournage s’avère
long et difficile et qu‘il doit être interrompu pendant
quatre mois. Une fois le tournage achevé, il se met au travail sur la table de montage, un montage qui va prendre encore de longs mois afin de peaufiner certains détails. L’ensemble finalisé dans l’année 1981, il ne reste plus qu’au petit coup de pouce et au bouche à oreille à se mettre en marche. Sans le savoir, il vient de rentrer dans l’Histoire du cinéma. Octobre de la même année. La première du film aux Etats-Unis. A la fin de la projection, des spectateurs sortent indignés, d’autres fascinés par ce film étrange qui dépasse leurs attentes et provoque un certain engouement, surtout chez les fans d’horreur qui y voient tout de suite un film emblématique, futur pierre angulaire d’un cinéma à l’aune d’une nouvelle décennie. On commence à parler du film, il finit par devenir un sujet de conversation. Certaines personnes retournent voir le film en salle plusieurs fois. Plus tard, au mois de Mai 1982, le film est projeté au Festival de Cannes où il est très remarqué dans les sections parallèles et défendu par un certain Stephen King. Il ne sera visible qu'à la fin du mois d'Août 1983 dans les salles obscures françaises.
Globalement, les vingt dernières minutes sont d’une redoutable
efficacité, reposant sur des dispositifs sonores et esthétiques
qui jouent à contresens des usages, dans le sens où le
cadrage ne correspond à rien ou presque de ce qui s’était
fait jusqu’à alors : le premier plan qui inaugure cette
pure folie est celui du travelling à ras de terre de droite à
gauche qui part du bout de la pièce pour aller vers la porte
qui donne sur l’extérieur, dans lequel Ash sera obligé
de faire sortir Linda. Plus tard, ce sont les plans fixes, puis en mouvements
(une constante dans le film qui lui donne sa rythmique si particulière)
du visage de Ash, De même que le plan fixe de la pendule met à dos la première et la deuxième partie du film. Ce qui s’est passé jusqu’à alors avec un schéma narratif normal - un temps et une unité d’action - est totalement bouleversé et l’on remonte dans le temps avec l’inversion des aiguilles qui bouscule toutes les données, le cours de l‘histoire ne reprenant sa normalité qu‘à la toute fin du film. Les effets sont d’autant plus forts, le son d’autant plus stressant que tout se resserre autour du point de vue de son personnage devenu le seul survivant d’une hécatombe, errant au milieu des morts, maculé de sang, en sueur, le visage exsangue, pris en tenaille, seul. Un personnage de cartoon qui prend une substance supplémentaire pour le plus grand plaisir des yeux et des sens. De même que dans la brillante scène du miroir c’est le réalisateur qui joue avec l’idée que le cinéma est aussi l’art des illusions et de la mise en scène, Ash passant sa main de l’autre côté, pénétrant l’envers du décor, tout comme nous le faisons en tant que spectateurs. L’hallucinante séquence finale transfigure la peur panique
de Ash, caractérisée par la précipitation des battements
de son cœur que l’on peut entendre sur la bande-son, tandis
que ses mouvements corporels s’amplifient tout en restant d’une
strict horizontalité - sauf le plan où il descend prendre
les cartouches en Bien entendu, cette peur si bien filmée, ce décalage entre la banalité des débuts et le chaos horrifique de la fin ne seraient rien ou presque sans la composition bluffante de Bruce Campbell, qui cabotine tout en restant le plus crédible possible, avant de se lâcher dans ce qui sera le deuxième volet. La caméra qui s’accroche aux moindres mouvements de cils nécessitait un acteur de sa trempe, qui sache s’investir sans compter. Un bel exemple de collaboration réalisateur/acteur, une réussite que l’on doit aux affinités des deux intéressés, amis depuis leur adolescence. Au crédit de la réussite exemplaire du film, soulignons aussi le fantastique montage signé Edna Ruth Paul, laquelle fut assistée par un certain Joel Coen, qui allait deux ans plus tard avec son frère Ethan, réaliser un excellent Blood Simple (1984), et par la suite Miller’s Crossing (1990) ou Fargo (1996), peut-être leur chef-d’œuvre. La science de l’image de Sam Raimi associée à la rigueur et à la leçon de montage ont fait il est vrai des merveilles, tant l’un et l’autre sont indissociables. Coup d’essai, coup de maître donc ? Sans aucun doute. Exploité
en vidéoclub au début des années 80, The
Evil Dead rencontra un vif succès ; et la jaquette de
l’époque était très attractive : un mélange
de soin visuel et une portée macabre associées à
une énergie du geste assez rare. Le film possédait aussi
cette puissance d’évocation en distillant ses images au
compte-gouttes, suscitant un grand intérêt, y compris -
surtout - lorsque l’âge l’interdisait, ce qui poussa
certains à franchir la porte d‘un vidéoclub pour
visionner l‘objet de tous les délits, de préférence
durant la nuit. Plus de vingt ans après sa sortie, le film a
certes pris quelques rides, surtout par rapport à certains raccords
maquillage, mais il reste une expérience d’horreur pure,
transcendant un scénario que n’importe qui
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Image
: Le film est présenté dans un format 16/9 au ratio de 1.85,
rognant des informations en bas et en haut de l’image. Pour rappel,
Sam Raimi a tourné le film en 16 mm au format 1.33, puis l’a
gonflé en 35 mm pour la sortie salle. L’image est de tenue
correcte, à la définition et aux contours probants, de même
que la compression est bonne et propose des arrière-plans bien
définis. Les couleurs ne manquent cependant de punch, et on déplorera
quelques griffures et des points blancs, dus en partie à l’âge
de la pellicule, qui même si restaurée pour l’occasion
n’empêche pas ces légers désagréments.
Le problème concerne surtout des plans en particulier, comme celui
de la tête de Ash au ras du sol dans l’une des dernières
scènes, où l’on ne voit plus sa main et dont la définition
et le grain de peau apparaissent peu naturels. Le nettoyage du grain original
donne un aspect plus argentique à l’image au contraire de
celle tendant vers la vidéo de l’édition Zone All
du Anchor Bay don t
le transfert souffrait d‘un bruit constant et d‘une granulation
parfois excessive. Un grand regret donc : ne pas pouvoir visionner le
film au format respecté 1.33, sachant qu’il était
pourtant facile de le faire d’un point de vue technique. Nul doute
que le débat sur le format n’a pas fini d’être
(re)lancé.
Son : Pas moins de quatre pistes sonores,
sans compter les commentaires audio, et pourtant cela n’entrave
en rien la qualité relative de l’image. En sus de deux
pistes originales en 5.1 et DTS ES, on trouve deux pistes françaises
en 5.1 et DTS ES. Pour les puristes, la question ne se posera même
pas, le film se doit d’être vu en VO, et en DTS ES si possible.
La VF, quel que soit le format sonore choisi, étant non pas celle
d’origine mais celle qui a été refaite à
l’occasion pour la ressortie du film. Autant le dire tout de suite
: cette piste sonore non pas pour la répartition des effets,
mais pour le doublage en lui-même est simplement catastrophique.
Les voix ne correspondent pas aux acteurs, et on a souvent l’impression
de regarder une sitcom plutôt qu’un film d’horreur,
tant les situations sont jouées sans aucun enthousiasme. Pire,
certaines voix sont trop proches et arrivent à créer une
confusion : celles de Ash et de Scotty surtout. Cependant, au contraire
du Anchor Bay, la piste française ne sature pas. Mais c’est
un bien léger avantage. Hormis cela, la piste 5.1 est de belle
tenue, enveloppant de façon plutôt convaincante le spectateur,
avec des basses bien présentes. La DTS se situe un cran au-dessus,
mais son principal défaut est de placer les voix beaucoup trop
en avant. Ces deux pistes ne peuvent rien contre la VO DTS ES, qui bénéficie
d’une envergure spatiale étonnante, distillant des effets
mémorables (la flaque de sang sur le visage de Ash à la
fin ou le dernier cri du héros). Les effets sortent de toutes
parts, sans pour autant rendre inaudibles les dialogues, bien au contraire.
Une piste sonore stupéfiante de précision et de puissance
tout en se montrant d’une rare finesse. On pourra toujours regretter,
une nouvelle fois par purisme, l’absence des pistes mono d’origine. |
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L’attente
fut longue, trop longue même, pour voir enfin débarquer The
Evil Dead en zone 2. Après les éditions successives
chez Elite, puis chez Anchor Bay (trois éditions différentes
tout de même dont la dernière et la plus célèbre,
sortie en Mars 2002, reprenait le visuel du Book of the Dead du film avec
un design très soigné, faisant de celle-ci un véritable
objet de collection). Sans compter les sorties VHS multiples, mais on
s’éloigne du problème. Alors qu’on pouvait s’attendre
à un véritable événement, on reste quelque
peu sur notre faim, car la présente édition reprend en grande
partie le contenu de son homologue américain de Anchor Bay. Edité
par TF1 Vidéo et Metropolitan Films, le Collector français
a le visuel de l’affiche cinéma, qui était ressorti
à l’occasion des vingt ans du film en Mai 2003.Le menu interactif est dans l’esprit du long métrage : bruyant et animé. La navigation est simple et le tout encodé en 5.1. Le Double DVD Collector qui a la forme d’un digipack en deux volets à l’instar du DVD de Vampires, comprend pour le premier disque : - Un livret collector de cinquante pages avec illustrations, courte interview de Sam Raimi, celle un peu plus fournie des actrices, et des notes de production qui rappellent la genèse du film ainsi que des photos plutôt intéressantes de l’équipe technique. Les autres suppléments sont : Le commentaire audio du réalisateur Sam Raimi et du producteur Robert Tapert, enregistré en 1998. Les deux compères reviennent sur la genèse du film, tout en racontant quelques anecdotes. La première scène qui ouvre le long métrage est celle qui a été tournée en dernier. Pour le casting des acteurs, certains pensaient qu’ils n’étaient pas sérieux en voulant réaliser ce film, et croyaient qu’il s’agissait d’un porno (horreur parfois assimilée ou du moins mis dans la même catégorie au début des années 80). Tous les décors sont naturels et rien n’a été construit comme le rappelle un Sam Raimi très laconique. La scène où l’on entre pour la première fois à l’intérieur de la cabane avec les os suspendus et la tapisserie est un hommage à The Texas Chainsaw Massacre de Tobe Hopper (1974). Sur le tournage, on bricole à même le plateau, les techniciens changent, les acteurs partent et reviennent, six mois plus tard parfois. L’une des influences majeurs du film étant La Nuit des morts vivants (1968) de Romero. En fait, on apprend pas grand chose de plus que dans les documentaires sur le film,
hormis sur l’utilisation des caméras et de leur format :
16, 35mm, caméra à l’épaule, Dolly, sur chariot,
etc. Sam Raimi lance par contre beaucoup de vannes (gentilles) sur Bruce
Campbell. Mais le commentaire souffre de trop nombreux silences, et il
est trop sommaire pour passionner.Le commentaire audio de Bruce Campbell est en revanche d’une toute autre trempe. A la fois riche, soutenu, il est passionnant d’un bout à l’autre, l’acteur ayant semble-t-il beaucoup de choses à dire. Il fait preuve d’un très grand sens de l’humour, se moquant parfois de lui-même avec un second degré réjouissant. Revenant sur les anecdotes du tournage, il donne des infos précieuses sur ses conditions difficiles. On y apprend que la cabane du film fut détruite une fois le film terminé. On comprend aussi que les comédiens étaient très soudés malgré la colère de certains. Il fait une allusion marrante aux chaussures de l’époque, les Wallabies, qu’il déteste. Une des infos les plus croustillantes concerne celle rapportant l’attente des policiers qui attendaient que l’on brise la vitre avec une branche, avant de quitter le plateau, trop lassés de voir les personnes répéter sans que rien ne se passe, ou le moment durant lequel Bruce Campbell tire vraiment une balle vers la fenêtre et pendant laquelle il aurait pu blesser une membre de l‘équipe. Il évoque comment a été créé le son de « La Chose », qui court après les personnages, un mélange de bruits divers, qui fait penser à celui de la chute du camion dans la scène finale de Duel. De même la séquence du viol a été tournée à l’envers, car le mouvement des branches était impossible à obtenir en tournant à vitesse réelle. Les cascades étaient effectués à même le plateau, sans aucunes doublures (!). De même que l’échelle des plans est différente entre la première vision que l’on a de la cabane (minuscule de l’extérieur) et les plans d’intérieur qui montrent des pièces très grandes, trahissant les reports de tournages, et les intervalles de temps (tournage espacé sur deux ans et fait de petits bouts collés les uns aux autres). Au final un commentaire ludique et foisonnant qui apporte un bel éclairage. Une partie DVD-Rom, avec liens Internet, affiches et fonds d’écran.
A la découverte d’Evil Dead, 13’ 05, plein écran. Un documentaire avec des interviews croisées des deux fondateurs de Palace Video, société de passionnés qui distribua la vidéo au début des années 80 en sortie parallèle avec les salles de cinéma. Ils reviennent sur la production du film, sa distribution, sur le catalogage rapide du film parmi d’autres titres plus extrêmes, son rapport à la censure et sur le boom de la vidéo. Les coulisses du film, 18’05, 4/3. Un document brut sonorisé qui est ici au format original du film, en 1.33. On pourrait le considérer comme un "Work in Progress", puisqu’on y voit les rushes de quelques scènes, les premiers essais de maquillages, devant un Sam Raimi déjà très pro qui dirige ses comédiens. Les vingt ans de Evil Dead, 7’17, plein écran. C’est en fait une rencontre avec le producteur Robert Tapert et deux des principales comédiennes qui sont venues présenter le film dans une copie neuve en 2001 à la Cinémathèque de Los Angeles. Ils racontent quelques anecdotes de tournage, non sans un certain humour. On y apprend en revanche pas grand chose que l’on ne savait déjà.
On trouvera aussi sur ce deuxième disque de suppléments, sur la première page du menu, un bonus caché. Il faut se placer sur l’icône "A la découverte de Evil Dead" et appuyer avec la télécommande le plus à droite possible. Une icône apparaît tout en bas à droite de l’écran. Un autre bonus caché est présent sur le premier disque, il faut aller sur l’icône " @ " qui renvoie à des liens Internet, puis pointer le curseur de la télécommande vers le haut en allant aussi loin que possible. Une autre tâche rouge apparaît alors. Une édition en demi-teinte donc, qui reprend les suppléments de l’édition d’Anchor Bay sortie il y a deux ans, en y rajoutant des sous-titres français. Les fans de la première heure se contenteront sans doute de l’édition Elite qui ne dispose pas de sous-titres français malheureusement, quant aux autres, ils peuvent se reporter sur cette édition soignée dans l’ensemble mais manquant de vrais suppléments attractifs pour en faire une édition incontournable. Mais peut-on se passer d’un tel film, d’autant qu’à l’heure actuelle c’est la seule disponible en Zone 2 ? |
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