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Réalisation : Charlie Chaplin
Avec : Charlie Chaplin, Virginia Cherrill, Florence Lee, Harry
Myers, Allan Garcia, Hank Mann, Albert Austin
Scénario : Charlie Chaplin
Musique : Charlie Chaplin
Photographie : R. Totherot, G.Ppllock
Un film United Artists - 1931
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Zone
2 - DVD 5
Format cinéma 1.33
Format vidéo 4/3
Son Mono restauré ou
Son remastéris en 5.1
Langues : Film muet
Ss-titres : Français / Italien / Allemand
/ Espagnol / Arabe / Bulgare / Roumain / Néerlandais / Croate / Slovène
Menus fixes et sonores |


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Etats-Unis,
une métropole à la fin des années
20. Un vagabond s’éprend
d’une belle et jeune vendeuse de fleurs aveugle
qui vit avec sa mère, couverte de dettes. Suite à un
savoureux quiproquo, la fleuriste s’imagine le
pauvre hère, qui vient de lui acheter une fleur,
en milliardaire. Ce qu’il n’est pas… même
s’il se lie d’amitié avec un homme
riche et suicidaire qui le prend sous son aile, mais
uniquement sous l’emprise de l’alcool. Une
fois sobre, le milliardaire renvoie invariablement le
vagabond à son
triste sort. C’est donc seul que Charlot se met
en tête de réunir les fonds pour guérir
la jeune fleuriste de sa cécité. De petits
boulots sordides en matchs de boxe truqués, c’est
une avalanche de gags qui mènera notre héros
vers une des fins les plus célèbres de
l’Histoire du cinéma. |
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City
Lights : A Comedy Romance in Pantomime.
Pantomime.
1929. A l’aune du cinéma parlant, Chaplin
décide de tourner le dos aux innovations techniques
et se résout à la production d’un nouveau
long-métrage sans paroles. Ce seront Les Lumières
de la Ville, dernier film muet de Charlot et ultime
occasion pour les spectateurs du monde entier de s’imaginer
une voix pour leur héros. Conscient qu’il
devra faire face au cinéma sonore tôt ou tard
sous peine de disparition, Chaplin trouve alors un compromis
afin de se donner encore un peu le temps de la réflexion
quant aux premiers pas de Charlot dans le monde du dialogue
: sa nouvelle création sera un film muet, mais sonore
- comprendre avec musique et effets bruités. Musique
qu’il composera lui-même, confirmant
ainsi une des multiples facettes de son talent.
Accouché dans la douleur, Les Lumières
de la Ville est au final un petit miracle de fraîcheur
et d‘équilibre qui pourrait résumer à lui
seul l’art de Chaplin. Mais que de souffrances et
de doutes avant de toucher à ce naturel cinématographique
et comique. Étalé sur 32 mois - un record
pour l’époque
- le tournage du quatrième long-métrage de
Charlie Chaplin se révélera un vrai calvaire.
Chaplin, connu pour son perfectionnisme et ses méthodes
de travail dégagées de toute inféodation
aux studios, multiplia les prises - notamment pour les
scènes de la rencontre avec la fleuriste et pour
leurs retrouvailles. Au point que le métrage de
rushes représente au bout du compte 150 fois le
métrage du montage final… Triturée
dans tous les sens, objet de toute la réflexion
de l’artiste, la scène qui voit la jeune aveugle
confondre le vagabond avec un milliardaire ne fut ainsi
achevée qu’au 535° jour de tournage, après
plus de 320 prises ! De même, Chaplin n’hésita
pas à retourner toutes les séquences du milliardaire
ivre, joué dans un premier temps par Henry Clive,
finalement remplacé par un Harry Myers des grands
jours.
Tout comme il hésita longuement à se séparer
de Virginia Cherrill pour offrir le rôle de l’aveugle à Georgia
Hale, qui lui avait donné toute satisfaction dans
La Ruée vers l’Or. Débutante
totalement étrangère
au monde du cinéma (et que l’on ne reverra
quasiment plus par la suite, actrice miraculeuse d’un
rôle unique qui restera surtout célèbre
pour avoir été une des premières femmes
de Cary Grant) Cherril entretint des relations pénibles
avec Chaplin, qui lui reprochait de ne pas assez s’investir
dans son travail. "Je n’ai jamais aimé Charlie
et il ne m’a jamais aimée" devait-elle
déclarer
trente ans plus tard. Mais jamais le réalisateur
ne put trouver une actrice capable à ce point de
mettre le doigt sur l’émotion si particulière
qu’il recherchait, et il dut finalement se résoudre à composer
avec une actrice et une femme qu’il ne supportait
pas. Le film avant tout…
Le film justement. Cet interminable tournage terminé,
Les Lumières de la Ville se révèle
finalement être un pari hautement risqué pour
Charles Chaplin : la sortie du film, légèrement
en porte-à-faux quant aux nouveaux désirs
du public de l’époque, est un moment crucial
dans sa carrière, qui peut tout simplement s’effondrer
comme un château de cartes avec l’arrivée
des films sonores - comme le prouvera par la suite le naufrage
de nombre de stars, comiques notamment, du muet.
Soulagement
puisque le film est un immense triomphe international,
un des plus massifs
dans la carrière de Chaplin, qui
sut finalement se faire accepter par ce nouveau public.
Jouant astucieusement sur la bande sonore,
bâtissant même quelques uns des gags les plus
fameux de son film sur le son, le réalisateur des
Lumières de la Ville prend acte des innovations
de son temps tout en s’offrant le luxe de patienter
jusqu’au film suivant pour
jouer sur toute la gamme sonore. Dans l’attente,
Chaplin malaxe le son, l’utilisant non pas comme
moteur narratif (le film continue à utiliser les
cartons pour les dialogues) mais bien comme objet de gag.
Dans deux scènes
splendides - le discours des autorités et surtout
la séquence du sifflet - Chaplin prend ses marques
et l’on devine déjà que ses films suivants
sauront appréhender ce nouveau média avec
tout le génie qui le caractérise.
Reste que
c’est surtout par l’image que passe
l’immense majorité des gags du film, Chaplin
déployant alors toute la palette de son génie
burlesque. D’un début en fanfare où,
sur une statue, Chaplin livre un génial numéro
de pantomime à une scène de boxe tout bonnement
ahurissante, tout l’art du créateur du Kid se
retrouve dans ce film. Revenons d’ailleurs sur
cette fameuse scène de boxe, qui à elle seule
justifie l’achat du film en DVD, histoire de se mettre
la séquence en boucle les soirs de déprime.
En six minutes d’une
simplicité déconcertante - caméra
filmant la scène frontalement et suivant l’action
grâce à un léger travelling, d’ailleurs
très beau - Chaplin offre aux spectateurs une ribambelle
de gags chorégraphiée au millimètre.
Je défie d’ailleurs quiconque de ne pas sortir
des ces six minutes ébouriffantes les zygomatiques
en feu : portée par une très belle partition,
la scène s’envole vers des sommets de comique
et, bel exploit, ne compte que sur ses acteurs et leurs
mouvements pour déclencher les rires de la foule.
Montage réduit au strict minimum, absence de plans
de coupe, de changements d’axes ou de taille de cadre
: on frise même l’ascèse d’un
Dreyer - et pourtant la scène compte parmi les plus
drôles de l’Histoire du cinéma. C’est
le style Chaplin, empreint de simplicité et d’humilité,
tout entier au service du plan, des gags et des acteurs.
Un des secrets qui rend le cinéma de Chaplin si
universel, drôle et touchant…
Du rire aux larmes.
A Comedy Romance nous prévient le titre
complet des Lumières de la Ville. Ne pas
oublier en effet qu’à travers ses films précédents,
Chaplin a toujours su alterner entre rires et larmes. Ici,
tout comme dans La Ruée vers l’Or ou Les
Temps Modernes, Charles Chaplin n’oublie pas
qu’un
film est aussi une œuvre sociale, amenée à donner
le point de vue, assez désabusé, de l’artiste
sur le monde. Entre la vanité et l’égoïsme
d’un milliardaire (dont la générosité ne
s’exprime
qu'une fois ivre), l’indifférence voire le
mépris
de la foule face au vagabond et l’injustice qui voit
la police enfermer un innocent en prison ou un propriétaire
exproprier une aveugle sans le sou, Chaplin n’oublie
pas de gratter là où ça fait mal entre
deux rires. Et deux sanglots… Car non content d’être
une formidable locomotive comique, City Lights offre
son lot de scènes dramatiques grâce à un
astucieux scénario en deux volets, l’un consacré aux
pérégrinations comiques du vagabond et de
son "ami" milliardaire, l’autre à la
vie misérable d’une pauvre aveugle.
Évitant
avec tact tout pathos ou misérabilisme édifiant,
et ce malgré un scénario qui lui tendait
justement mille pièges, Chaplin alterne comique
pur et mélodrame à l’ancienne, même
s’il a toujours le bon goût de désamorcer
tout moment susceptible de sombrer dans la mièvrerie
par un gag salvateur. Comme la désormais fameuse
scène de la première rencontre, si touchante,
que Chaplin ne peut s’empêcher de clore
sur un gag vieux comme le monde : l’aveugle qui vient
de remplir son seau finit par arroser un vagabond déconfit.
S’il n’abuse pas d’effets de mise en
scène, Chaplin n’en est pas moins un grand,
dont chaque décision - de la position de la caméra
au jeu d’acteur - a son importance dans l’équilibre
du film. Au sommet de son art, adulé par une planète
qui reconnaît en Charlot un des tout premiers mythes
du cinéma, Chaplin conclut son travail titanesque
sur une scène à l’image de son film
: simple et dont on ne sait trop si les larmes qu’elle
provoque sont de rire ou d’émotion. La marque
des grands… saluée par Orson Welles qui n’avait
de cesse de répéter que Les Lumières
de la Ville était le plus beau film de tous
les temps. On connaît le sens de l’exagération
du grand Orson, mais là, promis, vous pouvez le
croire sur parole !
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Image :
Très beau travail effectué par Mk2 qui
a su parfaitement rendre justice à la confiance
des héritiers
Chaplin. La comparaison avec l’ancien master
des éditions
CTN est sans appel et l’on s’émerveille
de pouvoir découvrir un film si ancien dans de telles
conditions. Contrastes étonnants, master très
propre, absence d’artefacts… On pourrait peut-être
juste reprocher de rares soucis de compression sur quelques
plans mais ce serait faire la fine bouche devant un travail
tout bonnement superbe.
Son : Proposé en mono ou en remix
5.1, le film - muet rappelons-le - propose une piste
sonore avec effets et musique tout à fait satisfaisante.
Le remix 5.1 se révèle bizarrement moins
précis
que le mono d’origine et je me suis surpris à rapidement
opter pour le son simple en enceinte centrale. Reste
que l’essentiel est là : une piste sonore
propre et efficace, que ce soit en mono dans un 5.1
très discret, ce qui dans le cas de films de cette époque
est loin d’être un reproche.
A noter enfin
des menus sobres et sonores, qui vont à l’essentiel
: l’esthétique Mk2 appliquée au DVD.
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Préface,
par David Robinson (5'40''). A l’instar
de tous les DVDs de cette collection prestigieuse,
le film est introduit par David Robinson qui présente
les enjeux du film (le tournage, Chaplin et l’arrivée
du parlant, ses relations conflictuelles avec Virginia
Cherrill…) sur fond de photogrammes et d’extraits
de films. Concis, précis et instructif, ce petit
bonus joue parfaitement son rôle de préface…
Chaplin
Aujourd’hui, (26'45'')
analyse du film par Serge Bromberg en compagnie de
Peter Lord, sous l’égide de Mk2Tv et La
Cinquième.
Là encore, tout comme sur les autres DVDs de
la collection, le film est étudié sous
toutes ses coutures par Bromberg - qui officiait déjà sur
la collection pocket des Editions Montparnasse
- avec l’aide de Peter Lord, co-fondateur des
studios Aardman (Wallace & Gromitt, Chicken
Run). L’occasion
pour ce petit documentaire de nous présenter
Charlot sous forme de dessin animé des années
20 (même Disney s’est accaparé le
personnage dans un très curieux dessin animé dont
nous voyons ici un extrait) ou d’un petit court
en pâte à modeler, réalisé par
Lord au début des années 80. Mais c’est
aussi et surtout l’opportunité d’analyser
en quoi le style Chaplin a influencé le film
d’animation
lors du premier siècle du cinéma. Un
reportage d’autant plus intéressant qu’il
nous permet par ailleurs de découvrir des images
d’archive
passionnantes - les répétitions du gag
de la statue en vitrine par exemple, ou encore des
images du tournage du fameux plan de la rencontre,
qui nécessita
plus de 300 prises… Indispensable.
Scène coupée :
Longue scène (7'17'')
qui voit le vagabond aux prises avec un petit bout
de bois coincé dans une grille. Indescriptible
et hilarant bout de vie, mais l’on comprend
que ce petit morceau de bravoure comique
n’ait
pas été retenu
au montage, cassant sans doute le rythme du film… Une
superbe rareté, un petit bonheur de pantomime,
restauré
qui plus est.
Documents :
"Quand y’en a plus, y’en
a encore" ! Avalanche de bonus dans cette section du
second DVD
qui nous propose entre autres :
Le tournage : Huit minutes
rares et d’assez bonne
qualité (du grain mais un beau master) où l’on
peut voir Chaplin sur le plateau de son film, notamment
pour le tournage de LA fameuse scène de la rencontre.
L’occasion aussi pour le réalisateur/acteur
de faire le pitre devant la caméra. A voir certaines
attitudes, on sent toutefois une tension évidente
sur le plateau. Quel document !
Essais avec Georgia
Hale : (6'30'')
Mécontent de Virginia Cherrill, le créateur des
Lumières de la Ville fit passer des essais à Georgia
Hale (La Ruée
vers l’Or) en vue d’un éventuel
remplacement. Ses essais, basés sur la dernière
scène du film, ne nous laissent toutefois pas
imaginer la manière dont Hale aurait joué les
aveugles. C'est d'ailleurs son incroyable capacité à
rendre la cécité à l'écran qui permettra à Cherrill de
préserver son rôle… Là encore,
un document d’une rareté incroyable, qui
ravira les fans.
The
Dream Prince (1'09'') : petit
extrait de film qui voit Chaplin en habits de cérémonie
militaire (en fait une scène jamais montée
: comment la fleuriste aveugle imagine son bienfaiteur).
Une minute à l’intérêt limité (si
ce n’est sa rareté).
Répétitions : extrait un
peu plus conséquent
(1'20'') des images déjà entr'aperçues
dans le documentaire de Serge Bromberg, soit les répétitions
du gag du mannequin en vitrine.
Chaplin et les boxeurs (4'26''):
Suite à la visite
amicale de boxeurs (Harry Mansell & Benny Leonard) sur
le plateau, Chaplin s’amuse à boxer
avec eux. Le tout a été filmé et il ne
serait pas étonnant que certaines attitudes aient
inspiré le
réalisateur des Lumières de la Ville pour
sa fameuse scène de boxe. Images rares, belles
et parfois franchement hilarantes (la manière
qu’a Chaplin de provoquer certains des boxeurs vire
au sketch plus ou moins improvisé).
Winston
Churchill en visite : 1'59'' d’images
présentant la visite du futur premier ministre
anglais sur le tournage. Une fois encore, Chaplin ne
peut s’empêcher de faire le clown sous les
yeux amusés et rieurs de son visiteur.
Chaplin parle (3'29'')
: la tournée
de l'artiste en Europe provoque d’impressionnants
mouvements de foule, foule venue accueillir un Chaplin
qui se révèle être une vraie star
internationale. Les images de son périple à Vienne
sont impressionnantes (et sonores - ce qui nous
vaut les premiers mots de Chaplin dans un micro : "Bonjour"),
Chaplin se retrouvant pris dans la cohue générale.
Voyage à Bali (9'57'').
Images de Charles et Syndey Chaplin se rendant à Bali
en 1932. Les vacances de Chaplin, son hôtel, ses
balades en forêt, sa visite d’un village
indonésien où une danse rituelle est donnée
en son honneur… Rien de franchement transcendant
si ce n'est finalement ce plaisir de cinéphile
tout bête : découvrir la face cachée
d’un
Chaplin très humain (il offre à son tour
un petit spectacle aux villageois, ravis et hilares).
Un document somme toute vraiment sympathique.
The Champion (9'32'')
: Extrait d’un
moyen métrage de Chaplin (1915) qui voit Charlot
aux prises avec des boxeurs. On retrouve d’ailleurs
certains des gags qui feront tout le génie de
la séquence de boxe des Lumières de
la Ville. Un petit cadeau sur lequel nous ne crachons
pas !
Bande-annonces : Sur 8 minutes, plusieurs
bande-annonces d’époque ou plus récentes
(nous avons notamment droit à une BA française
des années 60/70 où l’on voit un
Chaplin vieillissant accueilli en grande pompeà Paris
pour la ressortie du film).
Galerie photos : classées en
différents
chapitres, quelques 140 photos de tournage nous sont
proposées sous forme de diaporama (une bonne initiative
quand tant d’éditeurs nous obligent encore à sauter
de page en page - un exercice qui peut se révéler
fastidieux sur 150 photos !). A noter 1.
que ce sont dans tous les cas des photos de très
belle qualité et
non de vieux clichés grisâtres. 2.
quelques photos amusantes du matériel publicitaire
utilisé à l’occasion
de la ressortie du film à Rome en 1952.
Affiches
du film : Une douzaine de très belles
affiches du film, dans toutes les langues.
La Collection
Chaplin : 10 minutes d’extraits
des longs-métrages de Chaplin sortis sous emblème
Mk2/Warner : Le Kid, L’opinion
publique, La ruée vers l’or, Le cirque, Les
lumières de la ville, Les temps modernes, Le dictateur,
Monsieur Verdoux, Les feux de la rampe, Un roi à New
York et La grande revue de Charlot.
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