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Réalisé par Brian De
Palma, Richard Schechner et Bob Fiore (Dionysus in ’69)
Avec : William Finley, Samuel Blazer,
Richard Dia, Patrick McDermott, …
Scénario : Brian De Palma, William Arrowsmith (Dionysus in
’69)
Musique : Chanson écrite par
William Finley pour Woton’s wake
Photographie : Brian De Palma
Un DVD distribué par Carlotta
Films
Etats-Unis
Woton’s wake : 1962 – 27
min
The Responsive eye : 1966 – 26
min
Dionysus in ’69 : 1969 –
85 min
Durée totale : 170 min
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Durée
totale : 170 min
Zone 2, simple face - double couche
Format cinéma : 1.66 :1
Format vidéo : 4/3 N/B
Langues : Anglais
Sous titres : français
Menus animés
Amaray avec sur-étui en carton |


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Dionysus
in ’69 est une libre adaptation des Bacchantes d’Euripide
par une troupe d’avant-garde : le Performance Group
de Greenwich Village. La pièce ne ressemble à
rien de connu, les acteurs jouent quasi-nus, pris dans une
transe proche du chamanisme. Le spectacle proposé jongle
entre improvisation et préparation. L’intérêt
de la pièce était double, la performance devait
aussi bien aux acteurs qu’aux spectateurs. Afin de nous
plonger dans l’interaction public/acteurs, De Palma
mit au point une technique qu’il reprendra dans ses
œuvres plus récentes : le split-screen. Un procédé
qui demande un effort conséquent de la part du réalisateur,
qui doit constamment penser en terme de juxtaposition d’images
et qui doit bien évidemment – pour mener à
bien son projet – tourner beaucoup plus de matériel.
The Responsive eye est un court-métrage réalisé
lors de l’exposition Op Art en 1966 au Musée
d’Art Moderne de New York. Le but de De Palma est louable,
il souhaite nous montrer les artistes, non comme des monstres
de foire prétentieux, mais bien comme de simples êtres
humains en proie à leurs doutes. La caméra de
De Palma s’immisce dans les couloirs de l’exposition,
il filme et interviewe les artistes et les visiteurs du vernissage.
Le documentaire virevolte entre l’irrévérencieux
et l’ironique, une approche que l’on retrouve
également dans ses œuvres récentes.
Troisième court-métrage de De Palma, Woton’s
wake représente pourtant son premier court clairement
revendiqué, son meilleur aime-t-il à répéter.
Le film a d’ailleurs remporté le grand prix de
la Fondation Rosenthal du meilleur court-métrage réalisé
par un metteur en scène de moins de 25 ans. Woton’s
wake nous raconte une histoire inspirée du mythe de
Pygmalion, un sculpteur dont l’une des œuvres prend
vie sous l’apparence d’une jeune femme. Le héros,
campé par William Finley, (le Phantom de Phantom
of the Paradise) passera son temps à poursuivre
une œuvre qu’il préfère à
son incarnation de chair et de sang. Une parabole qui n’a
rien à envier à certains chefs-d’œuvre
du surréalisme. |
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Aficionados
de De Palma, réjouissez-vous ! Carlotta films vous
propose trois raretés : deux courts métrages
(Woton’s wake et The Responsive eye)
et un long métrage (Dionysus in ’69),
ainsi qu’un documentaire inédit réalisé
par Luc Lagier et Amaury Voislon, qui retrace la carrière
du réalisateur pendant les années 60. Une
occasion unique - Carlotta est le premier éditeur
à proposer ces films en DVD - de se (re)plonger dans
des œuvres fondatrices, particulières et parfois
déroutantes.
Bye bye banlieue de Philadelphie, New-York me voici ! En
1958, Brian De Palma débarque de sa province pour
la grande ville. Il suit des cours de cinéma et de
théâtre respectivement à l’Université
de Columbia et au Sarah Lawrence College. La Grande pomme
représente, à ce moment, la terre des possibles.
De Palma y rencontre des gens issus des quatre coins du
globe. Il reconnaît que c’est à partir
de ce moment précis que la passivité et la
complaisance des années 50 se sont peu à peu
estompées.
Les Etats-Unis, et le monde Occidental en général,
connaissent une période de transition. Les bouleversements
ne manquent pas, les années 60 transgressent les
tabous et chamboulent les consciences. L’assassinat
des Kennedy, de Martin Luther King, la guerre du Vietnam,
le mouvement de libération de la femme, les mouvements
des droits civils, sexe, drogue et rock ‘n roll…
"A ce moment, on a vraiment le sentiment de vivre
dans une maison de fous" concède De Palma.
Autant d’évènements qui forgeront le
caractère du réalisateur et qui enfanteront
le cynisme et la mélancolie.
Dès le début des années 60, le calme
de la décennie écoulée ne semble déjà
plus qu’un lointain souvenir. Le premier électrochoc
politique aura lieu le 22 novembre 1963. John Fitzgerald
Kennedy est assassiné à Dallas. Le monde entier
découvre dans le magazine Life, 31 photogrammes issus
du film super 8 d’Abraham Zapruder. Un plan séquence
unique qui a fait l’objet des interprétations
les plus diverses. 26 secondes ambiguës et frustrantes.
Plus on étudiait le film, plus sa représentation
devenait obscure. Comment appréhender une réalité
uni-dimensionnelle ? Que se passe-t-il hors champ ? Que
nous cache l’absence de son ? Des questions essentielles
qui parsèment l’œuvre de De Palma. Selon
Jean-Luc Godard, le cinéma c’est la vérité
24 fois par seconde. De Palma n’est pas dupe, le film
Zapruder a prouvé à quel point les images
peuvent être trompeuses, selon lui, le cinéma
c’est le mensonge 24 fois par seconde. En 1968, Greetings
représente la première incursion du réalisateur
dans sa quête de la Vérité, De Palma
évoque l’assassinat de JFK, et plus spécifiquement
l’impact du film Zapruder. L’enquête sur
la tuerie de Dallas a mené à de nombreuses
enquêtes et à de multiples interprétations
du document. Tous ces points de vue différents n’ont
fait que nous éloigner de la vérité.
On s’est mis à échafauder des théories
sur base de détails et de spéculations. Certains
aimeraient croire que la multiplication des sources d’information
permet de mieux approcher la réalité, De Palma
n’a eu de cesse de nous prouver le contraire, que
ce soit au travers de Blow out ou de Snake
eyes… Avec Dionysus in ’69, De
Palma aborde le thème du point de vue, son film est
entièrement tourné en split-screen, un procédé
technique qui permet, dans le cas présent, de suivre
l’action sur scène mais également dans
le public. De Palma utilisera d’ailleurs cette technique
à de nombreuses reprises. Phantom of the paradise,
Sisters, Carrie, Snake eyes, … Autant d’œuvres
qui favorisent l’approche multidimensionnelle.
Dans Greetings, De Palma affronte un autre de ses
démons, la guerre du Vietnam. Le réalisateur
a échappé à l’enrôlement,
il n’a donc jamais connu le front et l’horreur
de la jungle. Cette guerre l’a pourtant rempli de
doutes et lui a fait perdre son innocence. Une perte d’innocence
partagée par la télévision américaine
qui a allègrement retransmis les images du conflit.
A ce moment, l’heure du contrôle médiatique
n’avait pas encore sonné pour le Gouvernement
américain, les médias diffusaient librement
les pires horreurs. Les Etats-Unis connaissaient la répression,
des manifestations anti-guerre éclataient dans tout
le pays. De Palma était, comme tant d’autres,
frustré par ce qui se passait au Vietnam et la seule
manière de se faire entendre passait par la caméra.
Le cinéma connaît alors une période
de transition, les films se font plus violents, moins innocents,
moins naïfs. C’est la rupture. De Palma évoque
ces années d’hébétude et de colère
dans Greetings tout d’abord, où des
soldats interviewés sont incapables de donner les
raisons de leur présence sur le sol asiatique mais
également dans une œuvre plus récente
: Casualties of war.
Si De Palma éprouve encore un soupçon d’innocence,
elle s’évapore définitivement à
la fin des années 60. Le réalisateur tourne
Get to know your rabbit pour la Warner, l’expérience
est un fiasco. Le studio s’est approprié le
film, l’a remonté, retourné, sans jamais
demander l’avis de De Palma. Le réalisateur
est renvoyé. Cette aventure aura cependant endurci
De Palma. Il comprend et admire alors les réalisateurs
qui ont su travailler dans le système des studios,
qui ont su, comme Alfred Hitchcock ou John Ford, imposer
leurs vues. Dès ce moment, De Palma est décidé
à exercer le contrôle, il enchaînera
œuvres d’auteurs et films de commande.
Les années 60 auront marqué De Palma au fer
rouge, elles auront représenté à la
fois la liberté et la fin de la révolution,
une période riche en expériences et en inspiration.
Une décennie qui aura façonné le style
de De Palma ; une maestria à la croisée des
chemins, entre le classicisme et le modernisme. Les œuvres
présentées sur cette édition DVD sont
des témoins privilégiés d’une
époque révolue. Ne nous couvrons cependant
pas les yeux, elles sont hermétiques, difficiles
d’accès mais renferment pour ceux qui auront
la patience de s’y plonger, les fondements de la conscience
"de palmienne". La Genèse d’un style
devenu aujourd’hui inégalé.
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Image
: Griffes, rayures, poussières, blancs laiteux…
On a droit à toute la palette des défauts
existants. Gardons cependant à l’esprit qu’il
s’agit ici de documents rares. L’éditeur
nous met d’ailleurs en garde sur la qualité
médiocre de The Responsive eye, qui est
tiré d’une copie aujourd’hui unique.
La qualité visuelle est toutefois bien meilleure
sur Dionysus in ’69, sans pour autant toucher
au sublime.
Son : En ce qui concerne le son, les pistes
mono proposées sont claires et précises. En
écoutant The Responsive eye on a l’impression
de réécouter un vieux vinyle tant la piste
aurait besoin d’un bon lifting. Beaucoup de parasites,
mais ils donnent un charme fou.
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De Palma les années 60 (25 min) : Un documentaire
réalisé par Luc Lagier et Amaury Voislon
qui fut diffusé le 15 avril 2002 sur Arte lors
de l’émission Court-circuit. Le document
est proposé en version originale sous titrée
français. Présenté dans une
version longue, cette interview, parsemée d’extraits
de films, nous plonge dans l’œuvre de jeunesse
du cinéaste. Lagier retrace le parcours de De Palma,
son arrivée à New-York, ses œuvres
de jeunesse, tout en évoquant les événements
politiques et sociologiques majeurs qui ont marqué
sa carrière.
Un livret de 14 pages : Un livret aggrémenté
de photos qui reprend une partie de l’interview
accordée par De Palma à Luc Lagier pour
son livre Les mille yeux de Brian De Palma (1).
Préface de Luc Lagier sur les
trois films : Woton’s wake (2 min 37) –
The Responsive eye (2 min 42) – Dionysus
in ’69 (3 min 43). Luc Lagier nous préface
les trois œuvres compilées dans cette édition.
Des analyses pertinentes que l’on peut également
retrouver dans son excellent ouvrage sus-cité.
Lagier replace les œuvres dans leur contexte et ne
tarit pas d’anecdotes. On peut toutefois regretter
son ton parfois trop monocorde ; une critique mineure,
car l’essentiel est que Lagier nous fasse partager
sa passion et il y réussit à merveille.
(1) LAGIER, Luc : Les mille yeux de
Brian De Palma, Paris, Ed. Dark Star, 2003, 255 p.
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