San Francisco, au début des années 70. Un tueur se faisant appeler Scorpio tue une femme au hasard, et menace de recommencer si une forte rançon ne lui est pas remise. L’affaire est confiée à Harry Callahan, un inspecteur de police atypique. Solitaire, n’hésitant pas à sortir son arme, il est mal considéré par sa hiérarchie qui lui confie les tâches dont personne ne veut. Il se lance alors dans une chasse à l’homme afin de mettre un terme à cette folie meurtrière.

L'Inspecteur Harry
(Dirty Harry)
Réalisé par Don Siegel
Avec Clint Eastwood, Harry Guardino, Reni Santoni, Andy Robinson et John Vernon
Scénario : Harry Julian Fink, Rita M. Fink, et Dean Riesner, d’après une histoire de Harry Julian Fink et Rita M. Fink.
Musique : Lalo Schifrin
Photographie : Bruce Surtees
USA - 102 mn - 1971

C’est en 1969 que Clint Eastwood pose pour la première fois les yeux sur ce qui deviendra le script de L’Inspecteur Harry par l’intermédiaire du producteur Jennings Lang. Ce projet, appartenant à l’époque à la Universal, a déjà été proposé entre autres à Paul Newman, qui le refuse pour des raisons politiques. Cela ne dérange pas Eastwood, qui trouve le scénario perfectible, mais y décèle des éléments intéressants : d’une part, le personnage de Harry Callahan est à l’évidence issu de la classe ouvrière, ce qui lui donne un aspect réaliste absent de la plupart de ses précédentes incarnations. D’autre part, il y voit une profonde mélancolie, registre qu’il souhaite explorer. Mais pour des raisons inconnues, Universal perd les droits du scénario.

Le script fait le tour des studios, et finit par atterrir sur les bureaux de la Warner, compagnie en proie à des difficultés financières depuis les années 60. Une nouvelle équipe vient d’en prendre la tête : parmi les nouveaux cadres se trouve Frank Wells, avocat et ami de Clint Eastwood, chargé des finances. A l’aube des années 70, la mode est au film policier urbain : Bullitt, Un Shériff à New York, Le Détective sont tous de grands succès. L’évolution de la criminalité aux Etats-Unis n’y est pas étrangère : entre 1960 et 1970, elle a augmenté de 144 %, et San Francisco est la deuxième ville la plus dangereuse du pays, avec 5000 crimes par tranche de 100 000 habitants. Cette nouvelle délinquance n’a que peu de rapport avec l’industrie du crime organisé, il s’agit d’une violence immédiate, qui touche tous les milieux. Et l’absence de réaction efficace des forces de police est souvent stigmatisée par les médias – il faut se souvenir que sous la présidence de Richard Nixon, la priorité est donnée à la chasse aux ‘ennemis idéologiques’ de l’Etat, rappelant la paranoïa de J. Edgar Hoover obsédé par les espions communistes mais aveugle à l’ascension de la mafia. Dans une Amérique qui a encore la Famille Manson à l’esprit et où le Zodiaque continue à narguer la police, L’Inspecteur Harry est donc une bonne opportunité pour remplir les caisses. Mais la mise en chantier doit être immédiate pour surfer sur la vague, et Eastwood n’est pas disponible.

Après de multiples réécritures, le projet est rebaptisé Dead Right. La réalisation en est confiée à Irvin Kershner, et l’interprète principal est Frank Sinatra. Mais celui-ci se blesse à la main en Novembre 1970 et se voit contraint de renoncer. Frank Wells relance donc Eastwood. Celui-ci constate que le script qu’il avait lu a subi de nombreuses modifications. Il demande donc à Don Siegel, exceptionnellement libéré de son contrat avec la Universal, d’y travailler avec le scénariste Dean Riesner, reformant l’équipe d’Un Shériff à New York. Les deux hommes planchent environ six semaines sur un nouveau script. Ils commencent par déplacer l’action de New York à San Francisco – l’idée leur serait venue en visionnant un match de football dans l’enceinte du Kezaar Stadium, décor idéal pour une séquence spectaculaire. Puis ils rajeunissent le personnage, à l’origine proche de la retraite et plus modéré dans ses actions – Clint Eastwood envisagea même à un moment de se vieillir. Enfin, ils modifient le cadre de l’affrontement final : prévu à l’origine dans un aéroport où Scorpio devait détourner un avion, il sera remplacé par la séquence du bus scolaire, à l’évidence moins coûteuse et sans doute plus efficace. Petit à petit, le scénario s’organise, non sans difficultés, autour des scripts de Fink et de Riesner. L’Inspecteur Harry devient dès lors un projet de la jeune compagnie Malpaso, et Eastwood recrute des habitués : Robert Daley sera producteur exécutif, la musique est confiée à Lalo Schifrin – déjà compositeur de De l’Or pour les Braves et Les Proies -, et la photographie au jeune chef opérateur Bruce Surtees, qui avait déjà photographié Les Proies et Un Frisson dans la Nuit ; les deux hommes collaboreront régulièrement jusqu’à Pale Rider, et Surtees signera même la photographie de Rat Boy de Sondra Locke, autre production Malpaso. On retrouve aussi des habitués parmi les interprètes comme Mae Mercer ou John Mitchum. Le rôle de Scorpio est en revanche confié à un parfait inconnu : Andrew Robinson, acteur de théâtre off-Broadway formé à la Royal Academy of Dramatic Art, n’est encore jamais apparu sur un écran. Son visage d’ange fera merveille pour incarner la folie meurtrière, rôle qui le poursuivra durant toute sa carrière.

En dépit de difficultés logistiques liés aux extérieurs, le tournage se déroule sans problème majeur, et l’équipe est constamment en avance sur le plan de travail. Même si le budget est plus important que lors de leurs précédentes productions, Siegel et Eastwood ne changent en rien leurs méthodes, celles des artisans de la Série B : efficacité maximale, pas plus d’une ou deux prises, quoiqu’il arrive, tourner tous les jours. Exemple connu : cloué au lit, Don Siegel se retrouva incapable d’assurer le tournage de la séquence du sauvetage sur la corniche, qu’il confia à Clint Eastwood. Celui-ci venait de voir une scène similaire lors d’un journal télévisé. Il proposa d’en faire une séquence nocturne afin d’éviter les problèmes de circulation, et annonça aux studio qu’il la tournerait en deux nuits, au lieu des six prévues. Reprenant ses méthodes de tournage léger déjà étrennées sur Un Frisson dans la Nuit, Eastwood la boucla en une seule nuit : ‘Pourquoi passer dix jours à tourner ce qu’une équipe de télévision met en boîte en dix minutes ?’.

Sorti à Noël 1971, L’Inspecteur Harry fut un gros succès public, et finira par rapporter à la Warner 22 million de dollars sur le seul territoire américain. L’accueil critique fut en revanche beaucoup plus froid, même s’il n’a pas été aussi unanime qu’on a pu l’écrire. Si des journaux comme le New York Times se montrèrent assez dédaigneux, Times le classa parmi les 10 meilleurs films de l’année, et même un magazine libéral tel que Rolling Stones en fit l’éloge. Mais le coup de tonnerre vint du New-Yorker, sous la plume de Pauline Kael. Si la mythique critique avait su apprécier la violence stylisée de Bonnie and Clyde ou Le Parrain, elle eut fort à faire en cette fin d’année : L’Inspecteur Harry sortit en effet deux semaines après Orange Mécanique et le même jour que Les Chiens de Paille. Et elle n’hésita pas à qualifier le Siegel et le Peckinpah de films ‘fascistes’, trouvant même des relents de racisme dans le premier. Pourtant, rien de plus faux.


Sachant que le fascisme est une attitude de groupe soumis à un état fort et autoritaire, on se demande bien quel est le rapport avec Callahan. Celui-ci est au contraire un individu qui s’oppose à une hiérarchie qui lui paraît tout mettre en œuvre pour l’empêcher de remplir sa fonction. Don Siegel l’a expliqué lors d’une interview : "Harry est un puritain. C’est un homme amer […]. Il n’aime pas ceux qui violent la loi et il n’aime pas la façon dont la loi est appliquée. Ca ne veut pas dire que je lui donne raison." Loin d’être un fasciste, Callahan se rapprocherait plutôt de la doctrine de la désobéissance civique de Thoreau et doit faire face à des situations qu’il juge absurdes. L’accusation de racisme ne tient guère plus debout, deux scènes au moins en attestent : la conversation avec le médecin noir qui s’occupe de la jambe de Callahan démontre qu’ils sont de vieilles connaissances. De plus, lorsqu’un officier explique à Gonzalès que Callahan déteste ‘les Rosbifs, les Ritals, les Youpins, les Métèques, les Négros, les Polacks, les Chinetoques’, celui-ci demande ce qu’il pense des latino-américains. Et Harry de répondre ‘spécialement les Chicanos’, tout en adressant un clin d’œil à l’officier. Don Siegel précise toutefois dans son autobiographie que ces deux scènes ont été écrites afin que la séquence face au cambrioleur noir ne soit pas mal interprétée. Il semble que cela n’ait pas suffit.

Il apparaît nécessaire de préciser que le personnage de Harry Callahan est double. On a vu au début de ce texte qu’Eastwood était intéressé par la dimension réaliste du rôle, ce qui représente une nouveauté dans sa carrière, et ce même si l’on ne sait rien de son existence, hormis l’histoire du décès de sa femme, tuée par un chauffard ayant pris la fuite. Callahan est en fait un ouvrier, exécutant son ouvrage de la façon qu’il juge la plus efficace. Il dit souhaiter une augmentation plutôt que les honneurs, préfère souffrir plutôt que de détruire un pantalon dont il se rappelle encore le prix. Il est l’expression d’une classe sociale, aimant malgré tout son travail, auquel il se consacre entièrement, même aux dépends de son repos comme le montre la séquence mythique où il met fin à un cambriolage tout en mâchouillant son hot-dog - rendant ainsi hommage à l’une de ses idoles, James Cagney, tirant sur un homme dans un coffre de voiture tout en grignotant un pilon de poulet dans L’Enfer est à Lui -, instaurant ainsi un archétype du ‘flic cool’, repris jusqu’au Chow Yun-Fat de A Toute Epreuve. Ce dévouement à son travail n’est pas montré sans humour, comme le prouvent ses réactions en observant la soirée hippie tout en attendant Scorpio. Mais ceci est l’attitude de Callahan face au crime ‘ordinaire’, dont les motivations sont rationnelles. Il n’en est rien face à Scorpio : celui-ci semble être la représentation d’un mal absolu, au comportement inexplicable. Callahan devient alors l’incarnation de l’ange exterminateur - figure déjà jouée par Eastwood dans la trilogie léonienne, et qu’il reprendra entre autres dans L’Homme des Hautes Plaines. Les symboles ne manquent pas pour illustrer cette confrontation : Scorpio mitraille l’enseigne ‘Jesus Saves’ située au-dessus de Callahan, leur premier face à face à lieu au pied d’un crucifix… Cette dualité est particulièrement visible si l’on compare les deux tirades du 44. Magnum : si la première peut-être perçue comme une sorte de jeu sadique, la seconde est à l’évidence pleinement ressentie. Et c’est à la lumière de cette métamorphose qu’il faut comprendre les derniers plans du film : devenu un instrument de vengeance divine malgré lui et constatant l’échec d’un système, écoeuré, il jette son étoile de policier à l’eau - il n’est pas non plus interdit d’y voir une référence à l’ultime geste de Gary Cooper dans Le Train Sifflera Trois Fois. Il faut préciser qu’Eastwood était au départ opposé à cette scène, pensant qu’un policier tel que Callahan ne pourrait jamais démissionner, n’ayant d’autres objectifs. Suite à une discussion avec Siegel, il fut décidé que Harry sortirait son étoile et la contemplerait avant de la ranger. Ce n’est que le jour du tournage qu’Eastwood se rendit compte que la séquence d’origine était sans doute la meilleure – changement d’avis qui aurait pu entraîner des problèmes logistiques, une seule étoile ayant été prévue !

On a depuis trente ans beaucoup débattu sur l’idéologie de L’Inspecteur Harry, en vain sans doute, car le film n’a rien d’un manifeste, et ses auteurs n’ont rien voulu faire d’autre qu’un bon film d’action, où l’on peut éventuellement lire un rappel des droits des victimes. Comme le confiait Clint Eastwood à son biographe Stuart Kaminsky, "‘Il y a une raison pour les droits de l’accusé, et je trouve que c’est très important, que c’est l’une des choses qui font la grandeur de notre pays. Mais il y a aussi les droits de la victime". Certains observateurs ont également pu être agacés par l’hommage rendu aux policiers morts en service qui ouvre le film. Mais tout cela ne doit pas faire oublier que L’Inspecteur Harry est l’un des tous meilleurs films policiers de l’histoire du cinéma, qui, trente ans après sa sortie, n’a pas pris une ride, et qui continue à marquer de son influence le cinéma d’action. Et c’est d’ailleurs la marque des classiques : depuis 1972, il n’existe aucun héros de films d’action qui n’ait été influencé, d’une manière ou d’une autre, par le personnage de Harry Callahan. Il faut dire que ce film représente le sommet du savoir-faire de Don Siegel. Un film policier, donc, mais surtout un film de chasse : car la traque de Scorpio ressemble à celle d’un animal sauvage. Tous deux connaissent parfaitement bien leur terrain d’opération - voir par exemple le générique dans lequel Callahan repère le toit d’où est parti le coup fatal. De plus, il opère avec un 44. Magnum, arme à l’origine destinée à la chasse comme le rappelle John Milius. Enfin, voyez le saut de Scorpio lorsqu’il est touché lors de la séquence du stade - idée à mettre au crédit d’Andy Robinson. Là est la vraie nature de L’Inspecteur Harry : un film d’action musclé, nerveux, brillamment mis en scène, tout sauf un tract politique.

Image : Le nouveau master semble issu des mêmes éléments que le laserdisc américain. Il subsiste donc quelques scories et autres points noirs, mais rien de très gênant. En revanche, le nouveau transfert 16/9 fait la différence par rapport aux éditions précédentes : colorimétrie vive exceptionnelle - oubliez vos vieux souvenirs de diffusions TV ou de copies fatiguées -, belle définition, un peu de grain, mais un rendu visuel dans l’ensemble tout à fait satisfaisant.

Les DVDphiles les plus maniaques regretteront que, conformément à son habitude, Warner ait remplacé le logo d’époque ouvrant le film par une version plus récente.


Son : Les puristes souhaitant écouter le film en mono d’origine devront se rabattre sur la très correcte version française. La piste anglaise est en effet uniquement en 5.1. Mais on ne s’en plaindra pas, tant le terme ‘remix’ est pour une fois justifié. Si l’essentiel des effets sonores est présent sur les voies avant, la musique bénéficie en revanche d’un rajeunissement bienvenu. Les éléments de la bande musicale d’origine ont en effet été remasterisés en 24 bits, puis entièrement remixés et enrichis. Le résultat est assez étonnant, les basses sont plus profondes, les détails des arrangements mieux perceptibles. Cette nouvelle piste n’est aucunement une trahison mais bel et bien un dépoussiérage en règle, et les amateurs de Lalo Schiffrin seront aux anges dès le premier coup de charley sur le plan du fusil de Scorpio.
Warner Home Video
102 mn
Zone 1
Menu fixe et musical
Chapîtrage fixe
Format cinéma : 2.35 : 1
Format vidéo
: 16/9 compatible 4/3
Langues : anglais Dolby Digital 5.1,
français Dolby Digital mono 2.0
Sous titres : français, anglais, espagnol
Image : Tout d’abord, une grande satisfaction pour les puristes : contrairement aux précédentes éditions, c’est bien le logo Warner d’époque qui ouvre le film. Premier bon point, donc. En ce qui concerne l’image, il apparaît vraisemblable que l’éditeur est parti des mêmes éléments que pour les deux premiers DVD, à savoir une copie en très bon état sans être exempte de micro défauts, mais le traitement a été différent ; cette édition haute-définition présente des différences de colorimétrie notables, que l’on pourrait résumer ainsi : le magenta est nettement moins présent. Un seul plan pour s’en convaincre : les taches de sang sur la jambe de Harry durant la scène du braquage de la banque avaient naguère des airs de peinture rouge vif, elles ont dorénavant une teinte plus réaliste. Et c’est ainsi que l’on qualifiera l’ensemble de la palette de cette édition HD, qui nous a semblé très naturel, proche de l’image vue en salles. Côté définition, rien à redire, et c’est frappant dès les plans d’ouverture : la restitution des immeubles en arrière-plan atteint un niveau de restitution des détails encore inédit pour ce film, et une rapide comparaison avec l’édition SD vous le prouvera sans peine. La précision des gros plans est également fort appréciable. Les seuls flous sont à imputer à la photographie d’origine et aux cadrages très nerveux. Absence de edge enhancement, présence du grain d’origine, compression remarquable, ne vous laissez donc pas dire que la HD n’apporte que peu à ce titre : il s’agit en effet d’une nouvelle réussite à mettre au compte de Warner.

Son : Toujours pas de piste originale restaurée à l’horizon, et c’est dommage, mais on ne s’en plaindra pas trop car, comme on l’a écrit plus haut, le remix 5.1 est loin de trahir l’image sonore originelle, et les effets arrière restent d’une grande sobriété. Mais il faut signaler que la piste son prend une nouvelle dimension en HD, gagnant en dynamisme. La musique de Lalo Schifrin envahit l’espace sonore et régale les amateurs. Et surtout, prévenez vos voisins : jamais les coups du .44 Magnum n’ont résonné ainsi. Sinon, on trouvera entre autres la très correcte VF d’époque, mais qui semblera forcément bien plate à côté.

Warner Home Video
102 mn
Blu-ray 1080p
VC-1

Format cinéma : 2.40 : 1
Langues : anglais Dolby TrueHD 5.1 et Dolby Digital 5.1, japonais, portugais, français, espagnol, allemand, italien
Dolby Digital mono 1.0
Sous titres : anglais, québécois aseptisés, espagnol, danois, hollandais, finlandais, allemand, italien, japonais, norvégiens, portugais, suédois

Original Documentary : même s’il démarre comme un spot touristique pour San Francisco, il s’agit bien d’un film promotionnel d’époque conçu pour la sortie de Dirty Harry. D’une durée de 7 mn, il alterne des extraits du film avec des images de modèles – William Powell, Humphrey Bogart, James Cagney,… On y voit aussi quelques images du tournage d’une séquence dans le bureau du maire. La qualité de l’image est médiocre, voir catastrophique pour les extraits.

Dirty Harry - the Original - 30 mn: documentaire récent portant sur la série, mais néanmoins focalisé sur le premier opus. Présenté par Robert Urich - l’un des motards de Magnum Force -, ce reportage laisse dubitatif tant certains commentaires rappellent certaines interprétations du film lors de sa sortie. On y trouvera néanmoins des interventions intéressantes et souvent plus nuancées des participants - Clint Eastwood bien sûr, mais aussi John Milius ou Andy Robinson - ainsi que des fans tels qu’Arnold Schwarzenegger. Le documentaire de référence sur la série reste pourtant à faire.

Interview Gallery : il s’agit visiblement de chutes du documentaire ci-dessus, de longueur et d’intérêt variables. On écoutera néanmoins Clint Eastwood parler de sa double casquette acteur/réalisateur, ou Andy Robinson révéler que c’est lui qui a eu l’idée du saut lorsqu’il est touché par Harry dans le stade. Curiosité : John Milius exhibe l’un des 44. Magnum ayant servi lors du tournage de Magnum Force.

Behind the scenes : deux courtes pages d’anecdotes sur le film et son tournage.

On location : deux pages de textes sur les différents lieux de tournage.

Memorable lines : deux répliques de Harry Callahan, écrites. On cherche encore l’intérêt.

Cast and Crew : une page reprenant les grandes lignes du générique.

Theatrical trailer - 3 mn 30 : bande-annonce d’époque, format respecté et 16/9, pour une fois dans un état tout à fait correct.

Aucun de ces suppléments n’est sous-titré.

Cette édition blu-ray reprend l’essentiel des suppléments de l’édition spéciale sortie il y a quelques années, à savoir le documentaire promotionnel sur les lieux du tournage, "Dirty Harry – the original", ainsi que la galerie d’interviews. Ils sont chroniqués dans la section au-dessus.

Les nouveaux suppléments :

- Commentaire audio de Richard Schickel : Critique de cinéma et auteur d’une remarquable biographie de Clint Eastwood. L’érudition et la passion de l’homme sont indiscutables, mais vous n’apprendrez sans doute rien que vous n’ayez déjà lu ailleurs, entre autres dans l’ouvrage cité. Dommage également qu’il ne s’intéresse pas plus à Don Siegel.





- The Long Shadow of Dirty Harry
– 25 mn 31 : Ce nouveau documentaire laisse la parole à Clint Eastwood ainsi qu’à quelques membres de son écurie, de Joel Cox à James Fargo, mais aussi à des scénaristes, réalisateurs et acteurs tels que Michael Madsen, Joe Carnahan, David Ayer, Shane Black, Tom Fontana - le créateur de Oz -, Peter Hyams, George Gallo, John Badham, Jay Cocks, Steven de Souza - scénariste entre autres de Die Hard - et les frères Hugues qui reconnaissent tous l’influence de Harry Callahan sur leur travail. Si le début de ce supplément se contente de répéter des banalités telles que « Harry fait ce que tout le monde voudrait faire », on passe heureusement à des considérations un peu plus élevées : les intervenants montrent comment Dirty Harry est une prolongation du western classique, et de quelle manière il a influencé la représentation du héros à l’écran – de Martin Riggs à Marion Cobretti… Quelques mots viennent également saluer l’immense apport à la série B de Don Siegel, trop souvent oublié dans les suppléments.

- Clint Eastwood, the Man from Malpaso – 58 mn 08 : Construit autour d’une longue interview de Clint Eastwood, ce documentaire revient sur sa carrière jusqu’à Impitoyable. Certains films sont tout juste survolés, et les impasses, de Breezy à L’Epreuve de Force, sont nombreuses, mais l’ensemble constitue une bonne introduction à la carrière de Clint Eastwood et se regarde agréablement.

- Clint Eastwood, Out of the Shadows – 1 h 26 : Déjà disponible en coffret et à l’unité, ce documentaire de Bruce Ricker narré par Morgan Freeman se révèle bien plus complet que le précédent. Outre qu’il s’arrête à Space Cowboys, il est bien plus détaillé et donne surtout la parole à l’entourage du cinéaste – on appréciera entre autre les propos de sa mère. De plus, il s’intéresse plus précisément à la personnalité d’Eastwood, et en particulier à son amour pour le jazz. Un très beau portrait.

Bandes-annonces : Les bandes-annonces des cinq films de la série sont présentées dans un état correct et en 16/9.

A l’exception du commentaire audio et des bandes-annonces, tous ces suppléments sont sous-titrables en français.

Si vous êtes fans, que ce soit de la série ou de l’œuvre de Clint Eastwood en général, vous opterez sans doute pour le coffret : outre les cinq films – L’Inspecteur Harry, Magnum Force, L’Inspecteur ne renonce jamais, Sudden Impact et La Dernière Cible – en haute définition, il offre aux fans un sympathique livret de photos, les cartes postales des affiches, des fac simile des mémos émis par les studios – ‘Bonne nouvelle, Frank Sinatra est intéressé’ – ‘Mauvaise nouvelle, Frank Sinatra s’est cassé la main’ -, un poster d’une carte de San Francisco indiquant les différents lieux de l’action et un petit porte-carte contenant la carte et le badge de l’inspecteur Callahan. Gadget très dispensable, mais le coffret est d’un excellent rapport qualité/prix.

Matériel utilisé : lecteur Sony PS3 relié en HDMI à un projecteur tri-LCD Sanyo Z5 et en optique à un ampli Yamaha DSP-A5 couplé à des enceintes JM Lab Chorus.

En savoir plus
Richard Schickel, Clint Eastwood (Presses de la Cité, 1997)
La fiche Imdb de L'Inspecteur Harry

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Duel sans merci
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