
Réalisé
par Henry Hathaway
Avec Robert Mitchum, Dean Martin, Roddy
McDowall, Katherine Justice
Scénario : Marguerite Roberts
d’après le roman ‘Glory Gulch’ de Ray Gaulden
Musique : Maurice Jarre
Photographie : Daniel L. Fapp
Un film Paramount
USA
98 mn
1968 |

Paramount
98 mn
Zone 2
Format cinéma : 1.85
Format vidéo : 16/9 compatible
4/3
Langues : Anglais / Français /
Italien / Espagnol / Allemand
Sous titres : Français / Anglais
/ Allemand / Italien / Espagnol / Hollandais
Dolby Digital Mono d’origine
Chapitrage et menus
fixes |


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1880.
Rincon, petite bourgade du Colorado qui vit à l’heure
des prémices de la ruée vers l’or. La
nuit tombée, dans le calme d’une arrière-salle
de saloon, une partie de poker réunissant 7 personnes
s’achève en tragédie : un tricheur se
fait lyncher par ses partenaires dont le meneur est le jeune
et insensible Nick Evers (Roddy McDowall). L’un d’entre
eux, le joueur professionnel Van Morgan (Dean Martin), ayant
tenté de s’opposer à ce meurtre, est assommé
et abandonné. La vie reprend pourtant son cours, la
police ayant d’autres chats à fouetter que de
se lancer à la poursuite des assassins de ce parfait
inconnu. De son côté, Van Morgan part s’installer
et jouer à Denver où il pense gagner plus d’argent.
A Rincon, un nouveau filon est découvert mais bientôt
l’on découvre deux hommes mystérieusement
abattus, deux hommes ayant fait partie du petit groupe de
lyncheurs. Dans le même temps est arrivé dans
la ville, pour remettre dans le droit chemin les brebis égarées
par l’attrait maléfique de l’or, Jonathan
Rudd (Robert Mitchum), un pasteur sachant aussi bien manier
sa bible que ‘Mr Samuel Colt’. Etrangement, les
uns après les autres, tous les membres présents
autour de la table de jeu lors de la fameuse soirée
se font ‘descendre’. La tension monte en ville,
les mineurs prenant peur et souhaitant que la sécurité
revienne au plus vite. Pour ce faire, ils décident
dans un premier temps de renverser le shérif qu’ils
trouvent trop laxiste, ce qui n’ira pas sans un bain
de sang, les esprits étant bien trop échauffés.
Les cadavres continuent de s’accumuler. Van Morgan est
de retour en ville afin de dénicher le coupable avant
que ce dernier ne le trouve le premier… |
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Il a souvent été dit qu’avec
Cinq cartes à abattre, nous tenions le premier
exemple de l’intrusion d’une intrigue policière
classique au sein du western. C’est ne pas se rappeler,
tout de même plus de 20 ans auparavant, du sympathique
La cité de la peur de Sidney Lanfield (disponible
aussi en zone 2 chez Montparnasse et testé ici même)
dans lequel Dick Powell interprétait un détective,
une sorte de Philip Marlowe au Far West. Et il me paraît
évident qu’en cherchant attentivement, il doit
certainement en avoir eu de nombreux autres. Tout cela pour
dire que l’originalité de ce western assez
terne n’en est finalement pas vraiment une même
s’il s’agit certainement du plus connu. Marguerite
Roberts nous offre une histoire "à la manière
d’Agatha Christie", une espèce de Dix
petits nègres dans l’Ouest. Mais ce script
ne se révèle pas franchement passionnant d’autant
plus que le "Whodunit" est vite éventé
et que l’énigme consistant à deviner
le coupable n’est pas vraiment compliquée à
résoudre. Cette même scénariste sera
beaucoup plus inspirée l’année suivante
en écrivant l’excellent True Grit (100
dollars pour un shérif) du même Hathaway
ou, bien plus anciennement, le très intéressant
Ambush (Embuscade 1949) de Sam Wood.
Mais n’imputons pas la seule faute de ce semi-ratage
à Marguerite Roberts ; elle est loin d’en avoir
la plus grande responsabilité, le film pouvant, à
sa première vision, se laisser quand même regarder
avec un certain plaisir grâce aussi à son intrigue.
Henry Hathaway, dont la filmographie depuis l’excellent
From Hell to Texas (La fureur des hommes) ne nous
a guère donné l’occasion de souvent
nous réjouir (si l’on excepte Katie Elder et
True Grit justement) y est aussi pour beaucoup. Si certains
parleront de nonchalance ou de décontraction, j’y
vois plutôt un rythme alangui, une certaine paresse
et beaucoup de fadeur. Hathaway n’est pas concerné
par son film et ceci se ressent assez souvent. Il en vient
même à nous pondre une séquence d’un
ridicule achevé au niveau purement formel, celle
des retrouvailles de Dean Martin et Katherine Justice en
tout début de film qui n’aurait pas dépareillé
dans un sketch parodique des Nuls avec son ralenti et son
gros plan niaiseux sur la figure de la jeune femme ! Oublions
ces quelques fautes de goût car elles ne sont pas
légion mais regrettons la rigueur que le cinéaste
possédait encore dans les années 40 et 50.
Le script a beau ne reposer que sur une simpliste et banale
enquête policière, multipliant les gimmicks
et astuces de récit (le Derringer caché dans
la Bible…) au détriment de l’arrière-plan
historique qui aurait pu être passionnant à
développer, il n’en comporte pas moins quelques
aspects positifs. Et ici, le réalisateur, qui on
le sait s’est fait une spécialité dans
la description au quotidien d’une certaine forme de
violence, participe également de ces quelques éléments
tout à fait remarquables. Vers la mi-film, les mineurs,
échauffés par cette recrudescence des meurtres
et apeurés à l’idée qu’ils
soient les prochaines victimes, décident de mettre
fin aux activités du shérif et de le remplacer
dans l’enquête pour en finir le plus rapidement
possible. L’homme de loi ne voulant pas céder
se fait tuer et s’ensuit une fusillade généralisée
qui dégénère en massacre alors que
personne n’est vraiment à blâmer de part
et d’autre. A cette occasion, Hathaway nous livre
une description forte et habile de l’escalade de la
violence dans une petite ville du Far West suite au climat
de suspicion et à la psychose collective qui en a
résultée. Malheureusement, ce genre de séquence
est assez rare dans le film ou alors vite expédiée
et trop peu approfondie. Elles ont tout de même le
mérite d’exister et de ne pas nous faire complètement
dénigrer le film qui, sous certains aspects, nous
fait entrevoir ce qu’il aurait pu être si l’équipe
y avait cru avec plus de conviction (Hathaway lui-même
n’aimait pas son film).
Mais alors me direz-vous, n’assistons-nous pas quand
même à un duo de choc entre Dean Martin et
Robert Mitchum ? Certes ! Mais le duo est lui aussi bien
décevant et mollasson ; nous les avons très
souvent vu bien plus inspirés. A vrai dire, ils ont
l’air de s’ennuyer tous deux. Dean Martin dans
la peau de Van Morgan est à cent coudées au-dessous
de son interprétation du Dude de Rio Bravo et
Robert Mitchum était deux ans plus tôt bien
meilleur dans El Dorado du même Howard Hawks.
S’il se plaît ici à endosser à
nouveau la défroque du pasteur pour tenter de nous
ressortir son petit numéro qui avait fait son succès
dans La nuit du chasseur de Charles Laughton, il
ne se sent pas cette fois concerné et, s’il
nous amuse au début, finit par nous faire bailler
assez vite, son personnage étant, malgré les
apparences, aussi schématique que les autres. Les
seconds rôles n’apportent eux non plus aucun
pittoresque, piquant ou émotion à cette aventure
qui aurait pu au moins alors devenir picaresque ou attachante.
Si Roddy McDowall en salaud et Inger Stevens en "coiffeuse-prostituée"
s’en sortent plutôt bien, les autres nous livrent
des interprétations fades (Yaphet Kotto) voire même
médiocres (Katherine Justice).
Le public ne s’y trompa pas : desservi par un script
assez faible narrant une sombre et banale histoire de vengeance
sous couvert d’une intrigue policière et par
une mise en scène sans réelle rigueur ni vigueur,
le film fut un échec au box office. Depuis, il est
devenu un classique des diffusions télévisuelles
et ce n’est d’ailleurs que sous cette forme
qu’il peut être apprécié : pas
vraiment un mauvais film, il s’en faudrait de beaucoup,
mais un honnête divertissement pour dimanche après-midi
pluvieux. Je conçois aisément que Cinq
cartes à abattre puisse être grandement
apprécié mais permettez-moi de rester dubitatif
et fortement étonné quand il m’est arrivé
de le voir rangé parmi les plus grands westerns des
années 60 ! Terminons maintenant sur une note positive
: Maurice Jarre est le seul à avoir l’air de
s’être amusé comme un petit fou car il
nous sert un score tour à tour drôle, léger,
angoissant, inquiétant, etc., un véritable
bonheur renforcé par le fait que la ballade des génériques
est chantée par Dean Martin en personne.
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Paramount
nous propose ce petit western dans une copie
non restaurée, parsemée ici et là de
quelques points blancs et griffures, mais d’une excellente
tenue dans l’ensemble. Les couleurs n’accusent
aucunement le poids des ans même si certains plans
nous les rendent soit trop criardes soit trop ternes ; mais
leur nombre étant très limité, ça
n’en est pas très gênant. Hormis certaines
séquences abîmées par quelques déformations
de la pellicule, très légers sautillements
ou définition fluctuante, nous pouvons enfin voir
ce film dans de bonnes conditions car techniquement il n’y
a pas grand chose à dire, la compression se révélant
très satisfaisante. Dommage qu’une nouvelle
fois avec Paramount les sous-titres ne se montrent pas assez
discrets.
Niveau son, pas grand chose à redire
non plus. Le mono d’origine, sans faire des miracles,
est assez bien conservé et très clair sans
presque aucune trace de souffle. Cependant à quelques
reprises, on se surprend à entendre des voix à
l’intonation métallique et lointaine ou des
saturations lors des passages mouvementés et soulignées
par la musique qui nous semble alors parfois agressive.
A noter une version française qui se tient à
peu près même si moins précise que la
version originale.
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La jaquette et les menus sont d’une
laideur à pleurer et niveau bonus, c’est
la Bérézina, la traditionnelle bande-annonce
ayant elle aussi disparue ! L’essentiel est néanmoins
sauf, à savoir le film présenté sous
un aspect plutôt plaisant.
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