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Réalisé par Lucio Fulci
Avec Jennifer O’Neill, Gabriele Ferzetti, Marc Porel, Gianni
Garko, Ida Galli, Jenny Tamburi…
Scénario : Lucio Fulci, Roberto Gianviti et Dardano Sacchetti
Musique : Franco Bixio, Fabio Frizzi, Vince Tempera
Photographie : Sergio Salvati
Montage : Ornella Micheli
Un film : Cinecompany & Rizzoli Films
USA - 85 mn - 1977
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PVB
Editions
Zone 2
Format cinéma : 1.77
Format vidéo : 16/9 compatible 4/3
Langues : Stéréo Français, Stéréo
Italien
Sous titres : Français
Dolby Digital
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Chroniqués
par DvdClassik :
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Dans les années 50, une femme se suicide du haut d’une
falaise en Angleterre. A la même seconde, et à des
milliers de kilomètres de là, Virginia,
jeune fille en voyage scolaire, a une vision : celle
de sa mère se jetant de la même falaise.
Des années plus tard, Virginia a de nouvelles
visions, dont celle d’un cadavre emmuré dans
une des pièces de la maison de son mari. Souhaitant
en avoir le cœur net, l’héroïne
de rend sur les lieux de son rêve et y découvre
effectivement un squelette, à l’endroit
exact de sa clairvoyance. Elle va alors tout mettre en œuvre
pour disculper son mari accusé de meurtre… ce
qui n’est pas forcément une excellente idée. |
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Ne
faisons pas injure à nos amis de Devildead.com
: notre modeste papier ne saurait être une analyse
du Giallo aussi pointue que celles développées
chez nos voisins : ce genre cinématographique a
ses adeptes au sein de la Rédac, mais aucun de nous
six ne peut pour autant avouer franchement en être
un fan hardcore. Aussi, nous avancerons à tâtons
en essayant d’éviter les clichés moqueurs
inhérents à l’analyse de ce genre si
particulier pour s’attacher uniquement aux qualités
et défauts du film de Lucio Fulci - L’Emmurée
Vivante, autrement connu sous les noms de The
Psychic / Seven notes in black ou encore Sette
Note in Nero en version
originale. Petit historique tout de même pour les
profanes : Giallo signifie jaune dans la langue de Dante,
et - tout comme la Série Noire en France, ou la
littérature Pulp aux Etats-Unis - est devenu le
nom générique d’un style littéraire
italien des années soixante. Au menu et pour schématiser
: des histoires de charmantes jeunes femmes poursuivies
par
un
tueur masqué et
ganté de noir, qui en veut arbitrairement à leur
vie. Passage obligé de ces livres, un meurtre sanglant
et gratuit…
Mario Bava, cinéaste italien prolifique (et auteur
du splendide Danger Diabolik avec Michel Piccoli)
s’approprie
le genre sur pellicule et va créer un style propre
au cinéma italien des sixties. Six Femmes pour
l’Assassin (Blood and
Black Lace) en 1964 marque le début d’un époque
prolifique, qui verra Dario Argento (L’oiseau
au plumage de cristal) et Lucio Fulci s’engouffrer
dans la brèche et signer quelques joyaux du genre.
Ce dernier, mort mystérieusement il y a 7 ans (diabétique,
il oublie de prendre son insuline, laissant ses admirateurs
et son entourage dans l’expectative : accident ou
suicide ?), eut une carrière chaotique : ses penchants
anti-cléricaux lui attirant pas
mal d’ennuis dans l’Italie catholique des années
60 et 70… D’où une carrière faite
de hauts et de bas, certains de ses films étant
tournés avec un budget ridiculement bas. Mais quelques-unes
de ses oeuvres restent toutefois des modèles du
genre, pour qui est un tant soit peu réceptif au
style si particulier du Giallo.
L’Emmurée
Vivante donc… Nous ne nous
avancerons pas au point de dire que cet opus fait partie
de ses plus éclatantes réussites, notre connaissance
de la filmographie de Fulci se limitant à quelques
cinq films. Reste que certains éléments sont
dignes d’intérêt et justifient la vision
de ce long-métrage. A commencer par un casting détonnant,
qui voit la célèbre Jennifer O’Neil
se frotter au Giallo. Sacré dépaysement pour
l’actrice de Rio Lobo (Howard Hawks) et
du mythique
Un Eté 42 (Robert Mulligan), tournés
6 ans plus tôt. Et sacrée surprise pour le
spectateur que de découvrir la star - qui fit fantasmer
des millions de spectateurs chez Mulligan - dans cet environnement
hostile, en proie à des visions délirantes,
des traumatismes effrayants et des terreurs enfouies. Convaincante
malgré un doublage italien forcément perturbant
(mais qui d’une certaine manière participe
au charme du genre), elle porte le film sur ses épaules
même si le reste de la distribution s’en sort
plus qu’honnêtement : Gabrielle Ferzetti -
aperçu dans l’Aveu de Costa-Gavras
et Il
Etait une fois dans l’Ouest de Sergio Leone
- et Marc Porel, acteur suisse déjà remarqué chez
Henri Verneuil (Le Clan des Siciliens) et Luchino
Visconti (Ludwig,
L’innocent…) font ainsi d’honorables
seconds rôles.
Reste que malgré cette réunion de talents,
c’est bien le style Fulci qui donne au film sa force
et son empreinte si singulières. Loin de certaines
fulgurances gore de quelques-uns de ses films les plus
fameux (Zombi 2), le film s’attache plus à la
psychologie de ses personnages qu’à des effets
sanguinolents outranciers - même si, en introduction
du film, une étonnante scène de suicide donne à voir
un crâne explosant dans sa chute le long d’une
falaise, scène dont vous aurez du mal à vous
défaire tant sa force fait même oublier le
grotesque des effets spéciaux employés…
Suspense psychologique donc, L’Emmurée
Vivante suit les visions et les
interrogations de son héroïne
via le style propre à Fulci : musique synthétique
outrageusement "Bontempi", zooms manuels constants sur
les (très beaux) yeux de Jennifer O’Neill,
lumière
blanche et crue, jeu sur les couleurs rougeoyantes des
décors, esthétique fortement empreinte de
l’époque mais aussi rebondissements scénaristiques
répétés.
Le tout donne au film une patine
que l’on pourra
trouver risible mais qui n’est franchement pas dénuée
de charme. D’autant que le suspense fonctionne, et
que c’est après tout ce que l’on recherche
en se collant devant un Giallo. Grâce à un
art consommé du montage, Fulci sait faire durer
ses scènes d’angoisse (voir la première
scène post-générique, mise en scène
réussie de la claustrophobie via une succession
de tunnels), et pour qui voudra bien s’y abandonner,
il y a matière à passer quelques moments
de trouille avec un certain cachet. D’autant que
s’il est loin d’un Hitchcock, le créateur
du Chat Noir s’y entend toutefois assez en matière
de cadrages (jeux sur les miroirs, gros plans, changements
de focale pour révéler un détail effrayant…)
et de création d’ambiances troubles pour emporter
le morceau.
Alors certes, tout cela n’est ni Visconti, ni Fellini,
ni Rosi ni même Monicelli... Fulci n’a ni leur
renommée, ni leur reconnaissance dans les dictionnaires
de cinéma, ni même évidemment leur
talent. Mais en avait-il la prétention ? Sûrement
pas.... Tout comme les écrivains de la Série
Noire n’ont jamais pensé faire du Zola ou
du Hugo, Fulci reste humble et se cantonne à son
petit savoir-faire. Répétitif à l’excès
(il serait amusant de compter le nombre de zooms sur les
yeux de O’Neill, cela doit facilement dépasser
les quarante plans), volontiers grossier dans ses effets
(les plans de meurtre au sang outrageusement rouge), parfois
grossièrement explicatif (le montage parallèle
entre les visions passées et le présent soulignent
au crayon rouge les similarités hier/aujourd’hui
au lieu de jouer sur l’intelligence et la mémoire
du spectateur), le cinéma de Fulci est un cinéma
bâtard : tantôt doué et intelligent,
tantôt roublard et aux limites du ridicule. Mélange
de quelques scènes réussies, à l’image
d’une très belle poursuite dans une église,
de longs tunnels dialogués, de beauté et
de laideur mêlées mais aussi de clichés
inhérents au genre - qui peuvent vous faire sortir
du film à tout instant si vous n’acceptez
pas les règles du jeu - L’Emmurée Vivante reste néanmoins un bon d’entrée plutôt
agréable dans le monde du Giallo. A vous de voir
si vous êtes prêts à jouer le jeu…
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Image :
Une image propre et qui rend hommage à la photographie
et au jeu sur les couleurs recherché par le réalisateur
de l'Emmurée Vivante… Le
master ne souffre d’aucun défaut (excepté une
saute d’image, de son et de colorimétrie dans
le tout dernier plan du film, assez pénible…),
les blancs éclatants et les noirs profonds témoignent
d’un vrai respect du contraste original : comme pour
leurs sorties DVD précédentes, les éditions
PVB font preuve d’un effort constant sur leurs
copies . Il suffit de constater
la beauté des
rouges (couleur principale du film, et qui ne pardonne
généralement pas en matière
de compression et de rendu numérique)
tout au long du film pour juger du travail accompli.
Son :
Une VO italienne et une VF toutes deux en stéréo.
Claire et distincte, la VO présente un beau mixage
dialogues/effets/musique. A noter toutefois l’absence
de sous-titres pendant quelques secondes de dialogue
lors de (attention spoiler) la confrontation finale entre
Virginia et son mari - dernier quart d’heure
du film. Etrange… Côté VF,
le son est un peu trop métallique pour qu’on
le préfère à la post-synchronisation
italienne.
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Sans atteindre au génie ni même au bon goût,
PVB semble avoir fait un effort par rapport à ses
dernières tentatives de création de menus.
Ils atteignent enfin le niveau du tout venant en la matière… A
part ça, quelques filmographies - via une succession
d’écrans texte - de Lucio Fulci, Jennifer
O’Neill, Gianni Garko, Gabriele Ferzetti. Suivies
d’une fiche technique du film et d’une biographie de Lucio Fulci en trois pages de texte.
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