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Réalisé par John Palmer
et David Weisman
Avec Edie Sedgwick, Isabel Jewell,
Wesley Hayes, Paul America, Roger Vadim…
Scénario : John Palmer, David
Weisman et Geneviève Charbin et Chuck Wein (non crédités)
Photographie : John Palmer et Kjell
Rostad
Musique : John Phillips, Kim Fowley,
Richie Havens…
Un film Maron Films et Sugarloads Films
Etats-Unis – 91 mn - 1972
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Zone
2 - DVD 9 PAL
Édité par Carlotta films
91 mn
Format cinéma : 1.85 :1
Format vidéo : 4/3
Noir et blanc et couleurs
Langues : Anglais Dolby Digital 1.0
Sous-titres : français optionnels
Menus et chapitres
animés
Sortie : 4 mai 2004 |


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Chroniqués
par DvdClassik :
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Pour
certains un document exceptionnel sur les années 60,
pour d’autres une expérience visuelle inégalable,
Ciao ! Manhattan, ovni cinématographique qui secoua
le cinéma underground américain, nous livre
pour la dernière fois Edie Sedgwick, égérie
d’Andy Warhol dans un film documentaire bigarré
étrange et imparfait qui nous fait vivre la solitude
et la déchéance d’une icône branchée
de l’ère pop-art. Du cinéma expérimental
situé entre flash-back, vidéo surveillance,
électrochocs et shots d’adré. |
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"Miroir,
oh mon miroir, si c’est moi beauty number 2, qui est
number 1 ?". Si cette tirade du Beauty number
2 d’Andy Warhol rappelle immanquablement un certain
conte de fée, elle renvoie pourtant à un autre
destin tragique, celui de l’icône sexuelle numéro
1 : Marylin Monroe. Si elle n’était classée
que numéro 2 dans le hot-parade américain,
Edie Sedgwick inspira néanmoins des artistes de renommée,
que ce soit Lou Reed avec son Femme Fatale ou encore
Bob Dylan pour ses Just like a woman et Just
a rolling stone, sans oublier son mentor, Andy Warhol,
maître suprême de la Factory. Edie a connu le
glamour des pages magazines et l’enfer des registres
d’hôpitaux. Tout comme Marylin, Edie n’a
pas résisté au faste des sixties.
Ciao ! Manhattan nous plonge dans les dernières
années de la vie d’une de ces muses tragiques
du panthéon américain de la sous-culture.
Le projet démarre au printemps 1967. Quelques habitués
de la Factory proposent de tourner un film aboveunderground
underground, un film qui, au contraire des autres films
de la Factory, pourrait trouver un écho public plus
large. Chuck Wein et Geneviève Charbin ont retravaillé
un scénario acheté 250 $ par Bob Margouleff
: Stripped and strapped. L’idée est
de tourner un film à petit budget destiné
aux drive-in de l’Etat de Caroline. Edie ne devait
pas être l’actrice principale, mais plutôt
Susan Bottomly, une gamine de 17 ans qui errait, comme d’autres,
dans l’atelier de Warhol. Comme son père refusa
de donner son accord pour le tournage, Weisman décida
de convaincre Sedgwick. A cette époque, Edie était
en dispute avec un Warhol qu’elle n’allait jamais
revoir.
Un tournage chaotique débute. Palmer et Weisman enchaîne
les reportages sur les party new-yorkaises de la clique
à Warhol. Rapidement, par manque d’argent et
suite à la disparition de plusieurs membres du casting,
Palmer et Weisman mettent la caméra de côté.
Paul America est retrouvé en prison pour trafique
de stupéfiants, et Edie
échappe à l’incendie d’un hôtel
auquel elle avait malencontreusement mis le feu en laissant
tomber son cloppe… le duo de réalisateurs disposent
de kilomètres de pellicules, mais pas un film à
l’horizon.
Trois ans plus tard, Weisman et Palmer retrouvent Edie en
Californie. Le tournage reprend. Les réalisateurs
reprennent le matériau originel en y incorporant
des images disparates, véritable puzzle composé
d’images d’actualité, de vidéo
surveillance et de nouvelles bobines. Le résultat
est déconcertant. Beau et horrible à la fois.
Ridicule et magnifique, tragique et désespéré.
Wesley Hayes, autostoppeur texan rencontré par Weisman,
participe à l’écriture en apportant
quelques éléments de sa jeune expérience.
Hayes devient accidentellement l’un des acteurs principaux
du film.
Son personnage, Butch, jeune aventurier au volant d’une
merco de seconde main, fait le trip hippie obligé
en Californie. Il prend en stop une femme topless et hagarde,
Susan (Edie Sedwick), qu’il reconduit dans sa demeure
vétuste des beaux quartiers de L.A. Elle (sur)vit
dans une piscine aménagée, décorée
des photos de sa gloire passée, en compagnie de sa
mère (magnifique Isabel Jewell) et du garçon
de maison (Geoffrey Biggs). Elle offre sa plastique à
l’œil de la caméra sans retenue, fidèle
à l’anti-pudibonderie chère aux adeptes
de la Factory. Dans
cette antre étrange, elle revit ses moments de gloire,
tentant par des coups de téléphone désespérés
de décrocher à nouveau des contrats de mannequin
avec des magazines glamour.
Si le journal new-yorkais The Village Voice n’avait
pas hésité à qualifier Ciao ! Manhattan
de Citizen Kane de la drug generation, on
est pourtant plus proche du Sunset Boulevard de
Billy Wilder. Le film de Palmer et Weisman n’ayant
jamais bénéficié d’un scénario
consistant, ils doivent ce parallèle audacieux au
hasard. Tout comme le personnage campé par Gloria
Swanson, Edie Sedgwick habite une ancienne demeure bourgeoise
qui tombe en ruine, elle y passe son temps à ressasser
un passé fait de strass et de paillettes, maintenant
loin derrière elle.
Scènes d’archive ou séquences tournées
en 1970, Edie explose à l’écran. Elle
est à la fois star et poupée désarticulée
victime des stupéfiants. Elle est glamour mais surtout
pathétique quand, nue, elle danse en se saoûlant
à la vodka. Le scénario importe peu, il n’est
que prétexte à nous montrer la gloire et la
déchéance de l’icône des sixties.
En ce sens le film lorgne régulièrement du
côté du documentaire, tout en ne constituant
qu’un work in progress dépendant de la situation
financière des réalisateurs et de la disponibilité
du casting ! La scène finale compose le feu d’artifice
de ce drame. Après avoir couché avec Susan,
Butch l’emmène à la clinique psychiatrique
afin que les médecins lui administrent un traitement
"adapté". Electrochocs et gloire
du passé se mêlent habilement à l’écran.
C’est l’histoire de Sedgwick que nous offre
Palmer et Weisman. Butch s’en va et finit par apprendre
le décès de Susan en lisant les titres d’une
gazette locale. Un
fin prémonitoire, Edie Sedgwick allait s’éteindre
quelques jours après la fin du tournage. L’autopsie
conclura à un accident/suicide dû à
une overdose de barbituriques.
Ciao ! Manhattan restera le seul film qui permit
à Edie Sedgwick d’exprimer ses rêves
et ses échecs, de même que le personnage qu’elle
était vraiment. Le film constitue le témoignage
d’une époque étrange et révolue,
le documentaire le plus exhaustif sur la vie d’Edie.
Longtemps oublié depuis sa première en 1972,
le film suscita à nouveau l’intérêt
lors de la publication de la biographie écrite par
Jean Starck 10 ans plus tard. Cette édition DVD coïncide
avec une sortie ciné qui ramènera peut-être
une nouvelle fois Edie sur le devant d’une scène
qui se délecte de ces jeunes célébrités
jetables, prêtes à tout pour accéder
à leurs 15 minutes de célébrité,
quitte à devoir enfiler des bottes et marcher dans
du purin.
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Fidèle
à sa réputation, Carlotta films nous livre,
une fois de plus, un DVD soigné, l’œuvre
d’un éditeur cinéphile. Nous saluerons
tout particulièrement le soin qui a été
apporté à la réalisation d’un
boîtier digipak original et design, fidèle
à l’esprit pop des années Warhol. Le
DVD est inséré dans un fourreau dont la tête
et le bas coulissent afin de livrer leur trésor.
Un petit plus qui mérite d’être salué
!
Image : Le film est présenté
dans un tout nouveau master restauré, au format original
respecté 1.85 :1. Il présente une image qui
pêche par quelques défauts dès les premières
minutes du film : griffes, poussières, … Ces
petites imperfections passées, nous avons droit à
une image de toute beauté, stable et bien définie.
On pourrait bien évidemment regretter l’absence
de transfert 16/9, mais le format 4/3 correspond bien à
l’esprit underground et trash du film qui mélange
images d’archive, d’actualité, de vidéo
surveillance et de cinéma…
Son : Une version originale anglaise en
Dolby Digital mono 1.0 de qualité, parfaitement aérée
quand elle nous livre les compositions magnifiques d’un
John Philipps ou d’un Richie Havens. Du bon boulot.
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Tous
les suppléments sont proposés au format
4/3, en version anglaise avec sous-titres français
optionnels.
Commentaire audio du film par les réalisateurs
John Palmer et David Weisman, accompagnés de l’acteur
Wesley Hayes. Nombre d’anecdotes sur les décors,
les lieux, les acteurs… et l’amour de Weisman
pour le cinéma de Kurosawa. Un grand fourre-tout
qui colle magnifiquement à l’esprit brouillon
du film.
Entretiens avec George Plimpton (7’30),
éditeur du livre Edie Sedgwick : american girl.
Plimpton évoque sa rencontre avec Edie, ses rapports
avec la Factory.
Betsey Johnson (7’50) revient sur
les costumes qu’elle a réalisé pour
le film.
David Weisman (10’24), co-réalisateur
du film revient avec force détails sur l’aventure
Ciao ! Manhattan. Un complément intéressant
au commentaire audio. On notera une saute dans la bande
son à 0’49.
Wesley Hayes (4’33), acteur qui
campe Butch, évoque, avec nostalgie, sa participation
surprise au film.
Bande annonce originale du film (3’45)
proposée au format 4 :3 et en VOSTF.
Ciao
! Manhattan retrouvé (27’15). En
1999, David Weisman découvre 90 boîtes de
rushes du film, dont la plupart datent de 1967. Malheureusement,
la bande son a disparu. Les images sont tirées
d’un négatif 35mm. Elles sont proposées
un commentaire audio optionnel sous titré du réalisateur.
Ces images vont du survol en hélicoptère
de Manhattan, en passant par le rassemblement de Pâques
de 1967 à Central Park. Mention spéciale
aux images de party campagnarde new-yorkaise, nous montrant
un Allen Ginsberg, nu comme un ver, secouant une clochette
de méditation !
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