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On
le sait depuis Délivrance et Massacre
à la Tronçonneuse, les virées à la
campagne, ce n’est pas forcément une bonne idée !
Et La Colline a des Yeux s’inscrit naturellement
dans ce genre typiquement américain, le survival, dont le principe
est on ne peut plus simple : lâcher quelques beaux représentants
de civilisation WASP en pleine nature, les confronter aux oubliés
du système et les regarder se débrouiller. Après
une exploitation en salles chaotique, La Colline a des Yeux
est devenu un classique de vidéo-club à l’aube des
années 80. Sa réédition dans une collection de prestige
est une bonne occasion de se pencher à nouveau sur une oeuvre on
ne peut plus culte, à la lumière de la carrière d’un
cinéaste qui semble actuellement coincé dans l’impasse
du post-modernisme. Lors
de la mise en chantier de La Colline a des Yeux, Wes
Craven ne représente quasiment rien au sein du milieu du cinéma.
Ou plutôt si : sa réputation est celle d’un ancien
enseignant ayant abandonné sa carrière de chercheur pour
se lancer dans le cinéma d’exploitation, et dont la première
œuvre, La Dernière Maison sur la Gauche,
s’est faite interdire à peu près partout. Au fil des
années, ce film d’horreur d’inspiration bergmanienne
accèdera à un statut d’icône, d’autant
plus culte que la version intégrale semble perdue à jamais
- point qu’il partage avec La Colline a des Yeux.
Cinq ans après ce coup d’essai, il a à nouveau l’occasion
de passer derrière la caméra, et cette fois avec un budget
avoisinant les 250 000 $ - La Dernière Maison sur la Gauche
en a coûté 90 000 - et une équipe partiellement issue
des productions Corman. Il va cette fois puiser son sujet dans un fait
divers écossais du XVIIème siècle. :Une famille vivant
cachée dans une grotte inaccessible à marée haute
agressait les voyageurs et se livrait au cannibalisme. Une fois capturés,
ceux-ci subirent des supplices aussi effroyables que ceux qu’ils
avaient infligés ; la justice et ses bourreaux se montrèrent
aussi cruels et inhumains que les assassins qu'ils devaient chatier. Trouvant
dans cette macabre histoire de nombreux parallèles avec notre société,
Craven décida donc de la transposer au cœur de l’Amérique
moderne.
La majeure partie de l’œuvre de Wes Craven est en effet tournée vers une réflexion sur la violence au sein de la société dite civilisée, et tout particulièrement sur la façon dont celle-ci prétend combattre le crime : souvent avec les mêmes armes. Les points communs sont nombreux entre les parents vengeurs de La Dernière Maison sur la Gauche, l’assemblée de familles juges et bourreaux donnant naissance à Freddy Krueger dans Les Griffes de la Nuit et les vacanciers de La Colline a des Yeux. Craven nous présente donc deux unités familiales, moins dissemblables que l’on pourrait croire. D’une part, la famille de dégénérés vivant dans les collines : la façon dont le grand-père décrit la naissance de Jupiter laisse entendre qu’il a été frappé d’une malédiction, ce qui semble être le seul élément fantastique du film. Alors que par exemple, la dégénérescence de la famille de bouchers de Massacre à la Tronçonneuse est le résultat d’une mise à l’écart économique de toute une classe sociale, la naissance de cette tribu cannibale a des résonances mythiques - la référence aux Titans est claire, et ce n’est pas par hasard que les hommes portent des noms de planètes. En même temps, la description de la famille renvoie aux origines profondes de l’Amérique : les parures qu’ils arborent évoquent les décorations indiennes, tandis que le cannibalisme comme mode de vie fait irrésistiblement songer aux récits des survivants des montagnes enneigées du Colorado. D’autre part, les voyageurs : famille américaine typique, visiblement assez conservatrice - importance de la prière, père retraité des forces de police -, le tout respirant la normalité apparente. |
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Son : L’éditeur a repris les remix en Dolby Digital 5.1 et DTS présents sur l’édition spéciale Anchor Bay. Outre qu’elles n’offrent guère de différences entre elles, ces deux pistes ne comportent que de rares effets arrière, qui donnent à l’ensemble une coloration assez peu naturelle. On préférera écouter le film dans son excellente piste mono d’origine, parfaitement efficace et fort bien restaurée. A noter également la présence d’un doublage en français en mono. Là encore, le résultat est satisfaisant, même si l’on préférera la version originale. |
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1er disque :
Ce DVD offre en outre un lien vers le site web qui permet de télécharger le scénario original au format PDF ainsi que deux économiseurs d’écran. 2ème disque : - Les Réalisateurs, Portrait de Wes Craven : épisode de la série déjà multi diffusée sur le câble. La recette ne change pas, la carrière du réalisateur est narrée de façon linéaire jusqu’à La Musique de mon Cœur - il est curieux de constater que plus de temps est consacré à La Créature du Marais qu’à La Dernière Maison sur la Gauche -, mais certaines anecdotes et commentaires de ses interprètes ne sont pas inintéressants. - Retour sur La Colline a des Yeux : repris de l’édition spéciale Anchor Bay, ce long documentaire revient en détail sur la genèse et le tournage du film à travers des interviews récentes de Wes Craven, du producteur, du directeur de la photographie et d’une grande partie des interprètes. Riche en anecdotes et illustré de nombreuses photos de tournage, il résume tout ce qu’il faut savoir sur le tournage chaotique d’un film qui à l’origine s’appelait Blood Relations. 55 mn. - Fin alternative : issu d’un matériau brut en assez mauvais état, elle diffère de la version connue en deux points. Tout d’abord, la mort de Jupiter survient après celle de Mars. Mais surtout, le film se conclut par les retrouvailles de tous les survivants de la famille, y compris le chien, tous disposés à accueillir Ruby en leur sein, le tout sur fond de coucher de soleil. Pour le moins surréaliste.
- Bandes-annonces et spots TV : deux bandes-annonces assez similaires, l’une américaine, l’autre allemande, en assez bon état, suivies de quatre spots TV. - Affiches : 27 images reprenant les affiches de divers pays ainsi que des annonces publicitaires et une lettre d’un exploitant décrivant les réactions du public lors d’une projection. - Storyboard : 35 planches, donc le style de dessin tranche singulièrement avec celui du film. - Module sur la restauration : les quatre premières minutes du film sont montrées en split screen, mettant en parallèle l’image d’origine et la version restaurée. Si l’essentiel des parasites a été retiré et les couleurs ravivées, on constate aussi qu’une partie du grain a disparu. - Bonus caché : cliquez sur la main ensanglantée au centre de l’écran, et Robert Houston vous racontera une anecdote amusante sur la perception de son personnage par certains spectateurs. Sauf la fin alternative et les bandes-annonces, tous ces suppléments sont présentés en VOST. Menu musical et animé. Dans la lignée de ses éditions de Sisters
et Les Frissons de l’Angoisse, Wild Side a particulièrement
soigné le packaging : les disques sont contenus dans un digipack
présenté dans un élégant fourreau qui contient
également un gros livret illustré contenant une intéressante
analyse du film par Julien Dupuy. |
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