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Combattant
pour son pays, la Tomania, en 14-18, un soldat sauve un officier blessé
et s'envole avec lui dans un avion qui atterri en catastrophe. Après
un long séjour à l'hôpital, amnésique, il rejoint
le ghetto ou il possède une échoppe de barbier. Entre-temps,
le Dictateur Hynkel est arrivé au pouvoir et prononce des discours
contre les juifs. Dans le ghetto, sujet aux brimades des miliciens, le
barbier fait la connaissance d'une jeune femme, Hannah, dont il tombe
amoureux. Pendant ce temps, Hynkel rêve de conquérir le monde... |
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"Je
suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce
n'est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne.
Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens,
païens, blancs et noirs…"
C'est ainsi que commence le discours final du Dictateur, moment-clé de l’œuvre "chaplinienne", incontestablement le film le plus ambitieux de son auteur et une véritable oeuvre humaniste qui garde toute sa puissance 60 ans plus tard. Qui mieux que Chaplin pouvait s'attaquer à Hitler et à ce qu'il représentait ? La coïncidence voulut que les deux hommes naissent à quatre jours d'intervalle en 1889 et qu'ils deviennent les deux "moustachus" les plus célèbres de la première partie du vingtième siècle, l'un le plus aimé, l'autre le plus haï. Le Dictateur est le film de la rupture pour Chaplin
dans la mesure où il abandonne son personnage de Charlot connu
et adulé dans le monde entier depuis un quart de siècle
pour prendre les traits d’un barbier juif. Rupture également
avec le cinéma muet car Le Dictateur est le
premier film parlant de Chaplin (Les
Temps Modernes comportait des scènes sonorisées
mais restait une oeuvre muette) et c'est à peu près à
cette époque qu'il allait être la Après Les
Temps Modernes, Chaplin épouse Paulette Godard,
future interprète du Dictateur à ses
cotés et commence à travailler sur plusieurs projets,
dont un sur Napoléon. En 1938, par l'intermédiaire de
King Vidor, Chaplin fait la connaissance d'un jeune auteur marxiste,
Dan James qui le convainc de faire un film sur Hitler. Ayant pris connaissance
du projet de Chaplin après une première ébauche
du scénario, un quotidien américain, le "Daily Mail"
annonce la nouvelle dans ses colonnes, ce qui ne manque pas de provoquer
de vives réactions, notamment en Allemagne mais également
sur le sol américain où débute une campagne visant
à dissuader Chaplin de faire ce film ; cette campagne de dissuasion
viendra autant du gouvernement américain qui adoptait une position
isolationniste par rapport au conflit qui touchait l'Europe que des
puissants nababs d'Hollywood qui redoutaient de perdre le marché
allemand pour leurs films. Mais Chaplin était déterminé
à faire un film sur Hitler ; il mènera à bien son
projet malgré les menaces de tout bord et grâce à
son indépendance artistique et financière acquise depuis
1919 quand il créa Les Le scénario définitif du film est achevé le 1er septembre 1939, soit deux jours avant que la guerre ne soit déclarée en Europe, et le tournage du film commence le 9 septembre pour s'achever fin mars 40. Le discours final, scène-clé du film mais également de l’œuvre de Chaplin, ne sera tourné et enregistré que plus tard, fin juin 40. Le Dictateur sort le 15 octobre de cette même année et de ce fait est le premier film américain à prendre ouvertement position contre Hitler et le régime nazi précédant des films comme Man Hunt de Lang, To be or not to be de Lubitsch ou encore, le cartoon signé Tex Avery, Blitz Wolf. Le Dictateur est le premier film entièrement
parlant de Chaplin. Le passage du muet au parlant lui posait un véritable
et épineux problème dans la mesure où il avait
peur, de par ce choix, de devenir un comédien comme les autres,
lui qui était, à l'époque du muet, un véritable
"corps" de cinéma. Toutefois, c'était bel et
bien le film approprié pour que Chaplin se décide enfin
à sauter le pas. En effet, la principale force d'Hitler était
dans ses talents d'orateur, talents qui lui ont permis de manipuler
les foules ; le meilleur moyen de le caricatureré tait de jouer
de cet état de fait. Chaplin interprète donc le dictateur
Le film est une réussite exemplaire, oeuvre à la fois drôle, lucide et juste. Le film, dans sa forme, ressemble beaucoup aux films muets de Chaplin, son cinéma s'appuyant sur le langage de l'image à travers les gags visuels et le comique de situation qui ont fait le succès du personnage de Charlot. Le début, situé pendant la première guerre mondiale, fait irrémédiablement penser à son moyen-métrage Charlot soldat qu'il réalisa en 1918 et qui déjà, témoignait d'une réelle audace dans la satire et le burlesque pour dénoncer l'absurdité de la guerre. Ici, il dresse un portrait véritablement saisissant et grotesque d'Hitler, de ses discours (la scène où les micros se tordent au son de sa voix, ce langage incompréhensible qu'il nous assène pendant ses discours sont de purs moments de folie comique) ou bien encore de sa mégalomanie (sublime métaphore du désir de conquête d'Hitler avec la scène où Chaplin jongle avec une mappemonde). Chaplin en profite également pour régler son compte à Mussolini et les scènes opposant Hynkel et Napaloni sont parmi les plus drôles du film. Chaplin évite le piège du sentimentalisme et du mélodrame dans lequel il aurait pu tomber de par le sujet du film ; celui-ci, sous ses allures de comédie, offre une vision assez réaliste du danger que représentais Hitler à cette époque (Chaplin avait vu juste sur certains aspects de sa personnalité et de sa politique).
Le Dictateur a permis à Chaplin de se surpasser dans la satire burlesque et de signer une oeuvre d'une rare intelligence et d'une réelle audace ; un véritable témoignage d'amour pour l'homme et la liberté en même tant qu'un pamphlet exemplaire contre toute forme de fascisme. |
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Le
film est distribué dans un coffret double DVD proposant le film
chapitré sur le premier disque et les bonus sur le second.
Son : Une piste remasterisée en
5.1 ainsi qu'une piste mono d'origine restaurée nous sont proposées.
Deux autres pistes pour compléter la partie audio du DVD : une
française (un peu étouffée) et une italienne. La
piste mono est claire et précise. On peut juger de l'utilité
d'un remixage du son en 5.1 pour ce film et force est de constater qu’elle
ne paraît aucunement superflue mais au contraire étonne
par sa sobriété et son efficacité, notamment dans
les scènes de bombardements au début du film. Du bon travail. |
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Tout d'abord, on peut s'étonner de l'absence
sur ce DVD du bonus accompagnant chacun des autres de la collection Chaplin,
Chaplin aujourd'hui, cela s'expliquant peut-être par le fait que
Le Dictateur soit sorti plusieurs mois avant les autres.
The Tramp and the dictator (55') Documentaire de Kevin Brownlow et Michael Kloft qui dresse un parallèle très intéressant sur les destins de Chaplin et Hitler, nés le même mois de la même année. Le documentaire, par l'intervention de proches collaborateurs de Chaplin, d'un proche de Hitler mais aussi par de nombreux documents d'archives, est très instructif sur la genèse du film et le contexte dans lequel il a été tourné. Il est également question du tournage du film, ainsi que du discours final. Un documentaire passionnant et indispensable pour qui veut en savoir plus sur le film. Le Tournage filmé en couleurs par Sydney Chaplin (25') Il s'agit d'un film amateur tourné en 16 mm par Sydney Chaplin (le frère de Charles), découvert en 1999 dans la maison de celui-ci. Ce film possède la particularité de présenter des scènes de tournage filmées en couleurs, et surtout la première fin tournée par Chaplin, non retenue dans le montage final. Ce film est entièrement muet et présenté ici, dans son intégralité. Le film est découpé en 5 chapitres : Le bal / Scène finale inédite / La chute dans l'escalier / Le Ghetto / La première guerre mondiale. Charlot barbier (7') La scène est issue du court métrage Une idylle au champs, non retenue au montage final, et qui voit Chaplin endosser pour la première fois la panoplie d'un barbier assez maladroit.
Galeries de photos : 18 affiches (6 françaises, 3 belges, 3 japonaises, 2 américaines, 2 italiennes, 1 anglaise, 1 allemande). Bandes annonces de la collection Chaplin : The Kid, l'Opinion publique, La Ruée vers l'or, Le Cirque, Les Lumières de la ville, Les Temps modernes, Le Dictateur, Monsieur Verdoux, Les Feux de la rampe, Un Roi à New-York et La Grande revue de Charlot. Le tout est au final présenté dans un très beau digipack. Pour les inconditionnels, il existe aussi une édition limitée présentée dans un packaging carré de couleur noire du plus bel effet, proposant en plus du DVD 6 photos de qualité issues des archives Chaplin ainsi qu'un livret illustré de 24 pages. |
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