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Réalisé par Francis
Ford Coppola
Avec Gene Hackman, John Cazale, Allen
Gafield, Cindy Williams, Frederic Forrest, Harrison Ford et Robert
Duvall.
Scénario : Francis Ford Coppola
Musique : David Shire
Photographie : Bill Butler
Paramount
USA - 113 mn - 1974
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Paramount
- 113 mn
Zone 1
Format cinéma : 1.85 : 1
Format vidéo : 16/9 compatible
4/3
Langues : Anglais en Dolby Digital 5.1
Français en mono
Sous titres : Anglais pour malentendants
Chapitrage fixe |


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Chroniqués
par DvdClassik :
Pas d'autres DVDs de F.F. Coppola chroniqués à ce
jour
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Harry Caul est un professionnel de l’écoute,
un ‘plombier’. Il enregistre des conversations
sur contrat, froidement, sans jamais s’impliquer. Cette
obsession a des conséquences sur sa vie privée
; il se montre distant jusqu’à la paranoïa
avec ses collègues, et même son amie. Seul l’intéresse
le travail bien fait. Mais les choses changent lorsqu’en
espionnant un couple pour le compte d’un homme d’affaires,
Harry suspecte qu’un crime pourrait être commis.
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Ecrit
en 1967, Conversation Secrète aurait dû
être réalisé juste après Les
Gens de la Pluie. Mais les impératifs commerciaux
en décidèrent autrement, et Coppola se retrouva
à diriger Le Parrain pour le compte de la Paramount.
Le triomphe de ce dernier permettra à Coppola de
mener à bien son projet, qui viendra s’intercaler
entre les deux premiers opus de la saga mafieuse.
Le projet naît à la suite
d’une conversation entre Coppola et Irvin Kershner
sur les écoutes à longue distance. Constatant
l’intérêt du jeune scénariste,
le futur réalisateur des Yeux de Laura Mars
lui fait parvenir de la documentation sur Hal Lipset, qui
se rendra plus tard célèbre en analysant les
bandes enregistrées du Watergate. Il sera d’ailleurs
crédité comme consultant, et son nom sera
même évoqué durant le film. Le personnage
d’Harry Caul est partiellement basé sur lui.
Néanmoins, la source principale du film vient d’une
double inspiration. L’héritage hitchcockien,
l’individu victime de la machination, bien entendu.
Mais c’est surtout l’ombre du Blow Up
de Michelangelo Antonioni qui plane sur ce film, comme sur
tout un pan du cinéma des années 70. Son influence
se fera ainsi sentir sur toute la première partie
de la carrière de Dario Argento, ainsi que sur la
majorité de l’œuvre de Brian De Palma.
Tous ces films sont basés sur des images à
interpréter, voire à réinterpréter,
des phrases mal comprises, bref une analyse du réel
et de sa représentation. Ce thème n’est
pas innocent dans une Amérique qui n’a pas
oublié le meurtre de JFK filmé par Abraham
Zapruder.
De fait, la paranoïa est au cœur
de Conversation Secrète, que ce soit celle
des commanditaires des écoutes ou celle de Harry,
protégeant son intimité jusqu’à
l’extrême. Cette intimité sera d’ailleurs
violée à tous les niveaux : sa compétence
est remise en question lorsqu’il accepte le stylo-micro,
et à une plus grande échelle lorsqu’il
s’aperçoit que son propre appartement a été
placé sur écoute. Ce viol de son espace physique
se complètera par celui de sa conscience : Harry,
catholique fervent et obsessionnel que les jurons hérissent,
sera conduit à briser une statuette de la Vierge
lors de sa quête du mouchard. Il fallait tout le talent
de Gene Hackman pour donner vie à un personnage si
intériorisé et torturé. L’acteur
livre ici l’une de ses meilleures performances, et
semble-t-il celle dont il est le plus fier. Et si Harry
Caul est le personnage central, les second rôles ne
sont pas laissés pour compte : le regretté
John Cazale, sublime de frustration, ainsi qu’un tout
jeune Harrison Ford, encore officiellement charpentier,
et pourtant suffisamment professionnel pour apporter des
éléments à son personnage, tels que
son légendaire chandail ou bien les cookies de Noël.
Rarement une mise en scène aura
été autant contaminée par son sujet.
La caméra recherche son sujet comme Harry cherche
la réception parfaite. Le ton est donné dès
le premier long plan-séquence, qui s’ouvre
sur un plan d’ensemble de la place, et qui va se resserrer
jusqu’à isoler Harry, suivi par le mime - autre
référence à Blow Up. Mais
la caméra ne l’a retrouvé que pour le
perdre presque aussitôt, car il sera flou la prochaine
fois qu’il traversera le champ, le point étant
fait sur le couple. Ceci traduit le caractère insaisissable
de Harry Caul : même lorsqu’il se trouve dans
l’intimité de son foyer, il sort du champ,
et la caméra doit faire un panoramique pour le recadrer.
On admirera également la triple répétition
du travelling latéral sur Harry parti s’isoler
dans son atelier, proche d’un sample sonore mis en
boucle. Tous le sens du film est là : une quête
obsessionnelle d’une vérité glissante.
Et Harry est un personnage qui sait écouter, mais
pas entendre. "Il nous tuerait s’il
en avait l’occasion" devient pour lui "Il
nous tuerait s’il en avait l’occasion".
Son interprétation fausse de la conversation aura
des conséquences catastrophiques.
On le voit, le son est le moteur narratif
essentiel de Conversation Secrète. Et rares
sont les films qui possèdent une piste sonore aussi
sophistiquée. D’un côté, la partition
musicale, une magnifique mélodie en boucle composée
par David Shire pour piano seul, est dépouillée
à l’extrême. De l’autre, les enregistrements
de conversations sont filtrés, déformés,
parfois noyés dans le brouillage électronique,
déstabilisant le spectateur, le plongeant dans l’esprit
froid d’Harry Caul, aussi déshumanisé
que les décors dans lesquels il évolue –
le plus troublant étant sans doute son atelier, une
cage grillagée isolée dans ce qui ressemble
à un grand parking vide.
Le tournage de Conversation
Secrète coïncidera avec le scandale du
Watergate, qui offrira au film une résonance supplémentaire.
Ce film vaudra à son auteur sa première Palme
d’Or. Pourtant, il est parfois un peu oublié
lorsque l’on évoque la carrière du cinéaste
; c’est une injustice, car il s’agit de l’un
des sommets de son œuvre, maîtrisé du
début à la fin, au carrefour du thriller et
du cinéma expérimental, à redécouvrir
absolument.
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Passé
le générique légèrement abîmé,
l’image est dans l’ensemble
très belle. La définition est précise,
les couleurs hivernales sont bien respectées, et
ce ne sont pas quelques points blancs qui peuvent gâcher
le spectacle. Le grain reste léger, et on ne note
pas non plus de défaut de compression. Du beau travail
dans l’ensemble.
L’éditeur n’a pas jugé
bon d’inclure la piste mono originale, pas de quoi
crier au scandale néanmoins, car la piste 5.1 ne
dénature pas le film. Le son est
clair, précis, même si la majorité
des effets sont concentré sur les voies avant.
Un minimum pour un film dont la bande sonore est le moteur
principal de l’action. Un doublage français
en mono, évidemment moins intéressant, est
également proposé.
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Si
ce DVD n’est pas baptisé "Edition Spéciale",
il offre néanmoins une interactivité
assez riche.
Menu légèrement animé
et rythmé par la partition de David Shire.
Commentaire audio de Francis Ford Coppola
: Si le cinéaste évoque régulièrement
ses partis pris de mise en scène, il évoque
surtout son rapport personnel au film qui semble lui tenir
à cœur. Il comporte néanmoins un grand
nombre d’anecdotes. On y apprend ainsi que la séquence
du rêve dans le parc était à l’origine
une scène réaliste censée conclure
le film.
Commentaire audio de Walter Murch : beaucoup
plus technique que le précédent, il passionnera
tous ceux qui s’intéressent à la techniques,
car le monteur/ingénieur du son multiplie les informations
relatives aux défis générés
par le film, en dépit de longues plages de silence.
Close up on the Conversation : documentaire
promotionnel d’époque d’une durée
de 8mn, riche en images de tournage mais somme toute anecdotique,
visible en VOST.
Bande-annonce : présentée
en format respecté et 16/9, elle est plutôt
en bon état.
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