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Carrie
White vit avec sa mère, catholique fanatique et obsessionnelle,
tout en poursuivant une scolarité contrariée au lycée
Bates High School, où elle est la tête de turc de ses camarades
de classe. Un jour, Tommy Ross vient lui demander contre toute attente
d’être sa cavalière pour le bal de fin d’année.
D’abord réticente, elle accepte et devient l’attention
de tous les regards. Mais derrière le cliché festif se cache
une réalité bien plus sombre… |
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Après
avoir réalisé Sisters (1973) et Phantom
of the Paradise (1974), Brian de Palma entame deux ans plus
tard l’adaptation du premier roman éponyme de Stephen King,
dont la plupart des livres ont été portés à
l’écran. Présenté au Festival d’Avoriaz
en 1977, le long métrage y gagnera le Grand Prix. Publié
en 1974 sous son vrai nom - Stephen King a écrit des livres sous
le pseudonyme de Richard Bachman dont Rage - le livre est à l’origine
un roman qui rapporte des faits sous la forme de témoignages, comprenant
des articles et de courts textes. Le travail de Lawrence D. Cohen va consister
à transposer ce matériau de base en script tout en ne trahissant
pas l’esprit de l’écrivain. Carrie le film raconte
bien sûr la même chose mais, transposé à l’écran,
il prend une dimension particulière, soulignée par le visage
juvénile de Sissy Spacek pourtant âgée de vingt cinq
ans à l’époque du tournage et mariée au directeur
artistique Jack Fisk.
Comme à son habitude, De Palma ouvre son film sur un plan séquence.
A partir du début des années 70, ce sera même une
de ses marques de fabrique. Le plan séquence a l’avantage
d’introduire les enjeux dramatiques, de présenter les protagonistes,
et de suivre en temps réel, sans coupures, l’évolution
de ces Carrie évolue dans un monde en vase clos, fermé sur lui-même,
passéiste. Elle vit avec une mère aveuglée jusqu’à
l’obscurantisme par sa foi et ses convictions personnelles qu’elle
assène avec un aplomb et une détermination proprement
terrifiante. Prêchant - avec sa propre interprétation –
la Parole du Christ autour d‘elle, et à qui veut bien l‘entendre,
elle est aussi dans un rapport conflictuel quotidien avec les gens qu’elle
rencontre. Ce n’est pas par exemple la mère de Sue qui
semble passionnée outre mesure par la religion et le vœu
de piété, pas plus qu’elle ne semble rassembler
les fidèles à son prêche, malgré une obstination
prosélyte. Bref, une mère autoritaire et bigote, inquiétante
par dessus tout. Les relations avec Carrie sont bien entendu désastreuses,
l’une et l’autre faisant de leur vie une suite de rapports
à la limite de la haine pendant lesquels la mère condamne
sa propre fille à rester dans l’ignorance la plus totale
face à des problèmes qui convoquent Lors des scènes d’explications et d’affrontements, De Palma choisit la frontalité, en utilisant toute la profondeur de champ, poursuivant le travail d’Orson Welles dans Citizen Kane, avec le premier et l’arrière-plan toujours lisibles, tandis que les travellings latéraux suivent les mouvements des personnages, comme celui où Margaret White traîne sa fille sur le sol avant de l’enfermer dans le placard où trône un San Sebastian recueillant ses prières. Cette dialectique terrifiante de la culpabilité et du péché empêchent Carrie d’être comme les autres filles de son âge. Etre une femme n’est pas une conséquence logique, un développement normal de sa vie d’adulte, puisque sa mère lui rappelle sans cesse qu’elle est dans le mauvais chemin et que le premier péché fut celui de la chair. Eve, au cœur des disputes, est la pécheresse à laquelle Carrie ne doit pas ressembler. Sa mère vit toujours dans la réminiscence du péché originel, celui qui permit d’enfanter le Monde. Le sang de ses premières règles répond à son supposé blasphème. Les scènes d’intérieur et de discussions sont à ce titre éclairées à la bougie, et les décors montrent des croix et autres reliques comme pour rendre plus intense cette impression de cérémonial religieux. Les cadrages sont millimétrés, la direction d’acteurs parfaite, Piper Laurie devenant de plus en plus effrayante à chacune de ses apparitions.
Les vingt dernières minutes de Carrie constituent ainsi un point
de non-retour, le scénario tendant vers une apogée dont
nous ne connaissons pas les conséquences. Les rapports de force
ont été inversés avec sa mère, puisque dans
un premier temps ne pouvant pas s’opposer à ses avis, elle
était Le second rapport de force inversé arrive au moment de l’arrivée
de Carrie dans sa robe rose, que sa mère voit, dans un moment
quasi prémonitoire, en rouge. Autrefois la risée de tout
le lycée et personnage ingrat, la voilà Reine de beauté.
Mais comme dans la plupart des De Palma, l’image a un double sens,
une double signification, et les apparences sont trompeuses. Elles cachent
une toute autre vérité. Les sourires, ici, dissimulent
la mauvaiseté, la robe rose immaculée ne peut le rester
plus longtemps, le regard des autres est une façade. Comme dans
Blow Out où l’indice est sonore, comme
dans Snake Eyes (1998) où le témoin d’un
meurtre devient un élément gênant, c’est ici
le seau et le personnage de Sue qui vont révéler la supercherie.
Le fait que Carrie et L’aspect le plus stupéfiant de la mise en scène
du bal est de réussir à présenter celui-ci comme
un événement magique qui vire soudain à l’horreur
la plus totale. A nouveau, l’utilisation du ralenti est remarquable
et pertinente parce qu’elle suspend le temps, ou plutôt
prend le temps de poser les choses. Une sorte de parenthèse,
dans laquelle Carrie est au milieu d’une effervescence, remplie
d’une joie que De Palma parvient à filmer, la beauté
resplendissante de son visage ne pouvant trahir son bonheur dans une
très belle séquence de danse. Le travelling circulaire
qui avance dans le sens inverse
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Image
: Les premières minutes font craindre le pire. Taches, griffures
et même trait vertical traversant l’image en son centre pendant
la scène des douches. La suite est beaucoup plus heureuse, avec
une bonne définition et des couleurs à la saturation idéale.
Les arrière-plans sont tous impeccables, permettant d’apprécier
le travail sur la profondeur de champ. Il reste cependant une forte granulation
dans la plupart des scènes, trahissant une copie restaurée
mais qui n‘est pas en tout point parfaite. Reste que pour un film
datant de vingt-sept ans, la copie s’en sort bien, tout du moins
avec les honneurs.
Son : Côté son, le format
sonore est le même. Trois mixages en 5.1 en anglais, français
et italien. C’est la version originale qui bénéficie
de la piste la plus ample. La musique est très enveloppante et
les effets sonores sont très bien localisés dans les enceintes
arrières. De toute évidence, le mixage stéréo
d’époque à été conservé pour
les dialogues, tandis que le score profite d’une belle ampleur.
Une piste tout en finesse qui sait se montrer agressive dans les moments
opportuns. |
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Après
une édition faiblarde, qui ne proposait qu’une simple bande-annonce
en supplément et une copie au format mais qui n’était
pas 16/9, l’édition Collector rattrape le tir et propose
un très beau menu d’accueil. Dans la section suppléments,
on trouve : Un premier documentaire intitulé Jouer Carrie - Plein écran - 42’40 Ce premier documentaire signé par l’incontournable Laurent Bouzereau revient sur la genèse du tournage et sur le casting du film. La plupart des actrices et des acteurs de l’époque répondent à des entretiens filmés très pertinents. Il est assez émouvant de retrouver ces personnages plus de vingt ans après, parler avec beaucoup d’émotion de cette œuvre qui leur permit d’entamer une carrière. Sissy Spacek était la seule actrice à l’époque
à avoir déjà tourné un film, Badlands
en 1973 sous la direction de Terrence Malick. La vieille du casting,
elle avait été choisie pour tourner une pub, mais elle
s’enthousiasmait davantage pour le rôle de Carrie, malgré
le fait que le réalisateur ne l’envisageait pas dans ce
rôle. Il fallut qu’elle vienne en portant de façon
maladroite une robe rose pour que De palma soit enfin convaincu qu’il
tenait là le rôle principal. En parallèle, George
Un second documentaire intitulé Visualiser Carrie
- Plein écran - 41’30. Un troisième documentaire intitulé Chanter Carrie
- Plein écran - 6’10 Une galerie d’images animée - Plein écran
- 6’02 La Bande-Annonce originale - VO sans sous-titres -
2’ Stephen King et l’évolution de Carrie Enfin un petit livret de huit pages qui raconte l’histoire du
tournage. Certes doté d’une belle mise en page, il reprend
les éléments développés pendant les deux
documentaires. Un bel objet de collection ceci dit. |
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