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L’inspecteur ne renonce jamais
Réalisé par James Fargo
Avec Clint Eastwood, Tyne Daly, Bradford
Dillman, Harry Guardino, John Mitchell, Deveren Bookwalter, John
Crawford
Scénario : Stirling Silliphant
& Dean Riesner
Musique : Jerry Fielding
Photographie : Charles W. Short
Un film Warner
USA - 96 mn - 1976
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Zone
1
Format cinéma : 2.35 compatible
16/9
Langues : Anglais DD 5.1 / Français
mono
Sous titres : Français / Anglais
/ Espagnol / Portugais / Japonais / Chinois / Thaï / Coréen |


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Chroniqués
par DvdClassik :
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En
1976 à San Francisco, l’inspecteur Harry considéré
comme trop violent par ses supérieurs, est muté
de la Brigade criminelle au Service du personnel. Or un Front
de Libération du Peuple, équipé d’armes
de guerre et dirigé parBobby (un psychopathe radié
des forces spéciales pendant la guerre du Viêt-Nam)
menace la ville. A la suite de l’assassinat, par ce
groupe, de son co-équipier Di Giorgio, on adjoint à
Harry une inspectrice inexpérimentée : Kate.
Ils enquêtent dans le milieu des activistes politiques
ou même religieux. Ils sont sur la bonne piste lorsque
les autorités arrêtent l’indicateur de
Harry : celui-ci s’en prend publiquement au maire et
est radié. Lorsque ce dernier est enlevé et
le prix de sa rançon fixé, Harry est à
nouveau chargé de l’enquête : elle le mène
des quartiers chauds au pénitencier désaffecté
d’Alcatraz. Kate a tenu à l’accompagner
et s’y fait tuer. Harry extermine les ravisseurs et
libère le maire, tandis qu’un hélicoptère
arrive avec l’argent de la rançon. |
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Troisième
film de la série Dirty Harry, série
méprisée par la critique française
de l’époque puis réévaluée
par cette même critique 10 ans plus tard, une fois
qu’Eastwood fut promu "auteur" et que son
œuvre d’acteur comme de réalisateur fut
reconnue. The Enforcer n’a pas l’aura
des deux premier Harry mais il a néanmoins trouvé
grâce auprès des inconditionnels du genre (le
film noir) ou de la vedette (Eastwood), soit quelques centaines
de millions de spectateurs tout de même. Il ne faut
évidemment pas le confondre avec la production Warner
homonyme réalisé presqu’entièrement
par Raoul Walsh bien que signée Bretaigne Windust
(The Enforcer [La femme à abattre] (USA
1950) et qui est un classique du film noir américain.
Une remarque philologique : est "enforcer" celui
qui "donne à une loi ou à une règle
sa force en l’appliquant, qui la fait respecter, au
besoin par la contrainte". Inutile de dire que ce titre
contient l’essence du film bien plus nettement que
le "Moving Target", prévu à
l’origine.
Stirling Silliphant et Dean Riesner, en retravaillant le
sujet, ont d’ailleurs poussé le sens du mot
dans ses derniers retranchements : Harry "enforce"
non seulement les criminels mais encore la société
civile, ses collègues, ses supérieurs hiérarchiques,
ses autorités administratives de tutelle (qu’il
injurie avec des mots orduriers à plusieurs reprises)
et même un prêtre idéaliste ! Bogart,
dans le film de 1950, n’avait à combattre qu’un
gang mais pas ses alliés naturels. Eastwood est lui
un contradicteur à la puissance 2 : il nie le droit
positif tout autant que l’injustice en vue d’instaurer
le règne de "l’impératif catégorique".
Le
pré-générique est extrêmement
violent, ce qui explique que les télévisions
françaises publiques comme privées l’ont
pendant longtemps diffusé dans une copie censurée
d’un plan : celui de la blessure provoquée
par le poignard-poing américain "Trench-Knife
US.1918" de Bobby, ancien des forces spéciales
qui utilisaient encore cette arme terrifiante homologuée
pendant la Première Guerre Mondiale. Il est fascinant
par son formalisme épuré et constitue la meilleure
séquence du film. La séquence finale d’Alcatraz,
considérée par les Américains comme
le morceau de bravoure du film, lui est inférieure.
Entre ces deux moments, Eastwood lutte pour "ouvrir
les yeux" du spectateur sur la déréliction
irrémédiable de la société américaine.
Le "Front de libération du peuple" est
manœuvré de l’intérieur par un
chef avide d’argent et de destruction. Les citoyens
ordinaires sont enfantins (Kate), incapables (Bressler et
Mc Kay) et le mal les submerge aisément. Harry ne
croise en général que des êtres dégradés
(l’escroc du restaurant), au comportement aberrant
(les vieilles dames respectables qui officient dans le bordel
en envoyant des correspondances à la chaîne)
ou violent (Harry lui-même massacre les auteurs d’un
hold-up et mutile leur chef ; Bobby tue à l’arme
blanche, au riot-gun, au fusil d’assaut et achève
à l’occasion une complice blessée).
Lorsque Callahan manque de se faire abattre dans l’église
du prêtre déjà mentionné, le
dialogue est explicite : "- J’ai fermé
les yeux…" "- Ouvrez-les !" tandis
que sa co-équipière vient d’abattre
une fausse religieuse qui dissimulait un riot-gun. Le ton
aurait pu être chargé ou surréaliste
: il est imperturbablement sérieux. Méprisant
unanimement les proches qui l’entourent, Harry ne
commence à les respecter que s’ils meurent
(Di Giorgio) ou sont disposés à mourir (Kate)
en combattant. D’ailleurs, Callahan préfère
demeurer près du corps de Kate que d’accepter
l’offre du maire de le ramener en hélicoptère.
Il n’a risqué sa vie que pour sauver le symbole
institutionnel et pas l’homme méprisable qui
l’incarne. Harry est prêt, à tout moment,
à tout sacrifier au salut des institutions de la
société dans laquelle il croit.
Mais
quelle Amérique ? Il semble que les seuls personnages
qui trouvent un peu grâce à ses yeux, outre
ceux déjà cités, soient des individus
marginaux mais indépendants et libres de leur jugement
: tel l’étonnant Black Eddie Mustapha, activiste
politique noir certes compromis dans divers trafic mais
aussi parfaitement lucide sur lui-même et les autres.
La preuve : il a posé à Harry une question
("Pourquoi risquer votre vie pour une si mauvaise
société ?"), la "bonne"
question (qu’une femme lui avait déjà
posé dans le film de Siegel de 1971). Il préfère
encore une fois garder le silence. Il n’a pas besoin
de dire la vérité ou le bien, il "l’agit"
et cela doit suffire : à bon entendeur… Une
Amérique, donc, où seul l’individu peut
se sauver devant Dieu par la seule vertu de sa conscience.
Silliphant et Riesner ont peut-être lu Max Weber et
son L’éthique protestante et l’esprit
du capitalisme. En tout cas, The Enforcer
est bien plus proche du personnage de Coogan (Coogan’s
Bluff/Un shérif à New-York, Don Siegel - 1969)
que de celui de Harry, Coogan muri et sensible à
l’ambivalence (Dirty Harry/L’inspecteur
Harry, Don Siegel - 1971). Et bien loin de l’humanisme
clairement revendiqué du Harry de Magnum Force/Magnum
force, Ted Post - 1973. Raidissement et retour aux
sources ?
C’est tout l’intérêt de The
Enforcer : il marque incontestablement une rupture
avec les deux précédents titres de la série.
Il est dans la continuité directe du premier rôle
d’inspecteur joué par Eastwood qui était
d’ailleurs… un shérif. Un shérif
déplacé dans une ville (New York) qui lui
était tout entière hostile. Et encore le shérif
de 1969 avait-il une petite amie plantureuse, le Harry de
1971 une épouse morte à laquelle il pensait
avec une discrète émotion, le Harry n°2
une maîtresse asiatique : ce Harry-Shériff
n°4 prend soin de n’avoir avec sa collègue
féminine que des rapports assexués (les plaisanteries
qu’ils échangent sont un exutoire et nullement
un prémisse : elles manifestent simplement leur "égalité").
Le personnage est donc devenu presque abstrait. D’aucuns
considèrent The Enforcer comme le début
de la chute de qualité de la série. Il est
incontestablement inférieur sur le plan de la rigueur
de la mise en scène, de la richesse du script, de
la direction d’acteurs. La
séquence de la morgue n’a pas trouvé
ses fans tant son humour est bête et repoussant. Guardino
et Dillman, bons acteurs, jouent les utilités. Le
méchant, certes honorable, n’a pas la présence
individuelle de Scorpio (Siegel - 1971) ou celle,
collective, de l’Escadron de la mort (Post
- 1973).
Au crédit de Fargo, relevons tout de même dans
ce dernier opus tantôt la justesse, tantôt l’humour,
tantôt le brillant plastique de certaines scènes
- la poursuite sur les toits, les scènes de l’église.
Ainsi qu’une certaine rigueur de montage : scène
psychologiquement ultra-violente du bordel où la
caméra est un instant portée à l’épaule.
Et enfin, certaines idées dramatiques comme celle
de convoquer à l’hôpital l’épouse
de Di Giorgio en train d’agoniser et de lui faire
dire : "C’est une guerre n’est-ce pas
? Je n’avais pas compris…" face à
un Eastwood à la fois proche et lointain. Alcatraz
et ses murs lépreux sont exploités comme gimmik,
assurément. Mais peut-être aussi comme symbole
: cette prison sale et en ruine dans laquelle des criminels
ont trouvé refuge ne marque-t-elle pas la faillite
ironique de la civilisation qui l’avait édifiée
? Un scénario et un personnage poussés au
bout de leur logique (la non-réconciliation) servis
par un travail de professionnels.
On peut donc considérer The Enforcer comme
l’aboutissement de la série effective que sont
Coogan’s Bluff, Dirty Harry, Magnum Force
et The Enforcer. Les films suivants en modifieront
l’esprit et le contenu (jusqu’à sa dissolution
totale) avec l’assentiment d’Eastwood.
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Image
: La remastérisation numérique a été
effectuée en 2000 et le film est présenté
en format letterbox widescreen qui signifie "2.35 compatible
16/9". Il préserve correctement le "panavision
scope" original. Même chose pour la B.A.. La
luminosité, la définition, les couleurs, la
netteté sont souvent très bonnes (le pré-générique
est éblouissant de ce point de vue). La copie cinéma
utilisée pour la numérisation comporte quelques
légers défauts (générique par
exemple : micro-poussières, teinte très légèrement
grise) de-ci de-là mais la compression de ce matériel
est la meilleure possible dans l’ensemble. Les sous-titrages,
parfois fantaisistes dans leur traduction française,
sont d’un format lisible qui est idoine.
Son : À écouter de toute
façon en V.O.S.T.F. car sinon on perd la voix originale
d’Eastwood. Or il en use d’une façon
pertinente et subtile, et sa sonorité douce et un
ton au-dessous est très particulière. La V.O.
est remastérisée en Dolby Digital 5.1 et la
V.F. est en mono : le choix est simple. Une attention particulière
a été apportée au report de la partition
de Jerry Fielding (qui rompait avec le style de celles composées
par Lalo Schifrin pour les 2 "Harry" précédents)
étant donné l’amour bien connu d’Eastwood
pour le jazz. Elle est même parfois un peu trop mise
en avant dans le rapport musique/effets, mais qu’importe
: elle est restituée comme jamais auparavant. Même
en mode "night" (si votre lecteur DVD en dispose),
les éléments de la bande-son sont la plupart
du temps tous bien équilibrés et audibles.
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Le
menu principal, affiché sur une
photo fixe et musicale de l’affiche américaine,
est divisé en 4 parties :
Play Movie (pour voir le film immédiatement)
Scenes Selection (chapitrage divisé
en 30 sections illustrées d’une photo à
la définition un peu juste et d’un titre,
réparties sur 5 ou 6 écrans à la
suite, dont le fond est une sorte de pierre noire assez
angoissante. En bas de l’écran, vous disposez
toujours de 3 sous-menus : Start movie (pour démarrer
le film), End credits (pour visionner le générique
de fin), Main Menu (pour revenir au menu principal).
Special Features (bonus divisés
en 6 sections comprenant :
1) Cast & Crew
(petite fiche technique et casting)
2) Featurette : Harry Callahan/Clint
Eastwood : Something Special in Films (il s’agit
d’un documentaire d’époque de 6’
sur le tournage, bien realisé. On voit clairement
que c’est Fargo qui contrôlait le tournage
même si Eastwood lui apportait ses suggestions.
Le réalisateur insiste sur le fait qu’Eastwood
réalise lui-même ses cascades sans être
doublé la plupart du temps. Le montage des plans
de tournages et des plans tournés est souvent
très intéressant. Ce documentaire est
malheureusement en v.o. sans sous-titrage possible et
son format est 4/3 (ou 1 :33 si vous préférez
l’équivalent cinéma). L’image
en est médiocre)
3) Behind the scenes (quelques anecdotes
sur le tournage, rapportées sous forme de textes
écrits en caractères un peu trop petits
: l’histoire des deux scénaristes débutants,
laissant leur scénario au restaurant d’Eastwood
à Carmel pour qu’il le lise, est sympathique
(ils sont de fait crédités au générique).
Eastwood aima le sujet, le transmit à ses deux
scénaristes professionnels qui l’adaptèrent
et en changèrent le titre)
4) On location (au sujet des décors,
du pénitencier d’Alcatraz, etc. par écrit
encore et sans aucun intérêt autre que
touristique)
5) Memorable lines (quelques répliques
célèbres du film sont immortalisées
par écrit mais non traduites et ne nous semblent
d’ailleurs pas particulièrement bien choisies)
6) Theatrical Trailer (la bande-annonce
du film de 2’15 à visionner en 16/9 comme
le film. Elle est en V.O. sans sous-titres et beaucoup
trop longue pour le goût actuel)
Languages : V.O.
américaine ou V.F. pour le choix de la langue.
Pour les sous-titrages, une large gamme est disponible
: S.T.Française., S.T.Anglaise., S.T.Espagnol,
S.T.Portugais, S.T.Japonais, S.T.Chinois, S.T.Thaï,
S.T.Coréen. Le film est ainsi compréhensible
dans les langues principales des divers continents, ce
qui est un bel effort dont les autres éditeurs
devraient s’inspirer.
Version revue, augmentée et
corrigée (février 2004) d’un texte
paru en ligne sur www.cineastes.net
en 2003
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