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Réalisé par A. Edward Sutherland
Avec Stan Laurel, Oliver Hardy, Jean Parker, Reginald Gardiner…
Scénario : Ralph Spence, Charley Rodgers, Fred Schiller
Musique : Art Lloyd
Photographie : John Leipold
Un film RKO
USA - 69 mn - 1939
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Mk2
Editions
Zone 2
Format cinéma : 1.33
Format vidéo : 4/3
Noir et blanc
Langues : Anglais, Français
Sous titres : Français,
Mono d’origine |


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Chroniqués
par DvdClassik :
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En
goguette à Paris, Oliver Hardy et Stan Laurel
s’apprêtent à rentrer aux Etats-Unis
lorsque Hardy révèle à son compère
son intention de rester en France pour demander en mariage
la fille du restaurateur chez qui ils logent. La jeune
femme, déjà promise à un gradé de
la Légion Etrangère, s’amuse de la
crédulité d’Hardy qui, après
avoir découvert le pot aux roses, décide
de se suicider… non sans avoir convaincu Laurel
de l’accompagner dans son funeste projet. Alors
qu’ils s’apprêtent à sauter
dans la Seine accrochés à une lourde pierre,
un soldat les convainc d’oublier leurs désillusions
sentimentales en rejoignant la Légion Etrangère.
Aussitôt dit, aussitôt fait… |
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Sujet de tous les débats pour qui a bien voulu parcourir
notre forum ou même le courrier des lecteurs de n’importe
quelle revue de cinéma, la subjectivité du
chroniqueur est au centre de toutes les polémiques
sur la Critique cinéma… Reconnaissons que
le problème est d’autant plus aigu (pour ne
pas dire… critique) lorsque le journaliste se retrouve
devant une comédie. Pour peu qu’il ne décroche
qu’un petit sourire tout au long de la projection,
l’article du lendemain sera assassin quand bien même
le film aurait fait rire un collègue censé aller
voir le film à sa place - avant qu’il ne tombe,
fauché par la grippe lors d’une avant-première
de novembre… Rien de plus subjectif donc que le rire,
comme en témoignent les guerres de tranchées
qui accompagnent la sortie de tout bon Farrelly qui se
respecte.
Me voici donc devant The Flying
Deuces, alias Laurel & Hardy
Conscrits… Laurel et Hardy, eux qui avaient bercé les
mercredis de mon enfance en compagnie de Buster Keaton,
Harold Lloyd et Charles Chaplin. Eux qui, gamin, me faisait
rouler de rire par terre. Et là… Soyons honnêtes.
Ma moquette immaculée en témoigne : je n’ai
pas roulé par terre… et encore moins de rire.
Qui dit qu’Harry Dawes, Jeremy Fox ou quiconque de
la Rédac ne se serait pas tenu les côtes devant
le même film ? Subjectivité de la critique,
subjectivité du rire… Mais arrêtons
de suite ces pensées façon Bergson (1) du
pauvre et revenons au film.
Remake d’un court-métrage de 1931 (Beau
Hunks,
réalisé par James W. Horne), Laurel et
Hardy Conscrits fonctionne sur des rouages comiques éprouvés
qui firent le bonheur de millions de spectateurs dans les
années 20 et 30, mais aussi bien après (alors
que nombres de comiques de l’époque sont aujourd’hui
tombés dans l’anonymat le plus complet, reconnaissons à Laurel & Hardy
une belle et constante présence dans la mémoire
cinéphile collective). D’un contraste physique
célébrissime - le maigrelet et l’obèse
- Stan Laurel et Oliver Hardy ont su tirer une mécanique
bien huilée, jouant sur divers autres registres
d’opposition tels que la naïveté de Laurel
vs l’intelligence (supposée) de Hardy. Résultat
ici : quelques gags brillants… pour une bonne dose
d’humour répétitif (le gag du toit
en sous-pente à l’hôtel), souligné qui
plus est par d’incessants regards caméra de
Hardy, prenant le spectateur pour témoin de la bêtise
de Laurel. Gags malheureusement véhiculés
par une mise en scène plan-plan (l’obscur
et oublié Edward Sutherland, prolifique réalisateur
des années 30 pour WC Fields et Hardy en solo) et
un scénario à la limite du prétexte
: le passage de la désillusion amoureuse de Hardy à l’engagement
du duo pour la Légion Etrangère constitue
d’ailleurs un des plus incroyables raccourcis scénaristiques
qu’il vous sera donné de voir dans votre vie.
Laurel et Hardy Conscrits ou le gag au forceps…
Mais est-ce bien important ? Tout
est ici est au service du rire, et nos héros se
démènent
donc comme de beaux diables pour déclencher l’hilarité générale,
ruant dans les brancards, multipliant les bévues
et les pieds dans le tapis. Reste que Laurel et Hardy
Conscrits arrive un peu tard : stars du muet, Laurel
et Hardy sont avares de bons mots et passent plutôt
mal le cap du parlant : ainsi la scène du suicide,
une des seules scènes jouant sur le principe de
la "screwball comedy", échoue dans sa
tentative de dialogues à la
mitraillette. Problème d’autant plus aigu
que quelques malgré quelques magnifiques moments
drôles et poétiques (la bague étincelante,
le tunnel sous la prison…), nombre des gags ne sont
finalement que la resucée de blagues vieilles comme
le monde, telles que ces poursuites en accéléré lors
de l’évasion de la caserne. Alors, Flying
Deuces : signe du déclin ou mauvaise volonté de
la part de votre serviteur ? Produit par la célèbre
RKO, ce film s’avère être la première
incursion du duo hors du giron d’Hal Roach, le producteur
génial de Harold Lloyd et de la plupart des courts-métrages
muets de Laurel et Hardy - d’où peut-être
parfois cette impression d’un certain laisser-aller
burlesque (toujours ce gag du toit en sous-pente qui décidément
ne passe pas) qui gâche le pouvoir comique du long-métrage.
Alors
quoi ? Pourquoi parler de ce film si c’est
pour le brûler en place publique… ?
Etrangement,
après deux visions, Laurel & Hardy
Conscrits laisse une curieuse empreinte. Et, si ce
n’est
drôle, au moins loin d’être désagréable.
Car c’est d’une bien insolite comédie
qu’a accouché le duo en tournant ce Flying
Deuces. Film doux amer dont le point de départ
est une douloureuse déception sentimentale, Laurel
et Hardy Conscrits est une œuvre quasi-mortifère,
bizarre et décalée qui ne cesse d’intriguer.
Marqué du sceau de la disparition, le film enchaîne
une scène de suicide commun (heureusement raté),
une condamnation à mort et une fin tragi-comique
- qui voit tout de même une moitié du duo
trépasser… puis se réincarner. Coupant
court aux clichés du héros comique invincible à la
Tex Avery, la scène finale voit en effet le duo
s’écraser en avion avec, à la clé,
la mort de Hardy alors que selon toute logique burlesque,
nos deux héros auraient du sortir de l’accident
avec les cheveux ébouriffés et de la suie
plein le visage… Bien que désamorcée
par le gag final de la réincarnation du même
Hardy en cheval, cette séquence donne naissance
au plan le plus troublant (et donc le plus beau) du film
: Stan Laurel, baluchon sur l’épaule, marchant
seul sur un chemin de terre après le décès
de son ami. Cette image, source d’une remarquable émotion
tant l’Histoire du cinéma nous a habitué à ne
jamais voir l’un sans l’autre, vaut à elle
seule la vision du film ! De comédie lambda et plutôt
banale, The Flying Deuces devient oeuvre déviante
et décalée… devant laquelle vous pourrez
rire (question de sensibilité personnelle) mais
aussi pleurer.
D’autant que Flying Deuces confirme bien ce souvenir
d’enfance diffus mais persistant : Stan Laurel est
grand. Non seulement par la taille mais bien aussi par
le talent. Extraordinaire comédien au jeu pourtant
quasi-inexpressif, Laurel trouve dans cette scène
finale l’occasion d’étendre sa palette
d’acteur et confirme ce que tout le film laisse entrevoir
d’émotion contenue et de tristesse intérieure.
Laurel roi de l’underacting ? Déjà plus
tôt, dans une scène de toute finesse, Laurel
transformait son lit de prison en harpe et non content
de rendre un étonnant hommage à Harpo Marx,
ouvrait une belle parenthèse mélancolique
dans le flot de gags du récit. Récit qu’il
avait déjà troublé quelques minutes
plus tôt grâce à une autre pause musicale
qui le voyait danser lentement sur une chanson tendre et
affectée fredonnée par Hardy : Shine
on Harvest Moon. Poétique et touchante, la scène vaut
finalement tous les gags du film… A noter pour la
bonne bouche cette anecdote qui devrait vous permettre
de briller en société lorsque quiconque évoquera
Laurel et Hardy Conscrits en soirée (probabilité :
0.012%) : si vous regardez bien les figurants de cette
scène, vous pourrez voir le sosie de Laurel en fond
de plan, sosie qui n’est autre que le frère
de Stan Laurel. Anecdotique, on vous avait prévenus,
mais raison de plus de regarder cet OVNI avec un œil
curieux et amusé.
OVNI, c’est bien le mot ! Etrange film que ce Flying
Deuces… et ses larmes plus voisines du palpitant
que des zygomatiques. Demandez à ses spectateurs
de vous révéler leurs gags préférés,
il se pourrait qu’ils hésitent un peu, et
que ce ne soit pas devant la profusion (malgré une
autre belle scène comique - la séquence du
suicide, là encore un hommage évident à une
autre gloire de la comédie : Chaplin dans Les
Lumières
de la Ville). Par contre, il ne serait guère étonnant
qu’au fond d’eux-mêmes, un petit pincement
au cœur leur rappelle combien Laurel fut un immense
acteur, et à quel point ce film somme toute très
agréable en est la preuve…
(1) Bergson Henri : Le Rire, essai sur la signification du
comique
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Image :
Une image restaurée et en tous points honorable,
du très bon boulot à l’image du travail
déjà effectué depuis quelques mois
sur le cinéma classique par Mk2. Compression de très
bonne tenue, master propre et aux rares poussières,
définition
excellente et surtout de très beaux contrastes,
avec noirs profonds et blancs éclatants : du travail
de pros, quasiment digne des DVDs consacrés à Charles
Chaplin. Chapeau bas.
Son : Une belle VO mono au son clair
et distinct, là encore,
rien à redire. Sur un film d’une telle rareté et
datant des années 30, on ne peut que s’incliner
! Pour les amateurs de VF (on connaît certains
masos qui préfèrent regarder le film en
français, et qui sont donc prêts à supporter
une heure durant les pitoyables accents english de Laurel & Hardy
- souvenez-vous le doublage des courts de votre enfance,
hé bien ce sont les mêmes.), un son tout
aussi clair et efficace.
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Introduction :
petite mise en bouche par le désormais rôdé Serge
Bromberg (déjà à l’œuvre
sur les pockets de Montparnasse et pour les DVDs de Lobster)
qui présente le film tout en proposant quelques
anecdotes dignes d’intérêt. Une très
bonne introduction à la séance que vous
allez entamer…
Bande-Annonce : Extrait en français et en très
bon état de ce qu’il reste de la bande-annonce
d’époque, qui nous rappelle combien il
est important de voir le couple en VO
!
Affiches : 15 affiches de tous pays,
très variées
et qui témoignent de la diversité de titres
dont fut affublé le film en France (Laurel et
Hardy Légionnaires, Laurel et Hardy Conscrits,
Deux Légionnaires…).
Documents : 45 photos
de plateau ou de l’équipe
du film, plus de nouvelles affiches N&B.
Laurel & Hardy à Tinemouth (7'52'')
: reportage d’époque - 1932 - retraçant
la visite de Stan Laurel et Oliver Hardy à Tinemouth,
jolie station balnéaire anglaise et village natal
de Laurel. Nos deux héros ne peuvent s’empêcher
de faire les clowns sur la plage avant d’entamer
une impressionnante séance de dédicaces…
Laurel & Hardy à Edinburgh (6'17'')
: Même foule pour accueillir les deux stars qui
visitent les hauts lieux de la fameuse ville écossaise,
lors de leur périple en Europe. Comme pour le
module précédent : des images rares mais
pas forcément passionnantes. Pour les fondus hardcore
de Laurel et Hardy !
The Tree in a Test Tube (4'’52'')
: Là par contre, c’est du collector !!!
Laurel et Hardy en couleurs participent à un mini
reportage "écologique",
sûrement destiné aux enfants, et qui explique
l’utilisation du bois dans la fabrication des objets
de tous les jours. Quelques gags amusants mais surtout
la surprise de découvrir nos deux héros
en couleur. Un document !
This is your life (28'14'')
: Là encore
un document étonnant, puisque Mk2 et Serge Bromberg
ont mis la main sur une émission TV de 1955 dans
laquelle Laurel et Hardy se font surprendre façon
"Sacrée
Soirée" alors qu’ils passaient une
soirée entre amis. Une caméra fait irruption
au milieu de la petite fête - sans que l’on
sache vraiment si nos deux héros sont de mèche
ou non - et les invite à rejoindre un studio de
télé situé à quelques rues,
ce qui donne l’occasion à Stan Laurel et
Oliver Hardy de narrer leurs souvenirs, de revenir sur
leur carrière, de retrouver de vieux amis d’enfance,
Léo McCarey, Hal Roach Jr, leurs femmes... et
de nous rappeler que Jean-Pierre Foucault n’a pas
inventé l’eau chaude en matière de
télévision. Futile mais très amusant
(d’autant que l’éditeur a aussi eu
la bonne idée de garder les publicités
et sponsorings d’origine), ce bonus est aussi et
surtout l’occasion de voir nos deux héros
des années après leur succès. Et
même si la qualité de l’image est
limite limite (kinescopage : pas de magnétoscopes à l’époque,
on filmait directement l’écran de télévision
pour garder une trace des émissions), cette demi-heure
vaut vraiment le coup d'oeil !
The Stolen Jools (19'00'') : Autre
gros morceau de ce DVD, The Stolen Jools (autrement appelé The
Slippery Pearls) est un incroyable court-métrage
réunissant
une floppée de stars de l’époque,
réunies pour la bonne cause - la lutte contre
la tuberculose (d’ailleurs sponsorisée par
une marque de cigarettes !). Sous le prétexte
d’un vol de bijoux chez Norma Shearer, le scénario
convoque Buster Keaton, Joan Crawford, Edward G. Robinson,
Gary Cooper, Douglas Fairbanks Jr, Maurice Chevalier,
Barbara Stanwyck et bien sûr… Stan Laurel
et Oliver Hardy en policiers. Anecdotique dans le fond
comme dans la forme, ce court-métrage reste toutefois
un vrai plaisir de cinéphile, qu’il ne faudra
manquer sous aucun prétexte !
PS : Merci à Spontex et à la rédaction de DVDtoile pour
les copies d'écran ;-)
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