
Réalisé
par Howard Hawks
Avec Cary Grant, Rosalind Russell, Ralph
Bellamy, Gene Lockhart, Porter Hall, Roscoe Karns, Frank Jenks …
Scénario : Charles Lederer d’après
la pièce de Ben Hecht et Charles MacArthur The Front page
Directeur de la photographie : Joseph
Walker
Musique : Maurice Stoloff
Un film Columbia
USA - 92’ - 1940 |

Editeur
: Columbia classics
Zone 1
Format 1.33
Langues : anglais
Sous-titres : français, anglais,
espagnol, thaïlandais … |


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Hildy
Johnson jeune journaliste de métier souhaite
quitter la profession pour mener une vie tranquille auprès
de son fiancé. Elle décide d’annoncer
la nouvelle à Walter Burns, le rédacteur en
chef du journal qui l’emploie. Là où les
choses se compliquent c’est que Burns est également
… son mari !! Hildy décide donc de faire coup
double en lui annonçant leur divorce. Mais le beau
Walter Burns qui n’est plus à un coup bas près,
va tout faire, quitte à user de la perfidie la plus
basse, pour garder Hildy au sein de sa rédaction et
l’empêcher de partir avec ce fiancé un
peu trop sage … |
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La
légende raconte
qu’après un dîner bien arrosé,
Howard Hawks propose une lecture de la pièce The
front page, écrite par Hecht et MacArthur, à
ses invités. Il demande que le rôle d’Hildy
Johnson (masculin à l’origine) soit lu par
une jeune femme, et interprète lui-même celui
du rédacteur en chef, Walter Burns. La séance
de lecture se déroule à merveille et Hawks
en conclut qu’il faut adapter cette pièce en
transformant le personnage masculin Hildebrand en une jeune
et brillante journaliste : Hildegaard.
Décidé à rester maître
de son projet, Hawks propose le film à la Columbia
à condition de garder la casquette de producteur.
Fort du succès de Bringing up baby (L’impossible
monsieur Bébé, 1938) et Only angels
have wings (Seuls les anges ont des ailes,
1939), le renard argenté n’a aucun mal à
convaincre les pontes du studio (Harry Cohn en tête)
d’accepter ce nouveau financement. Le scénario
est confié à Charles Lederer qui collaborera
avec Hecht sur cette nouvelle adaptation. Hawks leur demande
d’écrire des dialogues tranchants et rapides
; il veut inscrire son film dans le genre en vogue à
l’époque : la screwball comedy. Ce type de
film requiert des situations abracadabrantes, des personnages
loufoques et des dialogues qualifiés de "mitraillettes".
Les scénaristes commencent à y travailler
mais le résultat n’est pas convaincant. Pour
donner plus de dynamisme au récit Hawks demande à
Riskind, dialoguiste ayant travaillé sur la version
originale, de rejoindre l’équipe. Une nouvelle
version du scénario est rédigée, elle
atteint la cadence record de 240 mots minutes ! Hawks est
emballé par ce script explosif et l’idée
de la transformation d’Hildy en femme le ravit, il
y voit matière à traiter des rapports hommes
femmes dans la société.
Il lui reste à trouver deux comédiens
brillants pour donner vie à ses personnages. Naturellement,
il se tourne vers Cary Grant, avec qui il a déjà
collaboré sur ses deux derniers films, pour interpréter
Walter Burns, le rédacteur en chef du journal. A
ses côtés il souhaiterait voir Ginger Rogers,
Claudette Colbert ou Carole Lombard. Mais ces dernières
refusent le rôle pour diverses raisons et Harry Cohn
propose Rosalind Russell. Hawks accepte de la rencontrer,
mais la jeune Russell ne l’entend pas de cette oreille
: vexée de n’avoir pas été choisie
par le réalisateur elle se rend au rendez-vous dans
une tenue sportive et avec les cheveux mouillés afin
de montrer que, Hawks ou pas Hawks, le rôle n’a
pas tant d’importance pour elle ! La rencontre entre
les deux personnalités s’annonce explosive
mais Howard est totalement séduit par cette jeune
femme résolument moderne. Pour corser cette anecdote,
la légende dit que le grand Howard, avec son flegme
légendaire, lui dit simplement "Nous allons
faire du bon boulot" …
Dés lors Russell devient la nouvelle
égérie Hawksienne. Le premier plan du film
décrit Hildy comme une femme dynamique et reconnue
pour son talent : en dirigeant un long mouvement de caméra
Hawks montre la jeune femme laissant son fiancé à
l’entrée de la rédaction, puis traversant
une grande salle où tous les journalistes la saluent
et félicitent son retour. Elle marche fièrement
vers le bureau du directeur, se contente de sourire et impose
sa classe. Cette séquence montre avec brio une femme
qui a su s’introduire et s’imposer dans un milieu
d’hommes. On retrouve ici un personnage récurrent
dans les films de Hawks. Ces futures héroïnes
telles que Slim (To have and have not), Feathers
(Rio Bravo) ou encore Anna Maria D’allesandro
(Hatari) ressembleront à cette Hildy Johnson.
Elles feront face au machisme des héros avec une
classe, une intelligence et un humour résolument
moderne. Après la sortie du film de nombreuses féministes
acclameront ce rôle et verront en Hawks un chantre
de la condition féminine. Notons que le titre du
film prend en compte cette opposition des sexes. Cependant
la traduction française est désastreuse :
His girl Friday qui signifie littéralement
"Son Vendredi fille" et fait allusion à
l’esclave de Robinson (qui serait ici une femme) a
été transformé en un insignifiant La
dame du vendredi !
Après la scène de caractérisation
d’Hildy, le script propose une confrontation perpétuelle
entre Walter (Cary Grant) et la jeune femme. Dés
lors, le spectateur assiste à une joute oratoire
frénétique pendant laquelle les deux comédiens
se livrent totalement. Pour cela ils s’appuient sur
les dialogues de Riskind mais, au-delà du script,
Hawks les incite à improviser. Grant d’un naturel
théâtral se laisse aller avec une facilité
déconcertante à cet exercice et multiplie
les situations comiques en profitant du moindre évènement.
Ainsi lorsque Hildy tente de le frapper avec son sac à
main et le manque (ce qui n’était pas prévu),
il lui dit "Tu faisais mieux autrefois" et rebondit
ensuite sur le dialogue original. Par la suite, il va jusqu’à
inventer certaines "blagues" qui resteront dans
la mémoire du public: ainsi lorsqu’on lui demande
à qui ressemble le fiancé de Hildy interprété
par Ralph Bellamy, il répond "Vous savez à
cet acteur … Ralph Bellamy" ! Cette réplique
qui sort du dialogue original et met en relation film et
contenu de l’histoire est absolument révolutionnaire
pour l’époque et consacrera encore un peu plus
Cary Grant au rang de comédien préféré
du public. De son côté Russell n’est
pas décidée à servir de faire valoir
à Grant. Secrètement elle demande à
un dialoguiste de lui améliorer ses répliques
et réussi a donner de la présence à
son personnage. Cet affrontement supervisé par Hawks
révolutionnera la grammaire comique et stimulera
comme rarement les zygomatiques du public !! Aujourd’hui
il est clair que des cinéastes comme Woody Allen
ou plus récemment David Mirkin (Heartbreakers,
2001) se sont inspirés de ce style initié
par Hawks.
Pour revenir à la légende
narrée au début de l’analyse il faut
avouer qu’elle paraît quelque peu tirée
par les cheveux. En effet comment imaginer Hawks, réputé
pour son calme et sa lenteur, interprété le
rôle de Cary Grant ? Cela pourrait prêter à
rire mais comme le dit si bien Todd Mc Carthy (1) en citant
la célèbre tirade tirée de L’homme
qui tua Liberty Valance : "Quand la légende
dépasse la réalité, on imprime la légende".
Nous garderons donc cette légende dans nos cœurs
et parions qu’elle y restera gravée éternellement,
à l’instar de ce chef d’œuvre qu’est
His girl Friday.
(1) Hawks par Todd McCarthy
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Image
: Suite aux bruits qui couraient sur le DVD zone 2 édité
puis retiré des ventes par Montparnasse (un mystère
??), nous pouvions avoir les plus grandes craintes concernant
le master de ce film datant de 1940. Mais Columbia aime
ses grands classiques et a particulièrement soigné
cette édition. Le master est très propre et
ne révèle quasiment aucune griffures ou autres
scratchs. Le noir et blanc est parfaitement géré
et offre des contrastes de bon niveau. On est encore loin
de la palette de gris offerte par Sunset Boulevard
mais ne boudons pas notre plaisir, cette image est amplement
satisfaisante. L’immense majorité du film se
déroulant en intérieur, il eut été
étonnant d’observer une image bruitée.
Ici ce n’est évidemment pas le cas et la compression
paraît parfaite. Pour conclure sur cette image qui,
rappelons-le, est au format respectée 1.33, nous
ne pouvons qu’être satisfait du travail de restauration
effectué par Columbia … De bonne augure pour
l’édition de Only angels have wings
!
Son : De ce côté
il faut avouer que le film de Hawks n’est pas réputé
pour sa bande son. En dehors d’une musique d’introduction
et de conclusion pendant les génériques,
le spectateur n’entendra que des dialogues et des
bruitages. La bande son en mono mettra à l’épreuve
de la réplique "mitraillette" votre enceinte
centrale. Celle-ci, sollicitée comme rarement,
met en avant une version originale claire et dynamique.
C’était la moindre des choses pour un film
si bavard.
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Audio
commentary by Todd McCarthy : Ce commentaire audio
du grand spécialiste de Hawks est très intéressant.
Au-delà d’y raconter quelques anecdotes entendues
des milliers de fois, McCarthy s’applique ici à
mettre en relation chacune de ses interventions à
propos des images qui défilent avec la filmographie
de Hawks. Encore une fois les lecteurs du livre Hawks par
McCarthy y retrouveront la passion de son auteur. Notons
que ce commentaire audio n’est pas sous-titré.
Mais, à l’instar de son idole, McCarthy a plutôt
tendance à parler lentement ce qui rend ses commentaires
très faciles à comprendre.
4 exclusives featurettes : cette section
de la partie bonus du DVD contient 4 documentaires (en anglais
mais sans sous-titres) durant environ 3 minutes chacun.
En voici les spécifications :
1. Cary Grant : Making headlines
Portrait de Grant dont on rappelle que c’est la troisième
collaboration avec Hawks. La voix off nous explique combien
Grant à jouer un rôle important sur le plateau
pour y créer une ambiance de travail à la
fois sérieuse et décontractée.
2. Rosalind Russell : The inside scoop
Ces quelques minutes d’images et de commentaires nous
permettent de découvrir cette actrice de grand talent
dont Hollywood et Broadway raffolaient à partir de
1940. Le documentaire rappelle également l’anecdote
de la rencontre entre Hawks et Russell.
3. Howard Hawks : reporter’s notebook
Ce portrait rapide de Hawks qui offre quelques images du
réalisateur au travail fait un rapide panorama de
sa carrière. Pour étayer ces images, Todd
McCarthy intervient en parlant du tournage et de la genèse
de His girl Friday.
4. The funny pages
A travers ce court reportage, on retrace l’histoire
de l’écriture du film : la version originale
(The front page), la première adaptation
puis celle de Hawks où l’anecdote de la transformation
d’Hildy en femme est rappelée par la voix off.
Notons que ces quatre courts documentaires
ne sont pas sous-titrés. Néanmoins ils sont
faciles à comprendre et bien que n’apportant
que peu d’enseignements à ceux qui ont lu
la biographie signée McCarthy, ils permettent de
poser les yeux sur des images d’archives pleines
de charme et de nostalgie.
Filmographie : assez classiques
ces filmographies des comédiens et du réalisateur
sont très sélectives. Elles ont chacune
le mérite d’être agrémentées
d’une courte biographie de l’artiste.
Bandes annonces : Columbia
propose ici des bandes annonces de quatre films : Born
Yesterday, It happenned one night, Pal
Joey et His girl Friday. L’état
de l’image de ce dernier met en valeur le travail
de restauration réalisé pour le DVD !
Vintage advertising :
Il s’agit ici d’une galerie d’affiches
du film. Sympathique pour qui aime ces affiches américaines
pleines de couleurs des années quarante.
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