
Réalisation
: Robert Wise
Distribution : Michael Rennie, Patricia
Neal, Hugh Marlowe, Sam Jaffe, Billy Gray, Frances Bavier, Lock Martin
…
Scénario : Edmund H. North d’après
l’histoire originale “Farewell of the master”de
Harry Bates
Directeur de la photographie : Leo Tover
Musique : Bernard Herrmann
Studio : 20th century Fox
USA – 1951 – 92’ |

Zone
1
Editeur : Fox Studio Classics
Format 1.33
Langues : anglais
Sous-titres : anglais, espagnol |


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Lors d’une journée d’été
ordinaire, une soucoupe volante traverse les cieux
américains et se pose à Washington. La population,
prise de panique, ne sait comment réagir face à
cet évènement. Deux êtres sortent du vaisseau
: Gort, un robot à l’allure redoutable, et Klaatu
(Michael Rennie) un extra terrestre aux apparences de terrien.
Ce dernier essaie d’entrer en relation avec les hommes
qui, se sentant menacés, finissent par le blesser.
Emmené à l’hôpital, Klaatu rencontre
des responsables politiques avec qui il tente de discuter
du danger du surarmement. Se heurtant à un mur d’incompréhension,
il décide de fuir et de transmettre son message au
monde entier … |
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31 janvier
1950 : le président Harry Truman autorise
la fabrication de la bombe à hydrogène. A
compter de cette date, les tensions entre les deux pôles
(menés par l’URSS et les USA) ne cessent de
s’amplifier et un climat de peur s’instaure,
tant sur l’échiquier politique que sur la scène
artistique : alors que les frères Rosenberg sont
condamnés à mort pour avoir livré des
secrets nucléaires à l’ennemi, Hollywood
lutte contre la menace soviétique en publiant sa
fameuse "liste noire". Au cœur de ces années
troubles, les studios produisent un grand nombre de spectacles
manifestement anti-communistes. Les films d’invasion
"aliens" trustent alors les écrans et matraquent
le public avec le même message : le danger vient de
Mars, la planète Rouge (sic), continuez à
surveiller le ciel !
Au cœur de ce maelström de méfiance,
certains artistes tentent d’imposer une autre vision.
Parmi ces hommes, le jeune Robert Wise, collaborateur de
Welles et réalisateur du très remarqué
The Set up, est en attente d’un script à
la thématique pacifique. Lorsqu’on lui propose
l’adaptation du roman “Farewell of the master”
(Harry Bates), il imagine le premier film de science fiction
mettant en scène un alien non belliqueux. Disposant
d’un budget assez limité (995 000 dollars),
Wise ne peut élaborer des plans de foule impressionnants,
ni espérer voir une pléiade de stars à
l’affiche de son projet. Mais n’est-ce pas dans
ces conditions que l’on reconnaît les hommes
de talent ? Wise le prouve grâce à une réalisation
intelligente et efficace.
Côté distribution, il évite
la surenchère et propulse deux comédiens quasi
inconnus en tête d’affiche. Il ne faut pas voir
dans ce choix un désintérêt pour l’interprétation
mais plutôt une approche intelligente des personnages.
A la lecture du scénario, il est clair que la narration
ne glorifie pas un héros salvateur mais plutôt
un messie. Témoin de la vie terrienne, Klaatu porte
un message d’amour. Coursodon et Tavernier remarquent
avec justesse cette dimension christique lorsque l’extra
terrestre dissimule son identité sous le nom symbolique
de Carpenter (1). Pour interpréter ce personnage,
Wise pense à Claude Rains mais choisit finalement
Michael Rennie comédien au regard froid qui finira
sa carrière dans des séries B de science fiction
italienne ! Quasiment dénué de sentiment,
l’extra terrestre observe notre monde avec calme et
détermination. Pour endosser ce rôle à
la psychologie assez simple, inutile d’engager Cary
Grant ou Bogart; Rennie fait parfaitement l’affaire
et la sobriété de son jeu apporte une crédibilité
évidente à Klaatu. A ses côtés,
Patricia Neal interprète Helen Benson, la jeune femme
qui le protège et l’aide à transmettre
son message. Ici encore sa performance ne laissera pas un
grand souvenir dans les encyclopédies du septième
art mais l’important n’est pas là: délaissant
l’histoire d’amour que le réalisateur
lambda aurait imposé au couple "extra terrestre
- belle terrienne", Wise s’appuie sur le script
de North et dirige ses comédiens avec rigidité
vers le fameux climax du discours. En dehors de cet objectif,
aucune histoire ne vient compliquer le récit, et
le réalisateur tend vers un minimalisme narratif
assez remarquable.
Malgré ce récit somme toute
assez simple, Wise captive son public en créant une
ambiance fascinante grâce à un réel
talent de mise en scène et au sublime score de Bernard
Herrmann.
Elève de Welles auprès duquel il officia en
tant que monteur (Citizen Kane, La splendeur
des Ambersons) Wise est un formidable technicien. Sa
science du montage qu’il avait exprimée avec
virtuosité dans The Set Up, lui permet ici
encore d’imposer un rythme parfait. Ni trop rapide,
ni ennuyeux, l’histoire de Klaatu accélère
lentement et mène le spectateur vers le final en
conservant son attention tout du long. Pour cela, le réalisateur
monteur ne s’embarrasse pas de dialogues et combine
ses images avec brio pour imposer des ambiances lourdes
de sens: ainsi lorsque les médias relayent l’évasion
de Klaatu, une succession de plans silencieux (familles
se cachant, commerces fermant leur portes) se succèdent
et révèlent la panique qui s’empare
de la population. Ce procédé est d’ailleurs
réutilisé lorsque la panne d’électricité
arrête le monde. Wise imprime ainsi sur sa pellicule
une ambiance pesante et réussi l’exploit d’exprimer
un sentiment d’effroi mondial avec seulement quelques
figurants …
A ses côtés il choisit d’imposer
Bernard Herrmann qui n’a pas encore acquis la renommée
que lui offrira Hitchcock lors de leur collaboration. A
l’aide de sonorisations propres au genre de la science
fiction (utilisation du theremin) le compositeur signe un
score où l’étrange se mêle au
classique avec une belle virtuosité. De nombreuses
séquences dépourvues de dialogues (comme celle
de l’atterrissage ) mettent en avant cette alchimie
qui naquit entre les images de Wise et les notes du génial
Herrmann.
Sur la forme le film de Robert Wise est
une incontestable réussite. Les résultats
du box office suffisent à le prouver : doté
d’un budget de 995 000 dollars, le film en rapportera
le double sur le territoire américain . Mais sur
le fond, le jeune réalisateur, que nombre de critiques
considèrent comme un simple technicien de talent,
développe t’il une thématique intéressante
dans son œuvre ?
Si l’on compare The day the earth
stood still aux autres productions de l’époque,
Wise fait preuve de caractère. La science fiction
des années 50 fortement marquée par le maccartysme
avait tendance à tourner en rond et à ce titre
le classique The thing de Nyby (sorti la même
année) est l’archétype du film anti-communiste.
Face à ce manque d’originalité, le choix
de Wise est remarquable. Non seulement il met en scène
un extra-terrestre pacifique mais il livre un message profondément
humaniste. Lors du final Klaatu s’adresse aux terriens
pour les exhorter à abandonner leur escalade guerrière.
Son discours ne privilégie pas plus un camp qu’un
autre. Si on limite notre analyse à ce monologue
on peut voir en Wise un apôtre de la paix.
Mais Klaatu ne se contente pas de ces belles
paroles. Après avoir mis en avant ses idées,
il menace les terriens et promet une destruction de la Terre
si la réaction ne va pas dans son sens ! Il faut
avouer que cette attitude quelque peu brutale n’est
pas d’une grande finesse. Ici Wise (Klaatu), cherche
à imposer une vision pacifique par la violence et
refuse toute discussion. Il prône ainsi une position
unilatérale contre le mal et sans concertation avec
les différentes composantes terriennes. Ceci est
d’autant plus étonnant qu’en janvier
1951 les locaux des nations unies sont inaugurés
à New York. Pourquoi Wise n’y a-t-il pas vu
une issue à son histoire ?
Il sera difficile d’apporter une
réponse à cette question mais quelques années
plus tard Robert Wise prouvera à nouveau son attachement
à ces valeurs de paix et de tolérance en réalisant
le fabuleux West side story. Aujourd’hui
The day the earth stood still reste aussi efficace
et son message n’a malheureusement pas vieilli. Démonté
par la politique des auteurs, il faudra attendre la fin
des années 70 pour que cette œuvre soit enfin
reconnue à sa juste valeur. En 1977 George Lucas
lui rend hommage en nommant trois des personnages de sa
célèbre trilogie Klaatu, Barada, Nikto. En
1982 le jeune Steven Spielberg visiblement influencé
par Wise met en scène un E.T. aux idées bienveillantes.
Et en 1993 c’est au tour de Sam Raimi d’utiliser
la fameuse tirade « Klaatu barada nikto » dans
le script de The army of darkness. Cette reconnaissance
de la profession suffit à inscrire Le jour où
la terre s’arrêta au panthéon des
grandes œuvres de la science fiction et à faire
taire la critique de bas étage.
(1) Dans 50 ans de cinema américain
(Tavernier et Coursodon aux éditions Omnibus)
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Image : Mettons toute de suite les choses
au clair, ce DVD est splendide ! L’image a été
entièrement restaurée pour le plus grand plaisir
des yeux. La définition reste excellente pendant
tout le métrage, aucune griffure ou point blanc ne
vient entacher le spectacle, la gestion des contrastes est
de très bon niveau et côté compression
aucun défaut n’est à signaler. A noter
qu’un supplément du DVD est consacré
au travail de restauration du master.
Son : A ce niveau
certains auraient sans doute espéré une
nouvelle sonorisation en 5.1. Mais Fox a préféré
soigner la bande son mono. Celle-ci, fidèle au
travail d’origine, n’a pas une grande ampleur
mais reste parfaitement claire. De ce point de vue les
ingénieurs de la Fox ont évité la
surenchère. Ce respect du travail des anciens du
studio leur vaut tous les honneurs !
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Le film et les bonus sont présentés
sur deux faces. La première permet d’accéder
au film, ainsi qu’aux bandes annonces et à
l’optimizer THX. La seconde contient tous les autres
bonus.
Face A
Menus Animés :
ce détail du DVD mérite d’être
souligné. Un très beau travail de présentation
a été effectué, les menus du DVD
sont agrémentés d’images du film parfaitement
intégrées dans une interface stylée
et sonorisée par des extraits du score de Herrmann.
Un grand plaisir …
Commentaire Audio : animé par
Robert Wise et Nicolas Meyer, ce commentaire s’avère
intéressant et très bavard. Wise répond
aux questions de Meyer qui oriente le dialogue. On apprend
évidemment un bon nombre d’anecdotes. Parmi
celles-ci vous saurez que le comédien qui présente
le journal TV garda son chapeau pour cacher sa calvitie
ou que Gort est caché lorsqu’il prend Patricia
Neal dans ses bras car l’acteur, engoncé
dans son costume, n’arrivait pas à la soulever
! Wise y parle également de ses motivations pour
faire ce film pacifiste, on sent qu’il y a un amour
intact entre le créateur et son œuvre. A ce
titre, Wise rappelle Fleischer lorsqu’il commentait
les images de The Vikings sur l’édition
Z1.
THX Optimizer : ce supplément
devrait ravir les aficionados de la technique DVD. En
effet Fox propose ici une série de tests audio
et vidéo permettant d’optimiser votre Home
Cinema. Notons aussi dans cette section que le film est
précédé d’un trailer THX drôle
et impressionnant qui explosera vos enceintes avec un
troupeau de vaches !
Movie Tones News 1951 : ce documentaire
vidéo (6’19 min) est un document d’archive
issue des news diffusées dans les cinémas
en 1951. Il relate l’actualité mondiale (menace
communiste omniprésente) et se termine par une
page spectacle consacrée à la sortie du
film de Wise. Ce reportage d’époque met en
lumière le contexte tendu dans lequel le film est
sorti et il faut féliciter les producteurs du DVD
qui ont eu une idée pertinente en incluant ce document
dans leur bonus.
Theatrical Trailer : cette section offre une
bande annonce originale (2’07 min). Rien de particulier
à remarquer si ce n’est que sans stars à
l’affiche les services marketing de la Fox ont misé
sur les effets spéciaux pour vendre leur film.
Face B
Trailers : deux bandes
annonces de films à grand spectacle de la FOX sont
présentées dans ce chapitre : One Million
Year BC (3’07 min) et Journey to the center
of the Earth (3’20 min)
Still Galleries : ce supplément
qui ne passionnera que les afficionados du club "Klaatu
barada Nikto" est dédié aux photos
et documents liés au film.
o Production : une dizaine de photos du plateau de tournage
de qualité très médiocre (définition
faible, grain …).
o Scene and set photos : 61 photos du film (captures d’écran
?) encore une fois de mauvaise qualité et n’offrant
absolument aucun intérêt.
o Shooting Script : ici chaque page du scénario
est disponible soit beaucoup de lecture pour les passionnés
!
o Construction blue print for the ship : photographies
des plans détaillés de la soucoupe de Klaatu.
Si vous souhaitez construire un modèle identique
dans votre jardin, c’est le supplément idéal
!!
o American and British press book : sélection d’affiches
et de dossiers de presse du film.
o Poster, lobby Cards, Spaceship model and Gort : fourre-tout
contenant cartes, affiches, photos de Klaatu, de Robert
Wise et du maquillage de Gort.
Restoration comparison (3’56 min)
: texte entrecoupé d’images expliquant de
façon détaillée la remasterisation
du film. Ce document est très intéressant
puisqu’il permet de visualiser les progrès
effectués aux cours des différentes restaurations
à l’aide de split screen (deux images différentes
sur le même écran) et d’écrans
coupés (une seule image coupée en deux).
Making the Earth stand still
: Chapitré et non sous titré, ce documentaire
de 76 minutes constitue le plat de résistance de
la section bonus. Réalisé par passion du
film et non dans un but lucratif comme c’est souvent
le cas avec les makin’ of contemporains, ce reportage
met en scène Robert Wise, Julian Blaustein (producteur),
Patricia Neal, Stephen C. Smith (biographe de Herrmann)
et Joe Dante. Le documentaire est construit autour de
thèmes intéressants (contexte historique,
musique, statut de film culte, interprétation du
message de Klaatu …) pendant lesquels chacun des
participants intervient. Parmi ceux-là nous retiendrons
évidemment le témoignage de Wise qui paraît
toujours aussi passionné par son œuvre et
celui plus mordant de Joe Dante qui voit en ce métrage
le premier film culte de l’histoire. Bref, 76 minutes
de passion !
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