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Jours de Gloire -
Days of Glory
Réalisation : Jacques Tourneur (1944)
Scénario : Casey Robinson d’après
une histoire de Melchior Lengyel.
Photo : Tony Gaudio
Montage : Joseph Noriega
Musique : Daniele Amfitheatrof
Interprétation : Tamara Toumanova,
Gregory Peck, Alan Reed, Maria Palmer, Lowell Gilmore, Hugo Haas,
Dena Penn, Glen Vernon, Igor Dolgoruki, Edward L.Durst, Lou Crosby,
Maria Bibikov …
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Editions
Montparnasse –
Collection pocket RKO
Zone 2
4/3 1.33
Son : anglais mono
Sous-titres : français (en option)
86 minutes |


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En
1941, les nazis avancent sur le front russe. Dans
sa fuite, l'Armée Rouge laisse des troupes dans les
forêts afin de ralentir l'ennemi. Parmi cette guérilla,
un groupe d’une dizaine de patriotes, mené par
le capitaine Vladimir (Gregory Peck), est spécialisé
dans le sabotage et les embuscades. Au cours d’une de
leurs opérations, ils recueillent une jeune danseuse
du ballet moscovite (Tamara Toumanova) qui va chambouler la
vie du camp et séduire le beau Vladimir… |
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En
1944, les Etats-Unis et la Russie assemblent leurs
forces dans le but d’écraser les troupes nazies
présentes à chaque frontière de l’Europe.
Afin d’expliquer ce rapprochement à leurs concitoyens,
les studios américains ont en charge de produire
des films de propagande soviétique. Inutile de rappeler
que, sous l’influence de la guerre froide et de la
chasse aux sorcières, cette période de soutien
aux communistes fut de courte durée ! C’est
donc avec une certaine curiosité que nous redécouvrons
aujourd’hui certains de ces longs métrages,
parmi lesquels Days of Glory. L’idée de ce
film est née dans l’esprit de Casey Robinson.
Le jeune homme, scénariste et producteur au sein
de la RKO, souhaitait porter à l’écran
une histoire imaginée par Melchior Lengvel. Il en
écrit le scénario et profite de la politique
propagandiste du studio pour obtenir le feu vert des exécutifs.
Fasciné par le travail de Jacques Tourneur et les
recettes occasionnées par sa trilogie (La féline,
Vaudou, L’homme Léopard), Robinson se
tourne vers le réalisateur d’origine française
auquel il propose ce nouveau projet. Pour Tourneur, c’est
l’occasion de se démarquer du genre fantastique
et de réaliser un film susceptible de passionner
les foules. Les deux hommes acceptent donc de travailler
ensemble avec un budget et des délais assez serrés.
Ces restrictions incitent Robinson à choisir des
comédiens méconnus. Néanmoins il pense
que leur faible renommée ne nuira pas au film et
participera à son réalisme. Parmi cette distribution,
on découvre un jeune acteur repéré
sur les planches de Broadway : Gregory Peck.
Si Days of Glory fait figure de film curieux par
son ambition politique, il se démarque aussi en étant
le premier métrage mettant en scène le célèbre
acteur que l’on retrouvera rapidement chez Walsh,
Hitchcock ou Huston. Ajoutons à cela la griffe "Tourneur"
et nombreux seront les cinéphiles à vouloir
découvrir cette œuvre… Mais voilà
: à défaut de tomber dans une banalité
triste, Jours de gloire est loin d’être
une réussite. A travers une analyse succincte, nous
allons tenter d’expliquer les raisons de son échec
au box office sans oublier de rappeler certaines de ses
qualités, qui interpelleront les plus curieux ou,
a fortiori, les "aficionados" de Jacques Tourneur.
Ce qui surprend le plus dans Days of glory, c’est
l’abondance de dialogues. Quand on pense à
Tourneur, il est fréquent d’évoquer
un cinéma de la suggestion. Pour La féline,
par exemple, le réalisateur ne s’embarrasse
pas de conversations : les scènes les plus intenses
y sont muettes et concentrées sur le personnage principal.
En multipliant les répliques, le scénario
de Jours de Gloire a tendance à brouiller
les cartes et à créer un décalage entre
l’art de Tourneur - en quête d’abstraction
- et la narration. En plus d’être confus, le
script de Robinson est assez pauvre dans son contenu dramatique
et il faut attendre plus d’une demi-heure - et une
avalanche de palabres ! - pour que les héros aient
enfin une épreuve à affronter (l’arrivée
d’un soldat allemand). Quelques scènes d’action,
permettent ensuite à l’intrigue d’avancer,
mais elles restent trop ponctuelles. Entre chacune d’elles,
la narration fait du surplace et le spectateur s’ennuie
ferme.
Enfin, le scénario fait preuve d’une autre
faiblesse qui tient dans la caractérisation particulièrement
faible des personnages. Robinson choisit de raconter l’histoire
d’un groupe, mais il oublie de donner la moindre profondeur
à ses héros. A l’inverse d’un
Hawks qui a ce don extraordinaire pour créer des
seconds rôles inoubliables (qui ne connaît pas
Stumpy ?), Days of glory propose une galerie de
caractères trop lisses et sans la moindre particularité.
Pourtant, le début du film promettait beaucoup :
la jeune Yelena, qui abat deux soldats allemands avec son
fusil à lunettes, avait tous les atouts pour fasciner
le public. Elle paraît mystérieuse et puissante
et rappelle le personnage interprété par Simone
Simon dans La féline. Mais après cette scène,
le scénario la néglige et provoque une certaine
frustration. On constate alors avec tristesse l’incapacité
de la mise en scène de Tourneur à pallier
les déficiences d’une écriture sans
la moindre profondeur. Malheureusement, la liste des griefs
que l’on peut porter au film ne s’arrête
pas là …
Jours de gloire a beau revendiquer son caractère
de propagande pendant le générique (une voix
off annonce de nouveaux acteurs incarnant les héros
russes en lutte contre le monstre nazi), il est difficile
de digérer le pathos de certaines scènes.
A titre d’exemple, la séquence finale montre
les combattants qui affrontent un char en chantant la gloire
de la nation. Admettons !! Mais quand on les voit sourire
alors qu’ils se font décimer un à un,
les images n’ont plus aucun impact, si ce n’est
de nous faire rire à notre tour … Il faut alors
se faire violence pour imaginer Jacques Tourneur derrière
la caméra. Où est passée la finesse
du cinéaste, son art du "non dit" ? Avec
des exigences politiques similaires (propagande pro armée
US), Raoul Walsh saura traiter son sujet de façon
beaucoup plus convaincante (Objective Burma en
1945). Dans Days of glory, les héros se
sacrifient, mais il n’est jamais question de douleur
ou de tristesse. Après chaque drame, le cours de
leur existence reprend calmement, comme si rien ne s’était
passé. Au fond, une chose est sûre: entre l’image
et le public il ne s’est rien passé non plus
!
Lors de sa sortie, la critique a démoli le film qui
ne rencontra pas le moindre succès. Aujourd’hui
encore, rares sont les cinéphiles motivés
pour le défendre et dans "50 ans de cinéma
américain", Jean-Pierre Coursodon et Bertrand
Tavernier remarquent aussi que "le talent de Tourneur
ne parvient pas à sauver certains sujets parmi lesquels
Days of Glory".
Mais
quand on aime un cinéaste, il existe toujours quelques
éléments à sauver dans chacun de ses
films. C’est le cas de Jours de gloire et
si l’art du récit n’est pas la qualité
première de Jacques Tourneur, il n’en est pas
de même de la photographie. Associé à
Tony Gaudio, qui signa la photo de High sierra
(Raoul Walsh, 1941) ou The adventures of Robin Hood
(Michael Curtiz, 1938), il compose ici quelques plans d’une
grande beauté picturale. Après la première
scène, la majorité du film se déroule
en intérieur et de nuit, domaine de prédilection
du cinéaste. A l’aide d’éclairages
naturels, Tourneur joue sur les ombres et les lumières
avec virtuosité. Lorsque la petite troupe de combattants
pense être attaquée dans son abri, les bougies
sont éteintes. Un homme arrive alors et éclaire
la pièce avec sa lampe tempête. Dans la pénombre
la plus totale, les visages s’illuminent un à
un et rappellent certains plans rapprochés de Vaudou
ou La féline … Tout au long du récit,
Tourneur répète ce type de figure artistique
et offre, malgré tout, une certaine beauté
à Days of glory.
Après cette réalisation, Jacques Tourneur
reviendra vers un genre qu’il affectionnait en signant
Angoisse (The experimental Perilous, 1944).
Malheureusement ce retour au fantastique ne sera pas synonyme
de retour au succès puisque le film ne fut pas non
plus une grande réussite. Il faudra finalement attendre
1946 et Le passage du canyon, pour retrouver le
cinéaste qui nous avait tant ému avec Vaudou
et La Féline. Son parcours ne s’arrêtera
pas là puisqu’il signera de nombreux autres
chefs d’œuvres, chéris des cinéphiles,
comme La griffe du passé (1947), La
flèche et le flambeau (1950) ou Rendez-vous
avec la peur (1957)…
Nous serons donc honnêtes en avouant que Days
of glory, malgré quelques éclairs de
beauté, fait partie des films mineurs du cinéaste.
Les fans y trouveront quelques éléments de
satisfaction, les autres peuvent passer leur chemin !
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Avec
ce DVD, les éditions Montparnasse poursuivent leur
effort de diffusion des classiques du studio RKO. Vendu
à un prix raisonnable, le DVD est d’assez bonne
qualité et propose une petite intro
animée par l’inévitable Serge Bromberg.
Les collectionneurs "tourneurophiles" se précipiteront
sur cette rareté qui, à notre connaissance,
est éditée pour la première fois en
DVD (toutes zones confondues).
Image : L’image de ce pocket est
d’assez bonne qualité et présente peu
de défauts. Le master utilisé affiche bien
quelques griffures, mais elles sont suffisamment rares pour
ne pas gâcher votre visionnage. Côté
définition, le résultat obtenu est correct.
Certes, nous sommes loin des résultats obtenus sur
les plus grands titres ( Sunset Boulevard ou Singin’
in the rain pour ne citer qu’eux), mais les détails
ont un beau rendu et aucun flou n’est à déplorer.
Les contrastes sont suffisamment appuyés et rendent
un bel hommage à la photographie de Gaudio, notamment
pendant les séquences nocturnes. Côté
compression, on note quelques rares effets de rémanence
(une chemise à carreaux qui se met à scintiller
!) mais encore une fois, rien de bien grave.
Son : La piste originale est proposée.
Pas de VF donc, mais une option de sous-titrage. Le mono
d’origine a été nettoyé (aucun
souffle n’est à signaler) et affiche un beau
dynamisme.
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Présentation du film par Serge
Bromberg : Comme dans tous les DVD Pocket RKO, nous retrouvons
Serge Bromberg qui introduit le film avec une passion
communicative pendant plus de 5 minutes. Il reste honnête
en modérant ses éloges sur Days of glory
et en préférant revenir sur la carrière
de Tourneur.
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