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Réalisé par Michael Curtiz
Avec Humphrey Bogart, Ingrid Bergman, Paul Henreid, Claude Rains
Scénario : Julius J. et Philip G. Epstein, Howard Koch et
Casey Robinson d’après ‘Everybody comes to Rick’s’ de
Murray Burnett et Joan Alison
Musique : Max Steiner
Photographie : Arthur Edeson
Un film Warner Bros
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Warner
Home Video
97 mn
Zone 2 1° Edition & Collector
Format cinéma : 1.33
Format vidéo : 4/3
Noie et blanc
Langues : Anglais / Italien
Sous titres : Français / Anglais / Italien / Néerlandais
/ Arabe / Espagnol / Portugais / Allemand / Roumain / Bulgare / Anglais
pour malentendants / Italien pour malentendants
Mono d’origine
Chapitrage et menus fixes |


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1942,
en pleine tourmente de la Seconde Guerre Mondiale, des
milliers de réfugiés fuyant le joug hitlérien
en Europe, affluent à Casablanca dans l’espoir
d’obtenir un visa pour les Etats-Unis et la liberté.
Le Major Strasser (Conrad Veidt), important dignitaire
allemand, arrive en ville pour enquêter sur l’assassinat
de deux émissaires nazis ; il demande pour son
investigation l’aide du capitaine Renault (Claude
Rains), chef de la police locale vichyssoise. La solution
de cette énigme ne peut se trouver qu’au
Café Américain où se presse chaque
soir une foule cosmopolite et bigarrée et dont
le propriétaire (Humphrey Bogart) est un ancien
opposant aux fascistes en Ethiopie et en Espagne. Miné par
un chagrin d’amour, Rick est devenu un homme amer,
désenchanté et opportuniste qui affecte
désormais un complet détachement vis-à-vis
de la situation internationale : il peut à la
fois laisser se dérouler dans son établissement
tout un tas de trafics et ne pas lever le petit doigt
pour empêcher l’arrestation du meurtrier
des soldats allemands. L’arrivée d’Ilsa
(Ingrid Bergman), la femme qu’il avait aimée
avant l’occupation de Paris par l’armée
ennemie et qui l’avait quitté brusquement,
en remuant de vieux souvenirs, va le faire sortir de
sa ‘léthargie humaniste’ ; il se réengage
dans la bataille livrée contre les nazis. En effet,
Victor Laszlo (Paul Henreid), le mari d’Ilsa, n’est
autre qu’un chef réputé de la Résistance, échappé d’un
camp de concentration et qui souhaite rejoindre les Etats-Unis.
Rick fera tout pour favoriser la fuite du couple préférant
sacrifier son amour pour se battre de nouveau aux côtés
des alliés… |
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"Nos petits problèmes personnels ne pèsent
pas lourd dans la balance au milieu de tout ce gâchis" dira
en cours de film Humphrey Bogart à Ingrid Bergman
; en effet, Rick, le personnage qu’il interprète,
finira par sacrifier l’amour au profit de la lutte
pour un monde libre. Il s’agit donc effectivement
avant tout d’un film de propagande, d’une oeuvre
de circonstance en faveur de l’interventionnisme
militaire et politique des Etats Unis dans le conflit mondial.
Mais, si Casablanca n’avait été que ça,
pensez vous sérieusement qu’il aurait pu traverser
toutes ces années sans prendre la moindre ride et
sans entamer le potentiel d’amour et de fascination
qu’il véhicule avec toujours autant de ferveur
qu’il y a 60 ans chez toutes les générations
confondues ? Car avec Autant en emporte le vent, le film
de Michael Curtiz est paraît-il le film le plus apprécié du
public américain. Comme le fait remarquer Jacques
Lourcelles dans son passionnant dictionnaire du cinéma, "cela
tient sans doute, dans ce qu’il a de bon et de moins
bon, à sa nature de feuilleton. Le caractère
exceptionnel de Casablanca dans la grande production hollywoodienne
est qu’il a été involontairement conçu, écrit
et tourné comme un feuilleton, aucun de ses créateurs
connaissant la destination de l’histoire, laquelle
resta jusqu’au bout ‘à suivre’."
Effectivement,
le tournage (comme celui de Autant en emporte le vent)
fut véritablement feuilletonesque. Toute
l’équipe est sceptique dès le premier
clap car déjà la préparation du film
fut conflictuelle : tous les comédiens prévus
au départ (Ann Sheridan, Ronald Reagan et Dennis
Morgan en dernier ressort après bien d’autres
célébrités restées déjà sur
la brèche) ne se retrouvèrent finalement
- et heureusement - pas dans la version que nous connaissons.
William Wyler fut remplacé par Michael Curtiz, qui à 54
ans, avait déjà prouvé à maintes
reprises sa capacité à diriger de gros budgets à Hollywood
(Captain Blood, Les aventures de Robin des Bois, L’aigle
des mers, Le vaisseau fantôme…) Enfin, de nombreux
scénaristes travaillèrent chacun dans leur
coin sans jamais se consulter, Julius J. et Philip G. Epstein,
Howard Koch et Casey Robinson écrivant et modifiant
le script au jour le jour. Trois mois après le début
du tournage, le producteur Hal Wallis constatera que "nous
avions toujours affaire à un metteur en scène
récalcitrant, à une distribution qui détestait
en partie son dialogue, à des acteurs surpayés
attendant sans rien faire et sans être sûrs
qu’on aurait besoin d’eux et à une actrice
qui rêvait d’être libre pour jouer dans
Pour qui sonne le glas. Mike et Bogey se disputaient si
fréquemment que je devais venir sur le plateau pour
arbitrer leurs querelles". L’anarchie la plus
complète règnera ainsi pendant tout le tournage à tel
point que le choix entre deux fins possibles ne sera fait
qu’au dernier moment. Personne ne saura jamais (y
compris les scénaristes) de quel personnage Ingrid
Bergman était réellement amoureuse. Le réalisateur
lui demandera même de jouer ‘entre-deux’ ne
connaissant pas l’aboutissement de cette histoire
d’amour. Bref, un film qui accouche dans la douleur
et le désordre.
Et pourtant, en découvrant le film, on imagine
assez difficilement comment un tel fouillis a pu donner
naissance à une œuvre aussi attachante, entêtante,
romantique et passionnée, défiant toute analyse,
Curtiz fonçant tête baissée à travers
les clichés et trouvant encore le moyen d’en
ressortir grandi. En effet, même si le temps n’a
pas eu de prise sur ce mélodrame (tiré d’une
obscure pièce de théâtre qui n’a
jamais été représentée mais
seulement rachetée pour son exotisme), si on essaye
de l'étudier plus en profondeur, on se rend vite
compte qu’il comporte pourtant son lot de lieux communs
les plus éculés aussi bien dans les situations
que dans la caractérisation des personnages. C’est
donc bien une sorte de miracle qui a eu lieu, le résultat
d’une alchimie parfaite entre l’élégance
d’une mise en scène, la perfection technique
du studio Warner de l’époque, et une interprétation
prodigieuse de tous les acteurs, seconds rôles compris,
les furtives apparitions de Sidney Greenstreet et Peter
Lorre étant par exemple inoubliables. Mais revenons
en au tout début du film proprement dit…
Le générique se déroule sur fond
d’un thème à la fois exotique et patriotique
(déjà des accords de "La Marseillaise")
du grand Max Steiner et le film s’ouvre sur un rapide
topo historique expliquant ce que viennent chercher tous
ses exilés à Casablanca, sur fond d’images
d’archives et d’une carte représentant
le trajet de Paris à Casablanca. Les images suivantes
montrent la police française tirant et tuant un
homme tentant de s’échapper, ce dernier tenant
dans sa main l’image d’une Croix de Lorraine
et tombant foudroyé au pied d’une affiche
représentant le Maréchal Pétain. Suivent
des plans des habitants levant les yeux au ciel pour regarder
un avion, symbole de toutes leurs aspirations, l’autre
côté de l’Atlantique vers la liberté.
Le film se pose donc sans tarder comme un drame propagandiste
tout ce qu’il y a de plus sérieux mais toutefois
dépaysant puisque se déroulant très
loin des Etats Unis ou de la grisaille européenne,
dans un Maroc reconstitué sans aucun réalisme
mais avec tout le faste nécessaire à Curtiz
pour y situer son intrigue ; ou plutôt ses intrigues
puisque Casablanca contient assez de pistes et
de personnages pour alimenter un grand nombre de scénarios.
Nous sommes en pleine guerre mondiale mais ici, point de
combats
ni de batailles sanglantes, le spectateur peut respirer
et s’immerger dans ce "‘bar américain",
raccourci étonnant du conflit mondial dont les différentes
forces en présence sont personnifiées par
la clientèle, lieu quasi unique de l’intrigue
où se retrouve en terrain neutre toute la société cosmopolite
de la ville marocaine. Une clientèle panachée
de policiers corrompus, d’élégants
officiers nazis, de pickpockets sympathiques, de résistants
courageux, de réfugiés touchants… Un
foisonnement à travers lequel la caméra s’insinue
tout en douceur et élégance, passant dans
les 10 premières minutes du film d’un personnage à l’autre
avec une fluidité incroyable : à peine avons
nous fait le tour de l’établissement qu’il
nous semble connaître tous ses recoins ainsi que
toutes les personnes le fréquentant. Le métier
du réalisateur est ici flagrant et annonce en quelque
sorte les circonvolutions qui ouvriront certains films
de Martin Scorsese, la caméra se baladant de l’un à l’autre
des multiples protagonistes dans un lieu bien défini
sans que jamais le réalisateur ne perde le fil de
son intrigue assez complexe (je pense entre autre à Casino).
Mais
cette maîtrise serait bien vaine si tout ce
qui l’entourait n’était pas aussi de
très haut niveau : les merveilleux gros plans sur
les visages et clairs-obscurs de la photographie de Arthur
Edeson, les thèmes passionnés et tragiques
de Max Steiner ; la direction artistique somptueuse… N’oublions
pas les dialogues plus d’une fois éblouissants,
tour à tour spirituels ou enflammés, ironiques
ou colorés. En voici quelques exemples. Alors que
le capitaine Renault demande à Rick sa nationalité,
ce dernier lui rétorque "Ivrogne" ; sur
quoi le capitaine lui répond "Ce qui fait de
vous un citoyen du monde". Une autre séquence
voyant Rick et Laszlo se lancer dans une discussion sur
l’engagement et le patriotisme se déroule
ainsi :
"Rick : Vous ne vous demandez jamais si tout ça
en vaut la peine ? Ce pour quoi vous combattez ?
Laszlo : Est-ce qu’on se demande pourquoi on respire
? Ne plus respirer c’est la mort. Ne plus combattre
et le monde mourra !
Rick : Et alors ? Il cesserait de souffrir !
Laszlo : Vous me faites penser à un homme qui veut
se convaincre de quelque chose en quoi il ne croit pas.
A chacun son destin, pour le meilleur et pour le pire."
Personne n’a dû non plus oublier cette réplique
qui aurait été ridicule dans 99 % des cas
mais qui passe ici comme une lettre à la poste grâce
au climax éminemment romantique à cet instant
du film quand Rick et Ilsa se retrouvent tous les deux
dans la petite chambre d’un hôtel parisien
: Ilsa entendant une déflagration au dehors dit
cette phrase que même dans un roman de gare on aurait
eu du mal à accepter mais qui dans ce contexte précis
ne choque absolument pas : "Est-ce le bruit du canon
ou celui de mon cœur qui bat ?". Un des prodiges
de l’alchimie miraculeuse de ce merveilleux mélo.
Il faut quand même dire que, grâce à Michael
Curtiz et sa directive à Bergman de jouer entre-deux
(voir le second paragraphe), le personnage d’Ilsa
acquiert un bien plus grand mystère, l’actrice
n’en étant encore que plus convaincante.
Mais
les séquences mythiques de ce film ne sont
pas uniquement basées sur les dialogues (les regards
sont aussi extrêmement importants) : elles viennent
en tout cas s’enchaîner sans aucun répit,
pour le plus grand bonheur des cinéphiles que nous
sommes : Ingrid Bergman demandant avec une nostalgie non
feinte au pianiste noir (joué par Dooley Wilson)
d’entamer sa chanson : "Play it Sam, play ‘As
time goes by’" ; Paul Henreid faisant jouer
et chanter "la Marseillaise" à pleins
poumons par les clients du bar pour couvrir l’hymne
nazi : même si vous n’avez pas la fibre patriotique,
il est à parier que vous aurez pourtant tous la
gorge serrée à ce moment là ; la sublime
idée de mise en scène soutenue par un thème
déchirant et passionné de Max Steiner, voyant
Bogart, vêtu de son célèbre imperméable,
attendant sa compagne à la gare après qu’ils
aient tous deux décidé de fuir Paris ensemble,
et inquiet de ne pas la voir venir, recevoir à ce
moment précis une lettre d’adieu que l’on
voit alors en gros plan et dont l’encre se met à couler
sous l’effet des gouttes de pluie : image d’une
tristesse et d’un romantisme déchirant accentuée
par le visage au bord des larmes de Rick montant alors
seul dans le train. L’émotion qui vous étreint à cet
instant est indescriptible, preuve du génie fulgurant
de Curtiz quand il s’agit de faire vibrer la corde
sensible du spectateur. Mais l’humour n’est
pas non plus absent de ce grand film romantique et tragique
: Claude Rains, pétainiste plus par résignation
que par conviction, jette à la fin dans la poubelle…une
bouteille de Vichy !
Si le film est entré dans la légende hollywoodienne,
un autre mythe continue de se forger, celui d’Humphrey
Bogart qui est pour beaucoup dans la fascination exercée
par le film. Il y avait eu le Sam Spade du Faucon maltais de
Huston, il y a désormais le Rick de Casablanca,
deux personnages somme toute assez semblables et indissociables,
dans l’esprit du public, de l’acteur : Bogart,
c’est Rick, Sam Spade et Marlowe, un homme cynique,
la cigarette au bec et qui passe du smoking impeccable
au vieil imperméable usagé. Dans Casablanca,
le héros foncièrement positif du film est
le rationnel Laszlo joué par Paul Henreid : rien
ne peut lui être reproché. Il est droit, courageux,
loyal, sincère, sans aucun défaut apparent.
Pourtant il reste froid car trop parfait, manquant paradoxalement
d’humanité ! C’est plutôt à Rick
que le spectateur s’identifie le mieux, avec qui
il se sent le plus d’affinités. Il s’agit
d’un personnage solitaire, amer et désenchanté mais
que l’on devine pouvoir se sacrifier. Un homme secret
portant sur ses épaules le poids d’un lourd
passé. Au début, un individualiste farouche
("Je ne prends de risque pour personne")
mais dont on sent qu’il ne l’a pas toujours été (il
déchire même les chèques allemands
au lieu de les encaisser) ; effectivement on apprend en
cours de route que c’est un chagrin d’amour
qui l’a transformé ainsi : en somme un grand
romantique capable de sentiments derrière son impassibilité.
C’est une nouvelle fois l’amour qui lui rendra
sa dignité en lui faisant choisir le bon camp, celui
des Alliés. Il retrouve à la fin son visage
impénétrable, son idéalisme à toute épreuve
dans lequel l’Amérique toute entière
s’est reconnue. Le temps du combat est revenu pour
Rick, celui qu’il avait déjà mené en
Ethiopie et en Espagne et que l’acteur lui même
continuera dans la vie en compagnie de Lauren Bacall, un
combat pour la liberté entre autres.
Ce film démontre donc qu’il n’y avait
pas nécessairement besoin de combats et de spectaculaires
batailles pour faire vibrer l’opinion américaine
et pour soutenir l’effort de guerre. Sans se soucier
d’un quelconque réalisme, Casablanca réussit
pourtant à capter ce que devait être l’atmosphère
de cette époque. Curtiz, par sa mise en scène
fluide, feutrée, concise, élégante,
sa parfaite direction d’acteurs, passe au travers
des ficelles grossières avec un détachement
serein et une conviction certaine qui transforment ce qui
aurait pu être un mauvais mélo en une sublime
histoire d’amour en même temps que la célébration
des sentiments nobles et de valeurs patriotiques nécessaires
pour remonter le moral du public alors que les USA étaient
entrés jusqu’au cou dans le conflit mondial
depuis une année. Un critique dont je m’excuse
de ne plus me souvenir du nom a dit que Casablanca montrait
trois formes d’engagements, un rationnel (Laszlo),
un sentimental (Ilsa) et un chevaleresque (Bogart). Le
film sortira aux USA au moment de la conférence
des Alliés à Casablanca en janvier 1943,
conférence qui suivit de peu le débarquement
en Afrique du Nord. Casablanca obtiendra 3 Oscars, ceux
de la réalisation, du scénario et du meilleur
film. Une légende dit que chaque soir sans exception,
il y a au moins un cinéma à Paris, Londres
ou New York qui affiche Casablanca. Belle légende
qui traduit l’engouement de ce film à toutes époques
et auprès de tous les publics. D’ailleurs
le film ouvrira le chemin à d’innombrables
films du même genre comme, toujours de Curtiz, Passage
to Marseille ou encore cette autre merveille d’après
Hemingway qui vient juste de sortir en zone 1, Le port
de l’angoisse de Howard Hawks. Ah, j’avais
oublié de vous dire : Casablanca est un chef-d’œuvre
!
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Une
première édition du film était sortie
chez Warner en 1999. A l’époque, la presse
spécialisée s’extasiait sur cette galette
qui aujourd’hui, à l’aune de ce qui
s’est fait depuis en terme de DVD pour les classiques,
si elle reste d’un niveau vraiment très honnête
est loin d’être aussi satisfaisante que, pour
en rester chez l’éditeur, l’étonnante
beauté des copies et la parfaite compression de
films comme Les contrebandiers de Moonfleet ou Aventures
en Birmanie, sans parler de ce miracle de technologie que
constitue la restauration prodigieuse chez Paramount de
Sunset Boulevard. Nous serons donc assez succincts pour
ce premier jet sachant que l’édition collector
vient de sortir en France.
La copie est dans l‘ensemble très propre,
le noir et blanc très beau, bien contrasté et
la définition excellente. Cependant certaines
séquences ou plans se révèlent assez
abîmés (la scène précédent
le flash-back au cours de laquelle Rick se retrouve seul
et désemparé avec sa bouteille) et la compression
laisse à désirer à de nombreuses
reprises (de gros pâtés de compression ou
des effets de brillance assez accentués lors de
scènes sombres : voir par exemple à 32’11’’ ou à 1h15’34’’)
sans qu’il n’y ait rien de rédhibitoire,
ces défauts n’arrivant jamais à nous
gâcher la vision du film.
La piste monophonique
anglaise se révèle
bien claire et d’excellente qualité, peu
de souffle ou de grésillement venant gêner
l’écoute des merveilleux dialogues ou de
la musique de Max Steiner. La version française
est quand à elle à vomir : la musique de
Max Steiner a purement et simplement été supprimée
en fond ; quand on sait à quel point elle est
importante pour l’atmosphère éminemment
romantique du film, c’est tout simplement scandaleux.
A ce propos, comparez pour vous amuser la scène
finale en anglais et en français et vous serez
dégoûtés à vie de voir des
films en VF !!! Une bonne thérapie finalement
;-)
Un menu assez plaisamment animé nous amène
aux suppléments : une bande annonce assez abîmée
et non sous titrée, non polluée par des
slogans vieillots de l’époque venant saturer
l’image mais dans laquelle une voix-off raconte
le film sans malheureusement aucune retenue pour les éventuels
spoilers. Un documentaire de 36 minutes sur la feuilletonesque
histoire du tournage, brassant diverses anecdotes assez
intéressantes. Vous ne trouverez en revanche aucune
analyse du film. Un bonus intéressant mais qui
nous laisse un peu sur notre faim. A signaler que le
prologue est présenté par la grande Lauren
Bacall.
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Cette édition
zone 1 du film de Curtiz est quasiment la même que
celle du zone 2 français. Il ne lui manque que les
sous-titres sur les bonus ainsi que le troisième
disque contenant la bande originale du film. En revanche
son prix est moindre et le packaging est, d’un point
de vue graphique, beaucoup plus beau que celui de l’édition
zone 2 (ce jugement est bien entendu très personnel
;-)). Semblable aux collectors Singin’in the
rain
ou Treasure of the Sierra Madre, il contient
deux DVD : le premier étant réservé au film ainsi
qu’à quelques bonus et le second intégralement
consacré aux suppléments. Les menus animés
et musicaux sont de toute beauté, un bel exemple
dont certains éditeurs feraient bien de s’inspirer.
Le
film bénéficie de sous-titres français
et espagnols tandis que les suppléments en sont
totalement dénués. Les collectionneurs
non anglophones passeront donc leur chemin. Pour les
autres, un niveau d’anglais moyen permet de bien
comprendre l’ensemble des bonus.
Enfin, le film
est chapitré en 32 segments qui
permettront aux passionnés de jongler avec leurs
scènes cultes sans aucune difficulté.
Image : la remasterisation opérée sur
ce titre fait débat : certains lui reprochent
un aspect trop lisse en contradiction avec le grain Warner
de l’époque ; d’autres - comme moi
- sont éblouis devant cette image sublime. Contrairement
au précédent DVD, le nouveau master est
totalement exempt de tâches ou griffures et bénéficie
d’une définition remarquablement précise.
En dehors de certains effets concoctés par Curtiz
pour accentuer le romantisme de ces prises de vue (sur
Ingrid Bergman notamment), aucun plan n’est flou,
et cela dans toute la profondeur de l’image. De
son côté l’encodage est également
réussi : les effets de pixellisation et de flottement
des arrières plans de la précédente édition
ont totalement disparu. Par ailleurs, aucun bruit n’est à signaler,
c’est assez remarquable ! Mais cet effort se paie
au niveau des contrastes et l’image paraît
quelque peu lissée par rapport à la précédente édition.
On perd ainsi en détail sur certains gros plans
et les noirs et blancs ne sont pas très tranchés.
A chacun, donc, de choisir son camp : l’image bruitée
et mal définie de la précédente édition
ou celle magnifique mais un peu (si peu !!) lisse de
la nouvelle ?
Son : La bande son proposée est
d’origine.
On retrouve donc le mono présent sur la précédente édition.
Point de remix en 5.1 mais on ne s’en plaint pas
tant la piste mono est remarquable de précision.
Aucun souffle n’est à signaler, les dialogues
se détachent avec une précision diabolique
tandis que la musique et le superbe As times goes
by coulent avec clarté de votre enceinte centrale.
Il existe bien entendu une VF, mais oseriez vous écouter
"Bogey" en français ? ?Joue-la encore
Sam !? Beurrrrrk !!
Bonus : Outre la remasterisation apportée au
film, ce double DVD propose de nombreux bonus passionnants.
A noter que malheureusement aucun d’entre eux ne
bénéficie de sous-titrage. Mais il s’agit
ici du DVD zone 1. Le zone 2 apportant des sous-titres
sur la majorité des suppléments.
Premier
disque :
• Introduction by Lauren
Bacall (2’03) :
cette courte introduction proposée par la sublime
Lauren Bacall faisait partie du supplément consacré à l’histoire
du film sur la précédente édition.
Warner a eu l’idée de la séparer
de ce dernier et d’en faire un prologue au film.
L’épouse d’Humphrey Bogart rappelle
de façon concise le contexte historique de Casablanca
et nous invite à nous plonger dans ce monument
du septième art.
•
Commentary by film critic Roger Ebert : Ce commentaire
audio animé par le célèbre critique
Roger Ebert, est un condensé d’informations
et d’anecdotes en tout genre sur le film, les comédiens,
les techniciens … Ebert tente également
de déceler les influences de Curtiz pour Casablanca
(il parle notamment de l’expressionnisme allemand).
Bref c’est une mine d’infos débitée à vitesse
grand V. Autant être en forme et concentré avant
d’attaquer ce document !
•
Commentary by film historian Rudy Behlmer : Behlmer est
un historien du cinéma. Son commentaire est beaucoup
plus posé que celui d’Ebert (et plus facile à suivre).
Il replace Casablanca dans son contexte historique et
nous ressort un bon nombre d’idées proposées
par Ebert. Mais on a l’impression qu’il développe
davantage son analyse. C’est moins tape à l’œil,
plus fouillé ! Quitte à n’en choisir
qu’un seul, le commentaire de Behlmer apparaît
comme le plus intéressant.
•
A great cast is worth repeating : plusieurs diapos rappellent
les films qui réunissaient les comédiens
de Casablanca. Bogey et Peter Lorre avaient joué ensemble
dans Le Faucon maltais, Bogey et Greenstreet dans Across
the Pacific (1942) … etc. Ce bonus ressemble finalement à une
recherche croisée sur IMDB : tous les films qui
ont pu réunir deux des comédiens principaux
de Casablanca sont listés.
•
Other legendary titles available from Warner
Home Video : ce supplément est composé de trois bandes
annonces de films édités récemment
par Warner en DVD. Yankee Doodle Dandy, Adventures of
Robin Hood - dont on peut d’ailleurs admirer la
très belle restauration – et The treasure
of the sierra madre de John Huston. Notez que pour ce
titre la BA n’est pas restaurée et l’image
proposée ne correspond pas du tout à celle
du double DVD édité récemment
!
•
Cast and Crew : résumé très succinct
du générique du film. Une fiche complète
aurait été beaucoup plus intéressante
: ceux qui ne l’auraient pas remarqué auraient
pu alors voir que Don Siegel fut un des monteurs de Casablanca
! Bref, un supplément très vide…
•
Awards : on continue avec les infos sur le film. Il s’agit
ici des récompenses obtenues par Casablanca et
décrites dans deux diapositives.
•
Theatrical trailer (2’16) : bande annonce originale
de Casablanca. La copie non restaurée permet d’apprécier
le travail effectué pour le DVD.
•
Re-Release trailer (2’50) :
bande annonce réalisée à l’occasion
de la ressortie du film au cinéma en 1992. Ce
trailer incite les jeunes spectateurs à découvrir
le film de Curtiz sur grand écran. La célèbre
vois off des bandes annonces US est là pour
ajouter un côté "show" à l’affaire
!
Second disque : ce DVD intégralement consacré aux
bonus contient les documents les plus intéressants.
• The children remember (6’47)
: Stephen Bogart, écrivain de polar, et Pia
Lindstrom parlent de leurs parents respectifs (Humphrey
Bogart et Ingrid
Bergman). Derrière le charme de voir ces deux
grands enfants parler avec émotion de leur parent
star, on n’apprend pas grand chose. Chacun des
deux reste très discret sur leur vie privée
et ne nous informe que de généralités
connues et rabâchées sur la genèse
du film. On ne saura donc pas ce que pensait la belle
Ingrid du ténébreux Bogey … Stephen
Bogart termine par une petite déclaration très… américaine
: "A film that keeps my father alive".
•
Additional Scenes (1’39) : 2 scènes muettes
mais sous-titrées en anglais ont été retrouvées
et sont proposées ici. La première décrit
une rencontre entre Rick et Lazlo. Rick lui explique
qu’il va lui céder les laisser-passer contre
une importante somme d’argent. La seconde montre
un Allemand buvant un verre chez Rick, puis tombant visiblement
empoisonné. On aurait aimé en savoir plus
sur ces séquences coupées (pourquoi n’ont-elles
pas été intégrées au métrage
?), mais Warner se contente de nous les servir sans
la moindre explication. Dommage !
•
Outtakes (4’59) : il s’agit ici de prises
muettes non retenues pour le film. Rien de bien passionnant…
•
Scoring Stage sessions : huit liens permettent d’écouter
des enregistrements des morceaux musicaux du film avec
certaines prises alternatives, notamment le As
time goes by par Dooley Wilson.
•
Bacall on Bogart (1'23"24) :
ce document est le plat de résistance de la
section bonus. Un portrait de Bogart animé par
Lauren Baccall en personne de près d’une
heure trente. L’intérêt de ce document
repose surtout dans la projection d’images rares
: des photographies de Bogart jeune et au théâtre,
des extraits de ses premiers films, des interviews… Les
témoignages
de nombreuses personnalités sont également
instructifs : John Huston , Richard Brooks ou Katharine
Hepburn parlent de Bogey avec respect et nous livrent
quelques anecdotes croustillantes. Un très beau
documentaire pour tous les admirateurs du comédien
!
•
You must remember this : a tribute to Casablanca (34’37)
: Making of de Casablanca animé encore une fois
par Lauren Bacall. On y retrouve Rudy Behlmer, Pia Linstrom,
Julius Epstein ou Dan Seymour pour de nombreux témoignages
sur le film et son tournage auquel personne ne semblait
croire. On reste ici dans une ambiance assez intimiste
qui, contrairement aux nombreux making of d’auto
promotion qu’on voit si souvent sur les DVD récents,
donne un certain charme à ce documentaire.
•
Screen Guild Theater 1943 : adaptation radio de Casablanca avec Bogart, Bergman et Henreid. L’occasion d’écouter
ces shows radio qui régnaient avant que la télévision
n’écrase tout. Très sympathique
!
•
Television adaptation – 1955 Who holds tomorrow
(18’35) : il s’agit ici d’un remake
télévisé de Casablanca. Très
curieux ce téléfilm n’en est pas
moins ridicule comparé à l’original
!
•
Carrotblanca (8'02) : un concentré de
bonheur mené par les personnages de la Looney
Tunes. Titi joue Peter Lorre, Bugs est Bogart, Duffy
est au piano
; ils parodient avec un humour décapant Casablanca
! L’image de ce dessin animé est splendide,
les gags hilarants et la bande son est proposée
en 5.1. Bref, un bonus qui vaut à lui seul le
choix de ce collector.
• Production research : diapositives reprenant des affiches
et notes de production du film.
Conclusion : les bonus proposés sur Casablanca ne sont peut-être pas tous intéressants
mais certains sont de vrais bijoux et on a du mal à imaginer
un DVD plus complet pour ce chef d’œuvre.
Les amoureux du film n’ont donc plus le choix :
revendre leur ancienne édition et se jeter sur
ce collector !
George Kaplan ;-)
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