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Menacée
de mort par le milieu du crime parce qu’elle doit témoigner
lors du procès du meurtre de son époux, la veuve d’un
gangster a été mise sous la protection de la police. Deux
agents fédéraux arrivent à Chicago pour l’escorter
par le train jusqu’au tribunal de Los Angeles. Les choses tournent
mal d’entrée, et seul l’un des deux agents, le détective
Brown, parvient à l’emmener à la gare. Les voilà
tous les deux embarqués pour une longue nuit dans ce train qui
devient le terrain d’une traque sans relâche de la part des
gangsters engagés pour la tuer. |
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Fleischer fut certainement le premier qui sut le mieux utiliser le
nouveau format Cinémascope (apparu en 1953) à des fins
plastiques. Fils du grand animateur Max Fleischer (le créateur
de Betty Boop et de Popeye) et ancien étudiant en médecine,
le réalisateur avait des dispositions pour s’intéresser
aux évolutions techniques de son mode d’expression. Du
Cinémascope L’énigme du Chicago Express fait partie
de ces petits films de genre qui font assez peu parler d’eux mais
qui se révèlent, après leur vision, comme des œuvres
plutôt jouissives de par leur dynamisme et leur efficacité
dépouillée de toute pesanteur intellectuelle. Un véritable
film de série B qui emporte le spectateur par son rythme et son
simple postulat de départ. Dans son prologue, avant que les personnages
principaux montent dans le train, le film recourt aux codes visuels
du film noir (milieu interlope, rues nocturnes, flics bourrus, Fleischer parvient à créer une tension continue grâce
aux incessants déplacements de ses personnages, dont bien entendu
le policier chargé de la protection du témoin. Toujours
sur le qui-vive, ce dernier ne cesse de parcourir le train express de
long en large afin d’accomplir sa mission. Lorsque le film s’accorde
une pause, c’est-à-dire quand on arrête de sillonner
les couloirs étroits et les compartiments, ce sont les jeux de
regard qui maintiennent le trouble et l’anxiété.
Le détective Brown, monté sur un ressort, devient le pivot
de ces scènes, toujours prêt à bondir pour retourner
une situation critique à son avantage. Ce policier dur et Mais la psychologie n’a rien à faire ici. Seuls comptent
la vitesse et le mouvement. Fleischer utilise avec une grande dextérité
les panoramiques pour suivre ses personnages dans ce lieu exigu, et
pour traduire le sentiment diffus de danger. Le cinéaste use
parfois des panoramiques croisés autour des personnages qui conservent
plus ou moins leur position, mouvements de caméra qu’il
associe parfois à un montage assez cut, renforçant ainsi
cette impression d’entraînement dans l’action. Les
travellings en profondeur ne sont pas en reste et contribuent à
projeter le spectateur dans ce tourbillon visuel. Cependant tout ce
dispositif technique reste quasiment invisible tant la fluidité
de l’ensemble emporte le morceau. Fleischer se permet même
un raccord de toute beauté et d’une grande pertinence lorsqu’il
enchaîne un plan serré des roues du train roulant à
toute vitesse après un plan nous montrant la veuve A côté de quelques grands films à suspense se déroulant dans un train, domaine dans lequel Hitchcock s’était particulièrement illustré, il faut compter avec ce Narrow Margin. Si ce film n’a pas la l’humour et la malice d'Une femme disparaît, il a pour lui un grand sens du rythme, une concentration sans relâche sur son sujet et une très belle gestion de l’espace, d’autant que la plupart des plans réalisés ont du se révéler d’une grande complexité dans leur exécution. Richard Fleischer signe l’un des plus beaux fleurons du thriller de série B. Une petite œuvre qui connut un franc succès à sa sortie et qui eut une influence certaine sur la production filmique et télévisée. On peut rappeler d’ailleurs qu’un remake de L’énigme du Chicago Express fut tourné en 1990 par le réalisateur Peter Hyams: Le seul témoin avec Gene Hackman et Anne Archer. Une grosse production, des acteurs célèbres, des extérieurs à foison mais une audace moindre, un tempo moins assuré et une réalisation qui s’éparpille et perd en intensité… quand la série B enterre la série A. |
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Son : Un excellent mono d’origine,
clair et détaillé, sans le moindre souffle. Là
encore, aucune source de reproche.
Son : Les voix comme les ambiances sont claires et intelligibles. Cependant, on pourra noter un léger manque de dynamique, mais cela ne porte pas vraiment à conséquence. La version française est légèrement plus étouffée. Une curiosité : sur la version originale, les bruitages du train se font entendre dès l’apparition du logo RKO, ce n’est pas le cas de la vf. Le doublage reste médiocre (la voix française du policier ne peut prétendre rivaliser avec celle de Charles McGraw). On notera aussi quelques erreurs dans les sous-titres (jaunes donc parfaitement visibles). |
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Bande-annonce : d’une durée d’ 1
mn 50, elle est dans un état assez médiocre.
Pour seul supplément donc, comme pour tous les DVD de cette collection RKO, la présentation de Serge Bromberg (1’52’’). Le sympathique directeur de Lobster Films nous propose une petite biographie de Fleischer et l’histoire du film. Plus court qu’à l’accoutumée, cette introduction survole un peu trop son sujet. Bromberg inverse d’ailleurs le sens de l’excellent raccord explicité plus haut dans l’analyse, mais on lui pardonnera facilement son erreur tant sa passion pour le film est communicative.
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